‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 22 sur 92 · HO ACIDES OR AS DB LA IT-* SECTION · texte numérisé non relu

HO ACIDES OR AS DB LA IT-* SECTION

au bout de quelques heures elle se trouble et laisse HfÊÊ V une petite quantité de matière solide, qu'on reendlle "kfv VJ filtre et que Ton comprime fortement entre des lênlalB- " papier Joseph, pour aosorber tout le liquide. Cette mttB- * solide est Pacide raargaritique , qui dans cet état forartiM ' masse blanche, compacte, dure, cassante ; an le priH ^ en le redissolvant dans l'alcool concentré et bonillant s flIHK ' tallise par le refroidissement de la liqueur en pailletteii crées , brillantes et douces au toucher.

L'acide margaritique est insipide , inodore j compli insoluble dans Teau , soluble dans trois fois son poids < bouillant , beaucoup moins soluble dans l'alcool i la ra'ure de 5o degrés, et à plus forte raison dans Palcocd hM susceptible en dissolution de rougir fortement le tounkiÉriil fusible seulement à i3o degrés, décomposable et volatSM partie, lorsqu'on le chauffe au point de le faire bouiBir* VA en contact avec les bases , il s'y unit facilement , neutrdtfl la potasse et la soude et forme des composés analogue! 9$\ savons. Le margaritate de magnésie est insoluble dans l'aJkxMlil ce qui le distingue essentiellement des acides rieintouef oléiaîque. Son peu de fusibilité et sa faible solubilîw ^ ralcool froid, ne permettent point d'ailleurs de le êenfonéR avec les acides margarique et stéarique.

Enfin l'acide margaritique est formé de 70,800 de cariMMil* de 10,905 d'hydrogène , de 18,595 d'oxigène. Il est & regwtts

3UC les auteurs n'aient pas déterminé la capacité de satlindsi c cet acide et des deux précédens pour en conclure la fèmdÎK atomique, (/oi/r/i. de Pharmacie, t. xiii, p. 67.)

ARTICLE V

jicide élaïdique^

20 86. L'acide élaïdique n'^existe point dans la nature, et V j'obtient qu'en distillant ou saponifiant l'élaïdine ( AT^vs cette sorte de corps gras). La saponification offre le uieiluv moyen de préparation. Cette opération s'exécute facilenseat en chauffant 4 parties d'élaïdine avec i d'hydrate de potsflK dissoute dans 2 parties d'eau. Le savon ainsi formé se disseSt dans l'eau, mais si l'on ajoute à la liqueur une quantité suf-

* 'acide îhlorhydrique, il donne lieu à de l'acide élaïdique, qui «e présente d'abord sous forme d'une huile fluide, et se pt^ par le refroidissement en une masse cristalline.

Cet acide entre en fusion à 44** et rougit alors fortemeiit It

AGmt PALmQinL IM

Mpier de tomnesol bumide. Soumis à la distillatkm, 3 est sMLitiellement dëtmit , mais la majeure partie se vdatilbe sans iiitëration. Il parait qu'il est insoluble dans l'eau *, il se dis-* 4oat au contraire dans l'alcool et dans l'^ther. L'alcool ëtendu A'eau et marquant aa^ à l'arëomètre de Beaumé, en dissout im poids égal au sien à la température de 36**. L'acide fondu se aaèfe en toutes proportions avec l'alcool et l'ëtber bouillans. Dissous à cbaua dans l'alcool, il s'en sëpare par le refroidis-* ■ement en paillettes nacrée^, dont l'éclat surpasse celui des cristaux que forment les autres acides gras.

L'acide élaïdique contient de l'eau combinée qu'il ne perd <|u en s'unissant aux bases. Il est susceptible de les saturer, et . même de dégager l'acide carbonique des carbonates alcalins* Dans ses sels neutres, la quantité d'oxigène de la base est k iêi quantité d'acide comme i est à 34ii«

2087. Les élaïdates de potasse et de soude se préparent en ^lauffant Tacide élaïdique avec un excès de carbonate alcalin . dissous dans Peau, évaporant à siccité , et traitant le résidu par l'alcool anbydre, qui , en dissolvant l'élaïdate, le sépare oe l'excès de carbonate employé. L'élafdate d'ammoniaque èe ibrme directement. Les autres élaïdates paraissent être ihso^ lubies dans l'eau, et pourront ètïe obtenus par la voie des doubles décompositions. Celui de magnésie est un peu solttble dans PalcocM anbydre; celui de plomb, un peu plus. LVtber est même susceptible de dissoudre une petite quantité d'élaïdate de mercure.

