‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 18 sur 92 · IM AGTOES DE LA H-» SECTION · texte numérisé non relu

IM AGTOES DE LA H-» SECTION

La formule de l'acide hydraté est C'<'H^H)'+HK>.

Cet acîde est sans usages^ il a ëtë découvert en 1787 pir M. Bnignatelli, examiné ensuite par M. Bouillon-Lagraiig^ en 1797 9 et étudié par M. Chevreul, par M. Bossy, et pai M. Brandes. ( Ann. de ChUn.^ xxiii, 4^ — lxii, SsS ^ Jowm. à Pharm.y tiii, 107. — xni^/i%^\AnnalenderPhannacieyi%Zli)

Subérates.

3069. Lorsqu'on expose les subérates au feu dans nne cornue, une partie de l'acide se décompose; l'autre se volatilise.

Les subérates de potasse , d'ammoniaque , de soude , de magnésie ^ d'alumine , de protoxide de manganèse sont très solubles. Les deuj^ premiers cristallisent avec assez de facilité; les autres ne cristallisent que difficilement ou même sont incristallisables. Geiix de baryte , de cbaux , de strontiane sont peu solubles. Parmi ceux des quatre dernières sections y la plur

5 art sont probablement insolubles. Les subérates de plomb, 'argent , de mercure , d'étain , de fer , le sont sans aucun doute j puisque ces métaux sont précipités de leurs dissolutions par l'acide subérique.

Presque tous les acides forment un précipité abondant et floconneux d'acide subérique , dans les dissolutions concentrées de subérates de potasse , de soude , d'ammoniaque. Ces sortes de sels décomposent la plupart des dissolutions neutres métalliques appartenant aux quatre dernières sections : le dépôt qui en résulte est un subérate insoluble. Le subérate d'ammoniaque précipite aussi la dissolution d'alun et celle d*azotate de cbaux et de chlorure de calcium , pourvu toutefois que celles-ci soient très concentrées.

Aucun subérate n'existe dans la nature.

Tous ceux qui sont solubles peuvent s'obtenir directemem^ en traitant les nases par l'acide subérique. Ceux qui sont insolubles peuvent être préparés sans doute par la voie des doubles décompositions.

Dans les subérates neutres , la quantité d'oxigène de l'oxide est à la quantité d'oxigène deracide comme i à 3, et à la quantité d'acide même comme i à 9,864*

Ces sels sont sans usages; ils ont été étudiés par M. Bouil- )on-Lagrange et parBrandes.

JUITIGLB IV.

, Acide benzoïque.

doyo. Étai naturel ^ préparation. — ^L'acid ue, qui

'" IODE BEIfZOIQUB. '^ ^ \%%

tire son nom du benjoin, ne s'est rencontré jusqu'à présent que dans les baumes, dans la vanille, l'huile d'amandes amères exposée à l'air. On prétend qu'il se trouve aussi dans le roseau aromatique, l'écorce de bouleau, le castoréum, les fleurs de mélilot et la fève Tonka.

Sa préparation est fondée sur la propriété qu'il a de se vaporiser. On prend une certaine quantité de benjoin, par exemple , 5oo grammes; après les avoir concassés , On les met dans un vase de terre dont les bords sont usés , et que l'on recouvre d'iui long'cône en carton. La base de ce cône peut être unie au vase par des bandes de papier collé, et son sommet doit être troué, afin de livrer passage aux vapeurs qui nese condenseraient pas. L'appareil, ainsi dispose, est placé sur un fourneau où l'on fait un feu très modc^ré. Bientôt le benjoin entre en fusion : alors son acide se vaporise , se condense sur les parois du côue , et cristallise en aiguilles blancbes satinées. De temps en temps il faut enlever le cône et faire tomber l'acide avec la barbe d'une plume. Il faut surtout bien ménager le feu ; sans cela presque tout l'acide sortirait par le sommet du cône , et la portion qu'on obtiendrait serait colorée en jaune par un peu de substance huileuse. L'opération , bien conduite, dure plusieurs heures. On reconnaît qu'elle est terminée, lorsque le résidu , qui est formé de la résine de benjoin en grande partie charbonnée. ne laisse plus dégager de vapeurs blanches et piquantes. Mais comme dans cet état, l'acide l)enzoïque contient toujours une petite quantité de matière étrangère , qui lui donne lodeur de baume ou d'encens , on doit : i^ le faire chauffer avec son poids d'acide azotique à 25«>, dans une cornue de verre munie d'un récipient , jusqu'à ce que la liqueur soit réduite presqu'à siccité, afin de détruire la matière qui le rend odorant \ 2** le dissoudre dans l'eau et le faire cristalliser pour le séparer de l'acide azotique avec lequel il reste uni; 3** le sécher à une douce chaleur.

