‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 21 sur 92 · ACIDES GRAS DE LA IP** SECTION · texte numérisé non relu

ACIDES GRAS DE LA IP** SECTION

ton , Pon se sert de graisse d^homme ou d'huile d'olive , il ne se forme que des acides oléîque et margarique , et diîès-l<»8 la prépara^tion de celui-ci est très simple; car roléate de potasse se dissout très bien à froid dans Falcool , tandis que le margarate ne s'y dissout qu'en petite quantité*

M. Gusserow a donné encore un autre procédé qui doit être

5 lus expéditif. Il consiste à dissoudre dans l'eau le savon 'huile d'olive, à y verser une dissolution d'acétate de plomb \ neutre, à recueillir le précipité, à le sécher, à l'épuiser par l'éther froid qui dissout entièrement l'oléate de plomb sans toucher au margarate, et enfin à décomposer le résidu par l'acide chlorhydrique bouillant.

Composition. — M. Chevreul regarde l'acide margariqne ] comme un hydrate qui contient, de même que l'acide stéariqne, \ 3,52 d'eau pour loo d'acide sec. Abstraction faite de cette eau, ^ il l'a trouvé composé de 8,937 d'oxigène, de 79,o53 de carbone " et de 12,010 d'hydrogène. C'est cette composition, essentiellement différente de celle de l'acide stéarique, qui établit entre ces deux acides les principaux caractères qui les distinguent, et d'après lesquels M. Chevreul a été conduit à en faire deux . espèces.

Ces résultats conduisent aux formules suivantes :

C7onc503j pour l'acide anhydre-,

C70H65O3, ffO, pour l'acide hydraté.

En admettant une légère erreur dans les données de l'analyse ( supposition qui peut être justifiée par l'extrême diflElculté que présente la séparation complète de l'acide oléique), et substituant H^'' à H^^ , l'on arrive , ainsi que l'a fait observer M. Berzelius , à une conséquence remarquable sur la conàposition des acides stéarique et margarique. Il pourront être en effet considérés comme ayant pour radical commun C^H**^, et seront représentés, savoir: l'acide stéarique par aC^H^-j-SO, et l'acide margarique par CP^W^-Y^ O. Cette relation est la même que celle qui existe entre l'acide hyposulfurique et l'acide sulfurique, et rendrait compte de la cause des anal(^es que l'on remarque entre ces deux acides gras*

2080. Margarates. — L'acide margarique, en s'unissant aux bases salifiables, forme des sels neutres et des bi-sels qui ont la plus grande analogie avec les stéarates : aussi, quand on connaît les propriétés des uns est-il facile de prévoir les propriétés des autres. Toutefois ils ne sont pas soumis aux mêmes lois de composition. Dans les marg irates neutres , le rapport des quantités d'oxigène qui existe dans l'acide et dans l'oxide est celui de 3 à i . On les obtient de la même nianière. Jls 5e comportent, à très peu de chose près , de même avec

^ ACIDE OLÉIQTO. 14S

**eaii, Fëther, FaloooL Cependant le margarate neutre et le * !ii-margarate de potasse sont très sensiblement plus solubles Pliais l'alcool 9 et c'est sur cette propriëté qu'est fondé le moyen 4e les sëparer et d'isoler les acides stëarique et margarique.

▲BTIGLB III.

Acide oleique.

^08 1. Propriétés. . — L'acide oléique a Taspect d'une huile Sncolore : de là le nom que M. Chevreul lui a donné. Sa densité est de 0,898 à 19^. il a une légère odeur et une légère sa- "^eur ranbe ; il se prend à quelques degrés au-dessous de o^, en -mne masse blanche formée d'aiguilles.

Chauffé dans le vide , il se volatilise sans éprouver d'altéra- ^<m; distillé à la manière ordinaire, il se décompose, du moins «npartie.

L'eau ne le dissout pas sensiblement \ l'alcool d'une densité de 0,822 le dissout, au contraire, en toutes proportions. Il s'unit facilementaux acides stéarique et margarique, et forme des combinaisons dont l'alcoot froid sépare beaucoup d'acide oléique et peu des deux autres acides. Comme les acides margarique et stéarique, il rougit le tournesol et décompose les carbonates.

