U-TA&TRATB DE POTASSE
obtiendra des tartrates doubles, dans la composition desquels entrent les tartrates de soude ou d'ammoniaque.
Quant aux tartrates acides, ils s'obtiennent tous en traitant les oxides, ou les carbonates, ou les tartrates, par l'acide tartrique. Dans tous les cas, il faut employer l'eau pour in« termède.
1980. Composition. — Dans les tartrates neutres, la quantité d'oxigène de l'oxide est à la quantité d'oxigène de l'acide comme i à 5, et à la quantité d acide même comme i à 8,3071. Quoique insoluble, celui de cbaux contient 4 atomes d'eau ,
ou 27,42 pour 100, de sorte que sa formule est(CaO,CPH*0^) -]- 4 H^O-, mais ce qui est plus remarquable, c'est que la chaleur de l'eau bouillante ne le désbyarate pas. Plusieurs autres tartrates sont dans ce cas. Paimi ceux qui ne retienneni point d'eau, nous citerons les tartrates de plomb et d'argent.
1 98 1 . Usages. — Les tartrates que l'on emploie dans les arts et dans la médecine, sont au nombre de cinq; savoir : le tar* trate de potasse , le bi-tartrate de potasse ou crème de tartre , le tartrale de potasse et de soude , le tartrate de potasse et de fer, le tartrate de potasse et d'antimoine ( Voyez ces sels en particulier). Nous nous occuperons particulièrement de ceux-:çi dans l'histoire des espèces.
Bl-tartrate dépotasse^ ou crème de tartre.
1982. Etat naturel, — Le bi-tartratc de potasse existe dans le raisin et le tamarin* il se dépose , uni avec une petite quan* tité de lie et de tartrate de chaux , sur les parois des tonneaux dans lesquels l'on conserve le vin , et forme sur ces parois une couche plus ou moins épaisse , connue sous le nom de tartre. Dans le commerce s le tartre qui provient des vinsblaacs porte le nom de tartre blanc , et le tartre qui provient des vins rouges porte celui de tartre rouge. Tous deux sont l'assemblage d'un grand nombre de petites paillettes cristallines , et ne diffèrent sensiblement l'un de l'autre que par la quantité de matière colorante qui entre dans leur combinaison.
1983. Préparation. — La purification du tartre s'exécute en grand à Montpellier ; elle est fondée sur la propriété qu'a le tartrate acide de potasse d'être très peu soluble dans l'eau froide , et de l'être beaucoup plus dans l'eau chaude.
Après avoir pulvérisé le tartre , on le fait bouillir avec de l'eau dans une chaudière de cuivre. Lorsque l'eau en est saturée , on la verse dans des terrines où die laisse déposer , par le refroidissement, une couche cristalline presque décolorée. Cette couche est redissoute dans l'eau bouulante -, on d^ûe 4L
; 40 ACIDES FIXES ET PTEOGÉNÉS DE LA n»» SECnOV;
à 5 pour cent d'une terre argileuse et sablonneuse dans la dîtsolution , et on évapore celle-ci jusqu'à pellicule. L'ai|ple s'eiH pare de la matière colorante , et il se précipite de la liqueur, à mesure qu'elle refroidit j des cristaux blancs qui , exposés en plein air sur des toiles pendant quelques jours , acquièrent m nouveau degré de blancheur. Ces cristaux blancs, demi trutiparens y sont la crème de tartre pure cpii contient toujours un peu de tartrate de chaux, etc. (i). Les eaux^mères senrent i faire de nouvelles dissolutions ( Jhiité de M. Chaptal sur ht "Vins)» Il serait bon sans doute de faire usage de charbon animal.
1984* Propriétés • — Le bi-tartrate de potasse a une saveur légèrement acide ; il cristallise, d'après M. Chaptal, en prismes quadrangulaires, courts , coupés de biais aux deux extrémitéii qui contiennent seulement 4974 pour 100 d'eau de cristallisation ou I atome.
Soumis à l'action du feu dans une cornue , il se décompose 9 donne lieu à de l'acide pyro-tartrique et à tous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales. Une
Îartie se dissout dans i5 d'eau bouillante et pS d'eau froide. I est absolument insoluble dans l'alcool. A l'état solide , 0 n'éprouve aucune altération de la part de l'air \ dissous ^«n* l'eau , il en éprouve une qui ne se manifeste que dans Pes« pace d'un assez grand nombre de jours , et d'où résultent une espèce de moisissure , du carbonate de potasse et un peu d'huile.
