ATROPINE
4" Gomme l'atropine en cet état est mtlée à des matières salines, etc., et ne pourrait être lavée par les procédés ordinaires sans une grande perte, on la fait sécher, puis on en fait une pâte avec de Teau que l'on absorbe par la compn^ssion entre des feuilles de papier, Sécliée de nouveau, on la dissout dans 5 fois son poids d'alcool , et Ton filtre la dissolution^ qu'il faut étendre de 6 à 8 fois son volume d'eau pure. La liqueur devient promptemcnt laiteuse, et Ton trouve l'atropine en cristaux groupés, de couleur jaune clair, au bout de Z2 à 24 heures. Ces cristaux doivent elre lavés avec quelques gouttes d'eau et soumis à un nouveau traitement par l'alcool. On les obtient, par ce moyen, blancs et régulièrement formés. 12 onces de racine de belladone ne donnent qu'environ 20 grains d'atropine pure.
L'atropine cristallise en prismes soyeux , transparens et incolores ; elle n'a pas d'odeur; sa saveur est légcrrmcnt amère. Elle se dissout facilement dans l'alcool absolu et l'étlier, et en très petite quantité dans l'eau : sa solubilité dans ces trois liquides augmente par l'élévation de température. Elle verdit le sirop de violettes, dilate prom|)toment la pujiille, entre fsicilement en fusion, se volatilise sans s'altérer, et s'enflamme lorsqu'on la chauffe dans une petite cuiller à la lampe à esprit-de-vin.
Le chlore et les acides concentrés l'altèrent j)eu a froid. L'bydrate de potasse, à l'aide de ladialcur, la détruit et en dégage d'abondantes vapeurs ammoniacales. Dissoute dans l'eau, elle formo avec l'infusion de noix de galle un précipité blanc, avec le chlorure de platine un précipité isabelle, et avec le chlorure d'or un précipité jaune citron qui, au bout de quelque temps, devient cristallin. Elle s'unit facilement avec les acides sulfurique, azotique, chlorliydrique et acétique. Les sels qui en résultent sont solubles. Le sulfate et l'acétate cristallisent mieux que l'azotate et le chlorhydrate.
Il paraît , d'après MM. Geiger et Hesse, que l'atropine qui a le contact de l'eau et de l'air éprouve peu-à-peu, à la température ordinaire , une décomposition remarquable; qu'elle prend une légère teinte jaunâtre, contracte une odeur narcotique nauséabonde, devient soluble en toutes proportions dans l'eau, et perd la propriété de cristalliser 5 que du reste la base est aussi vénéneuse qu'auparavant, mais que si on la combine avec un acide, et qu'on tiail.') la dissolution par le charbon animal, les alcalis en précipitent la plus grande partie de l'atropine, sous forme solide, et douée de nouveau de la pi**^ priété de cristalliser.
Sa composition a été indiquée précédemment dans le table*"» page 265 de ce Yolumc^
f9S 11A»ES SALIPIAISLES 0&I>A]N1QUK».
\RTIGLE XV.
MénispemUne.
2195. La ménispermine a été découverte et étudiée par MM. Pelletier et Couerbe {Jnn. de Chim. et de Phys., t. liv, p. jQ«VOn l'extrait du fruii du ménrspermumcocculus ou coqueQu Levant , dans l'enveloppe duquel rlle se trouve. Ce fruit, après avoir été concassé, doit être mis en contact avec de ralcool à 36»», que l'on porte à TébuUilion et que l'on renouvelle jusqu'à ce qu'il n'enlève plua de matières solubles. Les liqueurs alcooliques, soumises à la distillation pour en retirer l'alcool, puis évaporées à siccité, laissent un résidu composé de ménispermine, de picrotoxine^ d'une substance non alcaline que MM. Pelletier et Couerbe regardent comme isomère avec la ménispermine et qu'ils ont appelée para- ménispermine ^ et enfin de quelques <iulres matières moins bien caractérisées. En traitant ce résidu par l'eau bouillante, l'on dissout la picrotoxine. La matière restante est mise en contact avec 1 acide acétique, qui rend solubles la ménispermine et la para-ménis' permine. L'ammoniaque les précipite ensemble, accompagnées encore de quelques autres produits. Il faut opérer la dissolution du mélang»^ dans l'alcool, abondonner la liqueur à, l'e'vanoration spontanée, puis, (inmid la ménispermine a cristaUîsi «rroHCT lîi masse d'un peu d alcool froid, qui dissout facilement iinr m«tière d'apparciuv résineuse, et enfin traiter le résidu par IViImt /gaiement frolil pour enlever la para-ménispermiue. Af^rf'ft f»'^ diverses opérations, il ne reste plus que de laniff,*fi'|f'ffr»irip qur l'on pourrait, au besoin, purifier -pas des ^fî^: »'flli*î'»ïf '!»»•» Hiircessivos.