Les élaïdates ont été fort peu étudiés; on ne les connaît, ainsi que leur acide , que par le travail de M. F. Boude t. i^jifm. de Chim» et de P/^s.y t. &, p, 4M*)

ARTICLE VI

Acide palniïçue.

0088. L'acide palmique découvert , de même que l'acide élaïiliquc , par M. F. Beudet ( j^rm. de Ch. et de Phjrs. , t. l , p. 4>^;9 n'^ pM ^té étudié depuis. Son btstoire présente une grande analogie avec celle du dernier acide* Sa préparation s'eiEectua au moyen de la palmîne par un procédé tout sèm- Uabl^. Après avoir été mis en liberté, il a besoin d'être purifié pa» la compression entre des feuilles de papier Joseph et par des êristallisatioBs réitérées dans l'alcool. Sa eri^H^llmtion

{jrésente une difficulté d'une singulière nature. Qtièl que sioU e degr^ de l'alcèol dont on fasse usage, la niajeiure partie de l'Mide, tend à se séparer dé la dissolution s^us fôi-iâé d'un liquide hloileufi , qui paratt éfre une combinaison d'àcîde pal- «lique et d'alcool. Cette \m]fè reste à la surface de la disèohi-

I5f ACIDES GRAS DE LA II»' SECTION. ^ ^

tion, et se prend , au bout d'un temps plus ou moins long ^ en une masse confusément cristallisée, tandis que la liqueur beaucoup moins chargée d'acide cristallise elle-même plusr^ulière* ment au-dessous. Ce n'est que dans des circonstances difficiles à réaliser, et dont il n'a pas été possible à M. Boudet de se rendre compte, que cet effet cesse de se produire*

L'acide palmique cristallise en aiguilles blanches et sogreuses, se fona à 5o°, et se volatilise, en s'altérant en partie, i une température plus élevée. Il rougit fortement le ^pier de tournesol humide , se dissout en toutes proportions dans l'éther et l'alcool concentrés, décompose les carbonates alcalins, abandonne de l'eau en s'unissant aux bases , et forme des sels qui se préparent de la même manière que les élaïdates. La quantité d oxigène qui existe dans l'eau de l'acide palmique hydraté et dans les ôxides qui le saturent , est à la quantité d acide , à très peu près , dans le rapport de i & a4-

2089. L^ palmate neutre de soude ramène au bleu le papier de tournesol rougi. L'eau le dissout , pourvu qu'elle ne soit pas eu quantité trop considérable ^ mais une grande dilution en opère la décomposition. Une partie de l'alcali devient libre, et du bi-palmate se sépare de la liqueur. L'eau diaioat aussi le palmate d'*ammoniaque et probablement celui de potasse. Les autres palmates paraissent être insolubles dans l'eau, mais quelques-uns se dissolvent d'une manière sensible dans l'alcool.

ARTICLE VII

Adde roccellique.

2090. C'est à Heeren qu'on doit la connaissance de l'acide rocceilique. Il l'a trouvé dans le roccella tinctoria.

Cet acide est sans odeur et sans saveur. Il se fond à environ i3o degrés , et se prend à 122^ en une masse cristalline blanche, sans rien perdre de son poids, d^où il suit qu'il neoontient point d'eau de cristallisation. Exposé à une température plus élevée, il se décompose en vase clos à la maiiière des grakses , prend feu et brûle comme elles au contact de l'air.

L'eau , même lorsqu'elle est bouillante , ne le dissout point. U est très soluble dans Talcool et l'éther. Une partie diacide n'exige pour sa dissolution que 1,81 partie d'alcool bouillant, d'une densité de 0,819. La solution alcoolique rougit lé tournesol et cristallise par refroidissement.