Les excès
rent de tout 1 acide de ce sel , et lorment des tartrates qui
précipitent. L'acétate de plomb se comporte de la même manière avec cette dissolution.
En saturant l'excès d'acide du tartrate acide de potasse par les bases salifiables, on obtient toujours des sels doubles^ lorsque les tartrates de ces bases sont solubles. Il n^en est pas toujours de même, lorsqu'ils sont insolubles : alors leur cohésion l'emporte quelquefois sur l'affinité qu'ils ont pour le tartrate de potasse, de sorte qu'ils se précipitent en totalité , ou du moins en grande partie : c'est ce que l'on observe particulièrement avec la baryte, la strontiane et la chaux.
(1) De 1000 parties de crème de tartre décomposée par la dîstiUatîoTi, MM. Fourcroy et Yauquelin ont obteou un résidu qui coatenait, outre le ctiapl^q, 350 parties de carbonate de potasse, 6 de carbonate de chaux, 1,2 '* h d'aln- Biîue, 0,76 d*oxides de fer et de manganèse. Les deux cart BQt ^e lu déeoiapoNtioii d^ tartrates de potasse et de durax.
Bf-TA&TEÀTB DE POTASSE. 41
Le tartrate acide de potasse , qui est peu solubfe dans l'eau par lai-mème, y devient très soluble pat le moyen des borates neutres de potasse , de soude et d'ammoniacpie , ou bien encore de l'acide borique. Que l'on fasse bouillir pendant cinq minutes , dans 1 6 parties d'eau, 6 parties de crème de tartre et 2 parties de borax , qu'on laisse refroidir ensuite la dissolution ; qu'on la sépare , par le filtre ou par la décantation, d'un peu de tartrate de chaux qui se sera déposé, l'on obtiendra n parties d'une matière qui aura la propriété d'attirer l'humidité de l'air , de se dissoudre dans un poids d'eau froide égal au sien , et dans la moitié de son poids d'eau bouillante. Que Ton remplace dans cette opération le borax par l'acide borique, et que, sur 4 parties de crème de tartre, l'on ajoute seulement une partie d'acide , ces deux substances se dissoudront promptement , et donneront , par l'évapora-^ tion de la liqueur , un résidu plus soluble encore cpie le précédent. C'est aussi de cette manière que se comportent l'acide borique et les borates alcalins avec le tartrate acide de soude ( Vogel, Journal de Pharmacie ^ t. m , p. -i ). Que se passe-t-il dans ces différentes opérations ? Pourquoi la crème de tartre est-elle rendue si soluble ? Ge ne peut être que par l'effet d'une combinaison intime. Il est évident que , dans le cas où l'on n'emploie que de l'acide borique , dont l'aflSnité pour les bases saîifîables est très faible , il ne peut se former qu'un composé de cet acide et de crème de tartre ; mais lors-» qu'on fait usage de borax , n'est-il pas possible qu'il se forme toutà-la*-fois du tartrate de potasse et de soude, et un composé de tartrate acide et d'acide borique? Cependant M. Vogel a admis que, dans ce cas-là même , la crème de tartre ne faisait que s'unir au borate.
Le peroxide de manganèse nous offre, avec le tartrate acide de potasse, un phénomène, qui a été observé pour la première fois par Schcele. Lorsqu'on fait chauffer cet oxide avec ce sel et de l'eau, il se dégage du gaz acide carbonique , et il se forme un composé de tartrate de potasse et de protoxide de manganèse : il est donc évident que le peroxide de manganèse est ramené à l'état de protoxide par l'acide tartrique : sans doute qu'outre l'acide carbonique qui se dégage , et que l'on peut obtenir en faisant l'expérience dans une cornue , il se produit de l'eau et de l'acide formique.
