‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 299 sur 570 · I. Mémoire» de l'Académie des Sciences, année 1780, p · texte numérisé non relu

I. Mémoire» de l'Académie des Sciences, année 1780, p

CHALEUR ANIMALE

d’oxygène disparue et de celle de l’acide carbonique dégagé. Ce ne sont pas, en effet, du carbone et de l’hydrogène qui brûlent, ce sont des composés organiques complexes, albuminoïdes, corps gras, hydrates de carbone, et leur chaleur de combustion est loin d’être égale à celle des éléments combustibles qu’ils renferment, même si l’on défalquait, à l’état d’eau, tout l’oxygène et une partie de l’hydrogène qu’ils renferment. En un mot, la chaleur de combustion de ces combinaisons diffère la chaleur de combustion de leurs éléments isolés de toute la chaleur dégagée ou absorbée par la formation de ces combinaisons. En second lieu, il faut considérer que l'oxygène contenu dans ces combinaisons doit concourir, avec l’oxygène de l’atmosphère, à effectuer les combustions respiratoires : on doit le retrouver dans les derniers produits de la combustion, l’eau et l’acide carbonique. I)e tout cela il faut conclure que les échanges gazeux qui se font dans les poumons ne fournissent qu’une base incertaine au calcul de la chaleur dégagée dans les combustions respiratoires; on ne pouvait évaluer cette dernière avec quelque certitude qu’en faisant la somme des chaleurs de combustion de tous les matériaux organiques brûlés pendant un certain temps. Mais comment déterminer la quantité et la nature de ces matériaux organiques? Cette détermination ne pourrait être faite qu’à l’aide de la méthode indirecte imaginée par M. Boussingault et appliquée dans l’appareil de MM. Pcttenkofer et Voit.

Un animal est soumis à la ration d’entretien pendant un temps donné. Pendant ce temps on lui fournit un certain poids d’aliments de composition connue; on recueille et on analyse ses déjections. On peut donc établir la balance de ce qui est entré et de ce qui est sorti.

L’animal a consommé pendant ce temps :

Un poids connu d’albuminoïdes.

Un poids connu de matières grasses.

Un poids connu d’hydrates de carbone.

Connaissant la chaleur de combustion de toutes ces matières, il sera facile d’évaluer la quantité de chaleur qui serait dégagée par leur oxydation dans l’économie. De cette quantité il faudra défalquer nécessairement la chaleur de combustion des matériaux solides des déjections. La solution de ce problème repose,

LA RESPIRATION

par conséquent, sur des données accessibles à l’expérience, mais qui ne sont pas définitivement acquises à la science. On connaît cependant, au moins d’une façon approximative, les chaleurs de combustion d’un certain nombre de matières alimentaires et de principes immédiats. Ces déterminations ont été faites par M. Frankland dans l’appareil de Lewis Thompson. Les matières dont il s’agit ont été brûlées par le chlorate de potassium. En employant 9gr,75 de ce sel, mélangés avec la substance organique, on obtient un dégagement de chaleur supérieur d’environ 350 calories à celui qu’on observerait avec l’oxygène libre. Voici les résultats obtenus ramenés à la combustion dans le gaz oxygène.

Page 1