Anzeiger der Wiener Academie, 1872, p
Action de la potasse. — Soumises à une longue ébullition avec la potasse concentrée, les matières albuminoïdes subissent une décomposition profonde. 11 se dégage de l’ammoniaque, et la liqueur alcaline, étendue d’eau, ne donne plus de précipité lorsqu’on la neutralise par l’acide sulfurique. Après l’évaporation, l’alcool bouillant extrait presque toute la matière organique du résidu et la solution alcoolique laisse déposer de la leucine.
Le leucine, accompagnée d’une petite quantité de tyrosine, se forme aussi lorsqu’on fond les matières albuminoïdes avec la potasse, au creuset d’argent. On a constaté en même temps la formation d’une petite quantité d’acides butyrique et valérique (Würtz1 et Liebig2).
Lorsqu’on chauffe de l’albumine sèche avec de la potasse à une température ne dépassant pas 300°, la masse fondue et boursouflée laisse dégager de l’hydrogène, de l’ammoniaque, des ammoniaques composées, du pyrrol C4 H5 Az, de l’indol C8 II7 Az, du scatol, substance qu’on envisage comme un homologue de l’indol (page 73). La potasse retient des acides gras volatils, principalement de l’acide butyrique et, chose digne d’intérêt, une certaine quantité de phénol. Il est probable que les acides gras volatils proviennent de la décomposition des restes d’acides amidés de la série grasse, et que le phénol provient du dédoublement de la tyrosine. Ce dernier corps se convertit d’abord en acide paroxybenzoïque, lequel donne du phénol et de l’acide carbonique (Nencki). Les équations suivantes rendent compte de ces décompositions :
05 H13 Az 02 4- 3KOH = CSH9 02K + 00* K2 +AzH* + 2 H2
Leucine. Valérate
de potassium.
C2 H3 (Az H2)< 011 + 2 KOII = CG ID < K + C2 113 02 K + Az H3 + H2
Tyrosine. Pai'oxybenzoate Acétate
de potassium. de potassium.
0511 5 < [ ?”, = GO2 + 05 H». OII >
Acide ( Phénol,
paroxybenzoïque .
L Annales de chimie et de physique, 3e série, t. II, p. 255, 1844. 2. Annalen der C hernie und Pharmacie , t. LVIII, p. 127, 1840.
GÉNÉRALITÉS
Action de la solution de baryte à une température élevée. — M. Schützenberger a étudié avec une attention particulière le dédoublement des matières albuminoïdes par l’hydrate de baryte.
L’albumine coagulée se dissout peu à peu à froid dans l’eau de baryte, avec dégagement d’ammoniaque. A la température de l’ébullition, la dissolution est plus rapide et le dégagement d’ammoniaque plus abondant : il se sépare du carbonate de baryum, et la liqueur renferme, indépendamment de matières azotées incristallisables, plusieurs produits définis dont il sera question plus loin; mais, dans ces conditions, le dédoublement n’est pas complet, même après une ébullition de 120 heures. Pour dédoubler entièrement l’albumine, il est nécessaire de la chauffer en vase clos avec de l’hydrate de baryum (3 p. d’hydrate cristallisé pour 1 p. d’albumine et 3 à 4 p. d’eau), à une température de 150 à 200° pendant quatre à six jours. Au bout de ce temps, le contenu des tubes renferme les produits suivants :
1° De l’ammoniaque, qui s’échappe à l’ébullition et qui a été recueillie et dosée;
2° Un précipité formé de carbonate et d’oxalate de baryum ; *
3° Une liqueur renfermant un excès de baryte et un certain nombre de produits de dédoublement définis.
L’excès de baryte ayant été séparé par l’acide carbonique, M. Schützenberger a précipité exactement, par l’acide sulfurique, la baryte qui restait en dissolution à l’état, de sel, a filtré de nouveau et a distillé la liqueur dans le vide. Le résidu ainsi obtenu était formé par un mélange d’acides amidés. La liqueur condensée dans le récipient, après la distillation dans le vide, renfermait de l’acide acétique. Tous ces produits ont été séparés les uns des autres, et dosés dans une série d’expériences exactes qui ont été faites sur diverses matières albuminoïdes. En raison de l’importance de ces recherches et des aperçus nouveaux qu’elles ouvrent sur la constitution de ces matières, nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.
I. Les quantités d’ammoniaque formées par le dédoublement des matières albuminoïdes, sous l’influence de l’hydrate de baryum, vers 160-200°, sont sensiblement constantes pour chacune d elles, et eaiiables de 1 une a 1 autre. Voici les moyennes ;
100 gr. de matières albuminoïdes ont dégagé :
MATIÈRES
albuminoïdes.