Etat naturel ^ préparation, — De même que l'acide margarique, l'acide oléique fait partie du gras des cadavres, et de môme que lui aussi, il doit être préparé en faisant chauffer l'une des graisses saponifiables , la graisse de porc, etc., avec la potasse. On doit se rappeler qu'alors il se produit tout à-lat fois des stéarate , margarate et oléate , et qu'en traitant à froid le savon par de l'alcool à 0,821 , on dissout l'oléate et on attaque à peine les deux autres sels. Si donc l'on fait évaporer doucement la liqueur alcoolique , et si l'on reprend le résidu , à la température ordinaire , par de l'alcool très concentré , l'oléate se dissoudra avec des traces de margarate et stéarate ; mais par un second, et, au besoin, par un troisième traitement semblable au premier , on purifiera sensiblement ce sel. Il ne s'agira plus alors que de le décomposer par une dissolution aqueuse d'acide tartrique. Celui-ci s'unit à la potasse, et l'acide oléique qui en est séparé vient nager sur le liquide aqueux. On enlève l'acide oléique avec une pipette \ on l'agi te avec de l'eau cbaude pour le laver ^ on le recueille ensuite dans un petit vase , et on l'expose à des degrés de température de plus en

5 lus bas , qui doivent être insuiBsans pour congeler la totalité e la masse. Après chaque exposition de l'acide à un certain degré de froid , il est nécessaire de le filtrer dans un papier lavé à l'acide chlorhydrique, afin de séparer l'acide mai^arique

qui

s'est solidifié.

'.ft

Î4Ê ÂCIDBS GaAS DK LA. IP» SSGTIOlf. I

toMytOMlMMi, — L^actde olâqne, tel que nous venoiii de Fatl fs luiuvr, ruatieiit, suivant M. Chevreuil S^pS d'eau povM| s< d'Kcidc<eo.AlMtriictionfailedeccUeHâ,Uaëlélxt>avrfeoiqi^|il i 7,(i9{^duxîgèuey de8o,943<le carbone, de 1 1 ySSgd'kjdngiw

Ces rt-sulut!» et ceux 4|ue M. CheYreul a obtenus dans Fim i I^se des ulcates^ conduisent aux formules suivantes, savoir: ■ (M4u||iJ0Q& ie|>ii»sentaut a proportions d'acide anbydre. ■ (^iiu| luoob.^.^ tlK) , représentant a prop. d'acide bjdnlf.| :iu8:à. 0/é{itds. — L'acide oléique s'unit à la plupart m b;&ses salifiables , et de là résultent des oléates neutres, désira uiéateb, cl ijueliiuefois aussi des sous-oléates. L'on conaaitn buu!i-ulcale ou uu oloate neutre de plomb, des oléates neaCnl cl des sur-oiéales de potasse et de soude. I

Les uLéales ueulres sont tellement composés, que la qnanliiil d'oxitjèue de ToxiiLe est à la quantité d*oxigène de l'acide oontfl '4 à 5, cl à la quaulilé d'acide même comme 2 à 65987* I

Oléates Jtf potasse. — Loléate neutre de potasse se pr^iRl à la mauière du stéarate de potasse , en cbauttant dans unecirl suie 1 [mrlie d acide oléique avec i partie de potasse à raloool,! dissoule daus 5 p. d'eau, etc. ( y. la préparation du stéante.)! Ce sel est pulvérulent , incolore , et presque sans odeur; tt saveur est amère et alcaline. E

due partie doléate sec forme avec 3 parties d'eau froide vikI gelée Lraus[>arente, et avec 4 parties d'eau également froideul liquide sirupeux. Il se liquûfie peu-à-peu dans un espace sato!^ I de vapeur ; cet oléate est donc très soluble : il paraît cepea- 1 dant que , dissous dans une très grande quantité d*eau, il fini I par se réduire à la longue en potasse qui reste dans la dissoh* I tion , et en sur-oléate gélatineux qui se dépose. I

Presque tous les acides précipitent l'aciae oléi(|ae de sa &- 1 holutioa dans la potasse. L acide carbonique lui-niême prodiùt I cet eflet à la température de 5^. I

Lorsqu'on verse des eaux de cbaux, de baryte, de stroutiaae) I tlans une solution d'oléate de potasse, il se forme à Finstant I des oléates insolubles de ces bases. C'est également ce qui a liet 1 avec la plupart des sels métalliques solubles autres que ceux* 1 bases de potasse et de soude*

Uolé^ite acide de Dotasse ne se prépare pas en traitant Tolëato neutre par l'eau : il faut le faire en unissant l'acide à la base* Les proi)ortions que l'on doitemployer sont io3,5 parties d'à* cide oléique, 4^0 parties d*eau, 9,21 de potasse réelle* Ea faisant digérer le mélange à une douce cbaleur, le isel ss foriaie .1 riuslaul et iimduil uue masse gélatineuse.

iHtiite de Moude. — L'olëate neutre de soude se fait comiÉ e U .léiik'iiU- ucuii'c de potasse , en chauffant dans une capsulé x

4CtOfift RIGINIQUE » BTC 147

partie d'acide olëique avec 0^66 partie de soude à l'alcool dissoute dans 5 parties d'eau , etc. ( Foy. la préparation du stéa^ rate neutre de potasse , p. i4i • j

Ce sel est incolore, presque inodore ^ sa saveur est am^^è et alcaline.

