‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 25 sur 570 · HÉMI · texte numérisé non relu

HÉMI

PROTÉINE.

FIBRINE du sang de cheval.

FIBRINE de la viande de veau.

GLUTEN épuisé par l’alcool bouillant.

Ammoniaque.

CO

MATIÈRES

gélatineuses.

OSSÉINE.

GÉLATINE

Ammoniaque.

Indépendamment de l’ammoniaque, M. Schützenberger a pu constater la formation d’une très petite quantité de produits volatils liquides, parmi lesquels il a signalé le pyrrol G4 H5Az.

II. Le précipité barytique brut est formé essentiellement de carbonate et d’oxalate. Il renferme aussi une petite quantité de sulfite provenant du soufre des matières albuminoïdes, des . traces de phosphates et, accidentellement, des savons barytiques, dans le cas où les matières albuminoïdes n’étaient pas exemptes de matières grasses. 100 gr. de matières albuminoïdes ont fourni les quantités suivantes de précipité barytique :

Albumine du blano Albumine du Fibrine du sang Gluten et fibrine

Précipité bary- d’œuf. sérum. de cheval. végétale.

tique 28 à 30?r 30^ 32sr ’ 25sr

On a déterminé avec soin, pour chaque matière albuminoïde, les rapports qui existent entre les quantités d’ammoniaque dégagées et les quantités du précipité barytique ; dans ce dernier, on a dosé avec soin l’acide carbonique et l’acide oxalique.

Ainsi, 30 gr. de précipité barytique provenant de l’albumine renfermaient 20 gr. de carbonate et 5*r,7 d’oxalate, et correspondaient à 3«r,8 d’azote provenant de l’ammoniaque dégagée. Si Ton suppose avec M. Schützenberger, supposition permise, que les acides carbonique et oxalique du précipité barytique proviennent du dédoublement de molécules d’urée et d’oxainide, on trouve qu’à 20 gr. de carbonate de baryum formé,

GÉNÉRALITÉS

devaient correspondre 2«r,84 d’azote, et à 5^,7 d’oxalate 0«r,71 d’azote. La somme de l’azote ainsi déterminée par le calcul était donc de 3»r,55. La proportion d’azote trouvée étant de 3sr,8, la différence n’est que 0er,25.

Les expériences faites avec les autres matières albuminoïdes ont donné des résultats analogues et ont conduit M. Schützenberger à cette conclusion digne d’intérêt, que ces corps sont des dérivés de l’urée et de l’oxamide,

CO/ Az H2

U \ Az H2

Az Iis Az H2

Oxamide.

dans lesquelles ces molécules semblables et mêlées en diverses proportions sont diversement [modifiées par substitution, l’hydrogène des groupes AzH2 pouvant être remplacé, en totalité ou en partie, par d’autres groupes complexes. C’est en étudiant avec soin les autres produits de dédoublement des matières albuminoïdes, que l’ingénieux et savant auteur a cherché à déterminer la nature de ces groupes.

III. En premier lieu, il a dosé les quantités d’acicle acétique formées, qui ont été sensiblement les mêmes pour l’albumine, la sérine, la caséine, la fibrine, la musculine, un peu moindres pour l’ hémiprotéine, beaucoup moins fortes pour le gluten et pour l’osséine1.

Enfin, M. Schützenberger a soumis à l’analyse le mélange d’amides, et chose aussi importante que difficile, il a réussi à les séparer les uns des autres. Il en a extrait :

1° De la tyrosine C9HuAz03: elle ne se forme qu’en petite quantité; 100 p. de matières albuminoïdes n’en fournissent que de 2 à 4 p. 100, suivant la matière dédoublée.

2° Des acides amidés de la formule CnH2n + 1Az02, parmi les-

i. Voici les quantités d’acide acétique fournies par le dédoublement de UH) gr. de matières albuminoïdes :

Acide C2 H4 O2

Albumine 045

Fibrine 0,45

Musculine 9^45

Hémiprotéine O 492

Gluten 0,252

Osséinc 0,18

quels la leucine ou acide amidocaproïque prédomine. Ces corps forment la série suivante :

Alanine C3 H7 Az O2

Butalanine C4H9Az02

Acide amido-valérique C3 tm Az O2

Leucine C3 H13 Az O2

Acide amido-œnanthylique C3 H's Az O2

3° Les acides amidés de la série aspartique CnH*n— 4Az O4, savoir :

L’acide aspartique C4H7Az04

L’acide glutamique C3 rf^Az O4

puis un autre acide C5H7Az03, que M. Schützenberger a nommé glutimique. Ce dernier acide cristallise en prismes brillants, volumineux, fusibles à 180°, solubles dans l’eau et l’alcool chaud.

