‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 446 sur 570 · O = CO2 + CO · texte numérisé non relu

O = CO2 + CO

/AzH2

NAzIl*

oxamidc

urée

UREE.

2(> Dédoublement et oxydation de l’acide urique et de ses dérivés (voir plus loin).

3° Décomposition du fulminate de cuivre ammoniacal par l’hydrogène sulfuré (Gladstone).

Préparation. — Voyez t. II, page 104.

Propriétés. — L’urée cristallise de sa solution aqueuse en longs prismes aplatis, striés, qui offrent l’aspect et la saveur du salpêtre. Par l’évaporation spontanée des eaux mères alcooliques provenant du traitement du cyanate d’ammonium, elle se dépose quelquefois en prismes quadratiques terminés par les faces de l’octaèdre. Elle se dissout dans son poids d’eau à 15°, dans son poids d’alcool bouillant et dans 5 parties d’alcool froid d’une densité de 0,816. Elle est très peu soluble dans l’éther.

Réactions. — 1° Parfaitement pure et sèche, l’urée fond à 132° (Lubavine). A quelques degrés au-dessus, elle laisse dégager de l’ammoniaque et du carbonate d’ammoniaque et fournit un résidu d’ammélide Cf,H9Az9Or> (Laurent et Gerhardt). Longtemps maintenue entre 150 et 170°, elle laisse un résidu d’ammélide, de biuret et d’acide cyanurique :

AzII2 AzII2

co;

co:

'AzII2

AzII + AzIU

AzII2

biuret

/AzII2 CO-AzH-CO

seoir " =

AzII2 AzII-CO-AzII acide cyanurique

+ 3\zII'

Par l’action prolongée de la chaleur on obtient comme produit final de l’acide cyanurique.

2° En absorbant les éléments de l’eau, l’urée se convertit en carbonate d’ammonium. Cette hydratation s’effectue direc tement, lorsqu’on chauffe l’urée avec de l’eau en tubes scelles à 140° (Pelouze). Elle s’accomplit par l’action des alcalis ou des acides concentrés, dans le premier cas avec dégagement d’ammoniaque, dans le second avec dégagement d acide carbonique :

CH*Az20 -(- H20 = CO2 + 2AzH5

L’URINE

Enfin elle est déterminée, par une véritable fermentation, sous l’influence d’un Micrococcus, dans des conditions qui seront étudiées plus loin.

3° Le chlore, les hypochlorites et hypobromites alcalins décomposent instantanément les solutions d’urée en gaz carbonique et azote :

C0Az2H* + 3C12 + HsO = CO4 + Az2 -f- 6HC1.

A l’état sec et sous l’influence de la chaleur, l’urée est décomposée par le chlore en acide cyanurique, azote et gaz chlorhydrique.

4° L’acide azoteux ou l’acide azotique chargé de vapeurs nitreuses décomposent l’urée avec dégagement d’acide carbonique et d’azote :

C0Az2II4 + Az205 = CO2 -j- 2Az2 -f 2II20.

5° Les chlorures d’acides monobasiques enlèvent à l’urée un atome d’hydrogène, qui se dégage sous forme d’acide chlorhydrique et qui est remplacé par le radical de l’acide. Ainsi le chlorure d’acétyle C2H50.C1 fournit l’acétyle-urée GHr,(G2Hr,0)Az20. Les mêmes urées substituées prennent naissance lorsqu’on chauffe l’urée avec les anhydrides d’acides monobasiques. Ainsi l'acide benzoïque anhydre fournit la benzoylurée :

f.uisfK

( 7 l8(r + CH4Az20 = CH5(C7II:j0)Az20 + C7H;iO.OIl

anhydride benzoylurée acide

benzoïque benzoïque

6° Les chlorures d’acides bibasiques tels que le chlorure de carbonyle donnent des diurées :

LOCl2 -t- 2C0C»Z!!!

AzII2

chlorure de carbonyle

nry'klW - CO - AzII2 WzH-CO-AzH2 carbonyldiurée

+ 2IICI

7° Chauffée avec du sulfure de carbone, en tubes scellés, l’urée donne du sulfocyanate d’ammonium et de l’oxysulfure de carbone :

C0Az2H4 + CS4 COS + CSAz.AzII4 oxysulfure sulfocyanate de carbone d’ammonium

UREE.

8° Le permanganate de potassium décompose l’urée en présence d’un excès d’alcali, avec dégagement d’azote et formation de carbonate.

9° Les aldéhydes et acides aldéhydiques exercent sur l’urée une action remarquable qu’on peut exprimer en disant, que l’oxygène du groupe aldéhydique CHO enlève deux atomes d’hydrogène à une ou plusieurs molécules d’urée et que les restes uréiques (l’urée déshydrogénée) se substituent à l’oxygène aldéhydique. Voici des exemples de ces réactions qui ont été principalement étudiées par M. Hugo Schiff et dont M. Grimaux a tiré un fort bon parti pour la synthèse de l’allantoïne (voir plus loin) :

CH5-CHO + COC^i;: = 1120 + COC

aldéhyde urée éthylidène-urée

C<*H5-CHO + 2COC*^[p = 1ER + GW-CHC^jîlcO-AzII^

aldéhyde . benzodiuréide

benzoïque

iiiin > ..O /^|| /AzH-CO-AzH

éo.OH = +

acide allantoïne

glyoxylique

1C° En chauffant le glycocolle avec l’urée on obtient 1 acide hydantoïque :

CH2 AzlU /\v\\’ CII2-AzH-CO-AzH2

V" A/il +COCr„a = AzH3+ • AU CO.OH Azll2 CO.OH

glycocolle

acide hydantoïque

11° Lorsqu’on chauffe l’urée à 125° avec certains acides amidés, il se dégage de l’ammoniaque et 1 on obtient des urées substituées.

