IV. Sixième jêdition
28 ACroES ORGANIQUES.
satîon; d'où l'on déduit la formule (3C80SAl»0^)+i8H*0: il contient en outre des traces de résine.
Préparation. — Le mellitate neutre d'ammoniaque s'obtient en traitant la mellite par le carbonate d'ammoniaque (1954); ceux de potasse et de soude , en combinant l'acide mellitique avec ]çs nases : les autres, qui sont insolubles , s'obtiennent, soit directement , soit en versant de l'acide mellitique dans les acétates et plus souvent par la voie des doubles décompositions.
Composition, — Dans les mellitates métalliques neutres, l'oxigène de la base est! à celui de l'acide comme i à 3 et à la quantité d'acide lui-même comme i à 6,o575.
On a observé l'existence de quelques mellitates acides et même de quelques sous-mellitates , qui probablement sont soumis aux lois ordinaires dans leur composition.
1957. Mellitate de potasse. — Le mellitate neutre de potasse affecte la forme de longs prismes groupés et irréguliers. Lors-
3u'on verse dans la dissolution concentrée de ce sel un peu 'acide azotique , il s'en sépare des cristaux de mellitate acide de potasse qui, redissous dans l'eau chaude , se sépare parle refroidissement en prismes hexagones, non symétriques et à sommets obliques. Ce mellitate acide précipite la dissolution d'alun , propriété que n'a pas l'oxalate acide de potasse 5 exposé à l'action de la chaleur, il donne d'abord de l'eau, puis se boursoufle et se charbonne tout-à-coup.
1958. Mellitate de soude. — Il cristallise en [aiguilles déliées à éclat soyeux.
1959. Meliitatc d ammoniaque. — Le mellitate d'ammoniaque se dépose (n cristaux assez volumineux, transparens et brillans, qui affectent deux formes différentes. appartenant au prisme oblique , suivant qu'ils sont obtenus d'une liqueur par refroidissement, ou par une évaporation lente à une température de aS à 35°. Ils sont toujours au même point de saturation, légèrement acides, et contiennent la même quan-
. tité d'eau \ ce sont des sels dimorphes d'après Wôhler. Les premiers se conservent long-temps à l'air et deviennent ensuite d'un blanc laiteux et opaque sans perdre leur forme ^ les autres deviennent opaques , grenus , pulvérulens , au moment où on les retire de la liqueur, soit qu'on les essuie, qu'on les place sur du papier humide ou dans un tube bien fermé : dans aucun de ces cas, ils n'abandonnent d'eau. Quelquefois la moitié d'un cristal conserve sa limpidité et ne change plus.
Le mellitate d'ammoniaque soumis à la distillation laisse dégager d'abord de l'eau , ensuite de l'acide cyanhydrique , et donne un sublimé cristallin, d'un vert brillant, dont la nature n '« poin i été reconnue ,
ACIDES FIXES ET MROGÈNÉS DIî 1A XII* SECTION. W
Voyez les Mémoires de Klaproth, Ann. de Ch., xliv, 23 2 ,
* et le Dictioimaîre de Klaproth et Wolf ; — les observations de
Wôhler sur les mellitates , dans l'ouvrage de M.- Beràélius , t.
VI; et celles de MM, Wôhler et Liébig, Ann. de CIu et de
Ph. y xhiii^ 200 •
SEGTIOI^ II.
Acides composés de carbone y d^oxigène et d^ hydrogène,
1960* Nous en distinguerons 48. Les uns, au nombre de 189 sont plus ou moins gras^ les autres, au contraire, ne le sont point.
Dans ceux-ci, en général, l'oxigène est à l'bydrogène dans un rapport aussi grand ou plus grand que dans Teau ; quelcpes-uns seulement contiennent un excès d'hydrogène ; 7 à 8 sont dans le premier cas , savoir : Tacide acétique , l'acide lacr . tique , l'acide pyro-tartrique , l'acide pyro-gallique , l'acide '■ métallique , l'acide quinique , l'acide ulmique et peut-être l'acide pectique : il n'a point été analysé 5 17 sont dans le second; 5 dans le troisième : ce sont les acides camphorique , subérique , benzoïque , cinnamique et caïncique.
Quant aux acides gras , ils sont toujours très hydrogénés et très carbures.