On se le procure en faisant digérer le lichen avec l'ammoniaque caustique et concentrée, précipitant par le chlorure de calcium la dissolution étendue d'eau, lavant sur un filtre i^/>r^ipité qui contient beaiipoup de T^>ec^\UtedQ qhanxy le

ÀÇIDE SÉBAaQUE: 18S

iposant par l'acide chlorfaydrique , et dissolvant dans FétherTacide roocellique mis eniibertë. La dissolution étkërtfe donne par évaporation l'acide roccellique en cristaux tenus ^ très bliuDcs, à ëclat soyeux , que le microscope fait reconnaître pour être de petites tables carrées.

M. Liebig en a retiré 67,940 de carbone, 10,756 d'hydrogène et ai,3o4 d'oxigène, ce qui , d'après la capacité de satuntion de cet acide, donne' en atomes pour la formule de son nombre proportionnel C^^H^^O^. Cependant M. Liebig adopte Qtt[|8tQl^ qui représente un oxide de bi-carbure d'hydrogène^

ao9 1 • Âoccff&i/ies.— Quelques observations seulement ont été faites sur lesroccellates de potasse , d'ammoniaque et de chaux.

Celui de potasse cristallise en lames fines conmie l'acide Tocoellique; il se dissout dans l'eau, et sa dissolution mousse comme celle du savon. •

Le roocellate d'anunoniaque est très soluble. Sa dissolution mousse comme la précédente. Évaporée jusqu'à siccité, elle laisse un résidu semblable à un vernis. A l'aide de la chaleur , elle se charge de beaucoup d'acide roccellique , qu'elle aban* donne en se refroidissant ou en Fétendant d'eau.

Le roocellate de chaux est insoluble , et s'obtient par voie de douUe décomposition sous forme d'un précipité blanc ; il ne s'unit 9 nia un excès de base, ni à un excès d'acide. {Vcy. le mémoire de Heeren, Journal de Schweigger^Seidelj lix, 347» et l'analyse de Liebig, Ann. de Chim.et de Phjrs.jia,yTi^ ia3.)

AETiGLE vin.

Acide sébacique.

ao9^« L'acide sébacique tire son nom du mot latin sébum, suif. C'est un des produits de la distillation des graisses , et le premier des acides gras découverts.

Cet acide est sans odeur; sa saveur est faible, sa pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau; il rougît d'une manière très sensible la teinture du tournesol; il cristallise en petites aiguilles blanches qui n'ont que très peu de consistance.

Sonmis i l'action du feu, il fond comme une espèce de graisse 9 et se vaporise en grande partie.

L'air ne l'altère point.

Il est bien plus soluble dans l'eau & chaud qu'à froid : aussi de l'eau bouillante qui en est saturée se prend-elle en masse par le refroidissement. L'alcool en dissout, à la température ordinaire, une grande quantité.

U forme, avec les alcalis , des sels neutres solubles : si l'on verse de l'acide smifËuique, azotique ou çblotVi^^çrv^ ^?k»&

184 ACIDES G&A8 DB Là 11^ BEGIION.

une diMoImioià concentra de aëlmte, il 8*em dopent taiiilt»A» coup une très grande qii«i|itité d'adde sebaciipie.

Enfin i) précipite les diMolutions d'aoétete et d'aïQtate 4m plomb, d'acf'tate et d'a^^tate de mercure, et celle d'aioùite d'argent.

Pour en obtenir une quantité très sensible , il faut distHlcr 3 à 4 kilogrammes de suif ou d'asonge dans une conuie 4| grès de 7 i 8 litres, recevoir dans un baUon, par le 4'une allonge , les produits qui peuvent être eondenaës ,

produit par de l'eau bouillante, agiter la liqueur pendant

?[uelques minutes, la laisser refroidir, la décanter à chami ois , et y verser un excès de dissolution d'acétate de pioan i il en résulte sur-le-cbamp un précipité blanc et flocmmens desébate de plomb, qui doit être réani sur un filtrty hûti et sécbé. Alors on introduit le sébate dans une fiole cvife son poids d'acide sulfurique étendu de 5 à 6 partial d'ealÉ|

on jette le tout sur un filtre, et l'acide sâiaâque tallise par refroidissement; mais, comme il est iiups^aé; d'acide sulfwpimH» , il faut le laver jusqi^'à ce qu'il ne moBÉBÊ^ nique plus à 1 eau la propriété de précipiter par l'azotate de baryte. Amené à ce point , il ne s'agit plus que de le faire s^ cher à une douce chaleut.

