‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 107 sur 260 · Philosophical Transactions, 18‘2't, p. 4.t · texte numérisé non relu

Philosophical Transactions, 18‘2't, p. 4.t

2. Bidder et Schmidt, Die Verdauuncjsdfte, Leipzig, 1852, p. 4L

SUC GASTRIQUE

riciire à celle qui eût saturé complètement ces bases. Le suc gastrique renferme donc un excès d’acide chlorhydrique, excès qui correspond à la quantité d’acide libre qui y est contenue; cette quantité ayant été dosée, d’autre part, par un titrage au moyen de la baryte, il s’est trouvé que la quantité de baryte ajoutée était sufiisante pour neutraliser, cà peu de chose près, l’excès d’acide chlorhydrique directement déterminé par l’expérience.

Un a fait diverses objections à l’opinion qu’on vient d’émettre concernant la nature de l’acide libre du suc gastrique.

Voici la première. Lorsqu’on distille du suc gastrique, il passe d’abord de l’eau pure, et ce n’est que vers la tin de l’opérât ion que l’on recueille une eau chargée d’acide chlorhydrique. 11 n'en est pas ainsi lorsqu’on distille de l’eau renfermant ([uelques millièmes d’acide chlorhydrique. Celui-ci distille avec l’eau, même au commoncement de l’opération. (Lehmann.)

L’objection est sans valeur. Le suc gastrique n’est pas une solution d’acide chlorhydrique : il renferme d’autres matériaux, particulièrement des matières organiques qui retiennent l’acide chlorhydrique. On peut le prouver en neutralisant exactement du suc gastrique et en ajoutant ensuite de l'acide chlorhydrique de manière à le ramener à son acidité normale. Si l’on distille ensuite, il ne passe d’abord que de l’eau pure.

C’est Icà un fait, et il est assez difficile d’en donner l’explication théorique. On avait supposé que l’acide chlorhydrique pouvait former une véritable combinaison avec les matières organiques, et l’on avait admis l’existence d’une combinaison conjuguée d’acide chlorhydrique et de pepsine, comi^arable à l’acide sulfovinique ou étliylsulfuriquc. (Wasmann.)

Cela est inadmissible en théorie. Toutefois, il faut admettre que la présence de matières organiques empêclie l'acide chlorhydrique de distiller avec les premières portions d’eau. 11 est possible qu’il s’agisse ici d'une attraction analogue à celle qu’exercent certains hydrates, tels quel’alumine, sur les matières colorantes.

La seconde objection est celle-ci ; le suc gastrique ne renferme pas d’acide chlorhydi'ique libre; car, lorsqu'on ajoute une, cei taine quantité de ce suc à une solution de chlorure de calcium étendu, cette liqueur est précipitée par l'acide oxalique, tandis que le chlorure de calcium, additionné d'un mil-

SA COMPOSITION CHIMIQUE

Hômc d'acide chlorhydrique, ne l’est pas. D’un autre coté, le suc gastrique soumis à rébullition avec une petite quantité d’empois ne transforme pas l’amidon en dextrine, comme le fait une solution faible d’acide chlorhydrique. 11 y a là, comme l’ont fait remarquer MM. Bernard et Barreswill, des réactions particulières qui établissent une différence entre le suc gastrique et une solution faible d’acide chlorhydrique. Ces particularités s’expliquent par la présence des matières organiques et peuvent être constatées avec le suc gastrique préalablement neutralisé, puis acidulé par l’acide chlorhydrique.

11 est donc démontré que l’acidité du suc gastrique frais et pur est due à l’acide chlorhydrique. 11 n'en est pas ainsi du suc gastri(iue ancien, ou du suc gastricjue mêlé d'aliments. Dans ce dernier, on trouve fréquemment de l'acide lactique, ainsi que l'ont reconnu depuis longtemps MM. Leuret et Lassaigne '. Lchmann a rencontré cet acide dans le suc gastrique de chiens qui n’avaient mangé que des os. Dans les cas de mauvaise digestion, on a même extrait du suc gastrique des acides volatils, tels que l'acide acétique et l’acide butyrique. 11 est clair que ces acides sont le produit de fermentations anomales qui ont lieu dans l’estomac, dans certains cas pathologiques. L’acide lactique est sans doute le produit d'une fermentation qui s'accomplit, à l’état normal, après l’ingestion de certains aliments, ou encore lorsque le suc gastrique est abandonné pendant quelque temps à lui-même. Des expériences récentes de M. Ch. Richet’’ ont éclairci ce dernier point et ont confirmé le fait de l’existence de l’acide chlorhydrique dans le suc gastrique frais. Voici la méthode qui a été employée par ce physiologiste. On sait que les acides minéraux sont insolubles ou très peu solubles dans l'éther. Ce liquide, agité avec une solution aqueuse de ces acides, n’enlève pas ces derniers ou n’en extrait que des traces. Les choses se passent autrement lorsqu’on agite avec de l’éther la solution aqueuse d’un’acide plus ou moins soluble dans l’éther, tel que l’acide lactique. 11 s’établit, dans ce cas, un partage entre les deux dissolvants, et pour que ceux-ci

1. Recherches physiologiques et chimiques pour servir à l'hisloire de la digestion. Paris, 1825.

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