‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 76 sur 452 · C. SekaMt · texte numérisé non relu

C. SekaMt

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L'anahse du suc gastrique de Thomme par Cl. Bernard se rapporte sans doute à un suc très concentré et mêlé de quelques produits digestifs. Celle qu'a donnée M. C. Schmidt a été faite avec un suc très étendu et provenant d'une femme atteinte' de fistule gastrique; la proportion d'acide chlorhydrique y est très faible. Dans le suc gastrique anal^'sé par M. Richet, elle n'a jamais été inférieure à 0,5 d'acide chlorhy* drique pour 1000. L'acidité moyenne du suc gastrique, soit pur, soit mélangé aux aliments, a été de l8',7 d'acide chlorhydrique pour 1000 gr. de liquide. La proportion de cet acide n'a jamais dépassé 3«%2.

Parmi les matériaux contenus dans tous les sucs gastriques Gg^rent les phosphates de chaux et de magnésie. Il est entendu que ces sels, considérés comme neutres dans les analyses précédentes, sont dissous dans le suc gastrique à Tétat de sels acides; et, à ce point de vue, Blondlot avait raison d'admettre l'existence du phosphate acide de chaux dans le suc gastrique, bien qu'il eût commis une erreur en attribuant uniquement l'acidité du suc gastrique à ce phosphate acide. Les chiffres qui figurent dans les analyses précédentes auraient donc besoin de subir une correction dans le sens de l'observation qui vient d'être faite. Ainsi, dans l'analyse qui se rapporte au suc gastrique pur du chien, et qui est sans doute la plus exacte, la proportion d'acide chlorhydrique devrait être diminuée de toute la quantité nécessaire pour saturer les deux tiers du calcium et du magnésium des phosphates caldque et magnésique.

ACTION DU suc GASTRIQUE SUR LES ALIMENTS.

S 73. Les expériences classiques entreprises par Spallanzani sur la digestion artificielle, et plus tard les observations de Beaumont et de MCilIer, ont d'abord établi ce fait que le suc gastrique exerce une action marquée sur les matières azotées neutres qui sont contenues dans les aliments : fibrine, gluten, albumine cuite, chair musculaire, caséine, etc. 11 les dissout en les modifiant. J. de MCillera énoncé le premier l'opinion que cette dissolution était due à l'action d'un ferment que Wasmann a découvert et qui a été étudié par Schwann. M. Mialhe avait pensé que les diverses matières albuminoïdes se convertissent, par l'action du suc gastrique naturel, en une seule et môme substance soluble, qu'il avait désignée sous le nom (ïalbuminose, Lehmann l'a nommée peptone, en émettant l'opinion que les diverses matières albuminoïdes donnent, par l'action du suc gastrique, plusieurs substances distinctes. 11 a donc décrit diverses peptones, celle de l'albumine, celle de la fibrine, etc., el il admettait que C4?s matières possèdent sensiblement la composition des substances dont elles dérivent, et qu'elles ne s'en distinguent que par leurs réactions. Meissner a repris cette question plus tard et l'a inutilement compliquée. D'après lui,

les matières albuminoïdes éprouvent, par l'action du suc gastrique, des transformations multiples donnant naissance à divers produits : la parapeptone, la métapeptone, la dyspeptone, puis les peptones proprement dites, dont il admettait trois variétés, savoir : IVpeptone, la 6-peptone, la c-peptone. Ces divers corps sont ou des mélanges, ou des produits transi* toires, ou des résidus. Ainsi, la parapeptone n'est autre que le produit qui résulte de l'acide du suc gastrique sur la matière albuminoîde, sur la fibrine par exemple; en effet, M. Brûckea montré que ce corps pouvait être transformé en peptone par l'action de la pepsine. On le désigne aujourd'hui sous le nom de syntonine, quelquefois d'acidalbumine, et c'est la substance même qui a été signalée pour la première fois par M. Bouchardat, en 1862, comme résultant de Faction prolongée de l'acide chlorhydrique au millième sur la fibrine. Dans certaines conditions, la fibrine gonflée se dissout entièrement dans la liqueur acide pour former le corps dont il s'agit. Celui-ci est donc un produit transitoire de la digestion stomacale.