L'acide sébadque a été analysé par MM« Dumas et ^ëligot

Îui y admettent, à l'état anhydre, 6£i,65 de carbone, SyS} 'hydrogène, 26,76 d'oxigène.

D'après cela s* formule atomique eat C^ H^^ O^ .

L'aoide sublimé est représenté par (?• H^« O^ 4-H» Û. ,

Il eat sans usages , et a été découvert par M« Thenaid.

Cet adde ne doit point être ccmfondu avec oehn oui tfttft d('signé par ce nom avant l'époque que nous venons de iiUt. CK'lui-QÎ , aufiuel on attribuait une ooeur -forte et rranMAte, n'est que de Vacide aciétique ^ on de l-acide obiomjMfÊlf^ ou de la graisse gazéifiée ou altérée suivant le ptôcwé oA'oo 4Hnploie pour le pr^rer. {^Amu de Ch. , t. xrax^ p. m3.)

Savons.

2093. Les savons sont des composés que l'on obtient tA tant les huiles grasses végétales ou animales, et tn §éfeéral toutes les graisses, par les bases sahfiaUes puissoaies» Le eOifs

SAYONS. IBS

giM y par kl r^ft^ion de ses ëlémens et par la fixation des principes a'une petite quantité d'eau, se transforme alors, comme BOUS l'avons fait voir prëcëdemment , diaprés les expëriences de M. Chevrenl , en glycërine , et en divers acides , qui [ sont : l'acide margarique et l'acide oléique , lorsqu'on opère Mr les huiles végétales ; ces mêmes acides et l'acide stëarique ,

rnd l'opën^tion se fait sur les graisses de mouton, de bœuf, poro« lia glycérine , dont il ne se produit jamais qu'une petite quantité , reste libre ) les acides margarique , olëique et «tëarique « qui sont très abondans , s'unissent à la base sa* Kfiable en présence de laquelle ils se trouvent, et constituent Is savon, de sorte que celui-ci doit être regardé comme vft Véritable oomposé salin. Nous devons donc nous en occuper en même temps que des acides gras.

Baimi les savons , il n'en est que trois qui soient solublcs dans Peau } savoir : ceux de potasse , de soude et d'ammo* aiaqiie.

Les savons ammoniacaux se font tous à froid , en raison de k volatilité de la base (i). Ceux de potasse et de soude se préparent toujours , au contraire , en faisant bouillir les huiles ftvec les dissolutions alcalines. Les autres étant insolubles , on peut les faire par la voie des doubles décompositions : ainsi ,

Joe l'on mêle deux dissolutions, l'une de savon ordinaire et autre de chlorure de calcium, on obtiendra aussitôt un précipité floconneux de savon calcaire. C'est pour cela que les eaux des puits de Paris , qui contiennent environ ^ de snl« fate de chaux , ne sont point propres au savonnage. Nous ne parlerons en particulier que des savons à bases de soude et de potasse , parce que ce sont les seuls employés dans les arts et l'économie domestique. Le savon de soude est toujours solide , et le savon de potasse toujours moi|.

2094* Sai^ns à base de soude, — Toutes les huiles ou les graisses n'ont point la proprirté de se saponifier également bien. Celles qui se saponifient le mieux sont parmi les huiles , celles de ricin, d'olive, d'amande douce*, et parmi les graisses, le suif, la graisse , le beurre.

