QUININE. «7S
c'est même un moyen qne Pon peut employer pour séparer la narootine de la morphine.
La narcotine , dissoute dans Phuile , à la dose d'un demi* gros, fait pdrir assez rapidement les chiens. Ils périssent tout* à-coup, lorsqu'on injecte cette dissolution dans la yeine }ugurlaire : elle est sans effet dans le tissu cellulaire; et ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'acétate de.narcotine est presque sans effet sur les animaux. (Voy. le mémoire de M. Derosne,^ Arm. de Chim.^ xly, 247-)
AKTIGLB IV« .
Quinine.
âi84< M. Ehmcan d'Edimbourg était parvenu à retirer de cmelques espèces de quinquina une substance cristalline, que le docteur Gomès décrivit ensuite sous le nom de cinchonm , et que M. Laubert, plus tard , obtint assez pure : c'était la ctAckonine» Mais aucun de ces chimistes n'en avait soupçonné la nature alcaline. Ce furent M. Houton-Labillardière, d'un côté, et MM. Pelletier et Caventou, de l'autre, qui s'aperçurent les premiers que cette substance pouvait être une base salifiable organique, analogue à la morphine. Ces deux der* niers entreprirent alors l'analyse des quinquinas, en s'atta* cbant particulièrement à la recherche et à Tétude du principe amer, qu'ils reconnurent consister dans les quinquinas, en deux bases salifiables organiques, l'une qu'ils appelèrent cinchonine^ at l'autre quinine. 11 parait que ces deux bases existent simultanément dans toutes les espèces de quinquina \ que le rouge les «soutient à-peu-près en proportions égales; que le ■ grb [cinckona condctminea) ne contient pour ainsi dire que de la cinchonine, etle jaune (cinchona cordifolid) que de la quinine. Toutes deux sont naturellement unies à l'acide quinique, et peuvent être représentées, savoir : la cinchonine par G*^Az^H*®-f- H''0, et la quinine par C*^Az*H^°-|- aHPO, de sorte qu'elles ne diffèrent l'une de l'autre que par H'^O.
Préparation. — C'est du sulfate pur de quinine que l'on extrait cette base, en le dissolvant dans l'eau, et en versant dans la dissolution un petit excès d'ammoniaque. La quinine se précipite en flocons blancs caséiformes : on la recueille sur un filtre, on la lave et on la fait sécher.
Propriétés. — La quinine ne cristallise que très difficilement: ce n'est qu'autant qu'on la dissout dans de l'alcool à 0,8 1 5, et qu'on abandonne la dissolution à elle-même, à une basse température, qu'on peut l'obtenir en aiguilles ou houpes soyeuses, qui contiennent i atome d'eau sur i atome de base. Desséchée et privée d'humidité, elle se présente, quand elle n'esl'çcivvvV^iAv
cristaux , sous forme de musse poreuse, blanchâtre. Elle ett presque insoluble dans Teau, quoiau'elle ait une saveur amèit Uétber la dissout assez bien et l'alcool beaucoup mieux. Elle se dissout aussi dans les huiles grasses et dans les huiles volatiles: il paraît môme que quelques fabricans se servent maintenaat d'huile essonticlle de tércbentblne pour l'extraire, après avon été prt'cîpitt'e par la chaux de la liqueur qu'on obtient en trai-l' tant Técorce de quinquina par Tacide chlorhydrique. La dû-| solution alcoolique verdit le sirop de violettes et ramène ai bleu le papier de tournesol rougi par les acides.
qui par le reîroiaissement se prei résiniforme, et susceptible de se charger d'électricité négative par son frottement sur un.morceau de drap. Chauffée plus fortement j elle se décompose et donne des produits ammoniacaux.
Elle s'unit aux acides et forme des sels qui ont une forte saveur amère, dont Téclat est nacré lorsqu'ils sont cristallisa, et dont les dissolutions sont précipitées non-seulement par les alcalis, mais encore par les oxalates, les tartrates , Tinfuslon de noix de galle, et par le tannin. Celui-ci peut déceler moins de^— de (julniiie dans une liqueur. Aussi M, Henrj fils a-t-il fondé sur cette ob;»crvatlon ua procède pour déte^ miner prornptement, à l'aide d'une liqueur titrée de tannin, la quantité de quinine et de cinchonine que peut contenir un quinquina.