fi frr^-ffi<:|irrininc est M)lide, blanche, opaque, insipii^
.r. ►l'ï'tf^'. "Wc f liilitux sont des prismes à quatre pans, tenm-
,i..-. ^^^ ,!,.„ |i y 1.1 II lit tes i\ quatre faces, et ressemblent par leur
.^ ..K.i .M . 7«Mnii. «|(. mercure. Klle est insoluble dans l'eau.
>. i'--^ •» J.:iImi lii dissolvent mieux à chaud qu'à froid:
j i ..L..>^*1*.*.i,*-f.i ^..,1,54 forme cristalline par l'évaporation. ]f.J. i*. ju*.}! |Hont ..voir d'action bien marquée sur l'écono-
/. !.. I. i..i.riui,u.. ,1.. ,.^„„^ ig ménispermine entre en fusion. I^,..vj.y.s. r i. .Ji-. ,.|., |.„ „. ,.|,„1j,,jp^ pH^. gg décompose en laissant "" 'i'"' '"" ■■' y'-'l-i.i , ». |'„„ opère dans un tube, et très peu J,. .;.... J...... M ui.. .„, |,|.„.,;,. dansunyase très ouvert, tel
J a ji.c'i.i: j- ui.iji... i^^i,,., .i.u.«x à l'action -l-i-^mposante des i.<;i<i<'' ']"' r 11 aulàv^ bases orgar îide sulfu-
MÉLAMINE. 295
rique concentré semble n'agir que très peu sur elle à froid 5 à chaud, il la dissout sans se colorer sensiblement. La base se
J)récipite en versant de l'ammoniaque dans la dissolution prëaablement étendue d'eau. L'acide azotique concentré et froid n'a également que peu d'action sur elle. A l'aide la chaleur, il la convertit en une matière /aune et résinoïde et en acide oxalique. Les acides sulfurique, azotique, chlorbydrique, etc., affaiblis, en opèrent aisément la dissolution et forment avec elle des sels parmi lesquels le sulfate seul a été examiné. Il cristallise en aiguilles prismatiques, se fond à i65° et ressemble alors à de la cire en fusion, se décompose à une température supérieure, et dégage entre autres produits de l'acide suif hydrique. 100 par* ties de ce sulfate cristallisé abandonnent i5 parties d'eau en se desséchant, et contiennent d'ailleurs 6,876 d'acide sulfuri* que : ce qui donnerait pour nombre proportionnel de la base 5,695, si le sel était neutre et si la chareur en chassait toute l'eau. Or, en partant de l'analyse de la base, et y admettant 2. atomes d'azote, on trouve pour nombre proportionnel i,9o3, qui, à très peu de chose près, est le tiers de 5, 695=:!, 898. Par conséquent , le sel , dans cette supposition , serait un sulfate tri-basique. Cependant les auteurs le supposent quadribasique.
AJITICT.E XVI.
Mélamine»
2198. Cette base est la seule, avec l'amméline, qui soit artificielle. Toutes deux ont été récemment découvertes par M. Liebig. (^Ann* de Chim, et de Phys.y t. lvi, p. 23.)