On ne consomme, en général, que du savon d'huile d'olive , du savon de suif et du savon de graisse. Le premier est celui dont on fait principalement usage en France , dans l'Italie et dans l'Espagne, où les oliviers sont communs , tandis qu'on ne

(1) Le composé que l'ammoniaque semble former tout de suite avec les hailes estil uo véritable savon? c'est-à-dire, résulte-t-il de l'union de l'ammoniaque ^yee l'acide margarique et l'acide oléique? J'en doute. Ce n'est probablement que par un contact prolongé que l'ammoniaque peut déterminer la fortnatiod de cfi& vi^tIa^ d'acides et s98apomiier réeUemeaL

186 ACI0E8 GRAS DE LA. n»* SECnOBT.

se sert, pour ainsi dire , que des autres en Allemagne, en Abt gleterre et en Prusse.

Décrivons , comme exemple, la fabrication du savon d'huile d'olive. Les matières que Ton emploie pour cette fabrication, sont : 1^ de Thuile d'olive, à laquelle on ajoute ordinairement •j d'buile de graines ; sans cette addition, la coupe dn savon ne serait point douce ni unie, elle serait comme grumeleuse et. occasionnerait une perte assez grande au marcband débitant; ]

de la soude du commerce de bonne qualité, c'est-à-dire, i A

3o ou 36*, ou contenant à-peu-près 3o à 36 pour loo de eur- j bonate de soude sec *, 3"* de la chaux vive ; 4"* ^^ l'eau. 1

loo parties d'huile exigent environ 54 parties de soude à 36*^ î

Sour leur saponification; et 3 parties de soude exigent, pour evenir caustiques , i partie de chaux.

i^ Après avoir pilé la soude, éteint la chaux , on en fait un mélange sur lequel on verse une certaine cniantité d'eau froide* Au bout de douze heures, on fait écouler la liqueur, qui prend le nom de première lesswe, et qui marque de 20 à 25"". Tcaituit ensuite le résidu deux fois par de nouvelle eau pour l'épuiser, ^ on se procure deux autres lessives, dont l'une marque de 10 i iS», et l'autre de 4 à 5".

2** Lorsque le fabricant a fait provision de lessives à diveises densités, il s'occupe de la cuite : pour cela, il emploie des^haur dières qui varient beaucoup dans leur construction , et qui peuvent contenir depuis 2,5oo jusqu'à i i,5oo kilogrammes de savon. Dans tous les cas, elles portent à leur fond un tuyau de 68 millimètres de diamètre , nommé \ épine, <

On commence par mettre de la lessive faible dans la chaudière; ensuite ou y verse peu-à-peu de Thuile, et l'on fait bouil- ; lir le mélange. Bientôt la combinaison s^op^re , forme une es-

Sèce d'émulsion : on ménage le feu et on ajoute successivement e la lessive faible , de l'huile, en ayant soin, pour accélérer la combinaison, de maintenir toujom*s la masse bien empâtée, bien homogène , sans lessive au fond de la chaudière , et sans huile à la surface.

3"* Quand on a ainsi mis dans la chaudière toute l'huile que l'on veut saponifier , on y ajoute peu-à-peu de la lessive forte,

a ni sature l'huile et convertit l'espèce de savon avec excès 'huile , dont nous venons de parler, en savon parfait qui se sépare de la lessive et vient se rassembler à la surtace. (i)

4** Ce phénomène ayant eu lieu , la lessive , quoique très abondante, n'est plus propre à la saponification : on n'y trouve

(i) Les lessives acquérant plus de densité par le mélange de la lessive fi»rte , fonmesl ceîie «éparaticm.

BU effet que des sels neutres , du carbonate de soude^ et un le soude caustique non absorbée. C'est pourquoi , le feu tmnbë, on la tirepar l'épine^de manière a mettre le savon n'i sec. Alors on ajoute de nouvelles lessives caustiques, 9S et concentrées, et on rallume le feu : on verse ainsi sucement dans la chaudière plus de lessive caustique qu'il faut pour saturer Thuile ; on fait bouillir pour n'avoir I doute sur la saturation; on arrête la cuisson quand la lesit parvenue ii i,i5o ou ii i,skOO de pesanteur spécifique ; >n retire comme précédemment cette lessive, sur la-

nîage le savon, et l'on met celui-ci à sec sur le fond de udière. Dans cet étaty le savon est d'un bleu foncé tirant

noir, et ne contient que 1 6 pour loo d'eau. Sa couleurmt , selon toute apparence, d'un savon alumino-ferrugi- , qui se forme lors de l'empatage , se dissout dans le savon 1 et donne lieu par sa réaction sur le sulfure de sodium è u de sulfure de fer. (i) savon, arrivé à ce point, peut être converti en savon blanc

savon marbré.

