COMPOSITION DE L’URINE
susceptibles de s oxyder. Ainsi le sulfure de potassium se retrouve à l’état de sulfate dans les urines, le sulfite acide et l’hyposulfite de sodium à l’état de sulfate.
Les acides minéraux passent dans l’urine à l’état de sels alcalins, ammoniques ou calciques; l’acide sulfurique en partie à 1 état de combinaisons sulfoconjuguées avec des corps aromatiques. Ainsi dans les cas d’empoisonnement aigu par l’acide sulfurique, la quantité de sulfates éliminés par les urines, peut atteindre le premier jour 2,5 à 3,5 grammes. Ces urines montient une forte reaction d mdican, ce qui prouve qu’une partie de l’acide sulfurique est éliminée à l’état d’indoxylsulfate b
L’iode passe à l’état d’iodure alcalin. Les alcalis et carbonates alcalins, diminuent l’acidité de l’urine et peuvent môme l’abolir; ils se retrouvent à l’état de carbonates, lorsqu’ils sont ingérés en proportion notable. Les sels alcalins neutres tels que sulfates, chlorates, phosphates, borates, ainsi que les chlorures, bromures, iodurcs de potassium et de sodium passent rapidement dans les urines sans éprouver d’altération. L’acide arsénieux s’y retrouve pareillement. Quant aux sels métalliques proprement dits, dont les bases peuvent former des combinaisons insolubles avec les matières albuminoïdes, ils n’apparaissent dans l’urine qu’en petite quantité et quelque temps après l’ingestion. Il en est ainsi des sels de plomb, de cuivre, d’antimoine, de mercure, d’étain, d’or, etc. On sait que les préparations d’antimoine et de mercure peuvent se fixer pendant longtemps dans l’économie à l’état insoluble et qu’elles ne sont que lentement éliminées par les urines. En ce qui concerne le mercure M. Mclsens a prouvé que l’administration de l’iodure de potassium hâte son élimination par les urines, en rendant solubles les combinaisons que forme le métal avec les matières albuminoïdes.
L’ingestion de l’ammoniaque dans l’économie à l’état de carbonate ou de chlorhydrate paraît donner lieu à une augmentation de la proportion d’urée. Nous avons déjà mentionné les expériences qui ont été faites à ce sujet.
En ce qui concerne les composés organiques il y a une dis-
]. M. Litlen. Maly's Jahresbcricht, t. XI, p. 245, 1881.
WURTZ
BIOL.
L’URINE
tinction à établir entre ceux qui appartiennent à la série grasse et les corps aromatiques. Ges derniers résistent beaucoup mieux à l’oxydation et éprouvent, dans leur passage à travers l’économie, des transformations que nous indiquerons avec quelques détails, car elles jettent un grand jour sur les réactions qui se passent dans l’organisme.
Les acides organiques, tels que l’acide oxalique, l’acide tartrique, l’acide citrique éprouvent une oxydation partielle, mais se retrouvent en partie dans les urines, surtout lorsqu’ils ont été pris à forte dose. Us éprouvent une combustion complète lorsqu’ils sont ingérés à l’état de sels à bases d’alcalis, qu’ils soient neutres ou même acides. L’acide organique étant brûlé, la base alcaline est éliminée à l’état de carbonate par les urines qui prennent alors une réaction alcaline. C’est là un des résultats les plus importants des recherches de Wôhler : il met en lumière 1 influence des alcalis sur les combustions respiratoires.
Les matières sucrées, glucose, saccharose, mannite, sont oxydées, à moins qu’elles n’aient été ingérées en quantités notables. Dans ce cas elles apparaissent en partie dans burine. Injectées dans le sang, elles passent dans les urines.
Voici quelques faits qui paraissent en opposition avec les précédents et qu’il est par conséquent utile de relever. Le ferricyanure de potassium passe à l’état de ferrocyanure ; l’acide malique et l’asparagine se retrouvent en partie, du moins, dans l’urine à l’état d’acide succiniquc. Dans l’un et l’autre cas, on a affaire à un procédé de réduction, dont il est facile de se rendre compte pour une substance aussi altérable que le ferricyanure de potassium, mais qui paraît exceptionnel, en ce qui concerne l’acide malique1.
L’alcool ingéré à dose modérée est brûlé dans l’organisme. On le retrouve en partie dans les urines lorsqu’il est pris en quantités notables (Dujardin-Baumetz). On avait admis qu’il se convertissait partiellement en aldéhyde dans son passage à travers l’économie. Il n’en serait pas ainsi, d’après M. Sylvio Plevani2. Dans les tissus d’un individu mort à la suite d’une