I. II
Carbone.; 52,31 52,26 52,53 52,57
Hydrogène 7,05 7,01 7,05 7,16
Azote 16,38 a 16,72 16,6
Cendres 0,58 » 1,00 »
CAS<INE-PBPTONE. CASél\E.
(Heoninger), (Damas et Cahours).
Carbone 52,i3 .53,50
Hydrogène 6,98 7,05
Azote 16,14 15,77
Cendres 1,15 a
De la comparaison de ces analyses semble ressortir une double conclusion. Premièrement, la distinction établie par Lebmann entre les diverses peptones parait justifiée; les analyses indiquent, en effet, de légères différences de composition entre ces corps. En second lieu, elles permettent d'affirmer que les peptones possèdent une composition différente de celle des matières albuminoîdes dont elles dérivent : elles renferment une proportion un peu plus faible de carbone et d'azote. Elles semblent résulter de la fixation d'une certaine quantité d'eau sur les matières albuminoîdes. Cette dernière conclusion a été fortifiée par une expérience fort intéressante de M. Henninger. Ayant soumis la peptone de fibrine sèche à Taction de l'acide acé-
ÎOO suc GASTRIQUE.
tique anhydre, à SO*", il lui a fait subir une déshydratation et l'a convertie en un corps soluble dans l'eau, coagulable par la cha^ leur, précipitable par Tacide nitrique, par le ferrocyanure de potassium et Tacide acétique, par les sels métalliques, etc. Cette déshydratation avait donc restitué à la peptone débarrassée d'acide parla dialyse la plupart des propriété» de l'albumine ou de la syntonine.
Pivpnètès des peptones. — Solubles dans Teau, en toutes proportions, les peptones sont insolubles dans Talcool, Téther, le chloroforme. Elles dévient le plan de polarisation à gauche; le pouvoir rotatoirc n'est pas sensiblement altéré par rébullition. D'après M. L. Corvisart, les peptones différeraient entre elles par leur pouvoir rotatoire, celui de la fibrine-peptone étant moins considérable que celui de Talbumine-peptone. M, Henninger a confirmé ces observations d'une manière générale et a constaté que la caséine-peptone possède un pouvoir rotatoire beaucoup plus élevé que la fibrine-peptone.
Les peptones sont dialysables : elles passent à travers les membranes végétales et animales, mais leur pouvoir osmotique est faible, circonstance qui a permis, d'un côté, à M. Maly de débarrasser la fibrine-peptone de la plus grande partie de ses sels, et, d'un autre c(Mé, à M. Henninger d'obtenir une petite quantité de peptone dialysée à travers la membrane.
Les caractères suivants se rapportent principalement à la, fibrine-peptone, qui a été beaucoup mieux étudiée que les autres.
L'alcool la précipite en flocons entièrement solubles dans Teau. Elle n'est point précipitée par Tacide nitrique, caractère important qui la distingue de la syntonine. Lorsqu'on la chauffe avec cet acide, on voit apparaître une coloration jaune.
L'acide chlorhydrique et l'acide acétique ne la précipitent pas, môme en présence du ferrocyanure de potassium. L'acide métaphosphorique y forme un précipité blanc soluble dans un excès de réactif (Henninger). Le sous-acétate de plomb et la solution d'iodomercurate de potassium précipitent la peptone. Les acides phosphotungstique et phosphomolybdique font naître des précipités dans la solution légèrement acide de peptone. Additionnée d*un excès d'alcali, la solution de peptone forme une liqueur bleue avec le sulfate de cuivre. Les sels biliaires
PBPTONES. SOI
y font naître un précipité finement floconneux. Le tanin y forme un précipité blanc très volumineux. 11 en est de même de l'acide picrique.
