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CHAPITRE IV

Classification des substances végétales et animales.

ihi a vu précédemment que les substances immédiates, «r^éfales et animales , étaient les unes acides , d'autres basiqufrs , les autres neutres ou indifférentes. De là résultent trois classes principales, dans lesquelles ces substances se par* tagent naturellement. Nous y enjoindrons, toutefois, une quatrième qui comprendra les matières colorantes, parce que 1 on n'est encore parvenu qu'à en isoler quelques - unes et qu'elles ont des propriétés communes qui en composent un groupe naturel. Ce n'est pas ici le lieu de faire connaître ces sous-divisions : nous ne les exposerons qu'en traitant de chaque classe. ^

CLASSE I

Des acides organiques.

193 31 On connaît, dans l'état actuel, au moins 66 acides. Les uns sont formés seulement de carbone et d'oxigène ; les autres, de carbone, d'oxî gène et d'hydrogène*, d'autres conr tiennent de l'azote. Nous les diviserons donc en trois sections.

Nous y en ajouterons deux autres, l'une qui comprendra les acides dont l'existence est douteuse , et l'autre , les acides composés d'acides connus et de matières organiques , lesquels sont plutôt des sels acides que des acides proprement dits.

Déjà nous avons fait connaître une partie des propriété générales des acides (1917): nous achèverons de les exposer en parlant de chaque groupe. Nous ne devons maintenant considérer que les sels qu'ils sont susceptibles de former.

Tous , en se combinant avec les bases , forment des sels qui , neutralisés le plus possible , sont composés de telle ma- [ue l'oxigène de l'acide est un multiple par un nombre 'oxîgène de la base. Les stéarates et les oléates font

que r del'i

ÀGIDB8 O&GANIQinM. IS

miùU eX6spti0tt. L'oxigène -de la base fait les ^ de l'oxigène de l'acide : ils correspondent donc aux phosphates et arsëniâtes.

Tous ces sels sont décomposcSs par une chaleur rouge , et donnent lieu à des produits divers. En effet , lorsque le sel appartient aux deux premières sections, les principes deTacide agissent les uns sur les autres; il en résulte de Teau, de l'acide carbonique*, de l'hydrogène carboné , du gaz oxide de carbone, etc. , et la base reste intacte. Mais lorsque le sel appartient aux quatre dernières sections, non-seulement l'acide est décomposé , mais l'oxide est réduit lui-môme en totalité on en partie. Cependant il arrive quelquefois que , dans ce cas j l'acide n'éprouve qu^une altération partielle : c'est ce qui a lieu quand il est volatil, et que Toxide est facilement réductible. Alors l'oxide est réduit par une portion de Facide , tandis que l'autre se dégage : voilà ce que nous offre en particulier l'acétate de bi-oxide de cuivre ou le verdet cristallisé, (i)

Les sels organiques se comportent avec la pile de mâme que les sels minéraux. L'acide se rend au pôle positif et Toxide pur ou réduit au pôle négatif.

L'eau dissout tous les sels qui sont à bases de potasse , de soude ou d'ammoniaque. Parmi ceux dont les bases sont différentes , il en est un grand nombre qu'elle ne diss.out point.

Tout ce que nous avons dit de raction hygrométrique de l'air sur les sels minéraux s'applique aux sels organiques.

Les bases saliBables qui ont le plus de tendance à s'unir aux acides par rintermède de Teau, sont : la baryte, la strontiane, la chaux, la lithine, la potasse, la soude; viennent ensuite l'ammoniaque et la magnésie. On ne sait rien de positif sur le rang qu'occupent les autres entre elles. On ne sait presque rien non plus sur l'ordre que suivent les acides végétaux et animaux dans leur union avec les diverses bases. Cependant il paraît que les acides oxalique, mellitique , para - tartrique , tar trique , citrique , tannine, etc., se trouvent au premier raug; et que les acies mucique, ulmique, subérique, les divers acides gras, l'acide urique , l'acide allantoïque , etc. , occupent le dernier. Les acides oxalique et pyro- tartrique enlèvent la chaux même i l'acide sulfurique , et ces mêmes acides , plus l'acide tartrique, enlèvent de la potasse aux combinaisons de cette base avec les acides minéraux les plus puissans.