Acides de la 2* section qui ne sont point gras,
1961. Ces divers acides seront divisés en 4 groupes :
Le premier comprendra : 1® les acides fixes susceptibles de se transformer, lorsqu'on les distille à une certaine température 9 en de nouveaux acides , en eau et gaz carbonique , ou seulement en nouveaux acides, et en l'un des deux autres corps; a® les acides ainsi produits ou ceux qu'on diç^eWe. pyrogénés.
Le deuxième groupe comprendra les acides fixes qui donnent à la distillation les produits ordinaires des matières végétales*
Le troisième , les acides volatils non pyrogénés , que l'acide azotique convertit en acide oxalique , et par suite en eau et acide carbonique.
Le quatrième, les acides volatils que l'acide azotique n'atta- <]ae pas ou change en acides inattaquables par lui.
1*' GROUPE
Des acides fixes et de leurs acides pyrogénés* 1962. Presgwe tous les acides végétaux fixes 5 c'est-yi-ôîte
ÔO AQDÊS ORGAmQUES.
rhistoîre des autres , d'après ce que nous avons dit des sels végétaux et des oxalates en général.
Oxalates de potasse.
1943. Oxalate neutre. — Cet oxalate s'obtient en neutralisant l'acide oxalique ou le sel d'oseille par la potasse. Il est si soluble dans l'eau qu'il est difficile de le faire cristalliser. Lorsqu'on le décompose par le feu, on obtient un résidu qui est entièrement formé de carbonate de potasse. Les acides sulfurique, azotique, cblorhydrîque, et en général tous les acides
Îmissans , lui enlèvent une certaine quantité de base, et le ont passer à l'état de quadroxalate, qui est beaucoup moins soltd)le que l'oxalate neutre, \x qui se précipite sous forme de cristaux, si celui-ci est concentré. Les eaux de chaux, de baryte, de strontiane, y déterminent des précipités blancs d'oxalate de ces bases. Il en est de même des sels dont la base forme un sel insoluble en s'unissant avec l'acide oxalique.
I944- Bi'oxalate ou oxalate acidulé de potasse, — Lorsqu'on veut se procurer ce sel parfaitement pur, il faut combiner une certaine quantité de potasse avec le double de l'acide qu'elle exige pour se neutraliser.
Ce sel cristallise facilement. Ses cristaux sont des parallélipipèdes opaques et très courts. Il rougit la teinture de tournesol. En le calcinant, on obtient un résidu entièrement formé , de carbonate de potasse. Il n'attire point l'humidité de l'air. H est bien moins soluble dans l'eau que l'oxalate neutre : aussi produit-on un précipité cristallin acidulé en versant de l'acide oxalique dans une dissolution concentrée d'oxalate neutre. ' i945« Quadroxalate ou oxalatfi acide de potasse, — On obtient ce quadroxalate de la môme manière que le bi-oxalate, si ce n'est que l'on combine la base avec deux fois autant d'acide. Sa cristallisation s'opère facilement 5 il rougit fortement le tournesol.
Soumis à l'action du feu , il se décompose et donne lieu aux mêmes produits que les oxalates neutre et acidulé 5 son action sur l'air est nulle*, il est moins soluble dans l'eau que le précédent ; il ps^aît que l'alcool n'en dissout pas la plus petite quantité^ il se comporte à-peu-près avec les bases et les sels comme l'acide oxalique 5 il fait quelquefois partie du sel d'oseille, ainsi que l'oxalate acidulé, et est par conséquent employé comme tel. •
1946. Le sel d'oseille s'extrait en Suisse du rumex acetosella^ et en Angleterre de Voxalis acetosella. Le rumex est pilé, mêlé avec une certaine quantité d'eau , et soumis à la presse après quelques jours de macération •, ensuite ou chauffe légèrement
ACIDES mX8 ET PYEOGÈNÉS DE LA. n* SEGTIOTi . SI
A x5o% l'acide malique se transfonne complètement en eau et en un acide particulier.