Pour le convertir en savon blanc, il faut le délayer peu-àlans des lessives faibles , en ménageant la chaleur , et le laisser déposer en couvrant la chaudière. Le savon alu- -ferrugineux noirâtre n'étant pas soluble dans le savon à température, s'en sépare et tombe au fond de la chaudière, aise la pâte du savon, qui est devenue parfaitement blanet on la coule dans des mises ^ où elle se prend en masse f refroidissement, et d'où elle est enlevée pour être coupée blés ou en briques.

savon est connu dans le commerce sous le nom de saison He; il contient à- peu-près, sur loo :

Protoxide de sodium ou soude 4,0

Matière grasse 50,2

Eau , . 45,2

îst employé de préférence pour les usages délicats, comme ndiissage de la dentelle, la teinture, parce que, ayant été ivec des lessives faibles et purifié par décantation , il ne eut, pour ainsi dire, ni excès d'alcali, ni autre corps étran-

L'alamine provient des fours dans lesquels on fabrique les soudes, et se disus ceUes-d pendant le lessivage. L'oxide de fer provient des matériaux em- » ou du sol sur lequel on opère, on de la plante même, dans le cas où sert des soudes naturelles. Quant au sulfure de sodium, il fait partie de la

ique ks lessives ne contiennent pas asstz dPbxide de fer pom^ ifue le savon IMDL se coloee en bean bleu , on en ajoute à la cuite une qiiantité suffisante^

tBê ACIDES GEA.S BB IJL O»* SECnON .

f;er : aussi est-il beaucoup plus doux et moiiis motAmt que k marbré y dont nous allons actuellement parler.

2096. Lorsoue la euite du savon est tènhinée > ^t que la les^ sive sur laquelle il nage a acquis de i , 1 5o à v , Aoo de pesanteur spécifique y le savon est bleu-noir, comme nous l'avons déjà <iit. Dans cet étal 9 si , au lieu d'en vouloir fairO du savon «p table , on veut en faire du savon marbré , on s'y prend é» la manière suivante.

Nous avons vu que le savon ne contient alors que o, 16 d'eait» et que la masse entière est colorée en bleu noirâtre é II fWttI ajouter l'eau qui y manque pour que le corps colorant ou le sf^ von alumino-ferrugineux se sépare de la pâte blanche et se réunisse en veines plus ou moins grandes, de manière à foIraMr une espèce de marbrure bleue sur un fond blanc.

La séparation de ce corps peut être comparée à une sorte de cristallisation : pour qu'elle se fasse bien , il est aéeeS* ^ saire que le savon soit convenablement délayé dans des las^ sives faibles , et qu'il ne se refroidisse ni trop vite ni trop Itotement.

S'il est trop délayé et s'il se refroidit trop lentement , on n'a que du savon blanc ^ tout le marbré tombe an fondt^ Dans le cas contraire, il est à tout petits grains, oomdiè du granit.

Ce procédé est donc fondé sur la moindre solubilité du savon alumino-ferrugineux à une basse température , et sur la propriété qu'a la dissolution de ne plus pouvoir le retenir et de s'^a séparera une certaine densité.

Quoi qu'il en soit , lorsqu'on a ajouté à la cuite la quantité convenable de lessive faible pour l'amener au point désiré , on coule le savon dans des mises , de même que le savon blatic, et on l'en retire de la même manière après son refroidissement pour être coupé en briques, (i)

ce qui se fait ea rarrosant avec uoe dissolution de couperose après TcmpAUige de rhuite.

Daoî tous lés cas , il paraît que les acides gras se combinent d*abord avec Takimine et t'oxide de fer , qu*il en résnlle nn savon alumino-fierriigiiiea& JantaÉtre, et que ce n*ebt qu*à la chaleur de rébulhtion que ce savon se colore, o^esl«àHiire que la réaction entre le savon de fer et le sulfure de sodium a lieu.