Soiis -sulfate. — Baup le prépare en traitant la dissolution de sulfate de quinine par le carbonate de baryte, la filtrant et la faisant cristalliser : il affecte la forme d'aiguilles nacrrH qui ont l'apparence de l'amianthe, et qui contiennent lo atomes d'eau.
Ainsi obtenu, il ne se dissout, suivant Baup, que dans ^if^
Sartiesd'eau à i3% dans3o p. à:ioo",dans 60 p. d'aï iXK>l d'une ensité de 0,8 5 à la température ordinaire, et dans une quantité bien moindre d'alcool bouillant. Chauffé, il entre facilement en fusion, laisse dégager seulement 8 atomes d'eau, pois .1 une température plus élevée prend une couleur rouge ej se décompose. Il s'effleurit peu-à-peu dans l'air sec à ao© cent. Sulfate neutre. — Les cristaux de sulfate neutre spnt ordinairement de petits prismes aiguillés, transparens. Pour les obtenir un peu gros, il faut abandonner une solution, concentrée de ce sel à une évaporation spontanée, dans un lieu où la température est d'environ 3oo; ils contiennent 24,66 pour 100 d'eau : aussi sont-ils susceptibles d'éprouver la fusion aqueuse« Ce sel est soluble dans 11 parties d'eau à iS^^ dans 8 partiel
DE QtlSONE. 978
k aa«; beaneonp pltuf soluble à chaud qa^à froid dans l'alcool ëtenda, presque insoluble dans raicoof anhydre. Bien desséché, il possède nue propriété remarquable qui a été observée pur M. Cullaud, et qu'on retrouve à un moindre degré dans oelvi de cinchonine : c'est que porté à la température de loo'*, il devient lumineux , surtout lorsqu'on le frotte légèrement. MM. Pelletier et Dumas, en répétant cette expérience curieuse, ont vu qu'alors il était toujours chargé d'électricité vitrée. (Baup, Ann^ deCfdm. etdePhjrs. xxvii, Sap. — Liebig, xLVii, 175.)
Sulfate de quinine du commercé, — La consommation du sulfate de quinine, en médecine, étant considérable, on a cherché un procédé économique pour le préparer ; M. Henry fils a proposé le suivant, qui est généralement adopté. {Journ* de Pharm,^ t. vu, p. 296.)
On fait bouillir i kil. de quinquina jaune en poudre dans 8 kil. d'eau acidulée par 5o à 60 gramm. d'acide sulfurique ou ar une quantité équivalente d'acide chlorhydrique 5 on passe a liqueur à travers une toile, et Ton traite le résidu par une nouvelle quantité d'eau acidulée, afin de l'épuiser de quinine. Quand les liqueurs sont froides, on y jette par portion 25o grammes à-peu-près de chaux vive, en favorisant le mélange
1)ar l'agitation. Il se forme un précipité qui doit être lavé à 'eau- froide, égoutté et mis ensuite, à plusieurs reprises, en digestion, à la chaleur de 60 degrés, dans de l'alcool à 36 degrés de concentration.
En distillant les liqueurs alcooliques, l'on obtient une matière brune visqueuse, très riche en quinine. Sur cette matière, on verse de l'acide sulfurique très étendu d'eau, et en quantité convenable pour saturer la base. Alors on ajoute du charbon animal à la dissolution , puis on la fait réduire convenablement et on la filtre \ par le refroidissement , le sulfate cristallise. Un kilogramme de bon quinquina jaune fournit à-peu-près la grammes de sulfate.
Le sulfate de cinchonine, qui se forme en m^nie temps que celui de quinine , reste dans les eaux-mères avec une petite portion de celui-ci.
Ij azotate neutre de qidnine^ soumis à une douce évaporation, ofire un phénomène remarquable ; à un certain point de concentration, il se sépare sous forme de gouttelettes oléagineuses anhydres qui se figent par le refroidissement, comme de la cire, et qui, recouvertes de quelques lignes d'eau, l'absorbent peu-à-peu sans se dissoudre, et donnent lieu à des prismes rhomboïdaux très courts, inclinés sur leurs bases, les* cpek ne se prêtent à aucune division mécanique • .
97C BASES SAUFIABLE5 OAGAinQUES.
