‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 12 sur 570 · Comptes rendus, t. LXI, p. 493, 18G · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. LXI, p. 493, 18G

PAU LE RÈGNE VÉGÉTAL

composés ternaires primitivement formés, tels qu’hydrates de carbone, acides organiques, etc.? On ne peut faire à cet égard que des hypothèses qu’il nous paraît inutile de développer. Rappelons seulement une vue émise par M. A. Gautier. Ce chimiste distingué admet que la chlorophylle joue un rôle dans ces phénomènes de réduction. Comme l’indigo bleu, elle peut fixer de l’hydrogène pour devenir incolore. Elle aurait le pouvoir de décomposer l’eau sous l’influence de la radiation solaire en absorbant l’hydrogène et en dégageant l’oxygène. Cette chlorophylle hydrogénée réduirait l’acide carbonique, avec formation d’eau, en repassant elle-même à l’état de chlorophylle verte1. Une chose peut être considérée comme hors de doute dans l’interprétation de ce genre de réactions, savoir : l’intervention des radiations lumineuses, tout aussi nécessaires pour la réduction de l’eau ou d’autres composés oxygénés que pour la décomposition de l’acide carbonique.

Des expériences récentes de M. Dehérain semblent avoir démontré l’influence des rayons solaires, sinon sur la décomposition de l’eau, au moins sur son évaporation par les feuilles, phénomène qui marche d’accord, en quelque sorte, avec celui de la décomposition de l’acide carbonique. Nous croyons devoir mentionner ici ces recherches, car elles ne semblent pas étrangères au sujet que nous traitons. Dans des expériences faites sur des feuilles de blé et qu’il serait bien important de répéter et de confirmer, M. Dehérain a obtenu les résultats suivants, concernant l’activité de l’évaporation : les chiffres des deux dernières colonnes donnent les quantités d’eau évaporées en une heure.

Soleil

Lumière diffuse. . .

Obscurité

Poids

Poids

Poids de l’eau

Température.

de

la feuille.

de l’eau évaporée

évaporée pour 100 gr.

de feuilles.

oo

frr

Rr

Si le fait annoncé par M. Dehérain était définitivement établi, on pourrait en conclure que les radiations lumineuses qui pro-

1. A. Gautier, la Chimie des plantes, Revue scientifique , t. VI. p. 7ù7.

voquent le phénomène de la décomposition de l’acide carbonique interviennent aussi, soit pour effectuer la décomposition de l’eau, soit, comme nous l’avons vu plus haut, pour en déterminer la formation. Et ces deux actions inverses, décomposition de l’eau et formation de l’eau, peuvent s’accomplir l’une et l’autre dans des conditions spéciales pour chacune d’elles, comme les phénomènes opposés de la combinaison de deux corps ou de la dissociation du composé formé peuvent s’accomplir, dans des conditions particulières, par l’action de la chaleur.

On avait émis l’opinion que l’activité de ces phénomènes de décomposition était indépendante de la nature du rayon et qu’elle dépendait seulement de l’intensité de la lumière. 11 n’en est pas ainsi ; M. Dehérain1 a établi récemment que tous les rayons ne sont pas également efficaces pour la décomposition de l’acide carbonique. Ce savant trouve que, même à intensité égale, les rayons jaunes et rouges agissent plus énergiquement que les rayons bleus ou violets, et que l’accord constaté entre la décomposition de l’acide carbonique et l’évaporation de l’eau se maintient, quel que soit le genre de rayons. Ce fait que les rayons de réfrangibilité moyenne sont plus efficaces que les rayons violets dans les phénomènes de la végétation est en rapport avec les propriétés optiques de la chlorophylle que nous avons indiquées plus haut (page 8).

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