Delitscli. Bulletin de la Soc. chivn ., t. XXI, p
L’URINE
carbonique et il se forme de l’oxalate de méthyluramine qui se sépare en cristaux :
2C4H9Az302 + O5 = (C2II7 Az3)2. C2H204 + 2C02 + H20 créatine oxalate
de méthylguanidine
C4H7Az30 + O3 = (C*H7 Azs) 2. C2H204 + 2C02
' créatinine oxalate
de méthylguanidine
L’oxalate étant décomposé exactement avec un lait de chaux, la méthyluramine reste en solution. On filtre et l’on évapore dans le vide.
La méthylguanidine forme une masse solide, d’apparence cristalline, due peut-être à l’absorption de l’acide carbonique. Elle est déliquescente, caustique. Sa solution précipite les sels d’alumine, les sels ferriques, ceux de cuivre, de plomb, de mercure, etc. Elle chasse l’ammoniaque de ses sels. Chauffée avec de la potasse ou avec de l’eau de baryte, la méthylguanidine se décompose, en dégageant de l’ammoniaque et de la méthylamine. Elle s’unit aux acides pour former des sels cristallisés.
Le chloroplatinate ( C2H7 Az5 . HCl) 2P tCP , se précipite sous forme de cristaux rhomboïdaux d’un magnifique jaune orangé, lorsqu’on ajoute une solution concentrée de chlorhydrate de méthylguanidine à une solution de chlorure platinique.
L’oxalate (C2H7Az5)2C2H2Ov q- 2H20 se présente en prismes aplatis, groupés parallèlement. Il perd son eau à 100°. Il est très soluble dans l’eau.
C*II4Az403.
§ 301. Ce corps important a été découvert dans les calculs vésicaux par Scheele, en 1776. Sa composition a été établie par Liebig. Liebig et Woehler 1 en ont fait une étude approfondie et ont décrit un grand nombre de ses métamorphoses, en 1838.
1. Ann. der Chem, uncl Pharm., t. XXVI, p. 241, et Ann. de cliiin. et de phys. (2), t. LXVIII, p. 225.
M. A. Baeyer ' a complété cette étude par la découverte de dérivés nouveaux et par des hypothèses ingénieuses sur la constitution et les relations réciproques des corps appartenant au groupe urique. Tout récemment, M. J. Horbaczewski en a fait la synthèse1 2.
État naturel. — L’acide urique se rencontre en petite quantité dans 1 urine humaine. Il n’existe pas toujours dans l’urine des carnivores, qui souvent n’en renferme que des traces à peine appréciables. La même remarque s’applique à l’urine des herbivores. Toutefois, pendant la période de l’allaitement, les jeunes herbivores excrètent de l’acide urique par l’urine, en proportion sensiblement égale à celle de cet acide dans l’urine des carnivores. L’urine des herbivores soumis à une diète animale ou à l’abstinence en renferme, de même, une petite quantité.
A l’état de combinaison, principalement avec l’ammoniaque, l’acide urique existe en quantité notable dans l’urine des oiseaux, d’un grand nombre de reptiles et d’insectes. M. H. Schiff 3 l’a retiré de l’urine de tortues. Dans les excréments de ces animaux on le trouve mêlé avec les matières fécales.
L’acide urique existe, en petite quantité, dans le sang et dans divers organes tels que le foie, la rate, le pancréas, les reins, les muscles, non seulement chez l’homme, mais chez d’autres mammifères carnivores ou herbivores. Liebig l’a retiré des muscles du caïman4.
Dans certaines maladies telles que l’albuminurie et surtout la goutte, la proportion d’acide urique dans le sang devient très appréciable. On sait que chez les goutteux, les organes et les liquides de l’économie sont saturés d’acide urique à tel point qu’il se dépose dans les articulations des concrétions d’urate acide de sodium. L’acide urique et les urates de sodium et d’ammonium, qui sont presque insolubles, se rencontrent fréquemment dans les sédiments urinaires, et dans les concrétions qui se forment dans les reins, le bassinet ou la
1. Ann. der Chem. u. Pharm., 4° série, t. CXXMI, p. 1 et 199, et t. LXXX, p. 130.
2. Monalsclirifte de r Chemie, t. III, p. 796, novembre 1882.