Physioloyische Chemie. Berlin, 1378, p
ROLE PHYSIOLOGIQUE DE LA SALIVE
absorption dans les premières voies et une nouvelle élimination par la salive; et cette circulation de l'induré de potassium pourrait durer longtemps si une portion de ce sel m'était incessamment et définitivement éliminée par les urines. En tout cas, ces faits expliquent pourquoi l'iodure de potassium, si soluble, peut se maintenir pendant quelque temps dans l’économie.
La salive ne renferme qu’une très petite quantité de phosphates et à peine des traces de sulfates; mais elle contient une petite quantité de carbonate de chaux. Berzelius admettait que sa réaction alcaline est due à la présence d’une trace de potasse, de soude et de chaux, combinée à la matière organique. 11 se peut, en effet, que ces bases saturent une portion de la matière albuminoïde contenue dans la salive (page 161). En tout cas, ces combinaisons alcalines sont détruites par l'incinération, et les bases qu’elles renferment se retrouvent dans les cendres, à l’état de carbonates et sont saturées, en partie, par l’acide sulfurique provenant du soufre de la matière albuminoïde. On a aussi admis l’existence, dans la salive, d'une petite quantité du sel de potassium d'un acide gras assez peu volatil, tel que l’acide caproïque ou un acide voisin. On observe ce sel, avec le microscope, sous formes d’efflorescences cristallines.
Schônbein 1 a signalé dans la salive mixte de l'homme un corps qui oxyde l’acide iodhydrique, comme le fait l’acide nitreux. On peut constater, en effet, que la salive, acidulée par l’acide sulfurique, bleuit presque toujours l'iodure de potassium amidonné.
ROLE PHYSIOLOGIQUE DE LA SALIVE
§ 64. U est à la fois mécanique et chimique. La salive, en humectant les aliments solides, facilite leur mastication et la formation du hol alimentaire. Elle dissout les aliments très solubles tels que le sucre, dont la présence dans la cavité buccale détermine, comme chacun sait, un afflux considérable de salive. A ce propos il convient de faire remarquer que la quantité de salive sécrétée dans les vingt-quatre heures est assez considérable, bien qu'il soit difficile de l'indiquer avec certitude. Les
L Journal fur praktische Chemie , t. LXVI, p. 151.
SALIVE
évaluations varient entre 310 et 1,500 grammes 1 2. D’après M. Fr. Tuczek -, la quantité de salive sécrétée pendant la mastication, par 100 grammes de glande salivaire, s’élevait en moyenne à 1,300 grammes, renfermant 6gr,3 de matériaux fixes. Les glandes salivaires réunies d’un homme adulte pèsent environ 06 grammes.
La salive humaine a le pouvoir de transformer l’amidon en sucre. Leuchs a constaté le premier ce pouvoir saccharifiant. M. Mialhe3 a confirmé le fait et a attribué cette importante propriété de la salive à l’action d’un agent particulier qu'il a nommé diastase salivaire.
Une expérience très simple permet de constater la propriété saccharifiante de la salive. On mâche pendant quelques instants un de ces disques d’amidon cuit qu’on désigne sous le nom de pains à chanter, on délaye ensuite dans une petite quantité d’eau et on dépose le tout sur un petit filtre préalablement mouillé. La liqueur filtrée, parfaitement limpide et incolore, renferme une quantité de glucose suffisante pour réduire énergiquement la liqueur cupro-potassique.
L’empois se fluidifie au bout de quelques minutes sous l'influence de la salive, et il se forme de la dextrine et du glucose. D'après M. Zawilski4, la dextrine pure ne serait pas convertie en glucose par la salive. M. O. Nasse5 admet que le sucre formé, indépendamment d’une dextrine particulière, par faction de la salive sur l’amidon et sur le glycogène, se distingue du glucose. Le pouvoir réducteur qu'il exerce sur les liqueurs cuivriques serait moitié moindre. M. Nasse a nommé ce sucre ptyalose. MM. Musculus et de Mering® admettent, d’après de récentes expériences, que la salive et le suc pancréatique exercent sur l’amidon la même action que la diastase, et fournis-
1. Thomson, Animal Chemistry. London, 1843, p. 571 (210 gr.).
Donné, Institut, n° 158, p. 58 (390 gr.).
Bidder et Schmidt, Verdauungssdfte uncl Stoffwechsel. Mitau, 1852, (1,500 gr.).
2. Zeitschrift fur Biologie, t. XII, p. 584, et Maly's Jahresbericht, t. VI. p. 172.