PEPSINE
l'ine, en ayant soin d'acidulcr la liqueur par i’acide chlorhydrique. L'addition d'une petite quantité d’acide a pour but de faciliter la dissolution de la pepsine, qui s’accomplit diflicilement dans la glycérine neutre. La solution glycérique étant additionnée d’alcool, la pepsine se précipite, ün recueille le dépôt sur un fdtre, on le lave à l’alcool et on le dissout dans l’eau additionnée de à 8 millièmes d’acide chlorhydrique fumant. Cette solution peut être employée avec avantage pour les expériences de digestion artificielle.
La pepsine est plus soluble dans l’eau que dans la glycérine ; on obtient donc des solutions plus chargées de pepsine et plus actives en faisant digérer l’estomac avec de l’eau. On peut remplacer l’eau par une solution acineuse d’acide salicylique^, solution qui permet de prolonger la digestion pendant huit jours sans que la liqueur se pulrélie. Filtrée, elle donne avec l’alcool un abondant précipité qui se dissout presque entièrement dans l’eau. Cette solution aqueuse est riche en pepsine, car elle possède à un haut degré la propriété de digérer la librine gonflée par les acides, propriété caractéristique de la pepsine.
Pour purifier la pepsine, on peut la soumettre à la dialyse à travers du papier-parchemin, comme font conseillé MM. Krassilnikow et Schaeffer. En ayant soin de renouveler souvent l’eau du dialyseur, on parvient à en extraire les sels et les peptoncs. Le produit qui reste après ce traitement n’est pas précipitable par le cblorure platinique, comme celui qui a été préparé par la méthode de M. Brücke.
Propriétés de la pepsine. — La pepsine est un corps solide, amorphe, qui renferme de l’azote au nombre do scs éléments. Elle est soluble dans l'eau et dans la glycérine, et ces solutions sont précipitées par l’alcool. La solution aqueuse n’est précipitée ni par l’acide nitrique, ni par l’iode, ni par le sublimé corrosif, ni par le tanin; elle est précipitée par l’acétate et par le sous-acétate de plomb, ainsi que parle tétrachlorure de platine.
La pepsine n’est pas difi'usible ; c’est une propriété importante au point de vue do son rôle physiologique.
1. Erlenmcycr, Mahfs Jahresbericht über die Forlschritte der Thierchemie, t. V. p. 2G7.
SUC GASTRIQUE
La propriété caractéristique de la pepsine est de dissoudre la fdjrine et, en général, les matières albuminoïdes sous l’influence des acides faibles, dont la présence est nécessaire : la pepsine pure, en solution neutre, n’attaque pas la fd)rine. Les acides les plus efficaces sont les acides chlorhydrique, sulfurique, nitrique; les acides acétique, lactique, oxalique sont moins actifs. Les premiers, l’acide chlorhydrique surtout, gonllent la fibrine, et cette gelée acide se dissout rapidement dans la solution de pepsine; pourtant, le gonflement préalable par l’acide ne paraît pas être une condition indispensable de la dissolution, ou du moins ne s’observe pas toujours; car on peut l’empêcher en arrosant la fibrine avec des solutions salines concentrées. Ainsi traitée, la fibrine se dissout néanmoins dans la solution acidulée de pepsine, mais en laissant des parties membraneuses qui refusent de se dissoudre. Comme nous l’établirons ci-après, le degré de dilution de l’acide et la température ne sont pas sans intluence sur la rapidité de la digestion. La température la plus favorable est celle de 40°.
Une très petite quantité de pepsine peut dissoudre et digérer des quantités relativement très considérables de fibrine; mais, dans un volume donné de liquide, celte dissolution ou digestion atteint bientôt une limite, qui dépend de la proportion de tîbi'ine dissoute. A un certain degré de concentration, la digestion s’arrête et la fibrine ajoutée ne fait que se gonfler, sans que pour cela le ferment ait perdu son activité. On peut la lui restituer en étendant la liqueur d’une certaine quantité d'eau, ou mieux, d’une solution d’acide chlorhydrique au millième. La dissolution do la fibrine recommence dans ces conditions, et lorsqu’elle s’arrête de nouveau, l’addition d'une nouvelle quantité d’eau acidulée détermine une nouvelle digestion. On remarque seulement qu’à mesure que le volume de la liqueur et par conséquent le degré de dilution de la pepsine augmentent, la dissolution de la fibrine s’accomplit plus lentement.
Dosage de la pepsine. — On a décrit divers procédés pour le dosage de la pepsine ; mais on a confondu fréquemment l’aclion de l’acide chlorhydrique avec celle du ferment, en déterminant simplement la proportion de fibrine ou de matière albuminoïde dissoute ou en appréciant la rapidité de l’action
, CIlYiMOSlNE.
1 dissolvante, et non pas, connne il convient de le faire, en dosant I la proportion de fibrine digérée, c’est-à-dire transformée en pep- ( tone. L'action dissolvante de l’acide chlorhydrique au millième, I en présence d'une trace de pepsine, est très considérable, et l’on t parvient aisément à dissoudre 200 gr. de fibrine humide en la J faisant digérer avec un litre d’eau à àO", additionnée de 10 gr. f d’acide chlorhydrique et 1 centigr. de pepsine L Mais cette fibrine i est simplement tluiditiée et convertie en syntonine ; elle n’est t point digérée. Pour mesurer le pouvoir digestif d’une pepsine, M. llottot recommande de faire mettre en contact 6 gr. de fibrine humide avec 50 grammes d’eau et 6 gouttes d’acide chlorhydrique concentré, d’ajouter 50 centigr, environ de pepsine, en chauffant à 40'^. Si la pepsine est de bonne qualité, la fibrine est dissoute au bout d’une heure et transformée en syntonine; au bout de vingt-quatre heures, elle est digérée, c’està-dire transformée en peptone, ce qu'on reconnaît à ce caractère que la liqueur filtrée ne précipite plus par l’acide nitrique. Pour opérer les mêmes transformations avec une pepsine de mauvaise qualité, il faudrait en ajouter davantage. Les meilleures pepsines commerciales sont assez actives pour que 35 centigr, sullisent pour digérer 6 gr. de fibrine dans les conditions indiquées.
§ 71. Chymosine ou ferment de la présure. — Le suc gastrique possède la propriété de coaguler le lait, et l’on sait que la solution acide connue sous le nom de présure, qu'on emploie dans les fromageries et qu’on obtient à l’aide des caillettes de veau, renferme, indépendamment d’une certaine quantité d’acide chlorhydrique, d'acide lactique, de sel marin, de sel ammoniac, un ferment particulier qui lui communique la propriété de coaguler le lait. Payen a désigné autrefois ce ferment sous le nom de chymosine. On l’a considéré depuis comme identique avec la pepsine. D'après M, Hammarsten^ ce ferment, qui agit même dans des liqueurs parfaitement neutres, serait différent de la pepsine : il n’est pas précipitable par l’acétate neutre de plomb, ce qui permet de le séparer de la pepsine. Sa solution aqueuse est précipitée par le sous-acétate de plomb.