U attire l'humidité de Tair, mais ne se liquéfie point dans un espace saturé de vapeqr^ ainsi que cela arrive à Toléatede potasse.

Unepartie d'oléate de soude est très soluble à 12^ dans lojMirt. d'eau* il est à présumer qu'une solution très étendue se transforme avec le temps en soude, et en sur-oléate qui se précipite.

Cet oléate se comporte avec les acides, les bases et les sels comme celui de potasse.

Sur-oléate de soude, — Ce sel , qu^on pourrait obtenir &n combinant la soude avec Tacide dans les proportions convenables, n'a point été examiné.

Oléates de baryte^ de chaux^ de stroiUiane^ de magnésie^ de zincj de cuii>rej de cobalt, de nickel , de chrome» — Ces oléates, qui sont tous insolubles, peuvent être préparés par la voie des doubles décompositions. Il serait possible sans doute d'en |H^parer beaucoup d'autres par ce procédé, (f^ojr. l'ouvrage de M. Chevreul.)

A&TIGLE IV.

jâcides riciniquey oléidique {i)et mar^aritique^

Ces acides, découverts par MM.Bussy etLecanu , se forment tous trois en saponifiant Fhuile de ricin. Les deux premiers se

i)roduisent encore, lorsqu'on la soumet à la distillation. Que 'on distille en effet de l'huile de ricib dans une cornue de verre, à la manière ordinaire , et l'on obtiendra, à part un peu de gaz qui se dégage, à part aussi un peu d'eaii et d'acide

et

qui et l'huile volatile sont à - peu - près en proportions égaies

(i) L*aeide que nous appeloos ùiéidiqae avait d^abord reçu des chiTiiistes par lesquels il a été découvert ie nom d'acide oléo-rieimque ^ àitHim à l'appeler la siuiUiliide de sou état physique et de celui de Tacide oléique; ce ujlm avait nocoiivéolent de porter à croire ad premier abord que l'acide était fui;(né d'acide oléique et d'acide ricitiique; il fut cita ugé, pour ce m >lif , eu celui d'aciJô élaiaJi^ue. Nous truuvoos préférable la dèiiDfaiiiation d'acide oleidifue^ pjrce qu'elle remplit l'objet que Ton avait en vue daus le cboii du preuiîvr naatv <U se trouve ainsi caJrer avec la déaomiaatioa d acide inargaiHtùjue ^ qui rappelle rexistence d'uu ra(q>ort de même uature entre ce deriiler acid \ ei i'aci le mdrguique. Elle a d'ailleurs t'avantage d'éviter la canfusiou qui pjunait résulter de la laaiainbliiarii du nolfti d'ackfe éMo^iie et du ^oïd d'acide éVaid\i\V\tt, «\\Yfe^A^. SoHikst » a en le tori de doaatirplus tard à uft autre acide grais (^<Mll&tV).

14S ÀCmES GRAS DK il II»« SECTION.

et forment près du tiers de lliuile employée ; la matière solide équivaut presque aux deux autres tiers.

2o83. Acide ricinique. — Pour robtenir,il faut d'abord laver à plusieurs reprises le produit de la distillation d'e l'huile de ricin, puis faire bouillir pendant long-temps la matière huileuse restante avec de l'eau; par ce moyen, on sépare successivement l'acide acétique et l'tiuile volatile, et il ne reste plus que les acides ricinique et oléidique, ayant l'apparence d une huile grasse. Le mélange est soumis aune seconae distillation, et lorsque le tiers de la matière a passé dans le récipient, l'opération doit être arrêtée. Le produit obtenu est composé principalement d'acide ricinique solide et contient en outre de l'acide oléidique liquide. On sépare ce dernier acide du premier , en comprimant fortement la masse entre des feuilles de papier Joseph par lesquelles il est absorbé.