L'opinion qui tend à prévaloir, et avec raison, parmi les physiologistes, est que l'acide et la pepsine exercent une action spéciale sur les matières azotées et que le concours de ces deux agents est nécessaire pour la transformation graduelle de ces matières en produits assimilables, c'est-à-dire en peptones. Nous allons étudier ici les conditions et les produits de cette transformation.

Qu'on fasse digérer de la fibrine avec de l'acide chloriiydrique au millième, qu'on ajoute à la gelée qui se forme rapidement une certaine quantité de pepsine ou de suc gastrique artificiel et qu'on abandonne le tout, pendant quelque temps, à la température de 35 à 40**, on verra la gelée de fibrine disparaître peu à peu pour faire place, au bout de quelques heures, à une liqueur mobile, trouble, dans laquelle nagent quelques flocons qu'il est facile de séparer par le filtre. Cest le résidu de la digestion de la fibrine auquel M. Meissner a donné le nom de dyspeptone qui lui est resté. La liqueur filtrée renferme la peptone de fibrine. La rapidité avec laquelle la fibrine se dissout dans ces circonstances dépend : 1«> de la proportion et de la nature de l'acide employé; 2® de la température; 3« de la proportion de pepsine.

Influence de l'acide. — Parmi tous les acides, Tacide chlorlydrique est le plus efficace et la proportion la plus favorable 0t celle de 1 millième d'acide. Lorsque la liqueur renferme ooins de 0,8 et plus de 7 d'acide chlorhydrique pour 1,000 d'eau, De agit beaucoup plus lentement. II s'agit ici de la digestion le la fibrine. Pour l'albumine cuite, les liqueurs ont besoin rétre un peu moins étendues, et, dans ce cas, la proportion 1 plus favorable est de 1,7 pour 1,000. Après l'acide chlorhytrique, il faut compter, parmi les agents efficaces de la disso- BtioD des matières albuminoîdes, l'acide azotique et l'acide ftctique. Une liqueur renfermant de 1,5 à 2 millièmes d'acide iiotique est très propre à dissoudre la fibrine en présence de a pepsine, mais la dissout moins rapidement qu'un liquide jiargé d'une égale proportion d'acide chlorhydrique ; les acides nlfurique, phosphorique, acétique, formique, tartrique exercent me action beaucoup plus faible que les acides précédents.

D'après M. Ritter, l'action de l'acide chlorhydrique faible à 2,5 millièmes), sur les -diverses matières albuminoîdes, donleralt naissance à des produits différents suivant la durée de la éaction. Lorsqu'on prolonge la digestion pendant vingt-<[uatre leures à une température de 38 à k^^, on obtient une liqueur qui irésente tous les caractères de la syntonine, mais qui ne paraît ms homogène : elle n'est précipitée que partiellement, lors- [a'on la neutralise, et les corps qui restent en dissolution se approcheraient des peptones.

L'acide chlorhydrique à 2,5 millièmes agit d'ailleurs avec me intensité égale sur les diverses matières albuminoîdes vises dans un état de cohésion à peu près comparable; 1,000 parties du liquide chlorhydrique dissolvent dans le môme emps :

Caséine et gluten 12 à 17 parties.

AU)uininc 10 parties.

Muaculioo 4, 6 à 8 parties.

Fibrine artérielle 3 parties.