Ainsi, dans la réaction de l’urée sur 1 acide métamidobenzoïque, il se dégage de l’ammoniaque et il se forme de 1 acide

uramklobenzoïque :

co^ü: + c6h<ï?^^=:azip+co^J|;<:61i4-c02H

AzH2

AzH2s

acide acide

métamidobenzoïque uramidobenzoïque

L’URINE

On obtient un isomère de ce dernier acide, si l’on remplace l’acide métamidobenzoïque par l’acide paramidobenzoïque. On voit d’ailleurs que ces acides dérivent de l’urée par substitution du groupe GGH'‘-C02H à un atome d’hydrogène. Soumis à l’ébullition avec la potasse, l’acide uramidobenzoïque régénère l’acide amidobenzoïque, avec formation d’ammoniaque et d’acide carbonique.

12° Lorsqu’on chauffe l’urée avec l’éther chloroxycarbonique, il se forme de l’ éther allophanique :

C0'AzI12 -4- CO'C1 LÜNAzHa + U,N).C2Hs

C0^J[îCü0C‘115 + HGI-

urée éther allophanate d’éthyle

chloroxycarbonique

Nous devons borner là l’étude des métamorphoses de l’urée. Quant aux combinaisons de ce corps avec les acides, les bases et les sels, elles sont décrites à la page 107 du tome II de cet ouvrage. Ajoutons seulement qu’indépendamment des nitrate, chlorhydrate, oxalate d’urée, on a décrit depuis un cyanuratc d’urée CH4Az20,G5H3Az303 et divers phosphates.

ISURET.

CII4Az20

§ 297. MM. Lossen et Schiffcrdecker ont décrit sous ce nom (isurétine) un curieux isomère de l’urée qui prend naissance par l’union directe de l’acide cyanhydrique avec l’hydroxylamine :

CAzII + AzH2(OII) = CH*Az20.

Ge corps cristallise en prismes fusibles avec décomposition vers 104°-105°. Il est très soluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool froid et dans l’éther, assez soluble dans l’alcool tiède. Chauffé au-dessus de son point de fusion, il se décompose vivement, en dégageant du carbonate d’ammoniaque et laissant un résidu d’àmmélide, Sa solution aqueuse présente une réaction

BIURET. 667

alcaline. Évaporée au bain-marie, elle dégage de l’azote, de 1 acide carbonique et de l’ammoniaque ; le résidu renferme de l’urée et du biuret.

BIURET.

(?H8Az30*

§ 298. Le biuret ou amide allophanique prend naissance lorsqu’on chauffe l’éther allophanique (page 666) à 100° avec de l’ammoniaque aqueuse :

co:

AzII2

CO" Az[[;C0-06o-H) + Azir. AzII -f C2HS . OU

AzII‘ GO" alcool

NAzII2

éther allophanique

biuret

Il se forme aussi par l’action de la chaleur sur l’urée :

co(AzI12

AzII + AzII3

vu-

biuret

Le biuret cristallise en aiguilles minces ou en mamelons renfermant une molécule d’eau. Il est très soluble dans l’eau et dans l’alcool. La solution aqueuse additionnée de potasse dissout l’oxyde de cuivre avec une couleur rouge violet. Le nitrate d’argent précipite de cette solution, en présence de la potasse, la combinaison

C2IFAg2Az302.

Nous décrirons ici, à la suite de l’urée, un alcaloïde qui se rapproche de ce corps, sinon par ses propriétés, du moins par quelques-uns de ses modes de formation et par sa constitution : c’est la guanidine, qui se forme en même temps que l’urée par l’action du gaz ammoniac sur le c-hloiuie de carbonyle (G. Boucliardat), et qui peut être envisagée comme

/AzII2 x Az.lt2

L’URINE

de l’urée dont l’oxygène a été remplacé par le groupe bivalent AzH :

CO

AzH2 ' Azll-

uree

guanidine

GUANIDINE.

/AzH2 CII3 *Az5 — C-AzII xAzII2

g 299. Ce corps remarquable a été découvert par Strccker1, qui l’a obtenu en traitant la guanine par l’acide chlorhydrique et le chlorate de potassium. M. Hofmann2 l’a préparé par synthèse en chauffant l’éther orthocarbonique G(OG2Hs)*, à 150°, avec de l’ammoniaque :

C(OC2H5)* -f- 3AzHs= 4C2II5.OH + CH5Az* éther alcool guanidine

orthocarbonique

Dans cette réaction on peut remplacer l’éther orthocarbonique par la chloropicrine C(Az02)Gr*.

La guanidine se forme aussi, d'après M. Finck, lorsqu’on chauffe le biuret de 160 à 170° dans un courant de gaz chlorhydrique sec5 :

C2H5Az302 = CO2 -f CH5Az’> biuret guanidine

Un autre procédé consiste à chauffer l’iodure de cyanogène avec de l’ammoniaque, ou une solution alcoolique de cyanamide avec du sel ammoniac1 :

/AzlI2 C-AzlI, HCl xAzHs

chlorhydrate de guanidine

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