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III. — COAGULATION DU SANG

§ 118. Au sortir des vaisseaux, le sang est fluide; mais lorsqu’on l’abandonne à lui-même, il se convertit, au bout de quelques minutes, en une masse molle, qui se rétracte peu à peu et se sépare en deux parties distinctes, le caillot et le sérum (page 266).

Le caillot se forme d’abord sur les parois du vase et à la partie • supérieure ; les aspérités de la surface et les hématoblastes (page 293) deviennent le point de départ de chaque trabécule. C’est la séparation, au milieu de la masse du sang, de la fibrine a l’état solide qui est la cause prochaine du phénomène. Ce

LE SANG

corps en se séparant ainsi forme une trame solide qui d’abord enlace dans ses mailles la totalité du sang, c’est-à-dire la partie liquide et les globules. Mais au bout de quelques minutes cette trame fibrineuse qui a envahi la masse tout entière subit un retrait. La partie liquide du sang dépouillée de l’élément fibrineux est exprimée et suinte à la surface du cruor, de telle sorte qu’au bout d’un temps plus ou moins long le caillot, conservant la forme rapetissée du vase dans lequel on a reçu le sang, nage dans un liquide ambré, généralement transparent et plus ou moins abondant. Ce liquide est le sérum. Quant au caillot qui s’est raffermi en se contractant, il emprisonne dans ses mailles fibrineuses tous les éléments cellulaires du sang, globules rouges, hématoblastes, leucocytes. 11 retient aussi une certaine portion du sérum.

La coagulation du sang ne se produit pas avec la même rapidité dans toutes les circonstances. Elle est retardée chez les individus affaiblis, les femmes, les enfants. Les sangs de chien, de cochon d’Inde, d’oiseaux, de reptiles, se coagulent très vite. Le sang de mouton et surtout celui de cheval se coagulent plus lentement. Celui des poissons se prend rapidement en une gelée, qui ne tarde pas à se fluidifier de nouveau, d’après quelques auteurs. La coagulation est plus lente, lorsque le sang est extravasé dans l’organisme, celui des foyers hémorrhagiques se maintenant fluide quelquefois pendant plusieurs semaines. Après la mort, le sang reste fluide pendant quelque temps dans le cœur et dans les vaisseaux. Dans les petits vaisseaux, il se maintient plus longtemps à l’état liquide que dans les gros (Lister).

Sous certaines influences, la coagulation est accélérée ; sous d’autres, elle est retardée ou même suspendue. Le battage ainsi que l’élévation de la température l’accélèrent. L’action de l’oxygène ou de l’air semble produire le même effet, sans qu’on puisse dire que cette action soit la cause déterminante du phénomène, car la coagulation s’accomplit dans le vide et dans différents gaz tels que l’hydrogène, l’azote, l’acide carbonique.

La coagulation du sang est retardée par l’abaissement de la température vers 0°, par la richesse du plasma en sels, par l'addition au sang de certains sels tels que le sulfate de soude, le nitrate de potasse, le chlorure de sodium, le chlorure et

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