Journal fUr prakt. Chem., u XCVI, p
que; elle se dissout facilement dans la liqueur cupro-ammoniacale (réactif de Schweizer). Elle se dissout aussi dans les acides concentrés et dans les alcalis et se dépose, lorsqu'on neutralise ces solutions, sous forme d'un précipité qui s'agrège volontiers en filaments. Elle est riche en azote et renferme :
Carbone 48,8
Hydrogène 6,2
Azote 19,0
Oxygène 26,0
Elle se dédouble par une longue ébullition avec l'acide sulfurique étendu en formant de la leucine, du glycocolle et 5 p. 100 de t^Tosine.
Une substance très voisine de la fibroïne est contenue dans les éponges et a été désignée sous le nom de spongine. On l'obtient en épuisant les éponges successivement par Pacide chlorhydrique étendu, une lessive de soude à 5 p. 100, l'alcool et l'éther. Elle laisse à l'incinération un résidu de silice. La solution cupro-ammoniacale la contracte sans la dissoudre, caractère qui distingue la spongine de la fibroïne. Dédoublée par l'ébullition avec Tacide sulfurique, elle ne fournit pas de tyrosine, mais seulement de la leucine et du glycocolle.
Les coquilles des mollusques renferment, indépendamment des sels minéraux, une substance organique azotée, voisine du corps précédent, et renfermant 16 à 17 p. 100 d'azote; on l'a nommée conchioline. Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'acide acétique, les acides minéraux étendus, les alcalis. Soumise à l'ébullition avec l'acide sulfurique, elle fournit de la leucine, mais pas de glycocolle, pas de t^Tosine, pas de matière sucrée.
Les substances que nous venons de mentionner ont été peu étudiées.
SÉRICINE.
§ 47. Lorsqu'on soumet la soie, pendant 3 heures environ, à l'ébullition avec l'eau, un corps particulier, assez voisin de la
SËRIGINE. 135
gélatine, entre en dissolution. Pour l'isoler, on précipite l'extrait par le sous-acétate de plomb ; on recueille le dépôt, on le lave, on le suspend dans l'eau et on le décompose par l'hydrogène sulfuré. Après avoir ajouté une petite quantité d'alcool pour faciliter le dépôt du sulfure de plomb, on sépare celui-ci par le filtre et on précipite la liqueur filtrée par l'alcool : la séricine se sépare en flocons blancs.
Cette matière se gonfle dans l'eau froide et se dissout dans Teau bouillante ; elle se prend en gelée par le refroidissement. La solution donne des précipités avec l'acide tannique et avec la plupart des sels métalliques. Le sulfate d'alumine la précipite comme la solution de chondrine. Les précipités disparaissent dans un excès de réactif, ou lorsqu'on chauffe. La séricine a donné à l'analyse les résultats suivants :
Carbone 44,3
Hydrogène 6,2
Aiote 18,3
Oxygène 31 ,2
On a exprimé ces rapports par la formule C**H*'Az*0*^. D'après sa composition, la séricine semblerait résulter de l'oxydation et de l'hydratation de la fibroïne.
Par l'ébullition avec l'acide sulfurique étendu, elle donne, indépendamment de la leucine et de la tyrosine, un corps azoté que M. Cramer* a désigné sous le nom de serine. Ce corps se présente en cristaux clinorhombiques, solubles dans 32 parties d'eau à 10*». 11 renferme C'H'AzO* et dériverait de Tacide chlorolactique par la substitution de AzH* à Cl, ou de l'acide glycérique par la substitution de Az H* à OH. Les formules suivantes montrent ces relations :
CH«.C1 CH«.OH CH<.ÂzHS
^H.OH CH.OH £h.OH
CO.OH CO.OH CO.OH
Acide Acide Bérine.
<^xloroUMtiqae. glycériqae.
On voit que la serine est à l'acide glycérique ce que le gly- 1. Journal fiir prakUschê Ckemiê, t. XCVI, p. 03.
étendu, ou même lorsqu'on y dirige du gaz carbonique, après l'avoir étendue, il se forme un précipité. L'alcool précipite la paralbuminc en combinaison avec une portion de ralcali; le précipité se redissout dans l'eau. On s'est assuré que ce précipité renferme, indépendamment du corps albuminolde, une substance insoluble dans l'alcool et qui se dissout dans Peau en formant une liqueur opalescente, comme fait le glycogône. Par l'ébullition de cette solution, ou même du précipité de paralbomine, avec l'acide sulfurique étendu, la liqueur acquiert la propriété do réduire la liqueur cupro-potassique. (Hoppe-Seyler.) D'après M. WaldeyerS le liquide des vésicules de Graaf serait une solution de paralbumine presque pure.
M. Liebermann a rencontré récemment*, dans le liquide extrait d'un kyste de la région du cou, un corps qu'il regarde comme identique avec la paralbumine de M. Scherer. Ce liquide était alcalin, non filant. 11 a donné un précipité avec l'alcool, mais non avec l'acide acétique. Le précipité formé par l'alcool, après neutralisation par Tacide acétique, avait l'apparence de la fibrine, et s'est redissous dans l'eau en donnant une solution opaline.
Les faits exposés plus haut laissent subsister quelques doutes sur la nature de la paralbumine; en tout cas, il est évident que ce corps n'a pas été obtenu à l'état de pureté. 11 s'éloigne d'ailleurs, par sa composition, de l'albumine. M. Haerlin^ y a trouvé :
Carbone 51,8
Hydrogène * 6,9
Azote . . 12,8
Oxygène 26,8
Soufre 1,7
D'après MM. Plosz et Obolenski *, la paralbumine serait un mélange d'albumine avec un corps voisin de la mucine.