Chlorhydrate de quinine, — Solnble, cristaUisable en aignil- Ics nacrées, fusible aa-dessons de ioo*«
IJacéîaie de quinine cristallise avec la pins grande fadfité en aiguilllrs soyeuses et nacrées, souvent groupées en mamelons ou en étoiles; si Ton divise les cristaux en les délajant dans Teau , il^ y flottent sous forme de larges filamens asoestiformes d'un aspect soyeux et satiné tout particulier. Ce sel est donc bien différent de celui de cincbonine, qui est incristallisable, et se prend par évaporation en une masse d'apparence gommense.
Les oxalate^tartrate etgallate sont insolubles, lorsqu'ils sont neutres ; ils se dissolvent dans un excès d'acide.
Usages. — Le sulfate de quinine est employé avec le pins
S and succès contre les Gèvres intermittentes . C'est un des mé camens les plus précieux par la constance de ses effets et la facilité qu'on a de l'administrer; on le donne i la dose de 4 ^ S grains, qu'on renouvelle convenablement. Le sulfate neutre, en raison de sa plus grande solubilité , est préféré au sulfate bi-basique.
AATICLB V.
Cinchonine,
ai85. La cincbonine se trouve dans toutes les espèces de quinquina; mais dans le quinquina ^ris (cïnchona conaaminea). elle n'est accompagnée que de très peu de quinine.
D'après cela , rien ne s'oppose à ce qu'on extraie la cmchonine du quinquina gris, par un procédé analogue à celui que nous avons indiqué pour l'extraction de la quinine.
Il faudra donc faire chaufier avec de l'acide chlorhydriqac faible le quinquina gris réduit en poudre, filtrer la liqueur, y ajouter un excès d'hydrate de chaux, porter le mélange àTebullition, filtrer de nouveau, laver le dépôt, et le traiter à plusieurs reprises pur l'alcool bouillant. La cinchoninese dissoudra; on la retireradeladissolution par évapora tion et cristallisation; mais comme elle est ordinairement un peu coloiée, on la purifie en la combinant avec un acide, décolorant le sel par le charbon animal , passant la liqueur au filtre et extrayant la base du nouveau sel , comme nous venons de le dire , par la chaux et l'alcool.
L'on peut encore se servir des eaux*mères du sulfate de quinine pour se la procurer ; c'est môme le procédé que l'on suit le plus ordinairement. L'on étend d'eau ces eaux-mères, on Its précipite par lammoniaque , on recueille le précipité 9UT itri filtre, on le lave, on le fait sécher et on le dissout
cmcHONiKE. • ni
flans Palcool bouillant. Celui-ci laisse déposer la cinchonîne sous forme de cristaux qu'il est bon de purifier par une nouvelle cristallisation. Ce procédé est fondé sur ce que les eauxmères de sulfate de quinine ne contiennent presque que da sulfate de cinchonine, et sur ce que la cinchonine est moins soluble dans l'alcool que la quinine, qui ne cristallise qu'avec diiBculté lorsqu'elle y est dissoute.
Propriétés. — :La cinchonine est incolore, translucide, cris* talline, soluble seulement dans deux mille cinq cents fois soa poids d'eau bouillante, et à-peu-près insoluble dans l'eaa
forte décoction de quinquina. Exposée au feu, elle se décompose dès qu'elle commence à entrer en fusion et se volatilise en partie. L'éther, les huiles fixes et volatiles ne la dissolvent qu'en très petite quantité. Son meilleur dissolvant est Talcool.
La cinchonine ramène au bleu le tournesol rougi par un acide; elle se combine avec tous les acides, et forme, avec là plupart, des combinaisons neutres et acides.
Les sels de cinchonine sont amers comme ceux de quinine^ comme eux aussi , ils sont décomposés et précipités non-seulement par les bases alcalines, mais en('ore par leS oxalates et lestartratessolubles, l'infusion de noix de galle, le tannin (a 177).
Le sous ~ sulfate de cinchonine est soluble à la température ordinaire dans 54 parties d'eau, dans 6 - d'alcool à 85**^ dans 1 1 et 7 d'alcool anhydre , et insoluble dans l'éther. Ses cristaux sont des prismes à base rhomboïdale , terminés par deux facettes ou coupés droit au sommet. Ils contiennent 4 « 86 d'eau pour 100; au-dessus de 100**, ils fondent comme la cire; à une température plus élevée, ils ne tardent point à se décomposer. (Baup, Ann. de Chim. et de Phys. , t. xxvii, p. 323.)