Les peptones possèdent, quoiqu'à un faible degré, les caractères d'acides. Mises en digestion avec les carbonates de banum et de calcium, elles en chassent de l'acide carbonique et dissolvent une certaine quantité de chaux et de baryte. Ce caractère acide des peptones est beaucoup plus prononcé que celui que possèdent les matières albuminoïdes. D'un autre côté, les peptones paraissent former des combinaisons avec les acides. Cette double propriété de s'unir à la fois aux acides et aux bases semble rapprocher les peptones des acides amidés et s'accorde avec l'idée énoncée plus haut que ces corps résultent de rhydratation des matières albuminoïdes. Elles formeraient on quelque sorte le premier degré de cette hydratation qui serait effectuée par l'action simultanée de l'acide et du ferment, et qui donnerait lieu, en se prolongeant et en se complétant, aux phénomènes de dédoublement si bien étudiés par M. Schûtzenberger. De fait, quelques-uns des produits de ce dédoublement, tels que la leucine et la tyrosine, ont été signalés comme résultant de l'action prolongée du suc gastrique sur les matières albuminoïdes.
S 76. Théorie de la fermentation gastrique. — On ne sait rien de précis et on ne peut faire que des hypothèses sur le mode d'action de ce ferment non figuré qui est la pepsine. Prenant en considération ce fait que la présence d'un acide minéral est nécessaire pour opérer la transformation des matières albuminoïdes, on a supposé que l'acide se portait d'abord sur la pepsine et que ce dernier l'abandonnait ensuite à la matière albuminoïde, qui devient peptone par l'action combinée du ferment et de l'acide ; que la pepsine devenue libre se combinait de nouveau avec l'acide chlorhydrique, lequel se transporterait sur une nouvelle portion de matière albuminoïde, et ainsi de suite. La pepsine serait donc un intermédiaire indispensable de la transformation des matières albuminoïdes, en leur prêtant l'acide chlorhydrique nécessaire pour leur hydratation, et en le reprenant, du moins en partie, au produit de cette hydratation. C'est là une théorie sans preuves. Elle serait pourtant appuyée par ce fait qu'une très petite quantité de
ÎOÎ suc GASTRIQUE.
pepsine peut convertir des quantités très considérables de fibrine en peptone, sans qu'on puisse dire néanmoins que le pouvoir de la pepsine soit illimité. 11 atteint sa limite lorsque la liqueur renferme une proportion notable de peptone; mais, comme nous Pavons fait remarquer plus haut, on peut restituer dans ces conditions le pouvoir digestif à la pepsine eu étendant ces liqueurs' trop concentrées avec de Peau acidulée d'acide chlorhydrique.
M. HerthS développant et rectifiant une idée émise par Lehmann, admet que les matières albuminoîdes sont des polymères des peptones, et que Taction du suc gastrique a pour effet de résoudre, en quelque sorte, ces polymères en leurs molécules génératrices qui seraient les peptones, comme la chaleur résout la molécule d'acide cyanurique en 3 molécules d'acide cyanique. Cette opinion nous paraît insoutenable par la raison que l'analyse si gnale des différences de composition entre les peptones et les matières albuminoîdes, et que par conséquent, il ne peut être question ici ni d*isomérie comme le voulait Lehmann, ni de polymérie comme le pense M. Herth.
S 77. Substances qui entravent ou ralentissent l'actioD du suc gastrique. — Les substances qui précipitent la pepsine entravent naturellement l'action du suc gastrique. 11 en est ainsi de certains corps métalliques, tels que l'acétate de plomb, le chlorure mercurique ; mais l'introduction de ces sels dans l'estomac amène des conséquences plus graves, qui effacent complètement le trouble de la digestion. Des solutions concentrées des sels neutres purgatifs, tels que les sulfates sodique et magnésien et le chlorure de sodium, déterminent une sécrétion abondante de mucus dont l'alcali neutralise une certaine quanti té d'acide chlorhydrique et ralentit par conséquent l'action de la pepsine. Le phénol à petite dose exerce une faible action sur la digestion stomacale.
L'ingestion de grandes quantités d'alcool pourrait la troubler en précipitant la pepsine. Ceci s* applique principalement aux digestions artificielles.
Un point plus intéressant concerne l'action de la bile sur le
I. Zeittchrift fUr physiologiscfu Chemie, t. I, p. 277, 187S.