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IV. Sixième Édition

iS ACIDES ORGANIQUES.

par un excès d'acide, tandis que ceux qui sont insolubles fc . dissolvent presque tous, au contraire, lorsque i'acide est piédominant. En effet , si , d'une part , on verse une dissolution concentr(^*e d'acide oxalique dans une dissolution neutre et concentrée d'oxalate de potasse ou de soude, il se formera, aa bout d'un certaiu temps, des cristaux d'oxalate acide ; et si l'on verse, d'autre part , peu-à-peu, de Pacide oxalique dans de l*eau de baryte, la liqueur se troublera d'abord et s'ëdaircira ensuite. Il faudrait beaucoup plus d'acide pour rétablir b transparence dans de l'eau de chaux , en raison de la grande cohésion de l'oxalate calcaire.

La chaux, la baryte, la strontiane sont les bases qui ont le plus de tendance à s'unir avec l'acide oxalique par l'intermède de l'eau : viennent ensuite la lithine, la potasse et la soude, puis l'ammoniaque et la magnésie.

Les oxalates sont ]es sels végétaux les plus difficiles à décomposer par les acides ; ils résistent à l'action d'un grand nombre de ceux-ci : cela est si vrai que l'acide oxalique forme des précipités d'oxalate de chaux dans toutes les dissolutions de sels calcaires , même de sulfate de cbaux.

1939, Etat naturel, — Jusqu'à présent , on n'a rencontré que quatre oxalates dans la nature. L'oxalate de chaux, l'oxalate acide de potasse, l'oxalate de soude et l'oxalate de fer. L'oxalate de chaux , suivant Scliéele, se trouve seulement e|i petite quantité : i° dans les racines d'ache, d'asclépias, d'arréte- I>œuf , de curcuma, de carline, de dictame blanc , de fenouil, de gentiane rouge, de giogembre , d iris de Florence, de mandragore, d'orcanette, de patience, de saponaire, de scille, de tormentille, de valériane, dezédoaire; ao dans les écorces de cascarille, de cannelle, de sureau et de simarouba. Mais , d'a-

{>rèsM. Braconnot, il se trouve eu quantité considérable dans es plantes de la famille des lichens; les lichens crustacés en contiennent presque la moitié de leur poids : de là l'origine de cet oxalate dans le règne inorganique : il paraît enfin que l'oxalate de chaux est à ces cryptogames ce que le carbonate de chaux est aux lithophytes, ou le phosphate de chaux à la cbarpente osseuse des animaux les plus parfaits (^Ann. de C/um, et de Phys.^ xxviii, 3x8). Quelquefois aussi l'oxalate de chaux iorme des concrétions dans la vessie de l'homme. L'oxalate acide de potasse existe dans le rurnexy et particulièrement dans le rumex acetosella^ que l'on cultive en Suisse pour se procurer ce sel , dans les oxallsj dans les tiges et les feuilles du iheutn palmaturriy et probablement dans les feuilles des herbe-lis* L^oxalate de soude a été découvert par ML Gav-' ""-«c dans k bariUe, et c'est de ce sel que provient lama de

OXAIATES. 19

la soude qu'on obtient en calcinant cette plante* Quant à Toxalate de fer, M. Mariano de Kivero l'admet dans un lignite friable dc^couvert à Kolowserun, près Belin en Bohème. {^Ann. de Chim. et de Phys.j t. xviii, p. 2^07.)

1940- Préparation. — Les oxalates de potasse, de soude, d'ammo/iîaque, se préparent directement, c'est-à-dirç, en traitant ces Dases libres ou carbonatées par l'acide oxalique. ^ux qui sont insolubles s'obtiennent , en guuéral , par la voie les doubles décompositions. Cependant on peut les obtenir ■ aussi de même que les oxalates solubles; mais alors il faut trai* ter loxide ou le carbonate par un petit excès diacide oxalique, faire bouillir la liqueur, la filtrer, et ne considérer le dépôt comme de l'oxalate qu'après l'avoir bien lavé.