Le sulfate neutre de cinchonine est soluble à i4^ dans un peu moins de la moitié de son poids d'eau, très soluble aussi dans l'alcool et insoluble dans l'éther. Ses cristaux sont des octaèdres rhomboïdaux qui perdent leur transparence dans un air sec, s'eâleurissent à l'aide de la chaleur, et laissent dégager 1 5,5 18 pour 100 d'eau. ChauiTés convenablement, ils deviennent phosphorescens comme le sulfate de quinine. (Baup. — Liebig, Ann. deChim. etdePhys,^ xlvii, 174O
Le sulfate de cinchonine peut être extrait des eaux-mères du sulfate de quinine (2184)* Il paraît, d'après les observations du docteur Bally, qu'aaministré à la dose de 6 à 8 grains par jour , il arrête les fièvres aiguës et périodiques , et qil'il es); moins irritant que celui de quinine.
9Tg BASES SASIFIABLES ORGANIQUES.
Le chlorhydrate de cinchonina cristallise facilement en^ mes très déliés et brillans. très solubles dans l'eau et ralcooL A Tv fusibles au-dessous de loo^* t »
Uazotate neutre de cinchonine^ soumis à une douce ^npM (^ ration, se dépose comme celui de quinine en gouttelettes i'a(-| ^
Sarence huileuse , qui se 6gent par le refroidissement ocMHir e la cire , et qui , recouvertes de quelques lignes d'eau, Iw sorbent peu-à-peu et donnent lieu à des groupes de cristHaj prismatiques réguliers.
Les oxalatâj tartrate etgallate de cinchonine soiit insoUrinl
cpiand ils sont neutres : on peut les former par double it\
composition. 1
Làocétate de cùichonine est incristallisable; Uae prend pit
l'évaporation en une masse gommeuse. I
ARTICLE TI
Aricine,
a 1 86. L'aricine découverte par MM. Pelletier et Coriol itaâ une écorce venant d'Ârica, au Pérou , est mêlée par fraude a quinquina calissaja. C'est une substance blanche 9 braniparente , cristalline, d'une saveur qui ne se dévelorae qa'n bout de quelque temps , et occasionne une sensation chaude et acerbe. L'alcool et Téther la dissolvent; elle est complèteflie&t insoluble dans Teau.
Exposée à l'action du feu 9 elle entre d'abord en fusion yW elle se décompose sans se volatiliser.
Elle forme , en s'uuissant aux acides, des sels dontlf/Jii-
S art ne peuvent être ramenés au point de neutralité. EHnoile ans un excès d'acide sulfurique alTaibli j elle produit unnt fate acide cristallisable en aiguilles aplaties. Le sulfate neslse au contraire ne cristallise point en se séparant de sa solution aqueuse , mais se présente alors sous-forme d'une gelée trmhlotante , qui prend, en se desséchant, un aspect corné. Ce sd neutre est insoluble dans l'éther, soluble dans ralcool , et se dé[)Ose de la dissolution saturée à chs.ud sous foime de petitei aiguilles soyeuses. L'aricine se combine aussi très bien à l'tcidc azotique étendu ; mais l'acide concentré la détruit promptument en développant une couleur verte des plus intenses.
D'après M. Pelletier, l'aricine est composée de 70,98 de carbone, 6,95 d'hydrogène, 8, ai d'azote et de 13,96 d'oxigène;
Ce qui correspond à la formule : C*"H**A*'0^. {Ann. dm Ch* et de i^hys.9 t. li, p. i8d.)
S^ prpnaratipn s'exécute, au moyen de réooroe.qui la tient ent comme celle de la cinchonine*
STKTCBTflNE. f79
Cette ëcorce Aant rare et appartenant à un arbre inconnu , ^dricinè n'a pu être examinée que par MM. Pelletier et Coriol. i^^ëtude qu'ils en ont faite est même bien loin d'être complète. i^Ênn. de Chim. etdePhys.^ t. xlii, p. 33o. — Joum. depnarm.j ^^^ XV, p. 565.)
▲RTICLB YII.
Strychnine.
2187. La strychnine, la première des bases végétales décou- . "Certes par MM. Pelletier etCaventou, a été trouvée jusqu'ici ^"n combinaison avec l'acide jgasurique .• i© dans la fève de I Saint-Ignace ( graine du Strychnos ignatia ) 5 2° dans la noîx Comique (graine du Strychnos nux vomica ) •, 3** dans le bois de couleuvre {strychnos colubrina)'^ 4** dans l'upas lieuté (^strychnos tieute). Presque toujours elle est accompagnëe d'une plus ou moins grande quantité de brucine : c'est ce qui a lieu dans la fève de Saint-Ignace et surtout dans la noix vomîque.
