Zeitschrift für Physiol. C hernie, t. IV, p
COMPOSITION CHIMIQUE DES REINS
Sérine • 1,116 à 1,394
Globuline 8,633 à 9,225
Matières albuminoïdes extraites par le carbonate sodique 1,436 à 1,598
Gélatine provenant du tissu conjonctif. . . 0,996 à 1,849
On a signalé aussi dans le rein une substance membraneuse particulière, analogue à celle qui forme le sarcolemme et qui constitue la membrane propre des tubes urinifères. Cette membrane n’existe pas dans tout le trajet de ces tubes. Ceux-ci sont revêtus au sortir des glomérules d’un épithélium qui est formé d’une matière analogue à l’élastine. Ajoutons que la substance du rein renferme, en outre, toutes les matières qui entrent dans la composition des vaisseaux, des nerfs, du tissu adipeux. D’après Frerichs, le rein contient de 82 à 84 pour 100 d’eau. L’extrait aqueux renferme en solution un certain nombre de matériaux que nous énumérons plus loin.
Le parenchyme rénal, débarrassé de sang, présente une réaction acide, apres la mort, quelle que soit, d aillcuis la réaction de l’urine. Il n en est pas ainsi avec le rein tout a fait frais ou avec celui que l’on a conservé à une très basse tempé-
rature : dans ce cas on constate une réaction alcaline. On peut donc supposer qu’après la mort il s accomplit dans ce tissu une sorte de fermentation acide, analogue à celle que 1 on constate dans les muscles et dans le cerveau. Mais ce n’est pas tout: la réaction du rein n’est qu’un phénomène apparent et peut résulter de la différence de deux réactions opposées. Il parait probable, en effet, que même pendant la vie les cellules épithéliales plates et transparentes qui constituent le revêtement intérieur des tubes de Bellini possèdent une îcaclion acide; on y trouve quelquefois des dépôts durâtes acides qui ne se formeraient pas dans un milieu alcalin, et que Ion noisenc jamais, dans la membrane propre, à épithélium gianu eux, es tubes contournés. On a donc lieu de croire que a r action e ceux-ci est alcaline pendant la vie. Cette conclusion parait fortifiée par les faits qu’on a observés concernant le passage dans l’urine d’une solution ammoniacale de carmin. Cette solution alcaline ne colore par pénétration que la membrane interne des canaux contournés, membrane a reaction alca me,
L’URINE
tandis que l’ épithélium acide des tubes droits, qui est en contact avec l’acide carminique précipité, ne se colore point.
Nous ferons remarquer d’ailleurs qu’il ne s’agit là que d’inductions plus ou moins plausibles, et nous donnons, à titre de simple renseignement, les conclusions relatives à la réaction des tubes urinifères.
Lorsqu’on épuise les reins par l’eau, on obtient une solution qui renferme, indépendamment de l’albumine et d’une petite quantité d’urée1, divers matériaux provenant de la désassimilation. Ces derniers restent dans l’extrait aqueux que l’on obtient en évaporant la liqueur après coagulation de l’albumine. Ils passent aussi dans l’extrait alcoolique. On a retiré de ces extraits delà leucine, de la xantliine, de l’hypoxanthine que l’on rencontre dans presque tous les organes glandulaires. D’après M. A. Kossel2, le rein renfermerait 0,068 p. 100 d’hypoxanthine, que cet auteur envisage comme un des produits de la décomposition de la nucléine (voir page 639). Signalons aussi la créatine, la taurine et la cystine, qu’on rencontre plus rarement. D’après M. Gloëtta, les reins de bœuf renferment environ 1 pour 1000 d’inosite. Remarquons que cette dernière substance, ainsi que la créatine et même la taurine, existent aussi dans le tissu musculaire.
Voici le procédé que M. Gloëtta a employé pour extraire la taurine des reins. On épuise ces organes par l’eau, on fait coaguler l’albumine, et l’on précipite la liqueur filtrée par le sous-acétate de plomb. On filtre de nouveau, on débarrasse la solution de l’excès de plomb; on ajoute une quantité d’acide sulfurique suffisante pour transformer les alcalis en sulfates; on concentre et on précipite les sulfates alcalins par l’alcool. La liqueur étant filtrée de nouveau et l’excès d’acide sulfurique ayant été enlevé par l’eau de baryte, on concentre jusqu’à ce que l’alcool versé dans la solution y produise un précipité permanent. On ajoute ensuite à ce liquide trouble son volume d’alcool et l’on chauffe. La taurine peu soluble qui s’était d’abord précipitée à froid se dissout de nouveau et se sépare en cristaux après un repos de quelques jours.