On peut aussi se procurer l'acide benzoïque en faisant bouillir 25 à 3o parties a'eau sur un mélange d'une partie de chaux éteinte, et de 10 parties de benjoin en poudre, filtrant la liqueur qui contient alors beaucoup de benzoate de chaux , la concentrant par l'cvaporation, y versant de l'acide chlorhydrique , et traitant par l'acide azotique , comme nous venons de l'indiquer tout-à-l'heure , l'acide benzoïque qui se précipite, uni tout à-la-fois à un peu de résine et de matière odorante. Ce procédé donne environ i3 pour 100 d'acide : le précédent en donne un peu moins.

Propriétés, — L'acide benzoïque est solide , blanc , légèref* ment ductile \ il rougit très sensiblement la teinture de touf^

134 ACIDES DE LA. U» SECTIOlf.

nesol ; sa saveur est piquante et un peu amère ; pur j il n'a pu d'odeur ; distillé avec certaines résines , il en prend une oomarable à celle de l'encens; ses cristaux sont de longs prismes lancs , opaques et satinés, qui contiennent toujours i atome d'eau : on ne peut les déshydrater sans les décomposer^ ou qu'en les unissant à quelques bases, par exemple à l'oxide d'argent Exposé au feu dans une cornue , il ne tarde point à fondre ; i)ientôt il s*en décompose une très petite partie ; le reste se vaporise entièrement et cristallise dans le col du vase. La densité de sa vapeur est de 49^623, d'après M. Mittscherlich. Chauffé à l'air libre , il s'exhale en fumée blanche qui s'enflamme à l'approche d'un corps en ignition : cette fumëe est très irritante et provoque à l'instant la toux. Si, lorsque l'adde benzoïque est fondu , on le laisse refroidir, il se prend en une masse dure au milieu de laquelle on aperçoit une foule de petites aiguilles divergentes.

L'air ne l'altère d'aucune manière. L'eau à loo^ en dissoat ime grande quantité, et l'eau à i6^ moins de la deux centième partie de son poids : aussi la première , quand elle est saturée, en laisse-t-elle déposer, par le refroidissement, une assez grande quantité, sous forme d'aiguilles. Il est plus soluble dans l'alcool , soit à chaud, soit à froid •, une partie d'acide n'exige pas tout-à-fait, pour se dissoudre, deux parties de ce liquide, d'où l'eau le précipite presque tout entier en flocons blancs. L'essence , au degré de l'eau bouillante , peut en fondre assez pour se prendre en masse en passant de cette température k celle de io°. Les acides minéraux, même les plus puissans, ont

})eu d'action sur lui ; la plupart ne font qu'en opérer la dissoution : l'acide azotique, chose bien digne de remarque, est dans ce cas. La potasse est pareillement sans action décomposante sur lui , au degré de chaleur qui détermine, sous 1 influence de cet alcali, la décomposition de tant d'autres matières organiques et la production d'acide oxalique (1929). Enfin il s'unit aux bases salifîables, et forme des sels que nous examinerons d'une manière générale.

