Annales de PorjgendorfJ \ t. XXVII, p
SALIVE
Caractères et composition de la salive parotidienne. — La salive parotidienne de l'homme est un liquide incolore, limpide, mobile. Il n’est ni muqueux ni filant, et coule comme de l'eau. 11 est dépourvu d’éléments morphologiques. Sa réaction est alcaline; pendant l’abstinence, il peut devenir neutre et même légèrement acide, d’après M. Ordenstein. Toutefois, la réaction acide ne se manifeste que sur les premières portions de la salive excrétée, et disparaît par l’exposition de cette salive à l’air. M. Oehl Ta attribuée, à tort peut-être, à la présence de l’acide carbonique libre, qui se dissipe à l’air en même temps qu'il se précipite du carbonate de chaux en cristaux microscopiques.
La densité de la salive parotidienne de l’homme varie entre 1,0061 et 1,0088. La proportion des matériaux fixes qu’elle renferme ne s’élève pas au delà de 0,571 à 0,616 pour 100. Chez le chien, la densité varie de 1,004 à 1,007, et chez le cheval de 1,0051 à 1,0074-
A l’ébullition, la salive parotidienne se trouble, et ce trouble est dû a un précipité finement floconneux de matière albuminoïde, entraînant une petite quantité de carbonate de chaux. La liqueur filtrée et alcaline renferme en solution une autre portion de matière albuminoïde, laquelle, modifiée par l’alcali, se précipite lorsqu’on neutralise par l’acide acétique. Ajoutons que la salive parotidienne exactement neutralisée par l'acide acétique, ou même traitée par un courant de gaz carbonique, fournit un léger précipité de matière albuminoïde. Elle est entièrement exemple de mucine.
Une petite quantité de perchlorure de fer étendu détermine dans la salive parotidienne de l'homme un trouble blanc, qui est formé par la matière albuminoïde. En présence d’un excès de perchlorure de fer, la liqueur se colore en rouge orangé. Cette coloration est duc au sulfocyanate de potassium CAzSK, que la salive humaine renferme en petite quantité. Avec la salive parotidienne des animaux, cette coloration ne se manifeste pas toujours : celle du cheval est exempte de sulfocyanate, d’après Lehmann ; il en est de même de celle du chien, d’après Hoppe-Seyler L Par contre, la salive parotidienne des animaux
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SALIVE PAROTIDIENNE. 157
donne avec le perchlorure de fer un précipité albumineux abondant.
On avait attribué la coloration rouge dont il s’agit à la présence, dans la salive parotidienne, d’un sel à acide organique, tel que l’acétate de potassium. On sait, en effet, que ce sel donne avec le chlorure ferrique une coloration rouge de sang, analogue à celle que produit le sulfocyanate. Mais, tandis que cette dernière se maintient en présence de l’acide chlorhydrique, la première disparaît. Or, la couleur rouge produite par le perchlorure de fer dans la salive persiste en présence de l’acide chlorhydrique : elle n’est donc pas due à l’acétate de potassium. Au surplus, on a pu isoler l’acide sulfocyanhydrique qui existe, à l’état de sel, dans la salive humaine. Nous décrirons le procédé en traitant de la salive mixte.
La salive parotidienne de l’homme renferme un principe qui convertit rapidement l’amidon en sucre. (Leuchs, Miallie.) C’est une sorte de ferment que Berzelius a désigné sous le nom d ept-yaline (voir plus loin). Ce corps ne paraît pas exister dans la salive parotidienne de tous les animaux. On ne l’a pas rencontré dans celles du chat, du chien, mais on a constaté que l’extrait aqueux de la parotide du cochon d’Inde et du lapin convertit l’amidon en sucre. D’après M. Kuhne1, l’extrait aqueux de la parotide du chien est entièrement dépourvu de la propriété de convertir l’amidon en sucre.
On a pu se procurer des quantités assez notables de salive parotidienne du cheval. Elle est légèrement opalescente, mais sans jamais renfermer d’éléments morphologiques. Exposée à l'air, elle se couvre, comme fait la salive parotidienne de 1 homme, d’une pellicule formée par des cristaux microscopiques de carbonate de chaux : ce sont de petits rhomboèdres biréfringents analogues à ceux du spath d’Islande. Lehmann avait, admis que la salive parotidienne du cheval renferme une petite quantité de ptyaline. Cette assertion a été contestée par dauties auteurs. Quoi qu il en soit, voici quelques analyses de salive parotidienne :