‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 430 sur 452 · Schercr. Ann. dev Chcmie^ t. LVII, p · texte numérisé non relu

Schercr. Ann. dev Chcmie^ t. LVII, p

GLUCOSE ET INOSlTE. 777

Glucose et inosite dans rurine. — Dans le diabète sucré les urines renferment des quantités do sucre qui peuvent varier de quelques centigrammes à 4, 7 et même 9 et 10 grammes par litre et Ton sait que la quantité d'urine, qui est rarement inférieure à 2 litres en 24 heures peut s'élever jusqu'à 8 et 10 litres. Aussi, la quantité de glucose éliminée dans les 24 heures peut-elle atteindre plusieurs centaines de grammes. Th. Y. Dusch cite 2 cas de diabète chez une jeune iille do 16 ans et un jeunehomme de 17 ans (du poids dedPyô). La première a sécrété en moyenne 326<% 4 de glucose en 24 heures à la suite d'une alimentation végétale, le second 565 grammes à la suite d'un régime mixte.

Les urines diabétiques sont généralement pâles. Leur densité est élevée et dépasse souvent 1,03. Leur saveur est sucrée. Abandonnées à l'évaporation spontanée elles laissent des croûtes formées de mamelons cristallins de glucose. Quelquefois lorsqu'elles sont riches en chlorure de sodium il s'y dépose des cristaux rhomboédriques durs de glucosate de sel marin 2C*H"0*4-NaGl-hH»0. Au contact de la levure de bière l'urine diabétique éprouve la fermentation alcoolique, et c'est là son meilleur caractère. Elle dévie le plan de polarisation à droite, et le degré do cette déviation est en rapport avec la richesse de l'urine en glucose. De là un procédé de dosage de cette substance. Additionnée d'une solution de potasse de soude ou d'un lait de chaux et soumise à l'ébuUition l'urine diabétique prend une coloration jaune, qui passe rapidement au brun plus au moins foncé. Chauffée avec la liqueur cupropotassique elle donne un précipité jaune d'hydrate ou un précipité rouge d'oxyde cuivreux. Elle réduit le nitrate de bismuth, en présence de la potasse, en donnant un précipité noir de bismuth métallique. L'ingestion do matières sucrées ou féculentes augmente la proportion de glucose dans l'urine; une alimentation purement animale la diminue. On sait d'ailleurs que la glucose peut se trouver passagèrement dans les urines. On en trouve dans l'urine des femmes enceintes et des nourrices au moment de la fièvre de lait ou du sevrage. Elle apparaît à la suite de divers troubles des systèmes nerveux, respiratoire, digestif; dans quelques cas d'anthrax, de suppurations abondantes, etc., à la suite d'empoisonnements par l'arsenic.

778 L'UHINE.

par le curare (Claude Bernard), par le nitrate d'amyle*, par l'oxyde de carbone*. Toutefois M. Hoppe Seyler l'a vainement cherchée dans Turine de personnes qui avaient été empoisonnées par Toxyde de carbone'.

On a constaté à diverses reprises la présence de la glucose dans Turine de personnes qui avaient reçu un coup sur It nuque. Ce fait est sans doute en rapport avec une découverte importante de Claude Bernard. Ce physiologiste a provoqué en effet, chez des animaux, un diabète artificiel mais passager par une piqûre de la moelle allongée au plancher da quatrième ventricule.

La glucose extraite de l'urine diabétique et convenablement purifiée montre tous les caractères de la glucose retirée des fruits ou obtenue artificiellement par hydratation de la matière amylacée. Pourtant M. Hoppe Seyler a rencontré un cas où la glucose retirée de lurine possédait un pouvoir rotatoire plus considérable que la glucose ordinaire^. D'un autre côté on a quelquefois signalé dans l'urine la présence de substances lévogyres sucrées ou voisines des sucres (Zimmer» de Ménage Haas). On doit accueillir ces assertions avec réserve si Ton considère l'existence dans certaines urines des combinaison» lévogyres de l'acide glycuronique. M. Vohl* a signalé le premier de Tinosite dans un cas de diabète où ce corps avait remplacé la glucose. MM. Neukomm, Gallois, Kûlz ont fait des observations semblables.

Dans certaines formes graves du diabète les urines prennent par le perchlorure de fer une coloration brun rouge. Cette réaction signalée pour la première fois par M. Gerhardt* a été attribuée à Téther acétylacélique ou à un de ses dérivés. Ge^ corps donnent en effet avec le perchlorure de fer une coloration rouge foncé. Mais cet éther, d'ailleurs facilement décomposable par les acides et par les alcalis, n'a pas été isolé. M. Rup-

1. F. A. Hoflmann. Ai'ch. f. Anat, und Phijsiol.^ 1872, p. 746.

2. U. Friedborg. Die Veryiftnng durch UolUendunsl^ 1866.-— A. eiliviirr. ^l/v7*. géncr. de nu'd*'cinf\ 1879; p. 513.

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