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MATIÈRES COLORANTES RE L’URINE

La matière colorante jaune de l’urine a été l’objet d’un grand nombre de travaux, mais n’est pas connue à l’état de pureté. M. Thudichum la décrit, sous le nom d ’urochrome, comme une substance d’un jaune pur, soluble dans l’eau, qu’elle colore en jaune, moins soluble dans l’éther, peu soluble dans l’alcool. Exposée à l’air, la solution aqueuse rougit, surtout après avoir été acidulée, et laisse déposer des flocons bruns. M. Thudichum a indiqué un mode de préparation et divers produits de dédoublement de cette matière, dont l’étude est à reprendre.

Urobiline. — La matière colorante la mieux définie de l’urine a déjà été mentionnée comme un produit de réduction de la bilirubine hydrobilirubine, p. 226). Elle a été décrite-par M. Jaffé 1 sous le nom d 'urobiline. Elle n’existe pas dans les urines normales, mais se rencontre généralement dans celles des fébricitants, et surtout dans l’urine ictérique.

D’après M. Disque 2, l’urine normale renfermerait un produit de réduction de l’urobiline (hydrobilirubine) qui se convertit partiellement en bilirubine, à l’air, en absorbant de l’oxygène.

Préparation. Pour extraire l’urobiline de l’urine, M. Jaffé a employé le procédé suivant. On verse dans l’urine un grand excès d’ammoniaque, on filtre et l’on ajoute du chlorure de zinc tant qu’il se fait un trouble. Ce précipité est épuisé successivement par l’eau froide, par l’eau chaude, par l’alcool, puis séché à basse température. On l’épuise ensuite par l’ammoniaque et l’on ajoute à la solution de l’acétate de plomb. Il se forme un précipité rouge qu’on lave et qu’on sèche et qu’on décompose par l’acide sulfurique après l’avoir délayé dans l’alcool. L’urobiline reste après l’évaporation de la solution alcoolique.

L CentralblaU /'. cl. Mcdizin. Wissensch, 1868, ir IG.

y.. Il(ippe-Se\ler. Zeitschrift in physik. c Item., Ionie II, |>. 271.

UROBILINE. 735

Un procédé plus simple consiste à précipiter l’urine par le sous-acétate de plomb, délayer le précipité dans l’alcool et le décomposer par 1 acide sulfurique. A la solution alcoolique filtrée on ajoute maintenant son volume d’eau, puis on l’agite avec le chloroforme. Celui-ci abandonne l’urobiline après l’évaporation, sous forme d’un pigment brun rouge amorphe, qu’on purifie en le reprenant à plusieurs reprises par le chloroforme.

Pour retirer l’urobiline de l’urine ictérique, on commence par précipiter le pigment biliaire par l’eau de chaux, puis après avoir enlevé l’excès de chaux par un courant de gaz carbonique, on ajoute du sous-acétate de plomb et l’on continue, comme il a été dit plus haut.

On attribue à l’urobiline la formule

C32H40Az407.

Propriétés. L’urobiline est une poudre rouge brun à reflets verts. Peu soluble dans l’eau, elle se dissout dans l’alcool, dans le chloroforme et dans l’éther. La solution chloroformique est rouge brunâtre.

L’urobiline se dissout aussi dans les acides et dans les alcalis.

Les solutions montrent une bande d’absorption très prononcée, surtout lorsqu’elles sont acides, entre les lignes b et F du spectre solaire, caractère qui démontre l’identité de l’urobiline avec l’hydrobilirubine.

La solution ammoniacale d’urobiline offre, après addition de chlorure de zinc, une couleur rose ou grenat et une fluorescence verte. Ce caractère lui est pareillement commun avec l’hydrobilirubine.

On ne saurait affirmer que 1 urobiline constitue l’unique matière colorante jaune de l’urine, puisque certaines urines normales n’en renferment point, d’après M. Jallé, àl état Irais. Mais dans de telles urines les réactions spectroscopiques de l'urobiline, d’abord absentes, se développent au bout de quelques heures. Quoi qu’il en soit, dans les urines fortement colorées en jaune renfermant de 1 urée, d’après L. Salkowsky1,

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