194 !• Compositioiu — U existe quatre genres d'oxalates : des oxalates neutres, des oxalates bi>basiques, des sesquioxalates et des bi-oxalates. Le protoxide de potassium en produit trois ( 1943 ) : beaucoup d'autres oxides n'en produisent tout au plus que deux.

Les uns contiennent l'acide anhydre et sont complètement exempts d'eau : c'est le plus petit nombre *, on ne connaît même guère que les oxalates neutres de zinc, de plomb et de chaux qui soient dans ce c<is. Presque tous les autres, au contraire , contiennent l'acide uni à un atome d'eau , et , chose digne de remarque, n'ont pu être obtenus jusqu'ici qu'en cet état de combinaison. De là , des produits divers dans la calcination des oxalates.

Quoi qu'il en soit , dans les oxalates neutres, la quantité d'oxigène de l'oxide est à la quantité d'oxigène de l'acide comme i à 3, et à la quantité d'acide même comme i à 4,5286.

1942. Usages, — Un seul oxalate est employé dans les arts : c'est l'oxalate acidulé ou acide de potasse, appelé vulgairement sel d^oseille. On s'en sert pour enlever les taches d'encre et de rouille de dessus le linge; celles de rouille disparaissent beaucoup mieux, lorsqu'on met le sel dans une cuiller d'étain ; ordinairement même, la présence de ce métal est indispensable, il ramène le peroxide de fer à l'état de protoxide ; un peu de chaleur favorise la réaction. On se sert aussi du sel a oseille pour aviver la couleur du carthame ou le rouge végétal, et pour extraire l'acide oxalique. Enfin , on en fait usage pour découvrir la présence de la ciiaux dans divers liquides; mais on peut se servir avec plus de succès encore des oxalates neutres de potasse, de soude ou d'anmioniaque. Les sels de ces trois bases sont les seuls qui , avec l'oxalate de chaux, méritent d'être étudiéa en particulier» Il siéra facile d'ailleurs de faire

âO AQDËS ORGANIQUES.

l'histoire Aes autres , d'après ce que nous avons dit des sels vc gétaux et des oxalates en général.

Oxalates de potasse,

1943. Oxalate neutre. — Cet oxalate s'obtient en neutralisant rncidc oxalique ou le sel d'oseille par la potasse. Il est si soluble dans l'eau qu'il est difficile de le faire cristalliser. Lorsqu'on le décompose par le feu, on obtient un résidu qui est entièrement formé de carbonate de potasse. Les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, et en général tous les acides

Îmissans , lui enlèvent une certaine quantité de base, et le ont passer à l'état de quadroxalate, qui est beaucoup moins soluble que l'oxalate neutre, et qui se précipite sous forme de cristaux, si celui-ci est concentré. Les eaux de cbaux, de baryte, de strontiane, y déterminent des précipités blancs d'oxalate de ces bases. Il en est de même des sels dont la base forme un sel insoluble en s'unissant avec l'acide oxalique.

1944- Bi'oxalate ou oxalate acidulé de potasse. — Lorsqu'on veut se procurer ce sel parfaitement pur, il faut combir ner une certaine quantité de potasse avec le double de l'acide qu'elle exige pour se neutraliser.

Ce sel cristallise facilement. Ses cristaux sont des parallélipipèdes opaques et très courts. Il rougit la teinture de tournesol. En le calcinant, on obtient un résidu entièrement formé de carbonate de potasse. Il n'attire point l'humidité de l'air. Il est bien moins soluble dans l'eau que l'oxalate neutre : aussi produit-on un précipité cristallin acidulé en versant de l'acide oxalique dans une dissolution concentrée d'oxalate neutre. ' 194s* Quadroxalate ou oxalate acide de potasse, — ^ On obtient ce quadroxalate de la même manière que le bi-oxalate, si ce n'est que l'on combine la base avec deux fois autant d'acide. Sa cnstallisation s'opère facilement^ il rougit fortement le tournesol.