Extraction. — Le procédé par lequel on se procure la morphine peut être appliqué à la préparation de la strychnine ; seulement , lorsqu'on opère sur aes strychnos qui contiennent en même temps de la brucine , il faut traiter le mélange de ces deux bases par de l'alcool faible et froid , qui dissout la brucine sans attaquer très sensiblement la strychnine. Il est bon toutefois de reprendre la strychnine par de l'alcool, bouillant, et de soumettre la liqueur à une évaporation ménagée. Cette base cristallise la première , tandis que la brucine qui pourrait être mêlée avec elle reste dans Veau-mère alcoolique.
De nouvelles cristallisations seraient faites, si l'on craignait que la strychnine ne fût point parfaitement pure. Il est possible aussi d'employer l'acide azotique avec succès, comme nous le dirons tout-à-l'heure.
Au lieu de ce procédé , M. Wittstock conseille d'employer le suivant pour extraire la strychnine de la noix vomique. Il fait bouillir la noix vomique avec de l'eau-de-vie à 0,94 , décante la liqueur et sèche la noix dans un four afin de pouvoir la pulvériser aisément. Après cela, il traite cette poudre a 2 ou 3 reprises par de nouvelles quantités d'eau-de-vie bouillante, les réunit toutes et les distille pour en vaporiser l'alcool. Alors il verse un petit excès d'acétate de plomb dans la liqueur restante. Il précipite ainsi de la matière colorante, de la graisse et des acides végétaux. Quant à la strychnine et à la brucine, elles se trouvent dissoutes à l'état d'acétate. La liqueur filtrée et rémiie aux eaux de lavage, est chauffée avec un excès de magnésie, puis le précipité qui contient la strychnine et la
280 BASES SALIFXABLES ORGANIQUES.
brucine est recueilli sur un filtre, lave à l'eau froide^ séché e^ traité par l'alcool à o,835 (i). Distillant ensuite celui-ci jusqu'à un certain point , la strychnine se sépare en poudre blanche cristalline. Toutefois, pour être plus certain de l'ob* tenir pure, il faut la dissoudre dans de l'acide azotique et soumettre la liqueur parfaitement neutre à une douce évaporation. L'azotate de strychnine cristallise seul : celui de brucine, s^il en existait, resterait en dissolution ; il ne peut cristalliser qu'autant qu'il est acide. Enfin , Ion sépare la strychnine de lazotate par l'ammoniaque, et on lui rend la forme cristalline en la dissolvant à chaud dans Talcool à o,835.
Propriétés. — La strychnine est blanche , et si amëre que de l'eau qui n'en contient que r^rn ^ une amertume sensible. Dissoute dans l'alcool , elle se dépose par évaporation spontanée en cristaux presque microscopiques , qui paraissent ètie des prismes à quatre pans terminés par des pyramides à quatre faces surbaissées.
Exposée au feu , elle ne se fond point ; elle se décompose et alors se boursoufle , noircit et donne des produits ammoniacaux, etc. L'eau à lo® en dissout moins de j—, ; l'eau bouillante 7-^— 5 Téther , des traces. Ses dissolvans sont l'alcool et les huiles volatiles. Toutefois elle est insoluble dans l'alcool anhydre^ Talcool à 0,820 en dissout à peine à la température de i5^ : il faut qu'il soit au moins à o, 83 3 pour en opérer la dissolution.
La strychnine s'unit facilement aux acides , les neutralise , et déplace la plupart des autres bases végétales.
Les sels de strychnine sont excessivement amers. La plupart sont soluhles et cristailisables. Leurs dissolutions sont précipitées par les alcalis , Tinfusion de noix de galle et le tannin pur; Elles ne le sont point par les oxalates et les tart rates solubles.
Le sulfate de strychnine est soluble dans moins de dix parties d'eau froide^ il cristallise en petits cubes diaphanes s'il est neutre , et en aiguilles déliées s'il est acide 5 l'air diminue sa transparence; la chaleur du bain-marie suffît pour le rendre opaque ; une chaleur plus élevée le fond d'abord dans vson eau de cristallisation, et lui fait perdre 3 pour 100 de son poids; une chaleur plus forte le décompose et le charbonne.
