DOSAGE SPÉCIAL DE DIVERS ÉLÉMENTS DU SANG
§ 177. Nous avons donné dans les pages précédentes la description des diverses méthodes applicables à l’analyse générale du sang. On trouvera peut-être que celle de M. Hoppe-Seyler est bien longue; mais il faut remarquer qu’elle permet d’effectuer une analyse complète de certains sangs et de déterminer, en même temps que la proportion des globules frais et du plasma, celle des principaux éléments du sang : fibrine, matériaux albuminoïdes des globules, albumine, matières extractives, matières grasses, lécithine, cholestérine, sels solubles et insolubles. Nous n’avons donc que peu de chose à ajouter concernant le dosage particulier de ces principes. Toutefois, comme le procédé décrit évalue en bloc les matériaux des globules coagulables par l'alcool, savoir l’hémoglobine qui en est de beaucoup l'élément prédominant et une petite quantité de matières albuminoïdes, il peut être important d’effectuer un dosage séparé et exact de l’hémoglobine. D’un autre côté, on peut avoir intérêt , dans certains cas , cà déterminer la proportion de matières grasses, de lécithine, de cholestérine, de glucose, d’urée, contenues dans l’extrait alcoolique. Nous décrirons donc brièvement les méthodes propres à effectuer ces dosages partiels.
5 178. 1° Dosage de l’hémoglobine. — Trois procédés permettent de faire ce dosage. Deux sont fondés sur les propriétés optiques de l’hémoglobine et le troisième sur la détermination de l’oxygène du sang. La quantité d’oxygène que contient le sang, préalablement saturé de ce gaz, permet en effet de calculer la quantité d’oxyhémoglobine.
1° Dosage de l'oxy hémoglobine dans le sang par la comparai son de la couleur de ce dernier avec celle d’une solution titrée cl'hè-
LE SANG
moglobinc C — On commence par préparer de l’hémoglobine en se servant de préférence du sang de cochon d’Inde, et l’on purifie les cristaux par une nouvelle cristallisation. On les dissout ensuite dans l’eau à 0° et l’on filtre : ce qui passe constitue la solution normale d’hémoglobine. On la titre en évaporant 50 centimètres cubes de cette solution, desséchant le résidu à 11 01’ et pesant. Elle se conserve sans altération, pendant quelques jours, si on la maintient à une basse température.
Pour doser l’oxyhémoglobine dans le sang à l’aide de cette solution titrée, on en mesure 10 centimètres cubes, on l'étend d’un volume déterminé d’eau, de façon que 100 centimètres cubes de cette liqueur étendue renferment environ Os',15 à 0er,2 d’hémoglobine. On introduit cette solution dans une cellule en verre à faces parallèles qu’on place sur une feuille de papier blanc. D’autre part, on pèse environ 20 grammes de sang, on l’étend d’eau de façon que le liquide occupe b00 centimètres cubes. On mesure exactementce volume et on en prend 10 centimètres cubes pour l’introduire dans une seconde cellule qu’on place à côté de la première. Puis, comme la solution sanguine est généralement plus foncée que la solution étendue d’hémoglobine, on ajoute de l’eau à la première jusqu’à ce que la coloration soit la même dans les deux cellules. Volumes égaux des deux liqueurs renferment alors la même quantité d’oxyhémoglobine. Comme on connaît la richesse de la solution normale, il est facile de calculer la teneur du sang en hémoglobine.
Ce procédé donne des résultats exacts, mais nécessite l’emploi de cristaux d’oxyhémoglobine pure, dont la solution ne se conserve pas plus de huit jours.
2° Dosage de l'oxy hémoglobine dans le sang au moyen de l’appareil spectral. — Cette méthode est due à M. Preyer2 et repose pareillement sur l’emploi d’une solution titrée d’hémoglobine. Elle consiste à observer comparativement au spectroscope une solution de sang qu’on étend d’eau jusqu’à ce qu’elle offre la même transparence, c’est-à-dire la même concentration, que la
L Moppe-Seyler, Handbuch der Physiologish- and Pathologish- Chenuschen Analyse. Berlin, 1873, p. 383.