Bulletin de la Soc. chim ., t. XXI, p
WÜRTZ. — BIOL.
Agitée avec de l’éther, la solution d’albumine du blanc d’œuf est précipitée peu à peu en flocons ; celle de la sérine reste transparente, si l’éther est privé d’alcool.
Le phénol et le crésol coagulent l’albumine et la sérine : il en est ainsi de l’aniline. L’eau de chlore donne dans les solutions albumineuses un précipité blanc. Le chloral les précipite en se combinant avec l’albumine (Personne).
Les solutions d’albumine sont précipitées par l’acide tannique.
§ 21. Action des acides sur l’albumine. — 1° Réactions qualitatives. — L’acide sulfurique précipite les solutions d’albumine en flocons blancs. Recueilli sur un libre et soumis à des lavages prolongés, ce précipité perd tout l’acide qu’il avait entraîné, en conservant néanmoins une légère réaction acide (Hruschauer). L’acide chlorhydrique concentré agit comme l’acide sulfurique : ajouté en quantité convenable, il précipite les solutions d’albumine et de sérine. Le précipité renferme une combinaison de la matière albuminoïde avec l’acide chlorhydrique. Un excès d’acide chlorhydrique dissout le précipité d’abord formé dans une solution de sérine (chlorhydrate de sérine); la liqueur acide offre un pouvoir rotatoire spécifique de — 78°, 7 (Hoppe Seyler). En ajoutant de l’eau à cette solution, on obtient un précipité, lequel, recueilli sur un filtre et débarrassé par la compression de l’eau acide qui l'imprègne, se redissout dans l’eau pure. La solution possède les propriétés du chlorhydrate de syntonine.
On peut aciduler fortement le sérum ou l’albumine du blanc d’œuf par l’acide chlorhydrique étendu sans qu’il se forme un précipité. Dans la solution d’albumine ainsi acidulée par l’acide chlorhydrique, le pouvoir rotatoire s’est élevé à — 37°, 7 (Hoppe Seyler).
Parmi les acides minéraux, l’acide azotique et l’acide métaphosphorique sont ceux qui précipitent l’albumine le plus complètement. Le premier de ces acides est souvent employé comme réactif. L’action du second est tellement sensible, que les moindres traces d’albumine se manifestent par un trouble notable. Tous ces acides minéraux coagulent l’albumine.
Les acides phosphorique ordinaire, acétique, lactique, ainsi que d’autres acides organiques, ne la précipitent pas.
ALBUMINE ET SÉRINE.
Lorsqu’on ajoute un excès d’acide acétique à du blanc d’œuf, il se forme une masse gélatineuse qui se dissout à chaud (Magendie, Lieberkühn). L’albumine sèche se gonfle dans l’acide acétique concentré.
Si les acides qu’on vient de mentionner ne coagulent pas l’albumine comme les précédents, ils lui font éprouver néanmoins des modifications sensibles. Celles-ci se révèlent par un changement du pouvoir rotatoire et aussi par cette circonstance que l’albumine, modifiée à la vérité, se précipite de ces solutions acides lorsqu’on les neutralise exactement par un alcali.
L’acide carbonique ne précipite pas l’albumine; mais lorsqu’on dirige pendant longtemps un courant de cet acide dans une solution cencentrée d’albumine du blanc d’œuf, une portion de l’albumine se sépare sous forme de flocons fibrineux ou de membranes (Melsens) .
En résumé, la plupart des acides exercent, à la température ordinaire, sur l’albumine une action sensible et la transforment en une substance soluble dans l’eau, et dont la solution étendue ne se coagule pas par l’action de la chaleur lorsqu’elle est pure, ou qu’elle ne renferme qu’une trace de sel (Heynsius). Elle se coagule, au contraire, lorsqu’elle contient une plus grande quantité de sels ; un excès d’acide acétique empêche la coagulation. Cette modification particulière de l’albumine est désignée aujourd’hui sous le nom $ acid albumine. Elle est identique avec la syntonine.
Nous avons indiqué (pages 57 et 58) l’action décomposante que les acides exercent sur l’albumine.
2° Combinaisons définies de l’albumine avec les acides. — L’albumine sèche se gonfle dans l’acide sulfurique concentré et forme avec lui une combinaison qui a été étudiée récemment par Loew L Ce chimiste l’envisage comme possédant une composition analogue à celle de l’acide phénylsulfureux ou phénylsulfonique1 2 * * *, et le nomme acide albuminosulfonique. Il adopte