Ueber die Kohlensaüre des Blutes. Bonn
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LE SANG
L’acide qui agit dans ces expériences, et qui, soit dit en passant, doit aussi jouer un rôle dans l’exhalation de l’acide carbonique par le poumon, est un acide faible : il ne chasse l’acide carbonique des carbonates qu’à à0° et dans le vide. Quel est cet acide? Cette question n’est pas résolue. Quand on considère que le dédoublement de l’hémoglobine en matière albuminoïde et en hématine donne naissance, d’après M. Hoppe-Se^ler, à une petite quantité d’acides gras, on serait tenté d’attribuer à ces acides un rôle dans l’expulsion de l’acide carbonique. Mais une telle conclusion ne serait pas légitime, car l’expérience démontre que le sang privé de gaz ne renferme que très peu d’hématine : il montre les raies d’absorption de l’hémoglobine réduite. Celle-ci ne se dédouble donc pas. D’après M. Pflüger1, le sang artériel perd plus facilement son acide carbonique que le sang veineux, et si ce dernier est agité avec de l’oxygène, il laisse dégager, de même, son acide carbonique avec plus de facilité. 11 semblerait donc que l’oxygène joue un rôle, au moins indirect, dans la formation de l’acide dont il s’agit. Cet acide ne serait-il autre que Poxyhémoglobine elle-même? On serait tenté de le soutenir, en prenant en considération ce fait que dans le sang privé de gaz l’hémoglobine est sortie des globules et s’est répandue dans le sérum qui prend l’apparence d’une laque rouge. Mais, d’un autre côté, il ne faut pas perdre de vue que, lorsque les dernières portions de gaz carbonique sont expulsées du sang, l’oxygène s’est déjà dégagé et que l’oxyhémoglobinc est réduite à l’état d’hémoglobine. Ce serait donc à cette dernière qu’il faudrait attribuer le pouvoir de décomposer les carbonates, et alors on ne conçoit plus l’influence de l’oxygène dont il a été question plus haut. Ajoutons qu’on a attribué la formation de l’acide dont il s’agit à la décomposition que subissent les globules blancs et peut-être les hématoblastes, aussitôt après l’émission du sang. Cela est possible; mais la nature et les produits de cette décomposition sont inconnus, et c’est pour ainsi dire en désespoir de cause qu’on s’est adressé à la lécithine des globules pour lui faire jouer un rôle dans la réaction dont il s’agit. Comme les acides oléique et margarique ou palmitique sont des produits du dédoublement de la lécithine, on a sup-
1. E.-F.-W. Pflüger, Ueber die Kohlensiïure des Ulules. Bonn, 18üL
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posé que ce dédoublement a lieu et que les acides mis en liberté agissent sur les carbonates du sang. C’est encore une hypothèse que rien ne démontre, nous disons plus, que rien n’appuie jusqu’à présent. La question reste donc entière, et si le fait de l’influence des globules sur le dégagement de l’acide carbonique est établi, des recherches ultérieures devront en donner l’explication.
COMPOSITION DU SANG
s 152. Après avoir exposé la constitution chimique des globules et celle du plasma et du sérum, il nous reste à indiquer la composition moyenne du sang lui-même.
En appliquant la méthode fondée sur le dosage de la fibrine dans le plasma et dans le sang de cheval (page 388), M. Hoppe- Seyler a trouvé que 1000 parties de ce sang renferment :
Plasma 073,8
Globules 320,2
1000 parties de globules renferment :
Pau 505,0
Matériaux solides 435,0
1000 parties de plasma renferment :
Pau 899,0
Matériaux solides 101,0
Fibrine J0, l
Albumine 77jj
Matières grasses 12
Matières extractives 4?0
Sels solubles 0.4
Sels insolubles 1,7
Il est facile de calculer, d'après ces données, la composition du sang de cheval en la rapportant à 1000 parties.
LE SANG
1000 parties de sang de cheval renferment :
/ Eau . . . . • 605,7
l Fibrine 6,8
j Albumine 52,3
Plasma 073,8 < Matières grasses 0,8
(Matières extractives 2,7
Sels solubles 4,3
Sels insolubles . 1,2
r Eau 184,3
Globules 326,2 ] Matériaux solides des globules (hémo-
1 globine, etc.) 141,9
MM. Hoppe-Seyler et Sacharjin ont trouvé dans 1000 parties de sang de cheval, en moyenne, 655,8 parties de plasma et 3h4, 2 parties de globules. Bien que le chiffre des globules soit sensiblement plus fort, cette analyse s’accorde assez bien avec la précédente ; car il faut considérer que la proportion d'hémoglobine est sujette, dans le sang, à de grandes variations.
Voici les analyses de MM. Hoppe-Seyler et Sacharjin 1 :
I II III IV V VI
Globules 327,78 362,90 334,48 318,27 415,13 306,50
/ Matériaux
renfermant.. < solides. 128,19 130,78 132,28
i Eau 199,59 232,12 202,20
Plasma 672,22 637,10 665,52 681,73 584,87 693,50
, Matériaux
renfermant.. < solides. 67,90 55,88 64,90
Les résultats que M. C. Schmidt2 avait obtenus antérieurement pour l’analyse du sang humain diffèrent sensiblement des précédents. Le chiffre de globules humides est plus élevé, mais il faut considérer qu'il a été obtenu par une méthode indirecte.
M. C. Schmidt avait cherché, en effet, à évaluer par des mesures micrométriques la rétraction qu’éprouvent les globules