Une proportion donnée d'acide n'est pas capable de dissoudre il de transformer, avec le concours de la pepsine, des quantités ndéûuies de matières albuminoîdes en peptones. Lorsqu'une rertaine proportion est digérée, il est nécessaire d'ajouter de

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temps en temps de Peau acidulée, ainsi que Schwann en a fait d'abord la remarque. D'après M. de Wittich, il arriverait même que la pepsine se précipite, lorsque la liqueur a acquis une certaine concentration. En ajoutant de l'eau acidulée, on empêche cet effet,

Influence de la température, — La température la plus favorable pour les digestions artificielles est égale ou légèrement supérieure à celle du corps : 37** à 40® environ. Cela est connu depuis les expériences de Spallanzani, qui réchauffait sous l'aisselle les petits tubes dans lesquels il avait introduit les matières alimentaires avec du suc gastrique. Entre 35*» et 50®, le suc gastrique agit avec énergie, et, d'après M. Brûcke, une température plus élevée que celle du corps humain serait éminemment favorable à la transformation de la syntonine en peptone. Au delà de 50**, l'action de la pepsine se ralentit d'autant plus que la température s^élève davantage. On peut encore la constater à 90", bien qu'elle soit à peine sensible (de Wittig). ^

D'après M. FinklerS la pepsine préalablement exposée à une température de 60<»à 70*» ne serait plus capable de convertir les matières albuminoîdes en peptones : la transformation s'arrêterait à la formation de l'acidalbumine. Cette acidalbumine est probablement de la syntonine formée par Taction de l'adde faible. A la température ordinaire, et même à quelques degrés seulement au-dessus de 0^, Faction de la pepsine est très énergique chez les animaux à sang froid. MM. Fick et Murisier', en faisant digérer la muqueuse stomacale des grenouilles, des brochets, des truites avec de Teau acidulée de 0,5 pour 100 diacide chlorhydrique, ont obtenu un suc gastrique artificiel qui dissout, même à O"», Talbumine coagulée.

Influence de la proportion de pepsine. — 11 résulte des expériences de M. Brûcke que la digestion des matières albuminoîdes s'effectue très lentement dans les liqueurs pauvres en pepsine et qu'une certaine proportion de ferment est nécessaire pour effectuer une solution rapide de ces matières. Mais il ne faudrait pas croire que la rapidité de Faction digestive de la

1. Archiv fitr die gesamtnU Physiohffie, t. XIV, p. 304. S. VerhamUvmgen der WUrxburger phys, mêd, G$seUschaft. Noav. sêr., t. IV, p. lîO.

pepsine s'ao(ax>it indéfiniment avec la proportion de pepsine. Au delà d'une certaine proportion de ferment, l'action de ce dernier devient stationnaire, mais elle ne décroît pas si on étend avec de l'eau acidulée.

$ 7&. Action du sac gastrique sur lés matières azotées mtres que la fibrine. — Les notions que nous avons exposées dans les pages précédentes se rapportent particulièrement à la dq^stion de la fibrine par le suc gastrique. Les autres matières aibaminoldes se comportent d'une manière analogue, mais avec certaines variantes qu'il convient de signaler. Les principales dilTérences que l'on constate ici ont trait d*une part à la rapidité de la dissolution, d'autre part à la proportion et à la nature du fésîdu insoluble. Quant aux produits solubles qui résultent de cette action, ils présentent, pourvu que celle-ci ait eu une durée suffisante, les caractères de la peptone de fibrine sans qu'on puisse affirmer néanmoins qu'il y ait identité entre toutes ces peptones.

Albumine soluble. — Le suc gastrique la convertit en synto- QÎne (acidalbumine) sans la coaguler. D*après M. Ritter, cette transformation s'accomplit par l'action de l'acide chlorhydrique à 3 millièmes, si bien qu'il suffit de conserver à la température de 15^ on mélange d'abord coagulable d'albumine et d'acide chlorhydrique dilué pour qu'au bout de 10 minutes (?), il ait perdu la propriété de se coaguler par la chaleur. D'après M. Ritter, le suc gastrique produirait cet effet moins rapidement que l'acide chlorhydrique seul.