Si l'on a soin de ne pas dépasser les limites de température que j'ai indiquées, il ne se produit absolument que de l'eau, de L acide carbonique et les acides pyrogénés dont il a été parlé. Ces produits compliqués qu'on voyait accompagner jusqu'ici Les distillations , ne se forment pas. La distillation est blanche^ ki FoD peut s'exprimer ainsi , et la scission qu'elle détermine lans les élémens de l'acide organique , est aussi nette qu'elle est simple et remarquable. On voit quelquefois une matière fixe par elle-même se transformer complètement en composés volatils , de telle sorte, qu'après l'opération , rien ne reste daus les vases distilla toires.
n était curieux de chercher à généraliser ces nouvelles distillations, d'examiner s^il ne serait pas possible, eu appliquant à la décomposition des autres acides des lempv'ralures constantes et aussi basses que le comporterait celte décomposition ^môme, de produire des acides pyrogénés immédiatement purs , n'entraînant avec eux que de l'eau et de l'acide carboni(|ue. De grandes difficultés devaient sans doute se présenter; mais ne pourrait-on pas en vaincre quelques-unes et tirer d'un certain nombre de faits bien nets et bien déterminés quelque chose de général? L'expérience a déjà répondu à cette attente.
La distillation des acides végétaux, regardée jusquHci comme une des opérations les plus complexes de la chimie, peut t^tre maintenant analysée avec précision. Les produits auxquels elle donne naissance sont soumis à une seule et môme loi que Ton peut exprimer de la manière suivante : « Un acide pyrogéiic quelconque , plus une certaine quantité d'eau et d'acide carbonique , ou l'un seulement de ces deux composés binaires , représente toujours la composition de l'acide qui l'a produit. »
Souvent l'expérience démontre d'une manière directe et incontestable la loi dont il est question; c'est quand la distillation s'effectue à des températures assez basses , ou quand les Eroduits qui se forment sont assez stables pour que l'acide caronique , l'eau et la substance pyrogénée soient obtenus immédiatement purs ; mais souvent aussi les distillations ne peuvent avoir lieu sans être accompagnées de matières charbonneuses ou d'huiles empyreumatiques.
Dans ce dernier cas , la loi ne se laisse pas démontrer d'une manière aussi simple, mais elle n'en est pas moins vraie , ainsi qu'il est facile de le prouver.
Parmi beaucoup oe faits <{ue je pourra^is citer à Tappui <U
32 ÀGtDES ORGA19IQUES.
ces assertions 9 je ne parlerai que de ceux qui sont relatifiiil distillation de l'acide malique.
Cet acide , distillé à la manière ordinaire , c'est-i-dire, mesure exacte de température et entre 3oo à 4oo® j se di
S ose rapidement, donne beaucoup de charbon, beai 'huile empyreumatique , d'acide acétique , des ga^ oxide carbone et hydrogène carboné, de l'acide carbonique, l'eau et deux acides volatils cristallisables*
Ces deux acides sont isomériques , ne diffèrent de Tack malique que par de l'eau, et offrent exactement, à l'état d'I drate, la composition de celui-ci dans les malates.
Sans aller plus loin, sans chercher à me rendre compte la formation de tant de produits divers , je puis faire rent les deux nouveaux acides dans la loi générale , puisqu'ils u\ diffèrent de l'acide malique qui les a produits qiie pul de l'eau. 1
Cependant, si je veux m'expliquer la formation des gai.l des huiles, du charbon, etc., etc., j'en attribue la causée If destruction des acides pyrogénés, et j'en trouve la preuve po-l sitive dans l'application d'une température modéxée à la wh tillation de l'acide malique. En efifet , comme je l'ai déjà dit, je n'obtiens plus alors que de Feau pure et les deux acides pj* rogénés dans un état de pureté également parfaite.
Ainsi , pour cet exemple particulier comme pour tous b autres , quand des substances étrangères viennent s'ajouter 1 l'acide carbonique , à Teau et à la substance pyrogénée , j'ai attribue la formation, non pas à la matière que je distille)| mais subsidiairement à la substance pyrogénée elle-même.
Ici , dans le cas que j'ai choisi , on peut démontrer rigoa« reusement l'exactitude de cette assertion, mais il est d'autrei' cas où cela est plus difficile; c'est quand l'acide pyrogëné est peu volatil , ou que, se volatilisant avec facilité , sa production n'a lieu qu'à une température élevée , circonstance pendant \t quelle une partie en est toujours détruite. Mais, comme d'un côté on obtient constamment de l'eau ou de l'acide carbonique, que les deux composés ainsi que l'acide pyrogéné , se formel^ toujours en quantité d'autant plus grande que la distillation t été plus ménagée , on conçoit très bien que tous les produits étrangers sont le résultat de la décomposition de la substance pyrogénée , d'autant plus que , dans tous les cas , cette substance a une composition telle , qu'en lui ajoutant de l'eau et de l'acide carbonique , elle représente l'acide qui l'a produite.