1986. Usages. — Les usages de la crème de tartre sont très nombreux. C'est de ce sel qu'on extrait l'acide tartrique. On s'en sert en pharmacie pour préparer différens sels \ savoir : le sel végétal ou tartrate de potasse ; le sel de SeigneUè ou
tartrate àe potasse et de soude ^ iVmétique ou tarlrate À.e 1^
49 ACIDfiS FIXES ET PTEOGiNÉS TSE tLtS^ WOmitL i
tasse et d'antimoine } le tartre martial soluble j les bonlfii A^ \. Mars ou de Nancy , la teinture de Mars deLudo.yicy la ^Kprn ture de Mars tartarisée, le tartre clialybé, composa V^Bba sultent tous de la combinaison du tartrate de potasse AveciB^Qg^^
t>lus ou moins grande quantité de tartrate de fer. Seule oàim [, ée au borax, la crème de tartre est encore employée enH^i^^ decine comme purgatif. En teinture , on en fait assez son»]^; usage pour augmenter la fixité des couleurs. Dans les lalNS ] toîrcs 9 on la calcine avec le nitre pour se procurer la poH Km
/^er\ ny^^é. i *i * i^ if-. J :t.- z -A-JÏ^
\tfx
graveiêes. Li'était en calcinant le tartre QjU'OK^mdu
{tarait autrefois l'espèce de carbonate de potasse qu on i^h ^ ait sel de tartre. Enfin, c'est en mêlant le tartre ^1 {^ le nitre, et décomposant le mélange par le feu , qu'on jA x pare le flux blanc et \qJIhx noir. Tous deux s'obtiennqM j savoir : le flux blanc, en projetant dans un vase rouge % pS ties de nitre et i partie de tartre, le flux noir, en*y proiçta^tV j
ÏEirties de tartre et i de nitre. Celui-ci est un mélange de on onatc de potasse et de charbon^ l'autre n'est que ou caiM nate de potasse , à part toutefois la petite quantité de matiflM fournies par les sels étrangers au tartrate acide de potasse } W se trouvent dans le tartre. *l
Nous ne dirons rien des autres tartrates acides ; tout cil qu'on en sait se trouve compris dans l'histoire générique. l
Tartrates simples dépotasse^ de soude ^ d'ammoniaque, 1
1987. Le tartrate de potasse, appelé ordinairement std M*! gétal en médecine , où il est employé quelquefois comme UBP i gatif , ne se rencontre point dans la nature. 1
Ce sel se prépare e«i saturant par le carbonate de potaflc | l'excès d'acide de la crème de tartre : on fait chauffer ii*i dissolution de carbonate de potasse dans une bassine d'a^| gent; on y projette, à. plusieurs reprises, de la crème de I tartre réduite en poudre très fine , et Ton agite presque csat 1 tinuellement la liqueur-: chaque fois au'on en projette » il M R forme une effervescence due au gaz caroonique qui se dégage; " on continue d'en projeter jusqu'à ce que l'effervescence cesie d'avoir lieu. Il est nécessaire que la saturation soit parfaite: on y parviendra toujours en versant successivement de r>etitei quantités de crème de tartre ou de carbonate de potasse i selon que la liqueur sera acide ou alcaline. Alors on la filtrvil pour en séparer un peu de tartrate de chaux que la crème #• irtre contient, et qui apparaît sous la f 'ocons blaocis
TAmTHÀTË Dfi SOUDE ET DE POTASSE. 43
on la fera ëraporer convenablement , on la versera dans des terrines cbaudes, et on l'abandonnera à elle-même dans nn lien tranquille. Ce n'est (m'au bout de quelques jours qu'il commencera à s'y former des cristaux, (i)
Le tartrate de potasse cristallise en prismes rectangulaires i ^tre pans y terminés par des sommets dièdres : sa saveur est >niire«
L'ean ^ à la température ordinaire , en dissout le quart de Km poids, et l'eau bouillante beaucoup plus que le sien.
Les acides sulfurique , azotique. , cnlorbydrique , et en {énëral tons les acides y pour peu qu'ils aient'de force , produisent dans sa dissolution concentrée un précipité cristallin de tartrate acide que la potasse , la soude et 1 ammoniaque font disparaître promptement. L'alUmine, au contraire, s'y dissout en grande quantité, sans toutefois que la liqueur derienne sensiblement alcaline.
Lorsqu'on le fait bouillir avec de l'eau et de la cbaux, qu'on litre la liqueur et qu'on la fait évaporer , elle se prend à un certain degré de concentration en une masse gélatineuse qui se liquéfie peu-à-peu par le refroidissement et redevient trans-
C rente , et qui, cbaufTée, se trouble et s'épaissit de nouveau* tartrate de cbaux , traité de même par une dissolution de potasse , produit un semblable phénomène.
1988. Le tartrate de soude et le tartrate d'ammoniaque se préparent en saturai^t une dissolution d'acide tartrique par le carbonate de soude et le carbonate d'ammoniaque *, le tartrate d'ammoniaque peut également se préparer en saturant cette même dissolution par l'ammoniaque. Ces sels cristallisent en aiguilles : celui d'anmioniaque devient acide pour peu qu'on le chauffe.
L'histoire des autres tartrates simples se trouve comprise dans l'histoire générale.
Tartrate de soude et de potasse.