Albumine œagulèe. — Elle est dissoute et transformée par le soc gastrique plus lentement que la fibrine, mais, chose curieuse, plus rapidement que l'albumine soluble. D'abord elle se gonfle légèrement, en devenant un peu transparente lor les bords, puis elle se dissout en formant un liquide limpide. L*aclion est d'ailleurs graduelle et la liqueur renferme à un moment donné de la syntonine, de la peptone et môme des prcluits de dédoublement de cette dernière ; parmi ces produits M. Meissner a cru rencontrer la créatine et l'acide lactique.

Caséine. — Nous avons déjà signalé la propriété que possède la pepsine ou peut-être un ferment particulier du suc gastrique le coaguler le lait. La caséine d'abord précipitée se dissout msuite rapidement en formant une peptone et en laissant envi-

sur les peptones, a heureusement modifié le procédé de préparation des peptones. 11 soumet d'abord la matière albuminoide, qui doit être transformée en peptone, à une purification préalable destinée à enlever, autant que possible, les matières minérales qu'elle renferme. S'agit-il, par exemple, de préparer la peptone de fibrine, il commence par traiter la fibrine par l'adde chlorhydrique très dilué qui la gonfle et en extrait la plus grande partie des phosphates insolubles. Après avoir soumis la gelée de fibrine à des lavages prolongés à l'eau, il la traite par l'alcool qui, en la contractant, lui restitue l'apparence primitive de la fibrine. La matière ainsi purifiée est mise en digestion à /|&^ avec 5 fois son poids d'eau additionnée de 3 millièmes d'acide sulfurique et une quantité suffisante de pepsine. Dans ces conditions la dissolution de la fibrine exige environ 6 heures; mais, pour rendre la digestion complète, on continue l'expérience pendant 2 fois 26 heures. Au bout de ce temps on filtre, on précipite exactement l'acide sulfurique par la baryte, et l'on concentre la liqueur sur des assiettes plates, à une température de 60 à 70^. La liqueur sirupeuse ainsi obtenue est additionnée d'alcool par petites portions, jusqu'au moment où elle se trouble. Par le repos il s'en sépare un liquide sirupeux qui entraîne la matière colorante et les impuretés. La liqueur, surnageante claire est versée dans 6 fois son volume d'alcool à 98- C. La peptone se précipite sous forme de flocons. Ceux-ci sont dissous dans une petite quantité d'eau, et la solution est soumise de nouveau à une précipitation fractionnée par l'alcool. On obtient ainsi la peptone sous forme de flocons incolores. Pour en achever la purification, on la redissout dans l'eau et l'on soumet la solution à la dialyse. Au bout de quelques jours, une certaine quantité de peptone passe à travers la membrane. C'est la plus pure qu'on puisse obtenir.

Le môme procédé a été appliqué à la préparation de Talbumine-peptone et de la caséine-peptone. M. Herth a préparé l'albumine-peptone en faisant digérer, pendant 24 à 30 heures, le blanc d'œuf cuit avec une solution d'acide phosphorique à 1 pour 100, dans le but d'enlever les phosphates, et en traitant ensuite le résidu avec de la pepsine et une solution d'adde phosphorique à 6 millièmes et demi. L'acide phosphorique étant séparé par neutralisation avec du carbonate de plomb, la

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liqueur est traitée par l'hydrogène sulfuré qui enlève des traces de plomb entrées en solution.

La peptone ainsi obtenue renferme 1 pour 100 de cendres.

Composition. — Des nombreuses analyses de peptones qui ont été publiées, nous ne citerons que les suivantes faites avec des produits convenablement puriûés :

FIBaiNE-PBPTOXB PIBRINB.

purifiée par dialjM précipitée par l'alcool (Maly).

(Ualy). «• fraction

(Henninger).

Carbone 51,40 51,58 51,29 52,51

Hydrogènf^ 6,95 7,02 7,08 6,98

Axote. 17,13 16,60 » 17,34

Cendres 0,13 » a »

ALBDmWE- PEPTONE. ALBUMINE.

Henninger. Herth. ^ScbatMDbcrger).

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