Quand un acide est volatil , il se soustrait par sa volatilité même à l'action de la chaleur, qui tpnrl à former un nouvel acide pyrogéné, En le copibinaj e ba^e înorganîqne
ACSDES FIXÉS ET PTR06ÉNÉS. S$
qui le retienne convenablement , il se comporte alors relativement à l'action de la cbaleur j comme un acide fixe j et il est soumis à la même loi.
La base minérale, pour remplir le but qu'on se propose, doit conserver l'acide volatil à une température assez élevée
5our que la matière pyrogénée puisse prendre naissance; mais, 'un autre côté, elle ne doit pas le retenir à une chaleur trop forte; car alors la substance pyrogénée même serait infailliblement détruite*
C'est ainsi, pour citer un exemple, que l'acide acéti^e, distillé sur de la baryte, donne de l'acétone et du carbonate de Imryte , sans aucun autre produit , tandis que Tacétate de potasse qui résiste à une température presque rouge, donne, outre le carbonate de potasse et un peu d'acétone, du charbon, des huiles, et tous les autres produits de la calcination des matières organiques.
Cependant, c'est le même acide que l'on a soumis dans les deux cas à l'action de la chaleur ; mais les circonstances sont différentes : la baryte abandonnant l'acide acétique à une température qui ne détruit pas la matière pyrogénée , celle-ci et l'acide carbonique doivent se produire sans altération , et c'est pour cela que la distillation est blanche , dans ce cas , comme elle l'est par exemple dans celui de la transformation de l'acide gallique en acide pyro-gallique. S'il n'en est plus de même quand on remplace la baryte par la potasse, c'est que l'acétone se détruit à la haute température à laquelle commence la décomposition de l'acétate de potasse , et je ne puis mieux comparer cette dernière opération qu'à la distillation de ceux des acides végétaux qui, outre de l'eau, de l'acide cai^ bonique et un acide pyrogéné , donnent les nombreux produits empyreumatiques que l'on connaît.
Pour se faire une idée encore plus claire de ces phénomènes, on peut regarder l'acétate de baryte et l'acétate de potasse , comme formés chacun par un acide différent. L'acide du premier de ces sels éprouvera une décomposition facile de la part de la chaleur; sa combustion sera blanche comme celle de l'acide malique. L'acide du second sel , plus difficile à décomposer, produira une combustion noire j due à la destruction d'une grande partie de la substance pyrogénée ; ce sera le cas de l'acide mucique , qui , outre l'acide pyro-mucique , donne constamment d'autres produits empyreumatiques.
Nous ne développerons pas davantage ces considérations générales ; elles sufiiront pour faire concevoir facilement les transformations que la plupirt des acides fixes éprouvent k un certain degré de chaleur. Examinons donc actuellement cha-
ÎV. Sixième édition. ^
S4 ACnmS VEXES ET FTEOfti^ÉS DE LA. n^ SBCIlCHr.
cm de œm-ci en même temps qae leurs acides pjrsgéiiéB. 0^ en compte dix-neuf : les acides tartrique, para-tartrique, pjnn tartrique; citrique , pyro-citrique; malique, malëique yjpinh malëique; tannique, gallique, pyro-gallique , mëta-galnque; mëoonique , méta-méconique , pyro - méconique ; muciqde) pjro-mucique ; quinique, pyro-quinîque.
Nous y joindrons comme annexe l'acide caïnciqae , pane que 9 soumis à la distillation , il donne lieu à une matière blanche en partie cristalline qui pourrait être un acide pyro{énë.
▲&TIGLE I.
[ jicide tartrique.
1963* Historique , étai naturel, — L'existence de Tacide tir^ trique a été démontrée dans la crème de tartre ou le bi-tàr^ trate de potasse par Duhamel, Margraff et Rouelle le jeune : c'est Schéele qui le premier est parvenu à Tisoler.