1989. Le tartrate de potasse et de soude s'obtient par un procédé analogue à celui que nous avons décrit précédemment pour obtenir le tartrate de potasse, c'est-à-dire, en saturant l'excès d'acide de la crème de tartre par le car-
(1) Pour que la Gristallisation ait lieu, il Caut que la liqueur soit très concentrée : on observe qu*elle se prend quelqoefob en sirop sans donner de cristaux. Qadqqes chimistes prétendent que cela n*a lieu qu'autant qu'elle n'est point alca- Ihie, «sratant que le tartrate de potasse ne cristallise bien que par nu idqVVx «1^ d'aledi.
A^ ACIDES JftlM ET FTâOGÉNÉS DE LÀ U» ttCVOIT: I
bonate de soude , filtrant la liqueur et la faisant érapOK^^^ Ce sel est un de ceux qui cristallisent le plus r^nliJifM^* Ses cristaux sont des prismes à huit ou èxt pans iii^gMy" mais il ne prend cette forme qu'autant qu'on le reçoit svS^ fils plonges dans la liqueur, ou qu'on procède à la cristAB^ tion par la méthode de Leblanc ^ispS). En employant ItM^" thode ordinaire, les prismes se trouvent coupés dans It^^iiC^^ tion de leur axe y ce qui a fait dire du tartrate de soudoctfl '^ potasse 9 par les anciens, qu'il cristallisait en tombeaux. 19^^ Le tartrate de potasse et de soude a une très légère snoft^ amère; il est inaltérable à l'air*, l'eau chaude en dissout J^ grande quantité \ l'eau froide en dissout moins ; il se oomperiB ^^ avec les acides et l'alumine de la même manière que le tartirfl ^ de potasse. Sa formule est (KO.CSH^On + (NaO.G^HHMl ? 5IP0. |ï
On l'emploie quelquefois en médecine comme I^i^r pH ^ gatif ; autrefois on en faisait un fréquent usage : il s'appeUB ^ alors sel de Seignette^ du nom d'un apothicaire de la Rooid ^ qui l'avait obtenu le premier. I
Tartrate dépotasse et d'antimoine^ ou émétigue. I
1990. L'émétique est l'un des médicamens les plus hénf-l ques. Sa découverte date de i63i. Adrien Mynsicnt estcdBl qui le fit connaître le premier dans un ouvrage ayant pourli'l tre : Thésaurus medico-chimicus. m
L'émétique est toujours un produit de l'art : on a propotti divers procédés pour le préparer. C'est en traitant un méUiifl de crème de tartre et de verre d'antimoine par l'eau boBU-f lante qu'on se le procure suivant le Codex de Paris. Plusienfl 1 phénomènes , qu il est nécessaire de faire connaître , se pré- 1 sentent dans cette opération : il se dégage une petite quantili 1 de gaz suif hydrique, et il se forme cnméme temps des flocons de | kermès qui sont d'un brun marron. La liqueur est toujouii || jaunâtre ou d'un jaune vert; lorsqu'on l'évaporé jusqu'à Ui || certain point et qu'on la laisse refroidir, elle se prend souvent en selée , après avoir laissé déposer des cristaux métique et de tartrate de chaux : ceux-ci, qui sont sous fonM d'aiguilles, partent tous d'un centre commun, recouvrent^ et là les cristaux d'émétique , qui affectent ordinairement llforme d'octaèdres.
Tous ces phénomènes peuvent s'expliquer en se rappelant
aue le verre d'antimoine renferme beaucon»* ''^ protoxidè 'antimoine , plus un peu d'antimoine prr .de uB«
^te de protoxide d'antimoine et de proto 1086)9
TART&ÀTE DB POTASSE tT lyA^TTlMOmft; 4s ,
ohaerrant c{ue rantimoine esta l'ëtatde protoxide dam l'émétiqiie, que la crème de tartre renferme toujours une petite ({oantitë de tartrate de chaux, et supposant d'ailleurs que le kermès est un sulfure ou oxi*sulfure hydraté. En effet, presque tout le protoxide se combine avec l'excès d'acide de la cième de tartre; une très petite partie seulement s'unit avec un peu de sulfure d'antimoine, et de là résulte beaucoup d'émétique et quelques flocons de kermès. L'acide snlfhydrique est dûëyidemment à la décomposition de l'eau, qui s'opère sans doute par la réaction du bi-tartrate de potasse sur la portion de sulfure d'antimoine très divisé qui ne s'unit point à L'oxide : il se produit ainsi une nouvelle quantité d'émétique , mais extrêmement minime. La gelée est due à la silice , qui, se dissolvant d'abord, redevient libre par l'évanoration de la liqueur, et y reste en suspension. Quant à la couleur, e le prônent d'un peu de tartrate de fer. Enfin, si l'on trouve du tartrate de cbaux sur les cristaux d'émétique, c'est que ce sel calcaire, séparé de la crème détartre par le protoxide d'antimoine, est insoluble dans l'eau froide, et au contraire sensiblement soluble dans l'eau chaude.