(i) Quelques sels, dent les bases sont très faibles, et les acides volatils laisseot némt désager oeax-cit sans qu'ils se décomposeat ; ex. ; Tacétate d*aluinine.

24 AaOES ORGANIQUES.

lui-même insoluble, il s'eusuit qu'il ue faut plus que la filtrer eil \d Tabaudonnerà une c'vaporalion spontanée pour avoirracideàré-l i tat de siccité; maïs comme dans cet état il est plutôt pulvéruLentp que cristallisé , on doit 1 redissoudre dans une petite quantiti d'eau et laisser de nouveau la dissolution s'évaporer spontanéinen tX'acide se dépose p€fu-à-peu sous forme de cristaux gEenn et de prismes déliés, transparens et d'un jaune orangé; on ignore s'ils sont hydratés.

L'acide croconique est inodore. Sa saveur est très aride et a lasUingencc des sels de fer. Exposé à une chaleur de loo', il ne s'allère pas; une température plus élevée le transforme en gaz carbonique et en charbon susceptible de brûler sans résida* 11 s'unit facilement aux bases. La plupart des croconates sont d'un jaune rougeâtre ou d'un jaune citron. Tous sont détruiti par la calcination.

Ceux de potasse , de soude, d'ammoniaque sont solubles* Les croconates de baryte et de chaux sont presque insolubles : aussi, Tacide croconique précipite-t>il en jaune pâle les eaux de baryte et de chaux.

Aucun croconate ne se trouve dans la nature. Le croconate de potasse s'obtient conime il va être dit pins bas 5 les autres , directement ou par la voie des doubles décompositions , suivant qu'ils sont solubles ou insolubles.

Dans les croconates neutres, la quantité d'oxigène de l'oxide est à la quantité d'oxigène de Facide , comme là 4? ^t à la quantité d'acide môme comme i à 7,822.

Un seul a été examiné avec quelques soins : c'est le croconate de potasse.

1953. Croconate de potasse. — 11 prend naissan ce lorsqu'on traite par l'eau le produit de l'action du potassium sur le gaz oxide de carbone , à une température voisine du rouge. Ce produit qui vient d'être examiné, par M. Liébig , est com-

1)Osé de telle sorte, qu'il peut être représenté par K^ G** C. lésult(;-1-il de la combinaison de 2 atomes de potassium avec 7 atomes d'oxide de carbone, ou bien les élémens s'y trouvent-ils groupéy dans un ordre tout autre? C'est un point encore incertain actuellement et qu'éclairciront probablement les expériences entreprises par M. Liébig. Quelle que soit d'ailleurs -* la nature de ce composé, il est de fait que, mis en contact avec l'e^u , il décompose autant d'atomes de ce liquide qu'il renferme d'atomes de potassium , en met l'hydrogène en liberté, et fournit des quantités atomiques égales d'oxalate et de cro-^ conate de potasse. L'équation suivante représente la réaction : K^C*^07+Ii40^^(KO,C*Os) + (KO.'^ H^

