Iloppe-Seyler. Physiol. Chem., p
L’URINE
Il arrive quelquefois que les urines normales, convenablement traitées, ne réduisent pas les solutions cupro-alcalines. Il ne faudrait pas en conclure que la substance réductrice n’y existe pas, car certains corps qu’on rencontre dans l’urine empêchent la réduction. Il en est ainsi de la créatinine, d’après M. R. Maly L
Il faut remarquer, d’ailleurs, que parmi les réactions invoquées à l’appui de l’existence de la glucose dans l’urine normale, le seul qui ait quelque valeur est la fermentation alcoolique de la substance réductrice. Le pouvoir réducteur, ainsi que la déviation du plan de polarisation, ne sont nullement démonstratifs : ces caractères peuvent appartenir à d’autres substances qu’on rencontre normalement ou accidentellement dans l’urine, et ce fait a été souvent invoqué, dans ces derniers temps, par les auteurs qui mettent en doute l’existence de la glucose dans l’iirine normale. A cet égard, M. Hoppe-Seyler a fait remarquer avec raison que les essais tentés pour isoler et obtenir à l’état cristallisé la glucose ou la substance réductrice de l’urine normale ont échoué et que la matière réductrice disparaît généralement pendant la purification et l’évaporation1 2.
Dans les expériences nombreuses et intéressantes qui ont été faites, dans ces derniers temps, concernant les modifications qu’éprouvent, dans leur passage à travers l’économie, certaines substances ingérées, on a rencontré, dans les urines de l’homme et du chien, toute une série de combinaisons conjuguées, lévogyres et réductrices. Ces substances apparaissent dans l’urine après l’ingestion du camphre, des hydrates de chloral ou de butylchloral, du nitrotoluène, de la benzine monochlorée ou monobromée, du phénol, du phénétol, du xylène, du cumène, etc. Elles sont de nature diverse, mais elles renferment un élément commun, l’acide glycuronique. Ce corps offre avec la glucose des relations étroites et ses combinaisons conjuguées sont comparables aux glucosides : on pourrait les nommer glycurosides. Nous les décrirons plus loin, nous bornant à donner ici, quelques courtes indications sur leur élément commun, l’acide glycuronique.