Quoi qu'il en soit , il faut procéder à l'opération de la manière suivante : on prend 5o parties de crème de tartre et loo de verre d'antimoine, tous deux réduits en poudre fine; on les met avec 1200 parties d'eau dans un vase de verre, de terre ou de porcelaine , et on fait bouillir la liqueur pendant une demi*heiure , en la remuant presque continuellement ; on la filtre et on la fait évaporer jusqu'à siccité, pour rassembler la silice et en détruire l'état gélatineux. Ensuite on traite le résidu par l'eau cbaude ; on filtre la dissolution de nouveau , on la concentre et on l'abandonne à elle-même : bientôt il s'en sépare des cristaux d'émétique. Lorsqu'il ne s'en produit plus , ce qui a ordinairement lieu au bout de vingt-quatre heures , on décante les eaux-mères ; on les concentre à plusieurs réprises en les laissant refroidir chaque fois, et on retire ainsi des cristaux jusqu'à la fin de l'opération. Ceux qui proviennent des eaux-mères sont toujours plus ou moins colorés; quelquefois ceux qu'on obtient d'abord le sont eux-mêmes : on les purifie par de nouvelles cristallisations : le produit est de i58 parties d'émétique, plus un résidu contenant de l'émétique unpar.
Cette méthode de préparer l'émétique exige , comme on voit, une assez longue manipulation. C'est pourquoi il est préférable d'employer le procédé recommandé par la pharmacopée de Dublm, lequel consiste à faire chauffer loopaitVcsd^ proto^chlomre d'antimoine^ jio de crcme de tartre en ]^\i^t^
in 'la
46 ACIDES nxfis ET PTROGÉirÉs DE UL Dm ncnoiT:
très fine y et 900 d'eau : il est évident cnie, dans 06 ol ^^,
chlorure est décomposé par Peau, que Toxigène de oelnli'
fait passer l'antimoine à 1 état de protoxide, tandis quellHlèc
drogène en fait passer le chlore à l'état d'acide chlorhydfiflS j
et que c'est ce protoxide qui , s'unissant à l'excès d'acide oKC!
crème de tartre, constitue Témétique. On obtient tontije:
suite des cristaux très beaux, très purs, et en grande quaHibi
les eaux -mères évaporées en fournissent elles - mèmei
sont très blancs. Rien de plus facile d'ailleurs que de
parer le chlorure en traitant le sulfure d'antimoine par Fi
chlorhydrique, auijuel on ajoutera , si l'on veut, très peu
cide azotique.
L'émétique est incolore^ il cristallise en tétraèdres >(M1 octaèdres transparens; il rougit le tournesol; sa saveur nauséabonde : tout le monde sait combien son action surF^ nomie animale est énergique. I n
Exposé à l'air, il s'effleurit peu-à-peu. L'eau bouillante dissout près de la moitié de son poids , et l'ean froide laqi zième partie du sien. Versés dans la dissolution de ce sel , acides sulfurique , azotique , chlorhydrique , la trout ' la potasse, la soude, l'ammoniaque, ou leurs carbon précipitent de l'oxide d'antimoine. Les eaux de barjl strontianC) de chaux, y forment non-seulemant un pi
d'oxide d'antimoine, comme les autres alcalis, mais
un précipité de tartrates de ces bases. Celui qu'y prodoîi les sulfures alcalins n'est formé que de kermès; tandis inl| celui qu'y fait naître l'acide sulfhydrique contient tout aifois du kermès et de la crème de tartre. Les décoctions il
Slusieurs espèces de quinquina et de diverses plantes , surtoitl e celles qui sont astringentes et amères , décomposent ifA lement l'émétique , et toujours alors le précipité est fonné d'oxide d'antimoine uni à des matières végétales , et de crènf de tartre : aussi les médecins se gardent-ils d'administrer iBK médicament avec ces sortes de substances»
L'on a prétendu, pendant long-temps , que l'émétique vtriait dans sa composition , même lorsqu'il était préparé par h même procédé. Cette opinion était principalement adnïisej parce que l'émétique ne produit pas toujours des effets iàtm tiques sut le même individu. Mais ne sait-on pas que l'actÎM d'un médicament dépend non-seulement de sa nature y *««• encore de l'état où se trouve le malade auquel il est adnùm*tré? Il est certain que ce sel n'est jamais que du bi-tartràtc de potasse ) dont l'excès d'acide est saturé par l'oxide d'antH moine; d'où il snit qu'il peut tout au mêlé' aite
d^autces corps : par exemple^ avec la^ tce si Tes
ACIDS PARATÂRTRIQUE: 47
i*emploie pas assez de verre d'antimoine, ou avec un peu de tàrtrate de fer et de tartrate de chaux si Ton se contente d'une lenle cristallisation.
