‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 43 sur 570 · Pfltiger’s Arclüv, t. VI, p. 413; t. XIII, p · texte numérisé non relu

Pfltiger’s Arclüv, t. VI, p. 413; t. XIII, p

FIBRINE

Mais il ne suffit pas, d’après M. A. Schmidt, que ces deux substances soient mises en contact par le mélange de deux liquides qui les contiennent (sérum et liquide de l’hydrocèle, par exemple); d’autres conditions sont nécessaires pour que la fibrine se sépare. En premier lieu, le mélange qui renferme les deux générateurs doit contenir, en même temps, un ferment particulier, le ferment de la fibrine (voir page 103). En second lieu, la présence d'une petite quantité de sels, tels que le chlorure de sodium, est nécessaire pour que la coagulation spontanée ait lieu. Ceci rappelle l’influence des sels sur la coagulation de l’albumine par la chaleur, comme la condition relative au ferment rappelle la coagulation de la caséine par la présure.

Telle est, en peu de mots, la théorie de M. A. Schmidt sur la formation et la coagulation de la fibrine. Elle est loin d’être établie. M. Hammarsten1 admet que la matière fibrinogène seule peut engendrer la fibrine, sous l’influence d’un ferment, dans des liqueurs exemptes de matières fibrinoplastiques. Au reste, nous reviendrons sur ce sujet en traitant du sang, et nous décrirons ici, outre la fibrine, les deux substances qu’on a considérées comme ses générateurs, ainsi que le ferment de la fibrine.

Préparation cle la fibrine. — 1° On bat le sang frais avec un petit balai, on recueille les masses de fibrine qui s’y attachent, on les lave à l’eau jusqu’à ce que toute la matière colorante soit dissoute et entraînée; finalement, on épuise par l’alcool et par l’éther les flocons décolorés. Le sang de bœuf les donne grisâtres, le sang de veau parfaitement blancs.

2° On peut retirer la fibrine du caillot , en enfermant celui-ci dans un linge et en malaxant fortement sous l’eau. Les globules se dissolvent et sont entraînés au dehors, et il reste finalement dans le linge des filaments incolores, qui sont la fibrine. On les recueille et on les épuise par l’alcool et par l’éther.

Composition. — Les analyses suivantes indiquent la composition de la fibrine.

L Pflüger’s Archiv, t. XIV, p. 211.

Fibrine du sang veineux Fibrine du sang veineux

de l’homme. du bœuf.

Scherer.

Dumas et Cahours.

Dumas et Cahours.

Verdeil.

Rüling

Carbone . . .

Hydrogène.

Oxygène . . .

Soufre

Les analyses de M. Scherer, ainsi que celles de M. Mulder que nous n’avons pas citées, semblent avoir donné une proportion trop peu considérable d’azote. M. Melsens1 avait trouvé 17,7 pour 100 d’azote, comme moyenne de plusieurs analyses; MM. Strecker et Unger2 ont trouvé 17,2 à 17,3 pour 100. D'après l’ensemble des analyses, on peut affirmer que la fibrine renferme moins de carbone, moins d’oxygène et plus d’azote que l’albumine.

Cette conclusion a été fortifiée par des analyses de fibrine récemment publiées par M. Maly3 et dont nous donnons les moyennes.

Carbone 52,51

Hydrogène 6,98

Azote 17,34

Cendres 0,9

Au reste, les divergences mêmes que l’on constate entre les analyses font naître la question de savoir si la fibrine est une substance bien homogène. MM. Lcconte et Goumoens, en l’examinant sous le microscope, l’ont trouvée composée de fibres entremêlées de granulations. MM. Baumhauer et Bouchardat la supposent, de même, composée de deux constituants, l’un soluble dans l’acide chlorhydrique très étendu (voir plus loin), l’autre insoluble. M. Bouchardat nomme cette dernière partie cpiclermose. Ces observations nous paraissent dignes d'attention, en présence de l’opinion qui tend à s’accréditer, que la fibrine est formée par l’action d’un ferment sur un ou plusieurs composants.

Propriétés. — Récemment lavée, la fibrine se présente en

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