4° Des produits azotés cristallins, de saveur sucrée, savoir : la leucèine, l’A- et la B- glucoprotèine. Ces corps paraissent être des combinaisons de leucine et de glucoprotèine, avec des acides amidés appartenant à la série acrylique, et qui ne se distinguent des acides amidés de la série acétique (glycocolle, alanine, leucine, etc.) que par deux atomes d’hydrogène en moins. Parmi ces acides, on en a signalé deux, savoir : __

L’acidc amido-crotonique. . . C4 H' Az O2 L’acidc amido-angélique C3 H9 Az O2

Non saturés d’hydrogène, ils sont capables de fixer du brome (Br2) à la température ordinaire.

5° Un corps que M. Schützenberger a désigné sous le nom de tyroleucine et qui possède la composition C14 H-2Az204. Il cristallise en masses sphériques d’un blanc mat, solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool. Chauffé de 2/j5° à 250°, il fond en se décomposant et en laissant dégager de l’eau et le carbonate d’une base volatile probablement identique avec la collidine C8 H11 Az ; il se forme en outre un sublimé d’acide amidovalérique Cr,HuAz02, et il reste un corps jaune dont la composition est exprimée par la formule C14 II18 Az O2.

C,4II22Az204 = CO2 + Cs H11 Az + C5 H11 Az O2

Tyroleucine. Collidine. Acide

amidovalérique.

GÉNÉRALITÉS

6° Enfin, on a pu extraire du mélange d’acides amidés une petite quantité de matières ternaires neutres, analogues à la dextrine.

En tenant compte de tous les produits qui prennent naissance. par le dédoublement d’une molécule d’albumine (à l’exception de la tyrosine et des matières dextriniques, dont la quantité est minime) et de leurs proportions relatives, M. Sehützenberger arrive à considérer cette molécule comme une uréide complexe, une diurèicle, qui fournirait, par son dédoublement, deux molécules d’urée, de l’acide acétique et un mélange d’acides amidés. La formule de Lieberkühn C72H112 Az18022 S exprimerait la composition de l’albumine (voir page 89) et le dédoublement dont il s’agit :

C«H>«Az«0»S + 1611*0 =

Albumine.

2C H4 Az 0 + C2 H’* O3 + C«s H132 Az« 0^ + S

Urée. Acide Mélange d’acides

acétique. amidés.

La formule G68 II132 Az14 O34, qui représente le mélange d'acides amidés, peut être décomposée en

3 G3 tl9 Az Ov et en C:;3 II105 Az11 022

Acide Mélange ( C" H2n + 1 Az O2

glutamique. d’acides } C" H*n-*Az O2

En effet, dans ce dernier mélange, le rapport des atomes d'azote et d’oxygène est de 1 : 2, et celui des atomes de carbone et d’hydrogène sensiblement 1 : 2, double condition qui répond à peu près à un mélange en parties égales d’acides plus hydrogénés et d’acides moins hydrogénés.

L équation précédente est déduite des expériences par une discussion pleine de sagacité. Elle exprime très bien le dédoublement dont il s’agit, mais elle laisse subsister une difficulté en ce qui concerne la constitution de l’albumine. En effet, le nombre des pioduits de dédoublement , et par conséquent des groupes ou des radicaux qui forment ces^produits en fixant les éléments de

1 eau, est tellement considérable qu’il paraît impossible de substituer ces radicaux à 1 hydrogène de 2 molécules d’urée. Dans ces

2 molécules d’urée, il n’existe que 8 at. d’hydrogène. Or. l’équation précédemment indiquée comprend au moins lh molécules

WÜRTZ. — BIOL. k

d’acides amidés, sans compter l’acide acétique, par conséquent 14 à 15 groupes à substituer à l’hydrogène de l'urée.