C'est à M. d*Arcet, dont les conaaissanoes dans les arts son t si étendues, que je dois ces observations.

(1) Les mises dans lesquelles on coule le savon lorsqu'il est cnit, le onnst mitent de différentes mauières, suivant les localités et seluu la inauière de voir du fsbricaut. Les plus ordinaires sont de grandes caisses faites de planches ajontéea dans des membrures et assujéties par des clefs en bois; elles sont placées sur da fortes plates- formes, de manière que la lessive qui s'en ccou'e puisse être recueiltie dans un réservoir. D*autres fois» eUee sont foi*aiée« par plusieurs dallas de piam liées par UBL ciment.

im mâibrtf etmtient environ, sor too :

Protoxide es Mdnmi ou soii^ ^ 8

Mitière gnHK. • 64

£4iu 30

too

cm est toajour» ^us dur et plus constant dans ses proque le savon en table. En effet, la nécessite de pronarbrë fait que le fabricant n'est pas le mattre de taire quantité d'eau : elle dépend de la marbrure. Le sac en table peut, au contraire, recevoir autant d'eau 9ricant désire, et est même d autant plus blanc qu'il en darantage; d'oè il sait que le savon marbré doit être i celui-ci.

Quelle que soit sa couleur, le savon possède les mêmes îs, à son degré de force près. Tout le monde en conect et la consistance. Sa pesanteur spécifique est plus ue celle de Teau; sa saveur est légèrement alcaline, u feu, il entre promptement en fusion, se boursoufle t se décompose. L'air, en se renouvelant, le dessèche îu presque entièrement. L'eau en opère la dissolution lement à chaud qu*à froid^ cette dissolution est sur-* ) troublée par la plupart des acides, qui, en s'empaa soude et précipitant les acides huileux qui s'y troument une espèce d'émulsion; elle Test également par iels solubles métalliques, autres que ceux à bases de de soude, et donne lieu à des savons insolubles. L'alt aussi dissoudre le savon; il en dissout une grande surtout à chaud. En effet, que l'on sature lalcool de 1 température de l'ébullition, et qu'on abandonne la i elle-même, elle se prendra parle refroidissement en ie jaune et transparente : en se séchant, si le savon est i soude et de suif, cette masse ne devient point opavoit encore très distinctement les objets à travers, lors le son épaisseur est d'un demi-p3uce. Enfin le savon, ue nature qu'il soit, possède la propriété d'enlever de î linge et les étoffes la plupart des corps gras qui peutre appliqués.

Sauons à base de potasse ou saisons mous. — Les sae forment les graisses et les huiles avec la potasse resus, ou plus ou moins pâteux. On en connaît deux esins le commerce : ce sont les savons d'huile de graines, xnt le nom de savons veris^ et les savons de toUeUey moyen de la potasse et da saindoux, ibricans de savon vert jM^pareut leurs lessives comme icans de aaTonsocdiiuâreB, et cendinsieiitlear opéntion

160 ACtIlES GKAS HE LA H» SECnOlV.

de la même manière, jusqu'à ce que toute l'huile «oit a)< Dans cet dtat, le^von ressemble à un onguent; il contient excès d*huile; il est d'un blanc sale et à peine transparent. On. ménage le feu, et on remue continuellement au fond de la chaudière avec de grandes spatules; ensuite on ajoute pen-à* peu de nouvelles lessives bien causticrues et un peu plus fortes

Sue les premières. La saturation de l'nuile s'opère, et le savon, evient transparent. On continue alors le feu pour donner an. savon la consistance convenable, et on le coule dans des tonneaux pour être ainsi livré au commerce.

On voit que cette espèce de savon diffère beaucoup du savoni fabriqué avec Vhuile d'olive et la soude. Ici, depuis le commencement de l'opération jusqu'à la fin, l'art du savonnier cobhsiste à opérer la combinaison de l'huile avec la potasse, sans que le savon formé ce^ise d*étre en dissolution dans la lessive^ tandis que, dans la fabrication du savon dur, il est, au contraire, nécessaire, comme nous l'avons vu, de séparer le savon de la lessive, avant même que la saturation de l'huile soit toutà-fait achevée.