L'ëmétique dut a pour formule (KO, C?H*0«)+(Sb»OS (?H*0*)-[-2H'^0. Bien qu'il rougisse la teinture de tournesol , le rapport des quantités d'oxigène de l'acide et des bases fait foir que ce sel a la composition des tartrates bi-basiques.
Tous les sels d'antimoine étant purgatifs et émétiques , la vertu de Témétique réside sans doute dans le tartrate d'antimoine qu'il contient.
TartraSe de potasse et de fer,
I99I* Ce sel s'obtient en faisant bouillir de l'eau sur un mâange de parties égales de limaille de fer et de crème de tartre y filtrant la liqueur et la concentrant par l'évaporation^ U cristallise en petites aiguilles^ sa couleur est verdâtre, et sa saveur très styptique. "*
Sa dissolution n'est troublée ni par la potasse , ni par la soude , ni par l'ammoniaque ^ ni par ces bases unies à 1 acide carbonique; elle l'est, au conlraire, par Tacide sulfhydriue, d'où résultent de l'eau, du sulfure de fer insoluble, et a bi-tartrate de potasse.
D'après ce qui précède , le tartre martial soluble , le tartre chalybë, la temture de Mars de Ludovic , la teinture de Mars tartarisée , et les boules de Nancy ^ ne sont autre chose que des combinaisons de tartrate de potasse et de tartrate de fer. (Voy. le Codex.)
A&TIGLB II.
Acide paratartrique.
ipoa. L'acide paratartrique, connu d'abord sous le nom d'acide racémique,. fut signalé par John, en 18x9, comme distinct de tous ceux qui étaient connus (^Dictionnaire de chimie^ t. IV, jp. 125); mais ce ne fut qu'en 1829 qu^il a été admis au rang dfes acides nouveaux , d'après imë annonce de M. Gay- Lussac, d'une part, et d'après des expériences de M. Walchner de l'autre ( Jnn* de Ch. et de Phys. , xxxiii , 4^7 . — Manuel de chxmie ihéo/iqueàc L. Gmelin, 3®édit., t. 11, p. 53.
Il ne s'est encore rencontré que dans quelques vins, et surtout dans ceux des Vosges, à 1 état de bi-paratartrate de potasse.
Pour l'obtenir, on sature par le carbonate de soude le tartre que donnent ces sortes de vins^ et l'on fait crislaifiiset Yai dÎBiQliitkBi aaUacm Le double tartrate de soude et de ]^\a&^
38 ACIDES FIXES ÏT ¥TKOGt!!fÈ& DE tk H»» SECTION.''
mer des sels.doubles. Tous ces sels sont plus ou moins soIqp* blés dans l'eau ; quelques-uns même n'existent que par Pintevmède de ce liquide : tels sont les tartrates de chaux et de potasse y de chaux et de soucie , de chaux et d'ammoniaque : aussi, lorsqu'on concentre leurs dissolutions, le tartrate de chaux s'en s^pare-t-il en grande partie , en raison de sa coh^ion. "
Il sera facile , d'après cela , de concevoir pourquoi les tartrates de potasse , de soude et d'ammoniaque , ne troublent point les dissolutions de fer et demangn^se, et troiiblent au contraire les dissolutions des sels de baryte, de strontiane, de chaux , de plomb : c'est que , dans le premier cas, il se forme des sels doubles , quelque petite que soit la quantité de tartrate que Pon emploie, et que, dans le second, il ne s'en forme qu'autant que le tartrate employé est en très grand excès.
1971. Etat naturel» — On n'a trouvé jusqu'à présent que trois tartrates dans la nature : le bi- tartrate de potasse, le tartrate de chaux et le tartrate d'alumine. Le premier est assez abondant; les deux autres, rates. Le bi-tartrate de potasse et le tartrate de chaux existent tous deux dans le raisin. Lé bitartrate se rencontre encore dans le tamarin ; c'est du raisin qu'on l'extrait pour les besoins du commerce : impur il prend le nom de tartre; pur, il prend celui de crème de tartre.
