III. — MATIÈRES CORNÉES ET PRODUCTIONS ÉPIDERMIQUES
Les couches superficielles de l’épiderme sont formées par des cellules qui résistent à l’action de la soude caustique et dont la substance diffère des matières albuminoïdes proprement dites. Elles paraissent résulter d’un racornissement du protoplasme des cellules sous-jacentes dont le noyau disparaît. La matière compacte qui se forme ainsi existe dans la corne et dans d’autres productions épidermiques énumérées plusloin. On l’a désignée sous le nom de kératine. Nous y rattacherons les substances qu’on retire de la soie.
KÉRATINE.
§ /|5. Les cheveux, les poils, la laine, les ongles, les sabots, la corne, les carapaces de tortue, les fanons de baleine, les plumes, l’épiderme et les épithéliums renferment un corps azoté ou un mélange de matières azotées, insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, les acides étendus, et qui reste comme résidu lorsque les matériaux dont il s’agit ont été épuisés à chaud par ces divers véhicules. Ce résidu est la kératine. 11 se gonfle faiblement dans l’eau, plus fortement dans l’acide acétique. A l’état sec, il est très hygroscopique. Par une digestion prolongée avec de l’eau à 150° dans la marmite de Papin, la kératine se décompose partiellement, avec formation d’un liquide laiteux et dégagement d’hydrogène sulfuré. Après l’évaporation de la liqueur, il reste un résidu insoluble dans l’eau. Par une ébullition prolongée avec l’acide sulfurique étendu, la kératine donne, entre autres produits, de la leucine, 4 p. 100 environ de tyrosine et une petite quantité d’acide aspartique.
FIBROINE.
Elle se gonfle d’abord et finit par se dissoudre dans les lessives alcalines bouillantes; elle se dissout plus difficilement dans les solutions des carbonates alcalins. La solution alcaline renferme un sulfure. Suivant sa provenance, la kératine renferme :
Épiderme de la plante des pieds.
Cheveux.
Ongles.
Corne
de
vache.
Sabots
de
cheval.
Fanons
de
baleine.
Carapace
de
tortue.
Carbone. . . .
Hydrogène ..
Soufre
On remarquera la forte proportion de soufre que renferment les productions épidermiques et épithéliales. Les poils roux en renferment jusqu’à 8,3 p. 100; la laine de mouton n’en contient que 0,87 p. 100. (De Bibra1 2.) Toutes ces matières laissent, après l’incinération, un peu plus de 1 p. 100 de cendres, qui renferment des phosphates, des sulfates et du fer. La cendre des cheveux et des plumes contient, en outre, de la silice.
FIBROÏNE.
§ /|6. C’est la matière de la soie. Pour la préparer, Stædeler emploie le procédé suivant. On fait digérer de la soie grège pendant 18 heures, à froid, avec une lessive de soude à 5 p. 100, puis on l’exprime et on la lave. On l’introduit ensuite dans de l’acide chlorhydrique étendu de 20 parties d’eau, et on lave de nouveau après expression ; enfin on épuise le produit par l’alcool et par l’éther.
M. Cramer3 se contente de chauffer la soie pendant 12 à 18 heures, dans la marmite de Papin, à 133°, et d’épuiser le résidu successivement par l’alcool et par l’éther.
La übroïne ainsi obtenue représente la moitié du poids de la soie employée. Elle en conserve l’apparence filiforme, mais elle est facile à déchirer. Elle est incolore, insoluble dans l’ammonia-