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PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA DIGESTION

Nous décrirons dans ce chapitre la salive, le suc gastrique, la bile, le suc pancréatique et le suc intestinal. Après avoir indiqué la composition chimique de ces liquides, nous étudierons l’action qu'ils exercent sur les aliments, dans le trajet du tube digestif.

i. — SALIVE.

§ 56. La salive est le liquide qui humecte la cavité buccale et qui y afflue abondamment sous l’influence de l’excitation déterminée par la présence des aliments. Elle est le produit de diverses sécrétions glandulaires, différentes par leurs qualités physiques et leur composition chimique, et qui se mêlent dans la bouche pour former la salive mixte. Les glandes chargées d’élaborer ces sécrétions sont de diverse nature. Ce sont d’abord des organes glandulaires volumineux, qu’on nomme glandes salivaires. Telles sont les glandes parotides, les glandes sous-maxillaires, les glandes sublinguales. Chacune d’elles sécrète une salive particulière, qui est versée dans la cavité buccale par un canal ou conduit excréteur. En outre, la membrane muqueuse de la bouche est garnie d’une multitude de glandules où s’élabore un liquide muqueux qui afflue continuellement dans la bouche et qui se mêle à la salive glandulaire. Il résulte de ce qui précède que la salive mixte est un mélange de salive parotidienne, de salive sous-maxillaire, de salive sublinguale ' et de mucus buccal. On a pu recueillir séparément la salive parotidienne et la salive sous-maxillaire, pour en étudier la composition chimique. La salive sublinguale n’a pas encore été isolée; quant au mucus buccal, on possède quelques données sur sa nature. 11 importe de considérer séparément ces diverses sécrétions avant d’étudier le produit de leur mélange, la salive mixte.

SALIVE PAROTIDIENNE.

SALIVE PAROTIDIENNE.

§ 57. Elle est sécrétée parla plus grosse des glandes salivaires, la parotide, dont le conduit excréteur, le canal de Sténon, vient s’ouvrir de chaque côté, sur la face interne de la joue, au niveau du collet de la deuxième grosse molaire de la mâchoire supérieure. Le calibre de ce conduit est assez étroit ; néanmoins on parvient à y introduire, chez l’homme, une canule fine par laquelle on peut recueillir la salive parotidienne. Un autre procédé, employé par Claude Bernard, consiste à appliquer sur l’oritice du canal de Sténon l’extrémité recourbée et évasée en entonnoir d’une seringue, et à aspirer lentement la salive au fur et à mesure qu’elle s’écoule. Chez les animaux, on la recueille en établissant des fistules salivaires. Les glandes parotides étant très développées chez les herbivores, on a généralement, fait

ces opérations sur des moutons ou des chevaux.

Indépendamment de l’excitation produite par les aliments, la sécrétion de la salive parotidienne est favorisée par le chatouillement de la langue ou du palais au moyen d’une barbe de plume ; elle l’est aussi par des agents chimiques comme l’acide acétique ou la vapeur d’éther. Les alcalis ou les épices, tels que le poivre rouge, sont peu efficaces. D’un autre côté, on peut exciter la salivation par des étincelles d’induction appliquées directement aux nerfs moteurs qui se terminent dans l’épaisseur de la parotide ; ces nerfs sont des rameaux de l’auriculo-temporal (branche du nerf maxillaire inférieur) et de la branche auriculaire du plexus cervical.

La vue seule des aliments fait souvent affluer la salive

dans la bouche : la parotide est très sensible à ce genre d'excitation. On a remarqué qu’il suffit de présenter du foin à un cheval auquel on a pratiqué une fistule salivaire, pour voir la salive paiotidienne couler abondamment par la canule. Ajoutons qu on <1 pu recueillir accidentellement la salive parotidienne chez des malades affectés de fistules salivaires, M. G. -G. Mitscheilich a pu profiter d’un cas de ce genre1. On trouvera plus loin une analyse de cette salive.

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