‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 205 sur 260 · MATII^RES GRASSES DU SÉRUM · texte numérisé non relu

MATII^RES GRASSES DU SÉRUM

Nous n’avons pas à nous étendre davantage sur les propriétés de la sérine, et nous renvoyons aux indications données sur les matières albuminoïdes et, en particulier, sur l’albumine et la sérine (page 81 et suiv.).

Peptone du sérum. — Le sérum du sang de la veine porte, débarrassé des matières albuminoïdes précédemment décrites, renferme, au moins pendant la digestion, une matière que l’on considère comme identique avec la peptone. Elle existe en dissolution dans la liqueur qu’on obtient en coagulant les matières albuminoïdes par la chaleur, en présence d’un petit excès d’acide acétique, et séparant le coagulum par le filtre. La liqueur filtrée et convenablement concentrée se colore par l’ébullition avec l’acide nitrique, en jaune, la coloration passant à l’orangé par l’addition d’ammoniacjue. Au contact du nitrate mercureux cette liqueur prend une coloration rouge cerise. Elle n’est pas précipitable par l’acide acétique, mais la solution acétique précipite par le ferrocyanure de potassium. Ces réactions rappellent celles des peptones.

§ l/i3. Matières grasses du sérum. — La fibrine séparée du plasma et les matières albuminoïdes précipitées par coagulation du sérum ne sont jamais exemptes de matières grasses et peuvent en être débarrassées par l’éther. La lic|ueur aqueuse, séparée par filtration d’un coagulum albumineux, peut retenir elle-même une petite quantité de matière grasse neutre, indépendamment d’une faible proportion de savons alcalins. Le résidu de l’évaporation de ce liquide, comme aussi le résidu de l’évaporation du sérum à une basse température, cèdent à l’éther une petite quantité de graisse neutre ainsi que la cholestérine contenue pareillement en petite quantité dans le sérum. Le résidu épuisé par l’éther cède à l’alcool une trace de savon.

La quantité de matière grasse que renferme le sérum ne dépasse généralement pas 0,2 p. 100 et augmente notablement sous l’influence d’une alimentation grasse. Dans ce cas, il arrive souvent que le sérum est lactescent et s’éclaircit par l’agitation avec l’éther. La nature des corps gras neutres ainsi suspendus dans le sérum est à peine connue. L’éther les abandonne tantôt sous forme de masses poisseuses, tantôt en grumeaux solides, suivant la nature du corps gras qui a été ingéré. Le corps gras

LE SANG

extrait du sérum, après l’ingestion de suif, est solide et offre même sous le microscope une apparence cristalline. C’est probablement de la palmitine, ou de la stéarine, ou un mélange des deux.

Quant au savon que nous avons mentionné plus haut, il renferme de l’acide oléique et des acides stéarique et palmitique. M. Berthelot admet qu’une petite proportion de ces acides gras se trouve dans le sérum à l’état de liberté, malgré l’alcalinité de la liqueur. Ajoutons qu’on a signalé la présence, sinon dans le sérum, du moins dans le sang, de petites quantités d’acides formique, acétique, butyrique, etc.

§ ilih. Cholestérine et lécithine du sérum, — Parmi les autres matières contenues dans le sérum nous avons déjà mentionné la cholestérine. 11 convient d’y ajouter une certaine quantité de lécithine dont la proportion augmente dans le sang des animaux gras. (Gobley, Hoppe-Seyler),

F, Boudet^ a extrait du sérum une substance cristallisable qu’il a désignée sous le nom de séroline. Pour l’obtenir, il épuise par l'eau bouillante le sérum desséché, évapore la solution aqueuse et reprend le résidu par l'alcool bouillant : par le refroidissement, la séroline se dépose en flocons nacrés. M. W. Marcet et MM. Robin et Verdeil ont repris l'étude de cette matière, mais nous ne croyons pas devoir exposer leurs recherches, par la raison que le corps isolé par F. Boudet était probablement un mélange renfermant de la cholestérine et de la lécithine. D'après M. Flint, la séroline serait identique avec la stercorine que ce dernier chimiste a extraite des excréments (page 262).

§ lti5. Sucre dans le sérum. — La présence d’une petite quantité de matière sucrée dans le sang d’animaux nourris à la fécule a déjà été constatée par Tiedemann et Gmelin et confirmée par Thomson et par Magendie. Claude Bernard- a prouvé que le sucre, qui est évidemment dissous dans le sérum, est un élément normal du sang, même chez les carnivores, fait qui a été confirmé par M. C. Schmidt L Ce sucre existe, à Tétat normal.

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