Le savon vert contient, en général, plus d'alcali qu'il n'en, faut pour la saturation de l'huile. C'est un savon paôrfait dis* sous dans une lessive alcaline.

Il doit être bien transparent, d'une belle couleur verfe, qui se donne quelquefois au moyen de l'indigo. Il est formé oroinairement de :

Protoxide de potassium ou potasse 9,5

Matière grasse 44

Eau 46,5

Le savon de potasse peut être transformé aisément en savon de soude; il sufut pour cela de le mêler en dissolution avec une certaine quantité de sel marin et de faire chauffer la liqnoeur : le nouveau savon se sépare de la lessive, et se termine à la manière ordinaire. Ce procédé est employé en grand dans tous les pays où les savons de graisse sont en usage; et où la sonde est à un prix plus élevé que la potasse.

2098. Savons de toilette. — Indépendamment des savons dont nous venons de parler, on distingue encore les savons de toilette : ceux-ci sont, comme les précédens, tantôt à base de soude et tantôt à base de potasse. Ceux qui sont à base de soude se font avec les huiles d'amande douce, de noisette, de palme, avec le saindoux^ le suif, le beurre; les autres ne se font qn'avec les graisses et ordinairement le saindoux. Tous se confectionnent de même que le savcm blanc ou le savon en table^

SAYOHS. 161

mais il est nécessaire qu'ils soient, autant que possible, dégagés d'alcalis : leur saveur, en un mot, ne doit pas être caustique.

ao99« Emplâtre diapaltne. — C'est en faisant chauffer parties égales d'huile d'olive, d'axonge et de litharge, et ajoutant an mélange qu'on remue sans cesse, un peu de cire blanche et de sulfate de zinc, qu'on fait l'emplâtre diapalme, emplâtre qu'il est possible d'obtenir aussi en précipitant une solution de savon par une solution d'acétate de plomb. L'emplâtre diapalme n'est donc, pour ainsi dire, qu'un mélange de stéarate, margarateet oléate de plomb.

aïoo. Il est facile (le se rendre compte de la cause pour laquelle les savons sont plus ou moins durs ou plus ou moins mo«i8« Cette cause dépend, d'une part, de la nature de la base, et d'autre part , des quantités relatives de margarate, d'oléate et de stéarate produites.

Qn remarque que la potasse forme avec les trois acides stéa-

peuvent donc donner lieu qu Ces trois acides produisent, au contraire, avec la soude des sels que l'eau ne ramollit point comme les précédens ; le stéarate de soude résiste plus à l'action de l'eau que le margarate, et celui-ci plus que l'oléate; d'où il suit que le savon sera d'autant plus dur, qu'il contiendra plus d'acide stéaricpie. Or, l'acide stéarique provient principalement de la stéarine, et l'acide oléique de l'oléine.

Si donc le corps gras est riche en stéarine, il fera un savon de soude très solide (exemples : suif, graisse animale solide, huile d'olive)^ mais si l'oléine dans ce corps est très abondante, il en résultera un savon qui sera moins dur (huile de graines). '

vons

volatil. Ce n'est point ici le lieu de traiter cette questi

nous ne l'examinerons qu'en étudiant les acides gras volatils

(sioi).

Telles sont les observations que nous avons cru devoir pré^ senter sur l'art du savonnier. L on pourra d'ailleurs consulter X** le Mémoire de d'Arcet le père, Lelièvre et Pelletier (jénn. de Chim.j t. xix, p. 253)*, 2** les Observations de M. Colin {Ann.de Ck,et de Ph.^ t. m, p. 5)*, 'i'^hi Description^ par Marcel de Serres, des procédés suivis en Allemagne pour fabriquer Us savons de graisse [Ann, de Ckim,^ t. lxxvi, p. 54)> 4^ le Traité de M. Chevrem sur les Matières grasses ^ 5** le Mémoire de M. Lecanu, Ann. de Chim» et d^ Phjfs.y t% M^ç^ T^'i»

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