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ASSIMILATION DE L’AZOTE

§ k. Le carbone et l’hydrogène entrent dans la composition de tous les principes immédiats déposés dans les organes des plantes : il n’en est pas de même de l’azote, qui manque dans un grand nombre de matières organiques. Néanmoins, et contrairement à ce que l’on pensait autrefois, les substances azotées sont très répandues dans le règne végétal, et l’on sait aujourd’hui qu’aucune cellule n’en est dépourvue. Certains organes, tels que les graines, renferment une quantité notable de matières azotées, et dégagent de l’ammoniaque en abondance lorsqu’on les calcine avec de la chaux sodée.

i. Comptes rendus , t. LXIX, p. 381 et 929.

PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL

Sous quelle forme l’azote de ces matières azotées pénètret-il dans les plantes? quelle est son origine et de quelle façon est-il assimilé par les végétaux? Telles sont les questions que nous allons aborder maintenant.

C’est l’atmosphère, c’est le sol qui constituent pour les végétaux des réservoirs inépuisables d’azote. L’atmosphère renferme de l’ammoniaque sous forme de carbonate qui pénètre dans le sol avec l'eau de pluie; le sol lui-même renferme des azotates. De plus, il est souvent imprégné de matières azotées qui fournissent de l’ammoniaque par leur décomposition lente. C’est donc sous forme d’ammoniaque et sous forme d’azotates que, dans les conditions naturelles et en dehors de toute culture, l’azote pénètre dans les végétaux.

Assimilation de l’azote des sels ammoniacaux. — Dans ses premières « recherches chimiques sur la végétation » M. Boussingault avait établi qu’une portion de l’azote assimilé par les végétaux était empruntée à l’atmosphère 1 au moins par certaines plantes. Liebig le premier a considéré l’ammoniaque comme la source de l’azote assimilé par les végétaux

On sait que l’ammoniaque existe en petite quantité dans l’air atmosphérique sous forme de carbonate. L’eau de pluie renferme une trace de ce sel. Le sol en contient une proportion beaucoup plus forte. Toutes les matières organiques azotées en décomposition dégagent de l’ammoniaque qui se dissout à l’état de carbonate dans l’eau dont la terre est imprégnée ; une partie de cette ammoniaque est même condensée et comme emmagasinée par certains sols de nature argileuse. Les meilleurs engrais sont ceux qui renferment la plus forte proportion de matières organiques azotées en décomposition, ou aptes à se décomposer dans le sein de la terre. C’est là une source lente et incessante d ammoniaque. De nombreuses expériences ont constaté la puissance fertilisante de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux, convenablement employés.

Sir IL Davy a montré que les émanations gazeuses d'une masse de fumier , conduites sous les racines d’un gazon , en favorisaient singulièrement la végétation. Plus récemment,

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Comptes rendus, t. VIII, p. 57. 1830.

üir orgamsche Cliemie in ihrer Anwendung auf Agricullur and Pli e, von Justus Liebig, 1841, p. 69.

MM. Schattenmann, Kuhlmann, Isidore Pierre, Lawes et Gilbert ont reconnu l’influence fertilisante des sels ammoniacaux. Il paraît nécessaire, toutefois, que ces sels soient offerts aux végétaux à l’état de dilution extrême et disséminés dans le sol arable. Directement absorbées par les racines ou par les plantes entières submergées dans l’eau, les solutions des sels ammoniacaux peuvent exercer une influence nuisible (Bouchardat, Cloëz).

D’un autre côté , on a établi que les végétaux languissent dans un sol absolument dépourvu d’ammoniaque , ou d’une substance azotée capable de donner de l’ammoniaque. M. Boussingault a fait germer des haricots, de l’avoine, des lupins, du cresson de fontaine, dans des sols artificiels formés de cendres d’engrais, de pierre ponce, de cendres d’os, etc. Les plantes végétaient dans une atmosphère confinée d’où l’on avait soin d’exclure toute trace d’ammoniaque , tout en y admettant de l’acide carbonique. Elles étaient arrosées d’eau distillée. Arrivées au terme de leur développement maladif, elles ont été soumises à l’analyse. On a constaté alors que la quantité totale d’azote contenue dans la récolte était un peu inférieure, dans la majeure partie des cas, à la quantité d’azote contenue dans la semence. Faute d’ammoniaque ou d’une substance azotée propre à en fournir, les plantes ont donc vécu péniblement aux dépens de l’azote contenu dans les graines : l’azote de l’air n’a point été assimilé directement.

D’autres expériences mettent en lumière le rôle de l’ammoniaque ou des matières azotées qui peuvent en fournir par leur décomposition spontanée, comme matières fertilisantes, c’est-à-dire comme éléments propres à concourir à l’élaboration des substances organiques par les végétaux. D’après les expériences de M. Pasteur, les cellules de la levure ne se multiplient qu’à la condition de rencontrer, dans le milieu où elles doivent se développer, non seulement les matériaux propres à la formation de la cellulose, mais encore de l’ammoniaque ou un composé azoté, et, de plus, les phosphates nécessaires à la constitution des matières albuminoïdes.

Assimilation de l’azote des azotates. — On connaît depuis longtemps l’influence fertilisante des azotates, et l’on emploie aujourd’hui des quantités considérables d’azotate de soude

PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL

comme engrais. On sait d’ailleurs que, dans certaines légions renommées pour leur fertilité, telles que 1 Inde et lÉg\pte, le sol est imprégné d’azotates et se couvre souvent d’efflorescences de ces sels. Des azotates y prennent naissance par l’oxydation de l’ammoniaque en présence de bases puissantes. Des expériences directes et très concluantes ont démontré l’efficacité de l’azotate de potasse comme agent fertilisant. Nous citerons ici une de celles que l’on doit à M. Boussingault.

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