Proceedings of the Royal Institution, 4 mars
réfrangibilité que celle qui correspond à la bande d’absorption entre B et C. Ainsi la solution de chlorophylle possède la propriété d’absorber énergiquement l’espèce de lumière qu’elle émet, à la surface, sous forme de rayons fluorescents.
Lorsqu’on fait pénétrer un cône de lumière solaire intense dans une solution de chlorophylle qui ne soit pas trop étendue, celle-ci s’illumine en rouge, mais seulement à la surface. D'un autre côté, lorsqu’on projette un spectre solaire sur une solution de chlorophylle, la lumière fluorescente rouge apparaît sur tout le spectre, à l’exception de l’extrémité rouge entre A et B. Par cette propriété d’émettre sous forme de lumière fluorescente les rayons mêmes qu’elle absorbe avec le plus d’énergie, la chlorophylle se distingue d’autres substances fluorescentes, et l’on a comparé, non sans raison, cette particularité optique de la chlorophylle à l’état d’une corde qui se met à vibrer à l’unisson avec l’air dans lequel on a excité le son fondamental que rend cette corde.
Ajoutons que les solutions de chlorophylle changent de couleur par l’action prolongée de la lumière, et que la substance ainsi modifiée donne un spectre différent de celui de la chlorophylle fraîche.
Les propriétés optiques précédemment indiquées se rapportent aux solutions de chlorophylle : le spectre d’absorption de la chlorophylle solide diffère de celui de ses solutions, mais s’en rapproche néanmoins beaucoup : une couche épaisse de feuilles absorbe tous les rayons depuis B jusqu’à l’extrémité
PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL
violette; une couche plus mince fait apparaître une bande noire commençant avant B et dépassant C, et laisse passer la lumière rouge orangée, jaune et verte entre C et E. Après E, le spectre commence à s’obscurcir : il est opaque à l’extrémité violette. Ce qui distingue essentiellement la chlorophylle en solution de la chlorophylle solide telle qu’elle est contenue dans les feuilles vivantes, c’est l’absence du phénomène de fluorescence dans celles-ci. Ainsi, les radiations rouges des solutions fluorescentes manquent dans la chlorophylle vivante, et, l’absorption de la lumière étant sensiblement la même pour les deux espèces de chlorophylle, on peut dire qu’il y a un excès de radiations et par conséquent d’énergie dans de la chlorophylle en solution, c’est-à-dire dans la chlorophylle inacliveau point de vue physiologique. Lorsqu’elle vit, lorsqu’elle agit dans la feuille vivante, cette chlorophylle semble donc disposer de cet excès d’énergie : elle peut restituer, sous forme d’affinité, aux atomes de carbone et d’oxvgène séparés de l’acide carbonique l’énergie contenue dans les radiations lumineuses sous forme de mouvement vibratoire.
Ge ne sont pas, comme on pourrait le penser, les radiations violettes qui se montrent les plus efficaces pour la décomposition de l’acide carbonique par les parties vertes des végétaux, c’est-à-dire par la chlorophylle.il résulte d’expériences déjà anciennes de Draper1 que l’action décomposante la plus énergique réside dans les radiations jaunes et vertes. D’après M. Pfeffer, presque la moitié de la force décomposante de la lumière doit être attribuée aux rayons jaunes, qui ont aussi la plus grande intensité lumineuse. En d’autres termes, les radiations les plus aptes à être converties par la chlorophylle en radiations de réfrangibilité moindre, et, par conséquent, à fournir de la force vive disponible, ne sont point les violettes, mais bien celles des parties moyennes du spectre.
Fixation du carbone. — L’acide carbonique ainsi décomposé, que devient-il? Perd-il tout son oxygène, et le charbon mis en liberté peut-il fixer, à l’état naissant, les éléments de 1 eau, pour former ces hydrates de carbone, si abondants dans le règne végétal. Davy l’avait supposé; mais, à en juger par