MM. Wohler et Liebig ont trouvé l'acide benzoïque anhydre composé de 74^378 de carbone, de 4? 567 d'hydrogène et de 2i,oo5 d'oxigène:

Ce qui , d'après la composition des benzoates , donne pour la formule atomique de son nombre proportionnel : C^^H^^O*. C'est en analysant le benzoate d'argent qu'ils sont parvenus à ces résultats. (Ann, de Chim. et de Phys.y t. li, p. 278.)

Quant à l'acide cristallisé et obtenu par voie de sublimation, il contient toujours un atome d'eau 5 il est donc représenté par

BKUZOATÉS. 1S5

M Nous Terrons d'ailleurs plus loin que MM. WoUer et liebig ^■tdniettent Pexistence d'un radical qu'ils appellent benzoyie ; '*- que ce radical aurait pour formule : C'^H^^O^, et qu'il forme s en se combinant, savoir :

. avec 2 atomes d^hydrogène, l'huile d*aiii«Bde amère ) rasHiooM-H'

*- et la benzoÏDC (substaDcea isomériques.) i ^~

* avec 1 at. d'oxigène, 1 acide beozoîque =C^H*W-4-0.

avec 2 at. de chlore, le chlorure de benzoyie. .,..,-. zz:C^®H*®0^ -Ch*.

avec 2 at. de cyauogène, le cyanure de benzoyie. . . . =:C^®H*^'- -Cy*.

avec 2 at. de brome , Je bronoure de benzoyie. =rC^*H'®0*- -BH.

avec 2 at d'iode , l'iodure de benzoyie z=:C^^U^^'^-\'P.

avec 1 at. de soufre, Je sulfure de benzoyie =:C^U*^0^-|-S.

avec 2 at. d'azote et 4 at. d'hydrogène, la benzamide. z^C^W^Ù^-^Az^JS^.

avec 0-|-C«H»4-H*0 , Téther benzoïque.

Benzoates,

aoji. Les benzoates n'ont encore été que fort peu étudié^; aussi l'histoire que nous en allons faire sera-t-elle très incomplète.

Soumis à l'action du feu , tous sont décomposés ^ mais les benzoates alcalins , et surtout le benzoate de cbaux nous offrent des phénomènes remarquables qui ont été observés avec soin par M. Peligot. 11 a vu: lo que le benzoate de chaux anhydre était représenté dans sa composition par i atome de benzone, matière grasse particulière, et par i atome de carbonate dç chaux. (O8Hl«0^ CaO) = C^^plioo .1.(0^0% CaO).

a® Que le benzoate de chaux hydraté pouvait l'être par O* Jjt'i (quadri -carbure d'hydrogène huileux) , par i atome d'acide carbonique , et i atome de carbonate de chaux. (C^H^o03,Ca04-H^O)=C^*H^^+00^+(CîO%CAO).

3° Que l'acide benzoïque hydraté ou sublimé , mis en contact avec de la chaux éteinte , donne à la distillation un quadricarbure d'hydrogène huileux parfaitement pur, et du carbonate de chaux, propriété que M. Mitscherlich a aussi constatée de son côté. (08H^oO,ffO)=G^qi^^+2(C^OSCaO).

4® Que 2 atomes de benzone i (G^^H^'^0) , distillés avec de la chaux vive, produisent i atome de carbonate de chaux, plus 2 atomes de naphtaUne. 2 (G^fiH^^O) = (O0%Ca0) + a

Si donc , il était possible de se procurer du benzoate de chaux anhydre , tout porte à croire cpi'en le décomposant au degré de chaleur convenable , on le transformerait en carbonate de chaux et en benzone , tout comme on transforme l'acétate calcaire en carbonate çsdcaire et en ^étone ^ mais cpm^f il est impossible de le dessécher complètement, la réacti^p. qui s'opère se trouve influencée par l'eau de l'h^dtaX.^ c!^,T2^^^

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