L'acide tartrique se rencontre libre, mais en petite quantité dans le tamarin, et cpielquefois dans les raisins; il y accompagne le bi-tartrate de potasse.Oule trouve aussi dans la nature, uni à la chaux, à Talumine, et surtout à la potasse. C'est du bîtartrate de potasse qu^on le retire.
1964* Préparation. — On pulvérise une certaine quantité de crème de tartre ou bi-tartrate de potasse , par exemple , 5 kilogrammes, que l'on met sur le feu dans une bassine de cuivre avec So kilogrammes d'eau.Lorsque l'eau est bouillante, -..-. - / .. K)udre fine, jus-
t soin toutefois, temps en temps avec une spatule : il en résulte un grand dégagement de gax acide carbonique , du tartrate de chaux qui se précipite , et du tartrate de potasse qui reste en dissolution, retrruant un peu de tartrate calcaire. Ensuite on verse un excès de chlorure de calcium dans la liqueur : par ce moyen , le tartrate de potasse est décomposé ; son acide entre en combinaison avec la chaux, et le nouveau tartrate calcaire se mâle à celui qui s'était formé d'abord. Alors on lave le précipité à grande eau, par dëcantation , pour enlever le chlorure de potassium qui provient de l'action du chlorure de calcium sur le tartrate alcalin , et on le traite par l'acide sulfurioue concentré, que l'oa étend de 10 à X a parties d'eau avant de 1 employé r : la quantité d'acide sulfurique doit former les ^ du bi-tartrate. ËuGn, l'on fait cristalliser l'acide tartrique, et on le purifie par la litharge ou par la vte. (Ko/ez ce qui a été dit sur l'acide oialique) igSoT)
ACIDE TAETRIQUE. S8
Au liea de chlorure de calcium, on emploie uuelcjuefoiê de Facëtate de chaux pour précipiter le tartrale ae potasse. H en résulte alors de l'acétate de potasse qui reste eu dissolution, et (jui peut être obtenu , à l'état de cristaux , par Tévaporation , et versé dans le commerce.
1965. Propriétés. — La saveur de l'acide tartrique est très forte; son action sur le tournesol est par conséquent très grande* U ne cristallise que difficilement. Pour que la cristallisation se fasse , il faut que la liqueur soit très concentrée et abandonnée pendant plusieurs jours dans un lieu tranquille. Les cristaux sont des prismes hexaèdres dont les faces sont parallèles deux à deux , et dont les sommets sont terminés par des pyramides triangulaires; mais comme ils sont souvent comprimés dans le sens de l'axe» ils ont ordinairement la forme de lames (M. Peclet). Lorsqu'on triture l'acide tartrique, il se réduit quelquefois en une pâte épaisse; ce qui provient probablement d'une certaine quantité d'eau restée entre ses lames.
Exposé à Faction de la chaleur , l'acide tartrique se fond, se boursoufle, se décompose , rcpand'une odeur particulière, qui a quelque chose de celle du caramel, et forme deTaeidè pjrotartrique , indépendamment de tous les produits que donne la distillation des matières végétales.
Si l'on fait l'expérience dans un vase ouvert , par exemple dans un creuset, on obtient d'autres produits; l'acide s'enflamme et se convertit en eau et en acide carbonique.
L'acide tartrique est soluble dans la moitié de son poids d'eau bouillante. Il est très soluble aussi dans l'eau froiae. U se dissout moins facilement dans l'alcool. Sa dissolution aqueuse se décompose par le contact de Tair et se couvre die moisissure surtout lorsqu'elle est faible : de l'acide acétique se forme en même temps. Il n'en est point de même, lorsque l'acide est cristallisé : il n'éprouve aucune altération.
L'adde azotique attaque facilement l'acide tartrique ; il le convertit en acide oxalique.
Chauffé vers 200** avec un excès de potasse et un peu d'eau, l'acide tartrique se décompose sans tumescence, ne dégage
5 oint d'hydrogène ou n*en dégage que des traces , et produit e l'acide oxalique. (Gay-Lussac, A nu. Chim. et PA.jTLI, 399, ) L'on a prétendu, dans ces derniers temps , que Padde tartrique avait la propriété de former avec l'acide borique un composé très soluble dans l'eau; mais, suivant les expériences de M. Yogel, il parait au contraire , qu'après avoir fait un mélange de parties égales d'acide tartrique et d'acide borique, on parvient très facilement à les séparer l'un de l'autre par Teau, qui disaoat le pcemiec et jfûsie le seocnd preêKi|{ie \xiisubhS)u.