L acide ricinique reste sous forme d'une masse blanche nacrée. Sa saveur , très acre , ne se développe qu'au bout de quelque temps , mais est très persistante. Il entre en fusion à la température de 22**, et constitue un liquide , limpide , incolore, qui cristallise confusément en se refroidissant. Chauffé dans une cornue, il se volatilise à une température qui ne parait pas fort élevée et sans éprouver pour ainsi dire d'altération. Il est complètement insoluble dans l'eau , très soluble au contraire dans l'alcool et dans l'éther. Ses dissolutions rougissent fortement le papier de tournesol.

L'acide ricinique s'unit aux bases et dégage à chaud l'acide carbonique des carbonates alcalins. Les ricinates de potasse et de soude sont analogues aux savons ordinaires; comme eux, ils sont soltibles dans l'eau , décomposables par les acides , par les sels calcaires, et sans doute aussi par les sels de baryte, de strontiane et la plupart des sels des 5 dernières sections. Les ricinates de magnésie et de plomb sont très remarquables , en ce que, insoltd^les dans l'eau, ils se dissolvent dans l'alcool, propriété que possèdent à peine les oléates et les * margarates des mêmes hases. La dissolution du ricinate de magnésie , soumise à une douce éva]ioration, permet même d'obtenir ce sel en belles s^iguilles nacrées et du plus beau blanc.

Enfin l'acide ricinique est composé de 78,56 de carbone, de 9,86 d'hydrogène et de i6,58 d'oxîgène.

Par conséquent , la fusibilité de Tacide ricinique 9 sa grande soltibilité dans l'alcool et l'éther, la propriété que possède aussi l'alcool de dissoudre les ricinates de magnésie et de plomb, la proportion de ses principes constituans, le distinguent parfaitement des acides margarique et stéarique avec lesquels il a cueillie rapport.

AODE BIARGAErriQUE. 149

■ ao84* -^cide oUidique. — ^Lepapierjoseph dont on se sert pour ëparer l'acide riciniqi|e de l'acide oléidique, reste imprëgnë de Auui-ci. Si donc l'on traite le papier par l'alcool et si Ton ^^nffe la liqueur, on obtiendra l'acide oléidique pour résiadn. Mais il contiendra nécessairement plus ou moins d'acide tficinique dont il est impossible de le priver. 1- Ainsi obtenu, l'acide oléidique est liquide , jaune , acre et imprégné légèrement dcr l'odeur de Thuile volatile que donne l'huile de ricin à la distillation. Exposé à quelques degrés audessous de zéro , il se prend en masse cristalline. L'eau ne le dlissoutpas. L'alcool, l'éther, le dissolvent au contraire en toutes proportions. Il s'unit facilement aux bases. Les oléidattes de potasse et de soude sont très solubles dans l'eau et Tal- €3poL Ceux de magnésie et de plomb sont également solubles ^Aans Talcool , mais insolubles dans l'eau.

Lorsqu'on le cbaufFe avec Toxide de plomb, il laisse défier, comme les acides ricinique , oléique, margarique, une «quantité d'eau constante. MM. Bussy et Lecanu supposent

qu'elle provient de la réaction des acides sur l'oxide de plomb;

pour moi , je pense qu'elle est toute contenue dans les acides ,

3ue ceux-ci sont hydratés et qu'ils l'abandonnent au moment e leur union avec l'oxide de plomb.

ao85. Acide margariUque. — L'huile de ricin se transforme avec la plus grande facilité, sous l'influence des alcalis, en acides ricinique, oléidique, margaritique et en glycérine. D suf&t pour cela d'introduire dans un matras 8 parties d'huile de ricin avec 2 parties d'hydrate dépotasse dissoutes dans a parties d'eau , et d'exposer le mélange à la chaleur du bain-marie. pendant quelques minutes. La masse devient transparente, homogène , de consistance visqueuse , susceptible de se dissoudre en grande quantité dans l'eau, et sans en troubler la transparence : de là le moyen de se procurer Vacide margaritique , encore bien qu'il ne s^en produise que les deux millièmes du poids de l'huile.

A cet effet, l'on étend la dissolution de savon de ricin d'une grande quantité d'eau , et l'on y verse un excès d'acide chlorhydrique qui la décompose et sépare les trois acides qu'elle contient en une matière grasse, liquide, représentant les -^ de l'huile de ricin employée. Cette liqueur oléagineuse, est ensuite dissoute dans l'alcool, chargé d'un peu d'acide chlorhydrique , pour enlever les petites portions de base qu'elle pourrait retenir , puis précipitée par l'eau et lavée à plusieurs reprises*, ainsi traitée, eue est liquide comme auparavant, d'un jaune rougeâtre, inodore, très acre. Alors on la place dans un lieu où la température est de -|- i5 à -|- i8^, et

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