Quant au tartrate d'alumine, il a été observé par Ârosenius, dans le Lycopodium complanatum,
1972. Préparation. — Tous les tartrates neutres solubles s'obtiennent en traitant leurs oxides, purs ou unis à l'acide carbonique , par l'acide tartrique : il n'y a que celui dépotasse
3ue l'on prépare plus économiquement, en se servant de crème e tartre au lieu d'acide tartrique.
Pour obtenir ceux qui sont insolubles , il faut employer la voie des doubles décompositions , à moins qu'il ne puisse en résulter des tartrates doubles solubles , comme avec les tartrates de fer, de manganèse (i3io). Dans ce dernier cas, il faut les faire directement , c'est-à-dire , comme les tartrates neutres solubles , et faire en sorte qu'il y ait un petit excès d'acide. A la vérité , il se dissout un peu de tartrate ; mais la majeure partie échappe à l'action de l'excès d'acide, et reste sous forme de poudre.
Tous les tartrates doubles résultant de la combinaison du
tartrate de potasse avec un autre tartrate , se font en traitant
la crème de tartre ou bi-tartrate de potasse par les oxides
ou les carbonates. En traitant également par les carbonates ou
-fes oxides les Jbi- tartrates de soude et d?wttvTaoi\\«k.Q5aft^ on
ACIDE PTR^TARTRIQUE. 49
Sstingaer l'acide paratartricnie de Pacide tartrique. En effet ,
K>^ paratartrate dissous dans l'acide chlorhydrique très étendu précipite tout de suite, ou en peu de temps, par l'addition l'ammoniaque, tandis que la dissolution du tartrate cal-
ammoniaque, tanais que ire dans cet acide, soumise à la même épreuve, reste transrente ^ ce ^'est qu'au bout de quelques neurcs qu'elle laisse [poser de petits cristaux briUans et diaphanes sur les pais du verre. D'ailleurs l'acide paratartrique trouble au bout e quelque temps la dissolution de sulfate calcaire, propriété ^ue ne possède point l'acide tartrique. {jinn. de CMm. et de '^kfs.y t. xLTi , p. laS.)
AETIGLB ni.
Jcide pyro-tartrique.
1994* Cet acide a été découvert par Rose.
n est blanc, inodore, très soluble dans l'eau et dans l'alcool, d'une saveur fortement acide , et comparable , sous ce rapport , à celle de l'acide tartrique lui-même.
n entre en fusion vers 100**, et en ébuUition à environ 188**. n est difficile de le volatiliser entièrement sans en décomposer une petite quantité.
Lucide pyro-tartrique en dissolution concentrée ne troublé pas les eaux de chaux , de baryte, et de strontiane, les dissolutions salines de mercure au maximum ou au minimum , -de sulfate de peroxide de fer, de sulfate de zinc, de manganèse et de cuivre, d'acétate neutre de plo^b; mais uni à la Sotasse ou à la soude , il forme, i^ avec le sulfate de peroxide e fer un précipité j;^une-chamois, soluble dans environ 200 fois son poids d'eau; 2^ avec lé sulfate de cuivre, un précipité vert qui exige à-peu-près la même quantité d'eau pour se dissoudi^ ; 3^ avec razotate de mercure un précipité blanc, abondant; 4^ avec l'acétate neutre de plomb, un précipité blanc floconneux qui n'apparaît qu'au bout de quelques heures, et qui se compose de i atome de protoxide et de i atome d'acide pyro-tartrique; 5^ avec le sous-acétate de plomb , un précipite hlanc instantané: l'acide pyro-tartrique seul le produit également.
Ces diverses propriétés le caractérisent suffisamment. Ajou-» tons d'ailleurs que le pyrp-tartratc neutre de potasse est très soluble , déliquescent , et très difficilement cristallisable ; qu'il n'existe pas de bi-pyro-tartrate de potasse , et qu'un excès d'acide ne fait que se mêler au sel neutre.
L'acide pyro-tartrique ne se trouve pas dans la nature. II est toujours le produit de l'art. Pour l'obtenir, on înlroduit dt