Préparation. — Pour se procurer la mélamine , on prend le résidu bien lavé de la distillation de 2 parties de chlorhydrate d'ammoniaque et de i partie de sulfocyanure de potassium, lequel ne se compose pour ainsi dire que de la substance designée sous le nom de mélam {Voy. cette matière); on y ajoute I de partie de potasse caustique que l'on dissout dans 9 à 4 parties d'eau , et l'on entretient la liqueur en ébuUition jusqu'à ce qu'elle soit devenue parfaitement claire. Ce n'est ordinairement qu'au bout de trois jours que la dissolution se trouve complètement opérée : elle serait rendue plus rapide par l'emploi d'une liqueur alcaline plus concentrée, mais une grande masse de potasse compliquerait la séparation du produit. Pendant l'ébuUition , l'eau vaporisée doit être remplacée de temps en temps par une dissolution de potasse de même concentration que la première. Lorsque le liquide s'est édairçi, il faut le filtrer et l'évaporer à une douce chaleur jusqu^à oe qu'il se fonxi^ des paillettes brillantes. Abandonné alors au x^
994 » BiSES SALIFIÀBLIS OR(ÏXKlQtJËS.
froîdissement ^ il laisse déposer des cristaux de melaminej qu'A ne reste plus qu'à laver et à purifier entièrement par plusieun cristallisations.
Une autre matière, que nous allons décrire tout-à4'heure80« lenom à^amméline, se produit en mc^me temps que la mélamiM^ et reste dissoute dans l'alcali. La théorie de la production de ca deux substances est d'une extrême simplicité, a at. de mélam (aC^^Az^^H^) et 2 atomes d'eau {1WO), en se décomposant simultanément sous Tinfluence de la potasse, donnent précisément une proportion de mélamine(C***Az**H^*) et une propo^ tion d'amméiine (C^^Az^^H^^O^).
La mélamine forme des cristaux octaédriques à base rhombe dans lesquels les angles des arrêtes princi|iale8 sont d'environ ^5° et I il5^. Ces cristaux sont assez volumineux , blancs, peu transparens, doués d'un éclat vitreux, peu solubles dans Teai froide, beaucoup plus dans Teau bouillante, insolubles dans l'éther et l'alcool. L'air ne les altère pas. Us ne contiennent point d'eau de cristallisation. Ils décrépitent par la chaleur, et se résolvent ensuite en un liquide transparent, qui, ust le refroidissement , se prend en une masse cristalline. Une température élevée jusqu'au rouge décompose la mélamine^ en dégage de Tanmioniaque, et laisse pour résidu une matière cjui paraît n'être que du mellon^ car elle en a la couleur jaune, se transforme comme lui en cyanogène et azote, et se comporte également comme lui avec la potasse. La mélamine peut être en cflet représentée par du mellon et de ranunoniaque. C^^Az^^lP^^ C^^Az^ + Az^H'^ : aussi donne-t^ lieu par la fusion avec le potassium à un dégagement Aepi ammoniaque, en même temps qu'à un dégagement de lunÙBK, et à du mellonure de potassium. D'une autre part, fon&\t& avec un excès dliydrate de potasse, elle produit du cyanate de cette base, et probablement aussi du gaz ammoniac; car I proportion de mélamine et 3 proportions d'eau renferment les élémens de 3 proportions d'acide cyanique et de 3 proportions d'ammoniaque, comme l'indicpe Téquation suivante: O^Az^^-Ili^ + H«05 = C»^Az«03-f Az^H^s. Si, au contraire, la mélamine était en excès, l'on obtiendrait du mellonure de potassium. Vraivsemblablcment dans cette circonstancCj une
Î)artie de ramnioniaque que Ton peut concevoir unie au melon dans la mélamine, réduit par son hydroj',ène le potassium qui s'unit au mil'oii, produit de Teau et du gaz azote.
