ACIDES DE LA H"* SECTION
point à beaucoup près dégagée à l'époque où les nouveaux produits prennent naissance.
Voilà pourquoi 9 lorsqu'on dbtille le benzoate de chaux cristallisé , lequel contient toujours i atome d'eau , il se produit tout à-la-fois du carbonate de cbaux qui reste dans la cornue , de la benzone, de la naphtaline et du quadri-carbure d'hydrogène huileux*
En rectifiant ces produits dans une cornue, au bain-marie, on parvient à les séparer ; il passe d'abord dans le récipient j une huile limpide, plus légère que l'eau, crbtallisable à quelques degrés au-dessous ae zéro, et qui bout vers Sa" : c'est le quadri* carbure d'hydrogène. Continuant ensuite la distillation à feu nu , il se vaporise un peu d'eau , puis une nouvelle matière oléagineuse qui ne bout qu'à aSo'' , et qui , par le refroidissement , laisse déposer de la naphtaline en cristaux. Cette matière est la benzone qui, exposée à un froid de 200, se trouble, prend l'aspect d'une émulsion, abandonne la naphtaline et le carbure d'hydrogène qu'elle retenait, et se sépare en deux couches : la supérieure est la benzone pure.
Mis en contact avec de l'eau , les benzoates des deux premières sections se dissolvent et cristallisent par l'évaporation de la liqueur ; il en est de même des benzoates de manganèse, de zinc ^ ceux de fer , d'argent , de mercure , d'étain , de cuivre , de cérium , sont presque les seuls qui passent pour être insolubles. Tous sont décomposables par les acides puissans. C'est pourquoi, lorsqu'on verse de l'acide azotique, de l'acide chlorhydrique ou sulfurique, dans une dissolution concentra de benzoate , il se précipite à Tinstant de l'acide benzoïque ; quant au nouveau sel , if reste dans la liqueur s'il est soluble, ou se dépose avec l'acide benzoïque s'il est insoluble.
On fait tous les benzoates solubles en combinant, par l'intermède de l'eau, l'acide benzoïque avec les bases salifîabtes, à une douce chaleur, et faisant évaporer la liqueur. Ceux qui sont insolubles pourraient sans doute s'obtenir par la voie des doubles décompositions.
Dans les benzoates, la quantité d'oxigène de l'oxide est à la
auantité d'oxigène de l'acide comme i à 3 , et à la quantité 'acide même comme i à i4,325.
Acide cinnamique.
Cet acide vient d'être découvert par MM. Dumas et Peligot. Leurs expériences n'étant point encore publiées, il n'en sera question qu'à l'article HuHe de canellè , avec laquelle ils Tout wtenui
ACIDE GEAS. 137
SECTION II
Des Acides gras.
2072. Soumis à la distillation , les uns se décomposent et se Yolatilisent en partie ; les autres se volatilisent complètement. Os se partagent donc en deux groupes bien distincts.
I" GROUPS.
JÊcides gras en partie décomposables et volatils.
2073. Ces acides sont au nombre de dix, savoir : les acides itéarique, margarique, oléique, ricioique, margaritique, oléidiqne, ëlaïdique, palmique, roccellique et sébacique.
2074* Propriétés. — Tous sont incolores et sans odeur , ou du moins n'en ont qu'une analogue aux huiles et aux graisses. Deux d'entre eux , l'acide oleïque et Tacide oléïdique sont liquides à la température ordinaire; les autres sont solides, mais se fondent à une température peu élevée, et se prennent en masse cristalline par le refroidissement. Soumis à la distillation, ils se Tolatilisént et se décomposent en partie, comme nous l'avons d^à dit. La partie de l'acide décomposée donne lieu à des traces d'eau , d'acide carbonique, à un peu plus d'acide acétique , à beaucoup d'huile empyreumatique et de carbure gazeux d'hydrogène, sans laisser de dépôt charbonneux. Cependant, si l'opération se faisait dans le vide , et si la chaleur était modérée, on finirait par les réduire en vapeur sans leur faire subir d'altération ; tels sont du moins les acides stéarique et margariquc. Ds sont insolubles dans l'eau. L'acide sébacique seul se dissout bien dans l'eau bouillante. Leurs dissolvans sont l'éther, l'alcool , les huiles grasses et les huiles essentielles. Leurs disso-
1 htions alcooliques sont troublées par l'eau et rougissent la teinture du tournesol.
Les acides gras s'unissent facilement aux alcalis; ils forment avec la potasse, la soude, l'ammoniaque des sels neutres ou basiques solubles , et avec la plupart des autres bases des sels insolubles. Soumis à la distillation, les sels qui ont pour base un oxide alcalin et pour acide l'acide stéarique ou l'acide marga-
' rique 9 laissent un résidu de carbonate , tandis que le produit volatil se compose principalement d'une matière grasse neutre, dont la composition se représente par une proportion de l'acide gras primitif, moins les élémens d'une proportion d'acide carbonique, {f^oy. stéarone, margarone.)