' 'k matière qui aonne lieu au croi assesepro-^

iODB OXAUQDX^ 18

jusqa^à l'ëballition (i). L'oxalate de plomb est prompteznent ddcomposé^ son oxide s'unit à l'acide sulfurique , et forme un sulfate qui se précipite eu poudre blanche, tandis que son ^cide reste en dissolution; mais comme cette dissolution contient en même temps uue petite quantité d'acide sulfurique, il faut y pour précipiter complètement celui-ci , ajouter un peu de litbarge en poudre très fine ou plutôt de Toxalate de plomb et remuer coutinuellemcnt la liqueur. On cessera d'en ajouter quand la liqueur ^ dont on fillrera de temps en temp.s une portion, cessera d'être troublée par Tazotate de liaryte ou le cnlorure de barium. Alors ou la filtrera tout entière; on la recevra dans un flacon, et l'on y fera passer un courant de gaz sulfhydrique. Ce gaz réduira une petite quantité d'oxide de plomb qui sera restée unie à roxide oxalique , et donnera lieu par conséquent à des flocons noirâtres de sulfure dr plomb. Enfin , on filtrera de nouveau la liqu(*ur ; on la fera cv<i|)orer convenablement, et, p'ir le refroid isst'mcnl, on en sé|)<irera des cristaux d'acide très pur. En éva|)orant les eaux mères , on en retirera d'autres cristaux aussi purs que les précédeus.

Ce procédé est susceptible de deux modifications : l'une consiste à séparer Texoès d'acide sulfurique ]Kir la baryte , el l'autre à traiter directement l'oxalate de plomb par l'acide sulfhydrique. En effet :

1° Que l'on mette l'oxalate en suspension diins dix à douze fois son poids d'eau, et que Ton fasse passer à travers, bulle à bulle, un excès de gaz sulfbydricjue , îl en résultera de l'eau et du sulfure de plomb insoluble qui se précipitera sous forme de flocons noirs, taudis que l'acide axalique deviendra libre et restera en dissolution dans la bqueur. U n'y aura donc qu'à la filtrer et la faire évaporer convenablement pour obtenir l'acide oxalique cristallisé.

a° L'oxalate de j^oml> étant décom|>osé par Tacide sulfurique, comme nous l'avons dit précédemment, si Ton ajoute peu-&-peu de l'eau de baryte à la liqueur , et si l'on cesse d'en ajouter aussitôt que cette nase ne la troublera plus^ l'acide sulfurique se troiivera précipité en entier, et la liqueur filtrée ne contiendra plus que l'acide oxalique. La seule condition à observer est de ne pas mettre plus de base qu'il n'eu faut pour saturer l'acide sulfurique , ou d'arriver à un point tel que la liqueur ne soit troublée ni par l'azotate de baryte ni par l'acide sulfurique*

1936. Proptiétés. — L^acide oxalique cristallise en longs

(i) Fbw eosBaltre la quantité d^oxalate de plomb sur laquelle OQ opère, il faut ca ftire sédMT une partM*

K ACIDES OUGAmQTTES.

transparens 9 d'un orangé foncé , qui , chauffa sur une feuille de platine , détonent en lançant des étincelles. Il réduit toutà-coup la dissolution de chlorure d'or, surtout à chaud. Il pa- ^raîtrait même, d'après une expérience de M. Gmélin, cp'une partie de croconate donnerait 25,4 d'or, ce qui équiraut à plus de 7 de plus que n'en peut produire l'acide croconique seul. S'il en était ainsi , il faudrait que l'acide contint de l'hydrogène. Le croconate de potasse ne trouble en aucune manière les sels de magnésie, d'alumine, demanganèse, de zinc, de nickel, de cobalt , de chrome, d'urane.

Enfin , le croconate de potasse , traité par l'acide azotique ou par l'âcde suif hydrique . produit des composés nouveau! qui n'ont point encore été bien examinés, et qui cependant sont dignes d'attention. {Voyez le Mémoire de Gmélin, Ami* des Mines y i*^* série, xii, 170.)

De V acide melliiique,

1 954» Etat naturel j préparation. — L'acide mellitique , découvert par Klaproth , ne se trouve dans la nature qu'ulni à l'alumine; il forme avec cette base Vhomgstein^ qu'on appelle encore pierre de miel ou mellite^ substance très rare, observée pour la première fois en 1790, par Werner.

M. Wôhler l'extrait de la mellite, de la manière suivante : Après l'avoir réduite e^ poudre impalpable, il la traite par une dissolution bouillante de carbonate d'ammoniaque. De l'acide carbonique se dégage, et la presque totalité de l'alumine se dépose. Une très petite quantité seulement de cette terre reste on dissolution avec le mellitate d'ammoniaque , et se sépare de ce sel au moment où il cristallise. C'est ce qui fait qu'en concentrant la liqueur, on obtient des cristaux de mellitate ammoniacal à l'état de pureté.

