‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 274 sur 570 · CD O · texte numérisé non relu

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ACTIVITE ET VARIATIONS

Le résultat le plus frappant qui se dégage des expériences rapportées dans ce tableau est l’augmentation notable de la quantité d’acide carbonique dégagée pendant le travail. A cette quantité, qui est indépendante du régime, correspond généralement une augmentation de la quantité d’oxygène absorbée.

En général aussi, la quantité d’oxygène absorbée pendant le jour dépasse notablement celle qui est absorbée pendant la nuit. Pourtant on constate à cet égard quelques données contra-

dictoires. Enfin le quotient respiratoire est très variable,

suivant le régime, l’état de repos ou de travail, de veille ou de sommeil. Pour une période de 24 heures, il n’atteint jamais l’unité (p. 449).

§ 202. Influence des ingesla. — Dans ce qui précède, nous avons traité de l’influence du régime en général. Il serait utile de connaître l’action particulière qu’exercent sur les phénomènes de la respiration un grand nombre de substances ingérées, soit comme aliments et condiments ou comme médicaments. Malheureusement, on ne possède qu’un très petit nombre d’expériences exactes sur ce sujet. On sait que l’ingestion de boissons alcooliques diminue la production de l’acide carbonique : ceci résulte d’une expérience déjà ancienne de Scharling, qui avait enfermé dans sa guérite (p. 448) un ivrogne. La quantité de carbone qu’il brûlait par heure ne s’élevait qu’à ?«r,035 au lieu de 12 grammes. Cette diminution ne saurait donner la mesure exacte du ralentissement des combustions respiratoires. La quantité d’oxygène absorbée eût seule donné cette mesure. Il est à remarquer, en effet, que l’alcool renferme un excès d’hydrogène, et qu’une certaine quantité d’oxygène absorbé doit être employée à former de l’eau avec cet hydrogène.

Certaines huiles essentielles diminuent aussi la quantité d’acide carbonique exhalée. Ces substances et d’autres pourraient exercer une influence sur les phénomènes de nutrition. Elles agissent à la façon de ces médicaments qui ralentissent le mouvement de dénutrition, et qui, par conséquent, rendent moins impérieux le besoin de respirer et aussi de réparer les pertes que fait éprouver la respiration. C’est ce qu’on nomme des médicaments de réserve ou d’épargne. Leur influence sur

LA RESPIRATION

les phénomènes de la respiration est évidente : elle aurait besoin d’ètre étudiée par des expériences exactes. En ce qui concerne le thé et le café, les assertions des auteurs sont contradictoires. Quelques physiologistes admettent que le thé et le café diminuent la proportion d’acide carbonique exhalée dans un temps donné. E. Smith, au contraire, range le thé et le • café parmi les « excitants respiratoires ». Il assure que ces substances augmentent l’exhalation de l’acide carbonique ainsi que les sucres, le rhum, le lait, le cacao, l’ale forte, la caséine, le gluten, la gélatine, l’albumine. Ces substances sont rangées suivant l’ordre de leur activité décroissante, le thé occupant la tête de la liste. D’autres substances, telles que l’amidon, la graisse, l’eau-de-vie, le whisky, le gin, et en général les liqueurs fortes, ne sont pas des excitateurs de la respiration et n’augmentent pas la proportion d’acide carbonique exhalée. Cette classification, où le rhum occupe une place si éloignée de l’eaude -vie, et où figurent, en outre, des matières alimentaires proprement dites, nous semble disparate. Tout cela mérite confirmation.

MM. de Bock et Bauer1 ont constaté que l’ingestion de morphine diminue les proportions d’acide carbonique exhalé et d’oxygène consommé chez les chiens endormis, par l’action de ce médicament, et qu’elle augmente au contraire ces mêmes quantités chez les chats qui sont fortement excités. Enfin, d’après M. Gh. Livon2, de petites doses de morphine ralentiraient l’activité de la respiration et tandis que des doses élevées augmenteraient cette activité.

Influence de la fréquence des inspirations. — Nous avons déjà fait remarquer l’influence qu’exercent la fréquence et la profondeur des inspirations sur la composition de l’air expiré (p. 415). A mesure que le nombre des inspirations augmente dans un temps donné, l’air expiré devient moins riche en acide carbonique. Il ne faudrait pas conclure de ce fait que l’activité des combustions respiratoires diminue dans ces circonstances. C’est le contraire qui a lieu, ainsi que l’a démontré Vierordt.

Le tableau suivant résume les expériences de ce physiologiste :

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