Au reste, l’auteur, prévoyant sans doute cette difficulté, a modifié tout récemment et l’équation précédente et la formule qu’il attribuait à l’albumine. La molécule de celle-ci est au moins triplée et représentée par la formule

cm H392 Az<55 CPS S3

L’équation qui exprime le dédoublement de l’albumine sous l’influence de l’hydrate barytique devient alors

C’40H392Az65O7SS3 + 57 IP O = H*« Az« 0«»

Albumine. Résidu fixe.

-p 16 AzH3 + 3 C2 H2 O4 + 3 CO2 + 4 CMP O2 + C*H&Az Acide oxalique. Pyrrol.

D’après la remarque précédemment faite, il est impossible que tous les produits de dédoublement qui ont été signalés par M. Schützenberger prennent naissance aux dépens d’une seule molécule d’albumine, si l’on attribue à celle-ci la formule de Lieberkühn. Mais est-il nécessaire, d’un autre côté, de faire procéder tous ces produits d’une seule molécule d’albumine, comme l’a tenté l’ingénieux chimiste? Il ne semble pas qu’il doive en être ainsi. Il est possible, en effets que l’albumine, que nous considérons comme un corps homogène, soit formée en réalité d’un certain nombre de substances très voisines l'une de l’autre et se dédoublant chacune à sa manière, de telle sorte que la formule compliquée G240H392Az75O75S3 représente la somme de ces molécules et le second membre de l’équation précédente, la somme des produits de dédoublement. On pourrait invoquer en faveur de cette opinion l’exemple bien connu des lécithines qui, avec une composition très définie et des propriétés bien plus nettes que celles de l’albumine, représentent un groupe de corps très voisins.

Quoi qu’il en soit, les recherches expérimentales deM. Schützenberger sur les matières albuminoïdes, et la tentative qu'il a faite pour soulever le voile épais qui enveloppait la question théorique de la constitution de ces matières, forment le progrès le plus considérable qu’ait fait cette partie de la chimie organique depuis bien des années.

GÉNÉRALITÉS

5 17. Action du chlore, du brome et de l’eau régale. —

Lorsqu’on dirige un courant de chlore dans la solution des matières albuminoïdes, il se forme un précipité blanc floconneux qui renferme du chlore au nombre de ses éléments. La fibrine et la caséine, délayées dans l’eau, se convertissent de même, sous l’influence d’un courant de chlore, en précipités floconneux, qui renferment, comme le précédent, environ 7 pour 100 de chlore. Lorsqu’on fait digérer ces précipités pendant huit jours, dans l’eau saturée de chlore, la proportion de cet élément y augmente jusqu’à 1 1\ p. 100. Les corps, ainsi saturés de chlore, sont aussi plus riches en oxygène que les combinaisons primitives. Lorsqu’on les chauffe à 100°, ils perdent la moitié de leur chlore et se colorent en se décomposant. L’ammoniaque aqueuse leur enlève tout le chlore, et il reste un corps analogue à celui que M. Mulder a désigné sous le nom de tritoxyde de protéine (page 55).

Action du brome. — Lorsqu’on fait digérer, sous pression, à 100°, les matières albuminoïdes avec du brome et de l’eau, il se dégage du gaz carbonique et il se forme, indépendamment de l’ammoniaque et d’un résidu insoluble, floconneux, de nature humique, divers produits de dédoublement parmi lesquels MM. Hlasiwetz et Habermann, ont signalé lebromanile ou quinone perbromée G6 Br4 O2, l’acide tribromoamidobenzoïque, le bromoforme CH Br3, l’acide bromacétique, l’acide oxalique, l’acide aspartique et la leucine1. Ils ont déterminé avec le plus grand soin les proportions relatives de ces produits, ainsi formés par le dédoublement de diverses matières albuminoïdes :

On voit que les corps cristallisables formés par l’action du ehloie et du biome sui les matières albuminoïdes, en présence

Albumine Albumine

du blanc d’œuf, végétale. Caséine. Légumine.

Bromoforme

Acide bromacétique...

Acide oxalique

Acide aspartique

Leucine (brute)

Bromanile

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