Les acides étendus se combinent à la mélamine sans l'altérer; mais les acides azotique et sulfurique concentrés la détruisent. Il ne se produit point de matière charbonneuse; la mélamine donne de l'ammoniaque, qui reste unie à l'acide employa
AMMÉLINE. /^ tel
)t de plus un composé nommé ammelide , représenté par la
^^orœule C^^Az^H^O^. 3 proportions d'eau doivent se déeom-
S oser en même temps qu'une proportion de mélamine, pour onner naissance à ce produit , ainsi qu'on le voit par le^ fortes ^mules suivantes : Q^'h3>'W^ +H«Q^ = G^^Aï^H^Qa-f Aa^H». ^ L'analyse de la mélamine et de plusieurs de ces sels ont fait Toir qu'elle était composée de 2i8i74 de carbone^ 66,87 ^*^~ . :=XQte et 4^69 d'hydrogène;
Et que sa proportion était représentée en atomes par
La mélamine ne neutralise point complètement les acides, «t produit en les saturant des sels qui tous ont uue faible réac- ^ lion acide. Mais elle forme des sels doubles basiques entièi«ment neutres aux réactifs. Chauffée avec une dissolution de sel ammoniac, elle dégage de l'ammoniaque en se combinant à l'acide chlorhydrique. Sa dissolution décompose un grand nombre de sels métalliques , tels que ceux de cuivre, de zinc, de fer, de manganèse, et précipite les oxides de leurs solutions, en formant presque toujours un sel double basique. Versée dans de l'azotate a argent, elle y produit un précipité composé de I profK>rtion d'acide azotique, i proportion d'oxide d'argent et I proportion de mélamine. M. Liebig fait remarquer que la mdamine, en se combinant aux acides oxigénés, présente comme Tammoniaque la propriété de retenir une proportion' d'eau, autant du moins qu'on en peut juger par l'oxalate qu-il a soumis à l'analyse ; mais qu'il n'en est plus de même aans les sels doubles basiques quelle produit, comme on peut le voir par la composition de l'azotate double bi-basique qu'elle forme avec Toxide d'argent.
Les sels simples de mélamine qui ont été examinés sont le sulfate, l'azotate, le phosphate, l'oxalate, l'acétate et le formiate. Ils sont tous plus ou moins solubles et cristallisables. Les moins solubles sont le sulfate, l'azotate et surtout l'oxalate. On les prépare directement.
ARTICLE xyii.
Amméline*
2199. L'amméline se produit en même temps que la mélamine dans le traitement du mélam par la potasse caustique , ainsi que nous venons de le dire (2198). Elle reste en dissolution dans l'alcali après la précipitation de la mélamine. On l'en sépare en saturant la liqueur par l'acide acétique, l'acide carbonique, ou un sel ammoniacal, ou même par lin aeide puissant, pourvu qu'il ne soit pas employé en excès. Elle formé un précipité blanc qu'il faut layer et achever de purifier en le cUs-'
296 BASÉS SALIFIXBLES ORGANIQUES.
solyant dans l'acide azotique , faisant cristalliser l'azotate , le redissolvant dans de l'eau acidulée par l'acide azotique, «t y versant de l'ammoniaque ou du carbonate d'ammoniaque. Le précipité bien lavé et séché est de l'amméline pure.
Cette substance se produit aussi , en même temps que de l'ammoniaque , par l'action de l'acide chlorhydrique bouillant sur le mêlant. 2 atomes d'eau concourant avec i atome de n\élam à la formation de ces produits. L'équation suivante représente la réaction :
b«Az»'H9rMélam)+H*0^=0»AzioHi«0'^(Ammél~)+AzïP.
L'ammélîue est d'un blanc éclatant, et présente un aspect cristallin, quand sa précipitation a été effectuée à l'aide de l'ammoniaque. Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, mais soluble dans les alcalis fixes , caustiques , et dans la plupart des acides. Soumise à l'action de la chaleur, elle donne un sublimé cristallin, du gaz ammoniac, et un résidu jaune citron, qui parait être du mellon.
