‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 412 sur 570 · VII. Origine de la veine sushépatique au centre du lobule · texte numérisé non relu

VII. Origine de la veine sushépatique au centre du lobule

B. Canaux hépatiques périlobulaires.

En tout cas, deux ordres de vaisseaux pénètrent dans les lobules, premièrement les vaisseaux sanguins, dernières ramifications dè la veine porte, anastomosées avec les capillaires de 1 artère hépatique (page 208); en second lieu, les vaisseaux biliaires. Cette disposition anatomique répond à deux fonctions dittei entes du foie, savoir : la formation du glycogène et l'élaboration de la bile.

On admet que le glycogène se forme dans les cellules hépatiques. Ces dernières sont polyédriques, tantôt cubiques, tantôt prismatiques. Dépourvues d enveloppes, elles possèdent un ou

LE FOIE

deux noyaux et un protoplasme granuleux. Les granulations sont glycogéniques et graisseuses. Les premières se colorent en violet par la teinture diode. On admet qu’indépendamment de ce glycogène granuleux les cellules hépatiques renferment aussi du glycogène à l’état soluble. En tout cas, la formation de ce corps paraît liée à la vie des cellules hépatiques, et comme ces dernières sont baignées par le sang de la veine porte, pauvre en oxygène disponible, on peut admettre que les transformations qui s’y accomplissent ne sont pas sans analogie avec celles qui s’accomplissent, en dehors de l’oxygène, par les cellules des microbes anaérobies. A cet égard l’activité fonctionnelle du foie peut être comparée, dans une certaine mesure, à la vie « sans air » de certains ferments.

Indépendamment du glycogène le foie renferme des matières grasses, et les cellules hépatiques paraissent douées de la propriété de les élaborer. Plus abondante après les repas, la proportion de matière grasse semble marcher parallèlement avec celle de la matière glycogène, sans qu'on soit autorisé à admettre, comme on l’a fait, que la graisse se forme aux dépens de cet hydrate de carbone. Chez les animaux soumis à un régime gras, la graisse se dépose en abondance dans le foie, où elle n’est pas amenée par le sang de la veine porte.

Chez les oies gavées au maïs et engraissées, le poids du foie peut décupler, par suite d’une accumulation énorme de matières grasses. M. Hoppe-Seyler a remarqué que dans la période extrême de l’engraissement la bile cesse de couler1.

Certains empoisonnements donnent lieu à une véritable dégénérescence graisseuse du foie et par conséquent à une accumulation notable de matières grasses :il en est ainsi dans l’empoisonnement par le phosphore, l’arsenic, l’antimoine et dans l’alcoolisme. Cette production exagérée de graisse n’est nullement en rapport, dans ce cas, avec une augmentation de la proportion de glycogène. Cette dernière diminue, au contraire, chez les animaux malades cl mal nourris. Il ne semble donc pas que la matière grasse se forme, dans ce cas au moins, aux dépens du glycogène. Ce sujet appelle de nouvelles recherches-.

Page 1