36 AaDES FIXES BT PYR0GÉN1^S DE LA IT"» SECTIOK.
(Journal de Pharmacie, tome ii, page 42096! tome m, page I.)
Yersë peu-à-pea dans les eaux de cltanx, de baryte , de strontiane , et dans la dissolution d'acëtate de plomb , l'acide tartrique produit des précipités blancs qui se dissolvent à mesure que Pacide prédomine. L'ammoniaque ne fait point reparaître celui de cbaux : il se forme alors un sel double , solnnle et indécomposable par cet alcali* L'acide tartrique produit aussi des précipités dans les dissolutions concentrées de potasse , de soude et d'ammoniaque : ceux-ci sont des bi-tartrales qu'un excès d'acide ne peut point redissoudre.
X966*. Composition. — L acide tartrique est formé de 36,5o3 de carbone 9 de 3,724 d'hydrogène, et de 69,743 d'oxigène.
Ce qui, d'après sa capacité de saturation, donne pour formule : C» H* 6\
Celle de l'acide cristallisé est C» W O^ + H^ O. On ne peut eu séparer l'eau qu'en le combinant avec quelques bases*
Cet acide est employé en teinture ; on s'en sert aussi & la place de l'acide citrique pour faire de la limonade.
1967. -Acide tartrique modifié par la chaleur. — M. Braoonnot a observé , qu'en exposant un instant à une vive chaleur 4 grammes d'acide tartrique dans un creuset, ils se sont fondus en se boursouflant, et ont donné, après le refroidissement, une matière sèche , jaunâtre , transparente comme de la gomme , du poids de 3,65; que cette matière , ramollie par la chaleur , acquérait une grande ductilité qui permettait de la tirer en longs fils aussi fins que des cheveux , et qu'elle devait être considérée comme une acide isomérique avec l'acide tartrique ordinaire. En effet, l'acide tartrique modifié est incristallisable, et forme avec les bases des sels particuliers : par exemple , il produit avec la magnésie un sel acide très solunle dansFeau; avec la potasse et la soude, des sels neutres, incristallisables« déliquesccns; avecla chaux, une masse poissante, mucilagineuse , insipide, filant entre les doigts connue de la térébenthine. Ce sel calcaire se dissout dans un excès de son acide, surtout à chaud, et reste, après l'évaiK)ration de la liqueur à siccité, sous forme d'un vernis, sec, Iragile, qui, plongé pendant quelque temps dans l'eau, se change en un dépôt sablonneux de tartrate de chaux ordinaire. (Ann. de Chim. et de Ph.j XI.VIII9 299.)
Tartrates.
1968. Les tartrates , dans leur décomposition par le feu , se comportent comme les autres sels vég-^' \ ce n'est que ceux qui sont avec excès d'acide, tellf ae de tartre ,
jTÀKTRÀTES. 3T
donnent lieu à nne certaine quantité d'acide pyro-tartriqpie.
X969« Les tartrates neutres de potasse , de soude, de Uthîne, d'ammoniaque, de magnésie, d'alumine, deglucine^ de bi-oxide de molybdène, de vanadium, de cbrAme, d'an« timoine, de bi-oxide de cuivre , sont solubles dans l'eau. La plupart des autres, et particulièrement les tartrates de baryte, de strontiane, de cbaux, de zircone , de tborine , de cadmium, de protoxide de molybdène, de plomb, de fer, de manganèse, de zinc, d'étain, de mercure, d'argent, y sont insolubles ou peu solubles.
Les tartrat^ neutres insolubles sont , en général , susoep* tibles de se dissoudre dans un excès d'acide. Plusieurs tartrates neutres très solubles forment au contraire avec l'acide tartrique, des bi-tartrates peu solubles. Tels sont surtout les tartrates de potasse , de soude , d'ammoniaque*
Il s'ensuit qu'en versant peu-à-peu un excès d'acide tartrique dans les eaux de baryte , de strontiane et de chaux , les précipités qui se forment d'abord ne doivent pas tarder à disparaître , tandis que ceux que l'on obtient par un excès de ce même acide dans les dissolutions concentrées de potasse , de soude et d'ammoniaque , ou de tartrates neutres de ces bases doivent être permanens. Les premiers sont toujours (U)Oon^ neux; les seconds toujours cristallins.