Mise en contact avec les principaux acides, l'amméline s'y unit et forme des sels qui cristallisent parfaitement. Ses propriétés basiques sont toutefois bien moins caractérisées que celles de la mélamine. L'a£Qnité de l'eau pour les acides siâ&t
Sour décomposer partiellement les sels neutres d'amiaéline et éterminer la précipitation d'une certaine quantité de base. L'amméline ne dégage pas l'ammoniaque des sels ammoniacaux par Fébullition •, mais elle forme avec beaucoup d'autres sels des sels doubles basiques semblables à ceux de la mélamine. L'amméline n'est point décomposée par l'acide azotique même concentré et bouillant. Elle ne fait que s'y unir et donne lieu à un azotate qui cristallise facilement. L'eau pure sépare de ce sel une petite partie de la base, qu'elle laisse indissoute. La liqueur renferme par conséquent un excès d'acide j cependant elle donne, par révaporation , le même sel neutre qu'au-^ para vant. L'azotate d'amméline cristallisé est facilement -détruit
Sar le feu. Il se transforme en acide azotique , en azotate 'ammoniaque, ou dans les produits de sa décomposition , et en ammelide (C^'^Az^H^O^). Avec i prop. d'amméline et i pr. d'eau, on peut en effet former de l'ammélide et de l'ammoniaque ainsi qu'on le voit par l'équation suivante : CnAzioHiooî+H^Ô=Ci'Az9Hî^05+AzH^ L'acide sulfurique concentré fait éprouver à l'amméline la mfiiûe transformation.
Fondue avec la potasse caustique, l'amméline se décompose
rapidement : la masse se boursoufle fortement 5 il se dégage de
J'ammoniaque et de la vapeur d'eau , et il reste du cyanate de
potasse f Jequel Ç3t neutre , si V^LSMQ^^i^e ^ étié employée e?
BASÉS SAUFTABftES Ô&CANlQtTES! S97
petit excès* i çrop. d'ammëline et i prop. d'eau donnent naissance, sous l'influence de la potasse, à 3 prop. d'acide cyanique et 2 proportions d'ammoniaque. C'est ce qu'exprime l'équation suivante : C>»AzioH^oO'+H^O = 3(C^Az%0) -|- 2A;6*H®. (Liebig, Ann. de Chim. et de Pkys., t. xLvi,p, 3i.)
ARTICLE XYIII.
Bases organiques dont V existence n^est point aussi bien démontrée que celle des bases précédentes.
ai^oo. Indépendamment des bases que nous venons d'examiner, il en est un grand nombre d'autres dont on a publié la description dans les journaux scientifiques; mais évidemment beaucoup de méprises ont été faites , beaucoup d'erreurs ont été commises; on s'est laissé entraîner par l'idée , fausse que toutes les plantes très actives devaient leur vertu à des alcaloïdes^ et l'on a été conduit à regarder comme basiques des matières qui ne l'étaient pas , et qui appartenaient à la classe des substances indifférentes , ou même , faute plus grave, à prendre pour bases réelles des corps déjà connus , et qui n'avaient aucune analogie avec elles. C'est ainsi qu'on a cru d'abord que la salicine, la caféine ^ etc. , étaient de véritables bases organiques; c'est encore ainsi que le malate dUalthéiney annoncé par M. Bacon , ne se trouve être que de l'asparamide d'après les observations de M. Plisson, et que la digitaline de MM. Dulong d' Astàfort et de M. Leroyer de Genève, n'est que du nitre d'après celles de M. Soubeyran.
Par ces motifs, nous n'examinerons ici que la. nicotine ^ Vh/oscj'amine y la dalurine^ la colchicincy VaconitinBj la coryda" Une et la curarine.
La cicutine^ la capsicine {capsicum annuuin) , la jalapine^ Valoïnej ne sont pas assez bien connues pour que nous décrivions leurs propriétés. Il en est de même de cinq autres bases trouvées par M. Unverdorben, savoir : Vammoline , Vanimine , l'odjorine^X olanine dans l'huile animale deDippel, et la cristalline dans l'huile empyreumatique d'indigo. ( Traité de Chimie de M, BerzeliuSy t. vu, p. 717 et jSo.)