Soumis à l'action du feu , il se décompose et donne lieu aux nic^mes produits que les oxalates neutre et acidulé; son fiction sur l'air est nulle*, il est moins soluble dans l'eau que le j)t'é(M^dent', il parait que l'alcool n'en dissout pas la plus petite quantité; il «c comporte à-peu-près avec les bases et les sels comme l'acide oxalique; il fait quelquefois partie du sel d'oseille, ainsi que l'oxalate acidulé, et est par conséquent employé comme tel.

i\)/\(i* Le sel d'oseille s'extrait en Suisse Avirumex acetosella^ et eu Angleterre de Voxalis acetosella. Le rumex est pilé, mêlé avec une certaîn<î quantité d'eau , et soumis à la presse après quelques jours de macération ; ensuite ou chauffe légèrement

OXÂLITBS D AMMONIAQUE. )l

le SUC, et on le porte dans une cuve en bois. I^ on le met en contact avec de i argile pendant un à deux jours *, au bout dt ce temps , il se trouve clarifié ; on le décante et on l'évaporé convenablement dans une chaudière de cuivre. Peu-à-peu il se forme des cristaux ; mais comme ils sont verdâtres , on les purifie par de nouvelles cristallisations. De Soo grammes de rumex , on retire environ 4 grammes de sel d'oseille, 2 décigrammes de chlorure de potassium , 2 centigrammes de sulfate de potasse, 120 grammes d'extrait. Probablement que bien-* tôt l'on profitera de la grande quantité d'oxalate de chaux que contiennent les lichens pour se procurer l'oxalate acide de potasse, et par suite l'acide oxalique, à bonmarché.

Oxalates de soude.

1947» Oxalate neutre, — Cet oxalate, que M. Gay-Lussac a trouvé dans la barille, est peu sapide et ordinairement en petits cristaux grenus. Le feu en opère facilement la décomposition , et le résidu qu'on obtient est entièrement formé de carbonate de soude. L'air ne l'aUère point. Il n'est pas très soluble dans l'eau. Lorsqu'on le traite par les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, il passe à l'état de sur-oxalate. D nous offre, avec les bases salinables et les sels, les mêmes phé* nomèues que celui de potasse.

On l'obtient en neutralisant une certaine quantité de soude par l'acide oxalique : pour peu que la dissolution alcaline et la dissolution acide soient concentrées, il se précipite en grande partie à mesure qu'il se forme.

1948. Bi'Oxalate ou oxalate acidulé. — Le bi -oxalate de soude se prépare en versant dans une dissolution de soude deux fois autant d'acide qu'elle en exigerait pour être saturée^ il se précipite ordinairement en poudre cristalline, lorsque les liqueurs sont tant soit peu concentrées 5 il rougit la teinture ae tournesol ^ sa solubilité est moins grande encore que celle de l'oxalate neutre : il est sans usage.

Oxalates d ammoniaque.

1949* Oxalate neutre. — L'oxalate neutre d'ammoniaque s'obtient en saturant l'acide oxalique par l'ammoniaque, et faisant évaporer convenablement la dissolution. Il cristallise en longs tétraèdres terminés par des sommets dièdres 5 sa saveur est très piquante. Par la distillation , on en retire d'abord de l'eau et une petite quantité d'ammoniaque^ puis il se sublime du carbonate d'ammoniaque, de l'oxalate non décomposé, et une matière azotée particulière, observée pour la

M ACIDES ORGANIQITES.

^UtUaj . ick ^foe Un sels d'or , et en gënëfal , des métsnx 4U:£. <ieux 4étnÀière$ sections , les sels de sesqui-oxide de manr giiuAïcK:, 4:5U:«. 8ont susceptiblcs de céder cle Toxigène à un 4MùtArjL ^« ifjud nombre de composés organiques , n\ème à froid , Aiui^At U''n.wyoup plus facilement à la température de l'â>ulliti^iij. f>r l'eau, de l'acide carbonique, et quelquefois desproiLtur*^ \utién prennent alors naissance.

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