Il s'ensuit encore que la plupart des acides doivent troubler les dissolutions de tartrates neutres de potasse , de soude et d'ammoniaque , parce qu'ils transforment ces sels en tarti'ates acides , et qu'au contraire, par la même raison , ils doivent opérer la dissolution des tartrates neutres insolubles* En effet, pour peu que l'acide soit fort , le premier phénomène aura toujours lieu^ le second se produira toujours aussi, à moins que l'acide ne puisse pas dissoudre la base du tartrate» Voilà enfin la raison pour laquelle l'acide tartrique forme un
Srécipité de bi-tartrate dans une dissolution de sulfate neutre e potasse* 1970. La chaux est la base qui a le plus de tendance à se combiner avec l'acide tartrique, par l'intermède de l'eau; vient ensuite la baryte , puis la strontiane , et probablement la lithine^ après elles viennent la -potasse et la soude, l'ammoniaque et la magnésie. Si donc l'on verse des eaux de bar ry te , ae strontiane et de chaux dans des dissolutions de tartrates de soude, de potasse, d'ammoniaque, il en résultera un précipité plus ou moins abondant.
jgyobis. Les tartrates de potasse, de soude et d'ammoniaque sont non-seulement capables de se combiner ensemble , mais encore avec la plupart des autres tartrates , de tïv^uvk^^ V^tsv"
38 ACIDES FIXES ET FTHOCiinSS DE tk H»» SECTTOW.'»
mer des sels. doubles. Tous ces sels sont plus ou moins scd»* blés dans l'eau ; quelques-uns méroe n'existent que par Pintermède de ce liquide : tels sont les tartrates de cbanx et de potasse y de cbaux et de soude , de cbaux et d'ammoniaque : aussi , lorsqu'on concentre leurs dissolutions , le tartrate de cbaux s'en separe-t-il on grande partie , en raison de sa cob^sion*
Il sera facile , d'après cela , de concevoir pourquoi les tartrates de potasse , de soude et d'ammoniaque , ne troublent point les dissolutions de fer et demangn^se, et troiiblent au contraire les dissolutions des sels de baryte, de strontiane, de cbaux , de plomb : c'est que , dans le premier cas, il se forme des sels doubles , quelque petite que soit la quantité de tartrate que Pon emploie , et que , dans le second , il ne s'en forme qu'autant que le tartrate employé est en très grand excès.
1971. Etat naturel. — On n'a trouvé jusqu'à présent que trois tartrates dans la nature : le bi- tartrate de potasse, le tartrate de cbaux et le tartrate d'alumine. Le premier est asseï abondant; les deux autres, rares. Le bi-tartrate de potasse et le tartrate de cbaux existent tous deux dans le raisin . Lé bi* tartrate se rencontre encore dans le tamarin y c'est du raisin qu'on l'extrait pour les besoins du commerce : impur il prend Je nom de tartre; pur, il prend celui de crème de tartre.
Quant au tartrate d'alumine, il a été observé par Ârosenius, dans le Lycopodium complanatum.
1972. Préparatwn. — Tous les tartrates neutres solubles s'obtiennent en traitant leurs oxides , purs ou unis à l'acide carbonique , par l'acide tartriqiie : il n'y a que celui de potasse que l'on prépare plus économiquement, en se servant de crème de tartre au lieu d'acide tartrique.
Pour obtenir ceux qui sont insolubles , il faut employer la voie des doubles décompositions , à moins qu'il ne puisse en résulter des tartrates doubles solubles , comme avec les tartrates de fer, de manganèse (i3io). Dans ce dernier cas, il faut les faire directement , c'est-à-dire , comme les tartrates neutres solubles , et faire en sorte qu'il y ait un petit excès d'acide. A la vérité , il se dissout un peu de tartrate ; mais la majeure partie écbappe à l'action de l'excès d'acide, et reste sous forme de poudre.
Tous les tartrates doubles résultant de la combinaison du tartrate de potasse avec un autre tartrate , se font en traitant la crème de tartre ou bi-tartrate de potasse par les oxides ou les carbonates. En traitant égaler "îs carbonates ou
les oxides les bi-tartrates de son loniaque, on