Aucune des sept bases dont il va être question n'a été analysée. Leur nombre proportionnel n'a point non plus été déterminé , si ce n'est celui de la nicotine. On sait néanmoins qu'elles contiennent toutes de l'azote , car elles donnent de I^ammoniaque à la distillation ; que dans l'état où elles ont été obtenues, elles ramènent au bleu le papier de tournesol rougi, qu'elles s'unissent aux acides et forment des sels neutres ou acides^
298 BÏ8BS SÏLiFUBtCS O&GÀNÎQtrttw
Nicotine, — Incolore , d'une odeur et d'une saveur 4cï« et piquante, liquide même à — 6**, miscible en toutes propoi« tions à l'eau, dont elle est en grande partie séparée par l'emet ni la dissout aisément ; soluble dans Talcool , dans Tliuile 'amande, et fort peu dans l'essence de térébenthine; susceptible d'être distlllre lentement à la température de i4o®> ^ de bouillir en se décomposant à celle de 246? s'unissant aux \ acides et formant des sels acres et piquans comme elle, que l'eaji 4 et l'alcool peuvent dissoudre pour la plupart, mais sur lesquels 1 l'éther paraît être sans action. Le phosphate , Toxalate, le tartrate sont cristallisables.
Elle s'extrait des feuilles ou des semences de tabac (nûotiana tabacum) en acidulant l'eau dont on se sert , évaporant . la liqueur jusqu'à un certain point , y ajoutant alors de It . chaux , la distillant et traitant le produit distillé par l'éther.
La nicotine rétrécit les pupilles. Une seule goutte suffit pour tuer un chien. Elle a été découverte par MM. Posselt et tteimann, et étudiée par eux et M. Buchner. (^oj^^ l'ouvrage de Berzelius, t. v, p. 177.)
Hyoscyamùie. — Solide, cristallisable en aiguilles incolores, transparentes et soyeuses , d'une saveur acre , légèrement soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool et dans l'éther , susceptible de se vaporiser presque sans altération, et même de passer à la distillation avec l'eau, mais seulement en très petite quantité. Elle s'altère promptement dans son contact avec l'eau et les alcalis, et se détruit complètement en dégageant de l'ammoniaque quand on la chauffe avec de la potasse. Sa dissolution aqueuse forme un précipité blanc avec 1 infusion de noix de | galle, un précipité blanc-jaunâtre avec le chlorure d'or, et ne ^ produit aucun trouble avec celui de platine. Elle neutralise les acides et donne des sels aisément cristallisables pour la plupart, et très vénéneux.
L'hyoscyamine existe dans Yhyoscyamus niger et s'extrait des semences de cette plante. On les traite par l'alcool, on concentre la solution alcoolique dans une cornue , on la décolore par l'emploi successif et réitéré de la chaux et de l'acide sulfurlque en la filtrant à chaque fois, on réduit par l'évaporation cette solution à un petit volume , et l'on y ajoute un excès de carbonate de soude pulvérisé. Le précipité est recueilli et \ séparé le plus promptement possible du carbonate alcalin, en j le soumettant à la presse et le traitant par l'alcool absolu; j les eaux-mères sont en môme temps reprises par de l'éther. j Les liqueurs alcooliques et éthérées réunies, mêlées à de l'hydrate de chaux, filtrées, décolorées par le charbon animal et évaporées, laissent déposer l'hyoscyamine^ que l'on purifie au
i COaYDÂUEIE. 999
, ])Moi|i en la dissolvant dans un acide^ traitant encore par le duirbon animal, etc.
Cette matière est très vénéneuse. Portée sur l'œil, elle détermine une dilatation qui dure très long- temps. (Geiger et Sesse, Journal de Pharm., t. xx, p. 92.)
