STRUCTURE DU REIN
Ces tubes contournés descendent dans la substance médullaire, en s’amincissant dans cette partie de leur trajet, remontent ensuite, en formant de véritables anses, dans la substance corticale pour se continuer enfin avec les tubes de Bellini. Ceux-ci, véritables collecteurs de burine, sont rectilignes et se dirigent
Fig. 24.
Tubes droits des pyramides du rein ou tubes de Bellini.
vers les pyramides en s’anastomosant à angle aigu a\ecd aulies
tubes de Bellini (fig. 24) et viennent enfin s’ouvrir au sommet e l’une des papilles du bassinet. La figure 25, que nous devons a M. Mathias;Duval, représente le schéma de la circulation rénale.
Le rein est un organe très vasculaire. Aucune autre g am e ne reçoit une artère aussi puissante que l’artère rénale. Dans aucune on ne remarque cette double ramification des petits
vaisseaux artériels, dont il a été question plus haut, une dans le glomérule, et une autre au sortir du glomérule.
Cette dernière constitue en réalité un système particulier intercalé entre les capillaires artériels des glomérules et les capillaires veineux du parenchyme rénal. Il résulte de cette disposition que dans les deux systèmes de capillaires rénaux la pression du sang ne doit pas être la même que dans les capillaires généraux. De fait, dans le peloton capillaire du glomérule, le sang est soumis à une pression plus forte, dans les capillaires interstitiels ou parenchymateux à une pression plus
Fig. 25.
Schéma de la circulation rénale.
1 , tube droit de Bellini ; — 2, tube contourné de Ferrein ; — 3, glomérule : — A, branche artérielle; — a, rameau artériel glomérulaire; — vp , vaisseau efférent du glomérule; — cc, capillaires dont les mailles entourent les tubes de Ferrein; — V, origines de la veine rénale.
faible que celle du sang des capillaires généraux. Ce sont là des conditions particulières propres à favoriser le passage dans la capsule du glomérule de certains matériaux du sérum sanguin. Du glomérule le liquide passe dans les tubes urinifères qui sont revêtus, dans une partie de leur parcours, de cellules épithéliales. Celles-ci sont épaisses et granuleuses dans les tubes contournés, plates et transparentes dans les tubes droits. Dans ce long trajet, le liquide excrété dans les glomérules subit évidemment des modifications dans sa composition ou sa concentration, modifications au sujet desquelles diverses hypothèses ont été émises. M. Ludwig admet que, sous l’influence
SECRETION DE L’URINE.
de la pression augmentée dans les anses artérielles des glomérules un liquide aqueux très étendu et pauvre en matières albuminoïdes est séparé du sang et se convertit en urine pendant son parcours dans les tubes urinifères. Il s’établirait entre ce liquide et le sang un échange de matériaux qui aurait pour effet le passage dans le sang d’une certaine quantité d’eau, et le passage dans le liquide urinaire de corps dialysables solubles.
D’autres physiologistes admettent que le liquide extravasé dans la capsule des glomérules est du sérum, analogue aux sérosités qui suintent à travers les vaisseaux, dans le cas d’obstacles mécaniques apportés à la circulation veineuse, et que ce sérum se convertit en urine dans son parcours à travers les tubes urinifères, par suite de la résorption des matières albuminoïdes. Cette dernière hypothèse soulève des difficultés. Le séium est alcalin, l’urine est acide ; et puis il est malaisé de concevoir par quel mécanisme les matières albuminoïdes colloïdales seraient résorbées, à l’exclusion des matériaux cristalloïdes du liquide urinaire. C’est le contraire quia lieu généralement. Il paraît plus probable, sans qu’on puisse néanmoins rien affirmer à cet égard, que le liquide qui s’épanche dans les glomérules y est appelé par diffusion ou osmose et constitue une urine très étendue, et que dans son passage à travers les tubes urinifères ce liquide éprouve une concentiation et peut être certains changements dans sa composition. Je sais bien qu on a objecté, à cet égard, la présence dans l’urine de matériaux qui ne sont pas contenus dans le sang, et qu’on a attribue aux ce - Iules épithéliales dont les tubes urinifères sont tapisses, un rôle dans l’élaboration de ces matériaux.
Cette dernière opinion est défendue par M. Hoppe , ey ®r* Le liquide, dit-il, qui passerait à travers les anses artérielles des glomérules, par transsudation du plasma, et qui ren e rait, suivant l’énergie de la pression, plus ou moins e ma albuminoïdes, serait de la lymphe et non de 1 urine. Au co traire, le produit de la sécrétion du rein renleimc stances qui ne sont pas contenues dans le ^ng et qui, pa' conséquent, prennent naissance dans le rein; e. hqmde .en ferme, en outre, des substances comme 1 urée ;e 1 acide unq , en proportions telles qu’il paraît difficile d adme tr. qu ils y pénètrent par des procédés purement osmotiques. La secret.o
L’URINE
de l’urine est donc autre chose qu’une simple transsudation dans les gdomérules d’un liquide urinaire très étendu ; elle relève en partie de procédés chimiques qui ne peuvent pas s’accomplir ailleurs que dans les cellules épithéliales des tubes urinifères. A cela on peut répondre que des corps contenus dans l’urine en très petite quantité peuvent exister dans le sang à l’état de traces, sans qu’on ait réussi à en déceler la présence, et que la richesse relative de l’urine en urée, acide urique, etc., peut s’expliquer si l’on a égard à la rapidité de la circulation et à la concentration que subit ce liquide pendant son trajet dans les tubes urinifères.
En tenant compte de la complication de l’appareil urinaire, de la longueur, du contournement et de la structure des tubes urinifères, on est amené à penser que la sécrétion de l’urine ne consiste pas en une simple filtration ou exsudation, mais que le rein accomplit un double travail d’excrétion et de concentration dont le produit est l’urine.
On a admis plus haut que les matériaux contenus dans burine étaient simplement séparés du sang et non élaborés dans le rein. Telle n’a pas été et telle n’est pas l’opinion de tous les physiologistes.
Une expérience classique de MM. Prévost et Dumas a été le point de départ de cette discussion : ces physiologistes ont constaté l’accumulation de l’urée dans le sang après l'ablation des reins. Ils en ont tiré la conclusion que ces organes ne sécrètent pas l’urée. L’expérience et les conclusions ont été tour à tour confirmées et contestées. Pour le moment, nous réservons cette question, devant traiter plus loin de la sécrétion des principaux matériaux de l’urine, notamment de l’urée, de l’acide urique et de l’acide hippurique.
§ 290. Composition chimique des reins. — Le parenchyme rénal renferme les matériaux que l’on rencontre dans d’autres tissus : albumine et congénères, collagène du tissu conjonctif, etc.
M. Gottwalt1 a trouvé dans 100 parties de tissu rénal, préalablement lavé par une solution de chlorure de sodium à 0,75 pour 100,. les matériaux suivants :