Journal fur praktische Chemie, t. XL, p
3. Comptes rendus , t. LXXX1V, p. 1514, et t. LXXXV, p. 156, 1877.
SUC GASTRIQUE
prennent chacun la moitié d’un acide donné, il faudra faire varier les volumes respectifs des dissolvants. Ainsi, dans le cas d’une solution aqueuse d’acide lactique, il faudra agiter cette solution avec 10 volumes d’éther pour que l’acide se partage également entre l'eau et l’éther : 10 sera le coefficient de partage de l’acide lactique ; ce coefficient est supérieur à 500 pour les acides minéraux. 11 est de 217 pour le suc gastrique frais, résultat qui confirme les conclusions que nous avons adoptées et exposées, concernant l’acidité du suc gastrique frais : celle-ci est due à un acide insoluble ou très peu soluble dans l’éther, c’est-à-dire à l’acide chlorhydrique, accompagné tout au plus d'une trace d’acide lactique. Mais, au bout de vingt-quatre heures, ce coefficient de partage est réduit presque de moitié; au bout de six jours, il est réduit au quart; au bout de trois mois, il n’est plus que de 16,9. Un autre acide, plus soluble dans l’éther, s’est donc formé, évidemment par fermentation, et cet acide est probablement l’acide lactique.
Voici un autre point définitivement acquis : l’acidité du suc gastrique augmente pendant la digestion, par le fait de la fermentation qu’éprouvent les matières alimentaires. Ainsi, l’acidité du suc gastrique frais étant de 100, elle peut atteindre, au bout de quelques heures, 170 lorsqu'on fait digérer ce suc gastrique avec des œufs à la température de 40° à Quel est l’acide formé dans ces conditions? C’est de l’acide paralactique, d’après M. Richet. L’auteur appuie cette conclusion, d’un côté, sur la composition du sel de zinc préparé avec l’acide organique du suc gastrique, d’un autre côté, sur la valeur du coefficient de partage qu’il a observé pour cet acide. Ce coefficient n’est pas 10, comme pour l’acide lactique de fermentation (voir plus haut), il est voisin de 3. Or, M. Richet s’est assuré que l'acide paralactique pur a pour coefficient de partage b, chiffre voisin du précédent. 11 conclut de ses expériences que l’acide organique qui se forme pendant la digestion est de l'acide paralactique, au moins en très grande partie, et il admet que, dans ces conditions, le mélange acide que l’on rencontre dans l’estomac peut être formé de 1 partie d’acide lactique et de 2 à 3 parties d’acide minéral (chlorhydrique).
Si l’acide lactique prend naissance dans l’estomac, par suite de la fermentation du contenu de cet organe, on peut se de-
SA COMPOSITION CHIMIQUE
mander en vertu de quelle réaction l’acide chlorhydrique se forme lui-même dans le suc gastrique. Il résulte sans doute de la décomposition du chlorure de sodium, et le fait de la présence de cet acide dans l’estomac doit être mis en rapport avec celui de l’alcalinité du sang. Quel est l’agent et quel est le foyer de cette décomposition} du sel marin? Questions importantes, mais insolubles dans l’état actuel de la science. Rappelons seulement que la formation de la pepsine paraît être indépendante de celle de l’acide chlorhydrique. Ce dernier apparaît dans l’estomac sous l’influence d’une irritation de la muqueuse. Quant à la pepsine, elle remplit ou tapisse les profondeurs des glandes en tube, et M. Brücke a montré que le fond et l’épaisseur de ces glandes sont neutres au papier. L’acidité n’apparaît que dans le conduit excréteur, et il semble que la pepsine se dissolve et soit entraînée au dehors grâce à l’intervention de cet acide, sans qu’on puisse dire néanmoins qu’il existe une combinaison véritable de pepsine et d’acide chlorhydrique, comme l’a supposé M. C. Schmidt.
S’il est vrai que l’acide chlorhydrique du suc gastrique résulte de la décomposition du chlorure de sodium, l’ingestion de l’iodure de potassium dans l’économie devrait donner lieu à la formation et à l’apparition, dans le .suc gastrique, d’une certaine quantité d’acide iodhydrique. On a prétendu qu’il en est ainsi, et le fait mériterait d’être vérifié.
§ 70. Pepsine. — Schwann1 nomme ainsi le ferment non figuré, dissous dans le suc gastrique et qui est le principal agent de la digestion stomacale. Wasmann 2 a essayé de l'isoler en faisant digérer la muqueuse gastrique avec de l’eau, précipitant la solution par l’acétate de plomb, décomposant le précipité par 1 hydrogène sulfuré, filtrant et précipitant le liquide filtré par 1 alcool. Frerichs a obtenu la pepsine à l’état de mélange avec des matières albuminoïdes en précipitant le suc gastrique par l’alcool. M. Brücke3 a indiqué un procédé qui permet de l'obtenir à l’état de pureté.
Préparation delà pepsine. — On fait digérer, dans une étuve a 35°, la muqueuse gastrique ou, plus simplement, la matière