Datnrine. — Blanche, amère et acre, fusible, volatile; cris- Itllise facilement en prismes; se dissout dans a8o p. d'eau froide et 7a p. d'eau bouillante, dans l'alcool en grande quantité, nn peu moins dans Téther; se comporte comme l'atropine avecla potasse et, en général, avec les divers réactifs; ne se volatilise pas toutefois comme elle avec la vapeur d'eau; se prépare de la même manière, au moyen des semences du datura MramoHi'um^ et produit le m^me effet sur la pupille. Parmi les ads qu'elle forme, quelques-uns donnent de très beaux cristmXj inaltérables à Pair, aisément solublcs. (Geiger ot Hcsse, Journal de Pharni., t. xx, p. 94; et Samuel Simes, idenij t. xx,
p. lOI.)
Colc/iicine, — Solide, blanche, inodore, d'une saveur ftpre et très amère , cristallisiable en aiguilles déliées , assez soluble dans l'eau qui, après l'avoir dissoute, produit un précipité dans la solution de chlorure de platine , soluble dans l'alcool, susceptible de neutraliser complètement les acides, se colorant pur l'action de l'acide azotique concentré en violet foncé qui passe bientôt au vert et au jaune , très vénéneuse , trouvée dans le colchicum autumnale^ d'où clic s*ex trait par un procédé semblable à celui que roii emploie pour préparer Thyoscyamine. (Geiger ci liesse^ Jour na/ (Je P /ta rm.^ t. xx, p. i64»)
Aconitine, — Solide, bLinche, pulvérulente ou en masse transparente , qui présente l'éclat du verre, inodore, d'une Saveur amère , puis acre , très fusible , nou volîitiliî , peu soluble dans l'eau, qui n'acquiert point en lu dissolvant la propriété de précipiter le chlorure de platine , très soluble dans l'alcool, soluble dansl'éther, susceptible de neutraliser complètement les acides et de former des sels qui paraissent être incristallisables.
Elle est extrêmement vénéneuse , produit sur la pupille une dilatation qui persiste peu de temps , s'extrait des feuilles sèches de Yaconitum navellus à-peu-près de la même manière 3 ne l'atropine des racines de la belladone. (Geiger et Hesse, oumal de Pharm,^ t. xx, p. i65.)
Corydaline. — Cristallisable en longs prismes incolores ou en fines écailles, sans odeur, presque insipide, quoique ses Sels soient extrêmement amers , très peu soluble dans l'eau , davantage dans les dissolutions des alcalis fixes , bien soluble dans l'alcool et l'éther, fusible au-dessous de 100^, et se d<£cûT&r
300 SUBSTANCES KÉtt&ES OU CRDIFFÉEElfTES.
posant À une température portée un |iea au-delà de ce] se colorant en rouge intense par Faction de l'acide u concentré , susceptible de former un sulfate neutre et ui fate basique , un chlorhydrate très soluble et incrista"' un acétate très soluble et cristallisable. Ses dissolutimu précipitées par Tinfusion de noix de galle*
Elle a été découverte par Wackenroder. Sa pr^ rentre dans le. procédé général (2179). {Voyez le rnanfl M, BerzcliuSy t. v, p. 175.)
CurarLne. — Telle qu'elle a été obtenue jusqu'ici, elkj amorphe et cornée 9 de couleur jaunâtre, amère, dâij cente , soluble en toutes proportions dans Teau et Talc soluble dans Téther et Tessence de térébenthine. De réactifs avec lesquels elle a été mêlée, le tannin seul la| cipite. Elle neutralise les acides et forme des sels que Pc pu faire cristalliser.
Pour l'obtenir, on traite par l'alcool le poison des nonuné curara^ préalablement pulvérisé. La liqueur que évaporée après addition d'eau , filtrée , décolorée pij charbon animal, est mêlée avec une infusion de noixdej Le précipité est dissous dans de l'eau chargée d'acide 01 et la dissolution , mise en contact avec un e>cès de est filtrée et évaporée. La curarine reste pour résidu. (1 gault et Roulin, jénn. de Chim. et de Pnys.^ xxxix, 24>' tier et Pétroz, même recueil, xl, 21 3.)