GLUCOSE ET IN O SITE
Glucose et inosite dans l’urine. — Dans le diabète sucré les urines renferment des quantités do sucre qui peuvent varier de quelques centigrammes à 4, 7 et même 9 et 10 grammes par litre et Ton sait que la quantité d’urine, qui est rarement inférieure à 2 litres en 24 heures peut s’élever jusqu’à 8 et 10 litres. Aussi, la quantité de glucose éliminée dans les 24 heures peut-elle atteindre plusieurs centaines de grammes. Th. Y. Dusch cite 2 cas de diabète chez une jeune fille de 16 ans et un jeunehomme de 17 ans (du poids de 3 1 k, 5). La première a sécrété en moyenne 326sr, 4 de glucose en 24 heures à la suite d’une alimentation végétale, le second 565 grammes à la suite d’un régime mixte.
Les urines diabétiques sont généralement pâles. Leur densité est élevée et dépasse souvent 1,03. Leur saveur est sucrée. Abandonnées à l’évaporation spontanée elles laissent des croûtes formées demamelons cristallins de glucose. Quelquefois lorsqu’elles sont riches en chlorure de sodium il s’y dépose des cristaux rhomboédriques durs de glucosate de sel marin 2Cr,Hu>06-f-NaGl-|-H'20. Au contact de la levure de bière l’urine diabétique éprouve la fermentation alcoolique, et c’est là son meilleur caractère. Elle dévie le plan de polarisation à droite, et le degré de cette déviation est en rapport avec la richesse de l’urine en glucose. De là un procédé de dosage de celle substance. Additionnée d’une solution de potasse de soude ou d’un lait de chaux et soumise à l’ébullition l’urine diabétique prend une coloration jaune, qui passe rapidement au brun plus au moins foncé. Chauffée avec la liqueur cupropotassique elle donne un précipité jaune d’hydrate ou un précipité rouge d’oxyde cuivreux. Elle réduit le nitrate de bismuth, en présence de la potasse, en donnant un précipité noir de bismuth métallique. L’ingestion de matières sucrées ou féculentes augmente la proportion de glucose dans 1 urine; une alimentation purement animale la diminue. On sait d ailleurs que la glucose peut se trouver passagèrement dans les urines. On en trouve dans l’urine des femmes enceintes et des nourrices au moment de la lièvre de lait ou du sevrage. Elle apparaît à la suite de divers troubles des systèmes nerveux, respiratoire, digestif ; dans quelques cas d’anthrax, de suppurations abondantes, etc., à la suite d’empoisonnements par l’arsenic,
L’URINE
par le curare (Claude Bernard), par le nitrate d’amyle1, par l’oxyde de carbone2 3 4. Toutefois M. Hoppe Seyler l’a vainement cherchée dans l’urine de personnes qui avaient été empoisonnées par l’oxyde de carbone5.
On a constaté à diverses reprises la présence de la glucose dans l’urine de personnes qui avaient reçu un coup sur la nuque. Ce fait est sans doute en rapport avec une découverte importante de Claude Bernard. Ce physiologiste a provoqué en effet, chez des animaux, un diabète artificiel mais passager par une piqûre de la moelle allongée au plancher du quatrième ventricule.
La glucose extraite de l’urine diabétique et convenablement purifiée montre tous les caractères de la glucose retirée des fruits ou obtenue artificiellement par hydratation de la matière amylacée. Pourtant M. Hoppe Seyler a rencontré un cas où la glucose retirée de l’urine possédait un pouvoir rotatoire plus considérable que la glucose ordinaire h D’un autre côté^on a quelquefois signalé dans l’urine la présence de substances lévogyres sucrées ou voisines des sucres (Zimmer, de Méring, Haas). On doit accueillir ces assertions avec réserve si l’on considère l’existence dans certaines urines des combinaisons lévogyres de l’acide glycuronique. M. Vohl5 a signalé le premier de l’inosite dans un cas de diabète où ce corps avait remplacé la glucose. MM. Neukomm, Gallois, Kiilz ont fait des observations semblables.
Dans certaines formes graves du diabète les urines prennent par le perchlorurc de fer une coloration brun rouge. Cette réaction signalée pour la première fois par M. Gcrhardt6 a été attribuée à l’éther acélylacétique ou à un de ses dérivés. Ces corps donnent en effet avec le perchlorurc de fer une coloration rouge foncé. Mais cet éther, d’ailleurs facilement décomposable par les acides et par les alcalis, n’a pas été isolé. M. Rup-
1. F- A. Hoffmann. Arcli. f. Anat. und Physiol., 1872, p. 746.
2. II. Friedbrrg. Die Vcrgiflung durcie Uohlendunsl, 1866. — A. Olliviet*. Arch. gêner . de médecine , 1879, p. 513.