Il est vraisemblable que la plupart des autres acides de ce
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138 ACIDES 6EA8 XSÈ Ui D^ 8EGIR>N.
groupe subiraient , dans les mêmes cirooiistaiioes » le genre de décomposition.
Presque tous les acides possèdent la propriété de poser les sels dont les acides gras font partie. Ceux-ci sonti extrêmement faibles.
2075. Etat naturel. — Les acides gras sont presonetoil
I)roduits de l'art. L'acide margarique et Facide oléîaiK 1 es seuls qu'on trouve tout formés dans la nature. Ds font] tie du gras des cadavres et s'y trouvent combinés avec fa niaque. On les trouve aussi unis à la soude dans diyen fifiHpo^? animaux. ■cati
2076. Préparation. — Tous se forment dans Pacte saponification , c'est-à-dire en faisant chauffer les bases blés puissantes, et particulièrement la potasse et la sonder de l'eau et diverses matières grasses (i). Tous, exoeptëFi palmique et l'acide rocceilique, se forment encore, *onTJBC? ^ soumet ces matières à la distillation. La plupart peuvent 1 * ment se produire, lorsqu'on traite ces mêmes matières prj acides sulfurique et azotique. Enfin, plusieurs, comme leti ' stéarique , margarique et oléïque, prennent naissance eni tité sensible, lorsqu'on expose les matières grasses i TiB)) qu'elles se rancissent.
Les deux derniers procédés ne sont jamais mis en Rarement on emploie le second. Presque toujours on premier.
La matière grasse qui doit donner l'acide est chauffée i la dissolution alcaline, en ayant soin d'agiter souvent le lange. Bientôt , cette matière s'associant aux principes ^ petite quantité d'eau est décomposée et transformée 9 part , en un ou plusieurs acides gras qui s'unissent à la htd avec laquelle ils forment des sels très peu solubles dans Fc froide, et d'autre part, en glycérine solubleau contraire i| toutes proportions dans ce liquide, d'où Ton voit qu'il est toi'' jours facile de séparer les deux produits.
La réaction étant opérée , on recueille le sel ou les sels i^ câlins , on les purifie par des moyens appropriés aux cirooif stances dans lesquelles on se trouve placé, puis on les fait A^ soudre dans l'eau chaude, et l'on verse dans la liqueur un êài^^ tel que l'acide chlorhydrique, l'acide tartrique : l'acide gras et' mis en liberté et se rassemble à la partie supérieuxe.
Prenons pour exemple la stéarine^ matière grasse que te sait parfaitement purifier , et qui ne produit que de Fadill
(1 ) Cependant on conserve des doutes sur I4 pro* « BargwHjjpl
et sdiMcique par ce procédé.
ACIDE STÉAUQUE. {39
(brique et àe la glycérine. Sa formule est : C**^H**^^. Que ipi en retranclie C^*®H*^*0^ qui représente Tacide stéarique nliydre , le reste , joint aux élémens d'un atome d'eau H'U » loniie la formule de la glycérine C^H^O^. Or, c'est précisément p cette quantité d'acide et de glycérine que se transforme i at. le stéarine. Donc • etc.
JlRTIGLB i"'.
Acide stéarique,
3077. Cet acide étant le produit caractéristique de la sapojpfication du suif, M. Cheyreul, à qui la découverte en est |ne, a cru devoir lui donner le nom de stéarique^ dérivé de
Propriétés* — L'acide stéarique est blanc, insipide, inodore.
densité est moindre que celle de l'eau. Il entre en fusion à
I*, et forme un liquide incolore, limpide, qui cristallise en
"'es aiguilles entrelacées , brillantes , du plus beau blanc. A
id, il est sans action sur la teinture de tournesol \ à chaud,
la rougit promptement.
Chauffé dans le vide d'un baromètre , dont le bout fermé
courbé en forme de cornue, il bout et se volatilise sans s'al-
r; mais soumis à la distillation à la manière ordinaire, il se
tilise et se décompose en partie, en donnant lieu à un très
t résidu charbonneux, et à tous les produits qui provien-
ntdela décomposition des corps gras.
L'acide stéarique est insoluble dans l'eau; il est, au con-
, très soluble dans l'alcool , surtout à chaud ; il s'y dis-
tmême en toutes proportions au-dessus de 70°. En se sépa-
t lentement d'une solution alcoolique, il se dépose en larges ailles blanches, brillantes. L'eau le précipite sur le champ de tette solution.
La plupart des corps gras sont probablement aussi capables ^ le dissoudre.
L'acide stéarique brûle à la manière de la cire, lorsqu'on le chauffe suffisamment avec le contact de l'air.
L acide azotique le décompose a un certain degré de cha- ■eor, et lun des produit» de la décomposition parait être un icide analogue k celui qui provient de l'action de Tacide azoique sur le suif.
Li'acide sulfurique concentré le décompose également à Taide le la chaleur^ mais, à froid , les deux acides se combinent. Le omposé peut être obtenu cristallisé ; Teau le précipite de a dissolution dans lacide sulfurique en excès.
Etat naturel., préparation. — L'acide stéarique ne se trouve x>int dans la nature : c'est en saponifiant les graisses deixvou-