Ajoutant ensuite de Vacétate de plomb ordinaire, il se précipite du mellitate de plomb, d'où l'on extrait l'acid/; de la même manière que l'acide oxalique de l'oxalade de plomb (1935).

1955. Propriétés. — L'acide mellitique a une saveur fortement acide. L'air ne l'altère pas. Il résiste à une température de plus de 3oo**. Projeté sur une plaque suffisamment chaude , il se décompose sans se fondre en donnant lieu à une fumée qui n'affecte point l'odorat : lorsque la décomposition se fait dans une cornue , l*on obtient un résidu charbonneux abondant , et un sublimé acide , cristallin , fusible , qui parait être un acide pyrogéné : il ne se produit pas d'huile, et il ne se répstndpaé la plus légère odeur empyietanaticjDie*

ÛXALÀTES. lY

l'acide anhydre que dans quelques oxalates, tels que les oxa* lates de zinc et de plomb.

On a donc les formules suivantes :

CK)* , pour lacide anhydre )

C*05-|-aH*0, pour Pacide cristallisé ;

C*0®-|-H^O pour l'acide le plus desséché possible.

D'où Ton voit que l'acide oxalique est intermédiaire entre l'acide carbonique et l'oxide de carnone.

Oxalates,

1938. Propriétés. — Tous les oxalates se décomposent au degré de la chaleur rouge et donnent des produits très variables, suivant qu'ils sont secs ou hydratés , que l'oxide est ou non susceptible de réduction , et que la base est alcaline ou non alcaline. Les phénomènes seront toujours plus ou moins faciles à interpréter , en tenant compte de ces conditions, et se rappelant que l'acide oxalique anhydre G*0^= a atomes de gaz carbonique (2 GO) et i atome de gaz oxide de carbone (G^O), ou volumes égaux de l'un et de l'autre.

L'oxalate est-il alcalin et anhydre? Il se transforme eu gaz oxide de carbone et en carbonate. G'est ainsi que l'oxalate de chaux rCaO,G*05) devient G'0+(GaO,G^O^). S'il était hydraté, 1 eau se dégagerait et se décomposerait en partie; mais alors on obtiendrait tous les produits qui proviennent de la décomposition des sels végétaux dont l'acide est hydrogéné.

L'oxalate a-t-il pour base tout autre oxide qu'un alcali? L'acide oxalique se trouve changé en volumes égaux de gaz carbonique et de gaz oxide de carbone, si l'oxide n'est pas réduit, et en gaz carbonique seulement, s'il est réduit : par exemple, l'oxalate de zinc anhydre (ZnO,G*0^) passe à l'état de ZnO -j- 2GO -J- G'O. L'oxalate de plomb anhydre

S>bO,C*0^) passe à celui dePb07+3GO-fGOr(i); l'oxalate 'argent hydraté (AgO,G*05) + H*0=Ag+4C04-H^O. Les oxalates de cuivre et de mercure se comportent comme celui d'argent. Dans les deux cas, lorsque l'oxalate est hydraté, l'eau se d^age, ordinairement du moins, sans éprouver d*altération. Parmi tous les oxalates neutres métalliques, il paraît qu'il n'y a que ceux qui sont à base de potasse, cle soude, de lithinc, de glucine, d'alumine, de chrome , de vanadium , de platine ou de bi-oxide de molybdène, qui soient solubles d'une manière remarquable : les trois premiers le deviennent moins

(i) PbO T est un nouvel oxide observé par M. Dulong et dont rcxisicucc n été constatée par M. BoussiugauIt(.^/in. de ch. etde phys., rtv, 264) ; il conlie&t moitié noins d'oxigène que le protoxide ordinaire et a pour formule Pb^O.

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