rV. Sixième édition, W
50 ACIDES nXE8 ET PTROGÉNÉS DE LA H»* SECTIOlf.
Tacide tartriquc dans une cornue de verre que Fon maintient à une température de aSo à 3oo^. Il se dégage abondamment de l'acide carbonique et de l'eau , des gaz oxide de carbone d hydrogène carboné, un peu d'huile empyreumatique , bean-l coup d'acide acétique dans un très grand état de concentit-l. tion, et UQC certaine quantité d'acide pyro-tartrique. La meilleure manière d'extraire ce dernier aciue du liquide compleic dans lequel il su trouve dissous , consiste à distiller cette liqueur jusqu'à ce que le résidu de la cornue ait acquis une consistance sirupeuse; ou change alors le récipient, on continue la distillation presque jusqu'à sicclté,et on expose le dernier produit distillé à un froid très vil ou à une évaporatîon spontanée sous la machine pneumatique : il s'en dépose dam les deux cas des cristaux irréguliers , encore jaunâtres et d'une odeur empyreumatique, que l'on purifie en les soumettant à 11 presse entre plusieurs doubles de papier Joseph , les dissolvant ensuite dans Teau , traitant la dissolution bouillante par un peu de noir animal et la faisant refroidir : elle laisse précipita ' peu-à-peu de beaux cristaux incolores et sans odeur , d'acide pyro-tartrique pur.
M. Pelouze a analysé récemment l'acide pyro-tartrique et le pyro-tartrate de plomb , et est arrivé à des résultats difEfrens de ceux qui avaient été trouvés*
L'acide pyro-tartrique est formé de
Carbone . . / 46,00
Hydrogène 5,96
Oxigcne 48.04
nombres qui correspondent à la formule suivante : G**^H®0*.
D'après l'analyse du pyro-tartrate de plomb , l'acide pyrotartrique perd un atome d'eau par la saturation , et entre dam les sels pour C^®H^O\ Sa formule est donc C^«H®0"'-|-H^O.
Il était curieux de voir qu^îl acide on obtiendrait en distil-
lant l'aci
ide paratartrîaue dont la composition est exactement la môme que celle de raclde tartrique-, c'est ce que M. Pelouse a fait, et il a reconnu que ces deux acides donnent des acides absolument identitjues. Il a examiné cette question avec d'autant plus de soin que les acides citrique et malique, qui sont isomériques, fournissent à la distillation des acides pyrogénét entièrement diflférens par leur composition comme par leurs propriétés. {Jnn. de Cnim. et de PAjrs. )
icmE csniQUE. ti
A&TiGLB nr.
' jtcide citrique.
199s. Historique , éiat naturel. — Oa sait depuis un temps immémorial que le suc de citrou est acide ; cependant Schdeie est le premier chimiste qui a prouvé que Tacide contenu dans ce suc était distinct de tous les autres. C'est à Ta* eide citrique qu'est due l'acidité de l'orange et du limon. On le rencontre mêlé à l'acide malique dans presque tous les fruits rouges, et surtout dans la groseille (Tilloy, Ann. de Chim. et dePhys.j t. xxxix, p. 222). D'ailleurs, il ne se trouve jamais en combinaison avec les bases salifiables, si ce n^est avec la chaux, en petite quantité.
Préparation, — L'acide citrique s'extrait toujours des citrons. Après avoir extrait le jus de ces fruits, on le fait chauffer et on y verse peu-à-peu de la craie réduite en poudre fine, jusqu'à ce que la saturation soit presque complète. Il en résulte une vive effervescence et du citrate calcaire. Celui-ci étant insoluble se précipite; on le recueille sur un filtre et on le lave à plusieurs reprises avec de l'eau chaude. Lorsque l'eau f qui d'abord passe colorée, cesse de l'être, on arrête les lavages et on traite le citrate par l'acide sulfurique. Les meilleures proportions paraissent être une partie de citrate calcaire sup* posé 8ec(c), et 3 parties d'acide sulfurique à 1,1 5 de pesan-
m opération , Tacide sutt'urïque se coni bine avec la chaux et forme un sulfate peu soluble, tandis que l'acide citrique reste en dissolution avec un peu de âulùte de chaux , de matière végétale mucilagineuse, et l'excès d'acide sulfurique. Au bout d'environ demi-heure, en stipposant qu'on opère sur 4oo à 5oo grammes de citrate, on mtre, on lave, et on réunit toutes les liqueurs, que l'on concentre jusqu'à apparition de pellicule cristalline, et qu'on laisse ensuite refroidir. Par ce moyen , la majeure partie de l'acide citrique cristallise dans l'espace de quelques jouirs. £n concentrant les eaux-mères, on obtient de nouveaux crîsr taux. L'excès d'acide sulfurique sp rt à diviser ta matière mucilagineuse et à favoriser la cristallisation. Peut-être ^Ue l'addition d'un peu d'acide azotique, qui sans doute attaque et addifie facilement cette matière, produirait un meilleur effet :
(i) Four QoniMiître la quaatîté dVan qne lecHnile eoatieal^ on fitii «beSMcc viMt jpvtiftdiftQesd.