P. Gcddes, Comptes rendus, l. LAXXY1I, p
PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL. 34
dans ces derniers temps l’attention sur ce sujet. Les especes végétales dont il s’agit appartiennent aux genres Dr oser a , Sarracenia, Darlinglonia, Nepenthes. Toutes ces plantes sont munies d’organes particuliers, en forme d’urnes, organes capables, non seulement de saisir l’animal, mais encore de le digérer. Chez les népenthes, par exemple, ces urnes sont des organes foliacés, munis d’un opercule qui vient se clore sur l’insecte. Le bord de l’urne et la surface inférieure de l’opercule sont parsemés de glandes nombreuses, lesquelles sécrètent abondamment une liqueur sucrée par laquelle l’insecte est attiré. La cavité de l'urne elle-même est tapissée d’un fond cellulaire rempli d’un nombre considérable de glandes sécrétant un véritable liquide digestif. Ce sont des glandes pepsinifères. Et, chose curieuse, la nature et les propriétés du liquide sécrété varient suivant que les glandes sont excitées par la présence d’un insecte dans l’urne ou qu’elles ne sont pas excitées. Dans le premier cas, le liquide est acide et renferme de la pepsine. D’après les expériences de MM. de Gorup-Besanez et H. Will 1, ce suc dissout la fibrine gonflée par une trace d’acide chlorhydrique et la transforme en peptone. L’albumine cuite et la viande crue sont dissoutes partiellement avec le concours d’une trace d’acide chlorhydrique. L’empois d’amidon n’est pas altéré. Ce sont là les qualités d'un véritable suc gastrique de nature végétale, et il existe une concordance parfaite entre la fonction digestive des urnes de népenthes et celle de l’estomac des animaux supérieurs.
Une telle analogie dans les fonctions se retrouve dans d’autres circonstances. Dans certaines phases de leur développement, les végétaux ont besoin de s’échauffer, comme les animaux. Une graine qui germe, une lleur qui s’épanouit pour la fécondation dégagent de la chaleur, et le font en respirant à la façon des animaux, c’est-à-dire en brûlant des matières organiques. C’est le sucre qui paraît servir de combustible : il s’accumule dans les végétaux avant la floraison ; il existe dans les graines qui germent et disparaît dans le cours de la germination. Dans ce dernier cas, il résulte de la transformation de
t. Fortgesetzte Beobachlungen ilber peptonbildende Fermente im Planzenreiche, von E. von Gorup und II. Will (Sitzungsberichte der physikalischmedizinischen Societüt zu Erlangen, 2G juin 1876.)