PURPURATE D'AMMONIUM OU MUREXIDE
de la liqueur primitive, et on laisse reposer pendant 24 heures. Le dépôt est recueilli et soumis à rëbuUition avec Teau qui dissout Talloxantine et laisse le soufre.
Par le refroidissement l'alloxantine cristallise. On la purifie par une nouvelle cristallisation.
Propriétés. — Elle se présente en petits cristaux transparents, incolores ou jaunâtres appartenant au type du prisme clinorhombique. Ces cristaux renferment 3 molécules d'eau qu'ils perdent au-dessus de 150°. Ils sont durs mais très friables. Ils sont peu solubles dans Teau froide, un peu plus solubles dans Teau bouillante. Us rougissent légèrement la teinture de tournesol.
Les agents oxydants, tels que l'acide azotique, convertissent l'alloxantine en alloxane. Sous l'influence de l'hydrogène sulfuré, ou de l'hydrogène naissant elle se transforme en acide dialurique :
CMl*Az*0' + fI*S -f H«0 = 2C*H*Az*()* -f S
iilloxantine acide
dialurique
Lorsqu'on ajoute de Tammoniaque à une solution aqueuse d'alloxantine, elle se colore en pourpre, par suite de la formation d'une petite quantité de purpurate d*ammonium ou murexide.
En mélangeant des solutions d'alloxantine et de sel ammoniac, privées d'air par TébuUition, on obtient une liqueur d'un rouge pourpre, dont la coloration diminue bientôt et laisse déposer des cristaux de dialuramide (uramile), tandis que do Talloxane et de l'acide chlorhydrique restent en dissolution :
<:«H*Az*0^ -f AzH*CI = OH'Az^O» -f (;*H«Az«0* -f HCI
alloxantiiie iirainile alloxane
PURPURATE d'aMMOMUM OU MUREXIDE
C«II«Az«0« = C«n*(AzH*)Az»()«
g 318. Ce corps, entrevu par Scheele, a été découvert par Proust en 1818^ qui l'a envisagé comme le sel ammoniacal d'un acide
698 l/URINE.
azoté qu'il a nommé purpurique. Liebig et Wôhler ont attribué au corps pourpre de Proust le earactère d'une amide et l'ont nommé murexide. Récemment MM. Fritzsche et Beilstein ont remis en faveur l'hypothèse de Proust. Toutefois, l'adde purpurique n'a pu ôtre obtenu à l'état libre. On lui attribue la formule G'H'ÂzH)*. M. Beilstein admet qu'il est bibasique et qu'il forme principalement des sels acides.
Le purpurate d'ammonium se forme dans un grand nombre de réactions, notamment par l'action de l'ammoniaque sur l'alloxantine [page 697), ou mieux sur le liquide acide qu'on obtient en dissolvant l'acide urique dans l'acide azotique et qui contient à la fois de Talloxane et de l'alloxantine; par l'action de l'oxyde de mercure sur la dialuramide, etc.
D'après M. Beilstein cette dernière réaction peut servir avec avantage à la préparation du purpurate d ammonium. On dissout 4 parties de dialuramide (uramile) dans 30 à 40 parties d'eau et l'on fait bouillir la solution avec 3 parties d'oxyde mercuriquc, après avoir ajouté une petite quantité d'ammoniaque. La liqueur, filtrée au bout de quelques minutes d'ébuUition, laisse déposer des cristaux de murexide.
Un autre procédé consiste à dissoudre 4 parties d'alloxanîine et 7 parties d'alloxane (cristallisée avec 4H*0) dans 240 parties d'eau, à ajouter à chaud 80 parties d'une solution de carbonate d'ammoniaque saturée à froid. La liqueur, d'un pourpre foncé, laisse déposer la murexide par le refroidissement.
Propriété,^, — Le purpurate d'ammonium cristallise en prismes quadrilatères, qui présentent les riches reflets des ailes des cantharidcs. Vus par transmission, ils sont d'un grenat foncé, par réflexion d'un vert doré. Ils renferment une molécule d'eau de cristallisation qu'ils perdent à 100*». Peu solubles dans l'eau froide, ils se dissolvent plus facilement dans l'eau bouillante, avec une magnifique coloration pourpre. Ils sont insolubles dans l'alcool et dans l'éther.
La solution aqueuse de purpurate d'ammonium est décomposée par l'acide chlorhydrique, avec formation d'un précipité incolore, qui est Tacide purpurique de Proust, et auquel on avait donné depuis le nom de murexane. Il est identique avec la dialuramide (page 691). Il se forme en même temps de l'ai-
ACIDE IIYDURILIQUK. 699
loxane, de l'alloxantine, de Turëe et de Tammoniaque qui restent en solution.
L'acide azotique convertit le purpurate d'ammonium en alloxane.
Le purpurate d'ammonium a été employé il y a quelques années en teinture. Il communique à la soie mordancëe à Taidc de sels mercuriqucs, de riches nuances rouges et pourpres (Gh. Lauth).
ACIDE HYDURILIQUE
C»H«Az*0«
g 319. M. Schlieper a obtenu cet acide accidentellement en oxydant l'acide uriquc par lacide azotique *. M. Baeyer l'envisage comme un dérivé de l'acide dialurique (page 684) et le prépare en chauffant cet acide, bien sec, de 150 à 160'' avec de la glycérine anhydre. L'acide dialurique se dédouble dans ces conditions en hydurilate acide d'ammonium, acide formique et gaz carbonique ' :
5C*f I*Az«0* = 2C»*fP(AzH*)Az*0fi -h Cn«0« + 3C0«
acide dialurique livdurilatc acide
acide d'ammonium formique
On lave à l'eau pour enlever l'acide formique et la glycérine qui ne sert que de dissolvant. Il reste une poudre blanche d'hydurilate acide d'ammonium. On la dissout dans l'ammoniaque, on précipite par le sulfate de-cuivre, et on décompose l'hydurilate de cuivre par l'hydrogène sulfuré.
Cristallisé du sein de l'eau chaude, l'acide hydurilique se présente en prismes quadrilatères renfermant 2H'0. Il est pou soluble dans l'alcool. Il se dissout dans l'acide sulfurique et dans l'acide chlorhydrique à chaud. Ce dernier acide le laisse déposer par le refroidissement, sous forme d'une poudre cristalline composée de petites tables rhombiques renfermant une molécule d'eau de cristallisation. L'acide azotique le convertit en acides violurique et diliturique et en violantine (page 695).