( i) M. Wittstock recueille le précipité sur un linge, Texprime, le délaie dans Teau froide, l'exprime de nouveau et répète ce traitement piusiétars fois, probablement afin demplo^er une moins grande quantité d'eau de lavage et d'obtenir toute la brucioe. D'une livre de noix vomique, il a relire 40 grains d'aaotatede Mfryckifm^ f ( ^p <|'az9ta(Q d^bruçine.
B&UaNE. f81
ht Moriydrate de strjchnine est plus soluble que le sulbte ; il cristallise en prismes très déliés , qui semblent être quadrilatères, et qui perdent leur transparence à Tair.
Le phosphaie ne s'obtient parfaitement neutre que par double décomposition. Préparé directement, il est toujours acide , et cristallise en prismeç quadrilatères très prononcés.
Yk azotate de strychnine s'obtient en mettant un excès de base dans Tacide azotique très étendu d'eau, cbauffant et filtrant la liqueur , pour séparer la strychnine excédante. Le lel par évaporation , se dépose en une multitude d'ai- [ailles nacrées. Il est beaucoup plus soluble dans Teau chaude que dans l'eau froide , et insoluble dans l'alcool. S'il fitait mêlé d*azotate de brucine , celui-ci , pourvu qu'il fut neutre, resterait dans les eaux-mères.
Enfin les acides carbonique , acétique , oxalique , tartrique, ant été aussi combinés avec la même base. Le premier donne lieu à un carbonate très peu soluble , et les trois autres à des leis très solubles, susceptibles de cristallisation, surtout quand i'acide prédomine.
Action sur V économie animale • — La strychnine est un poison extrêmement violent*, elle fait périr les animaux à très petites doses, en exerçant une action stimulante spéciale sur la moelle épinière et leur donnant des attaques de tétanos^ Un ^emi-grain , insufflé dans la gueule d'un lapin , occasionne la Duort en cinq minutes ; en introduisant la strychnine dans la circulation, l'animal périt beaucoup plus promptement.
Les sels de strychnine sont encore plus vénéneux à cause de leur solubilité : un quart de grain d'azotate ou de chlorhydrate, par exemple , tue un lapin en deux minutes. {^F'oyez SMxe plus de détails sur la strychnine et ses propriétés , le émoire de MM. Pelletier et Caventou , Ami. de thim. et de Physique^ t. x, p. i42*)
AKTIGLB VIII.
Brucine.
21 88. C'est dans l'écorce de la fausse angusture , qui appartient au stiychnos nux vomica^ et non au bruc.va anti-^lysen- 'enca^ comme on le croyait d'abord, que la brucine a été lécouverte unie à l'acide galllque , par MM. Pelletier et Caentou^ depuis, ils l'ont trouvée accompagnant la strychnine lans le fruit môme de ce strychnos ( noix vomique) , et dans a fève de Saint- Ignace. Comme l'écorce de la fausse angus- Ure ne contient que de la brucine , on s'en sert de préférence K>ur extraire cette base : à cet effet , après avoir traité la ûusse angusture par l'eau , il faut y ajouter de l'acide oxa-* icnie , oui enlève la brucine à l'acide gallique, évaporer la lir-
181 BASES SALIFIABLES OKOASlQUESt
Sueur jusqu^à consistance d'extrait , et laver le ràid e Talcooi k la température de zëtOm Celui-ci dissout la matière , excepté l'oxalate de brucine ; ensuite < chauffer ce sel avec de l'eau et de la magnésie , pour composer, et on redissont la base dans l'alcool , qui b précipiter sous forme de cristaux par évaporation lento vu d'ailleurs, qu'en se servant de noix vomiqne pou la strychnine, on obtient en même temps de la brucine |
Propriétés. — La brucine a une saveur ttès amère même temps acerbe; elle se dissout dans environ 5( ties d*eau bouillante et 800 parties d'eau froide ; elle soluble dans l'éther, les huiles grasses, très peu solub' les huiles volatiles ; son dissolvant est l'alcool. On l'i quelquefois en masses feuilletées, d'un blanc nacré l'aspect de l'acide borique, d^autres fois en masses gieuses ; mais lorsqu'on la fait cristalliser régulièremei affecte la forme de prismes obliques à bases parallélograi dans tous les cas , elle doit être considérée comme un I formé de 100 de base et de 19,57 d'eau.
Soumise à l'action du feu, la brucine cristallisée m point à fondre et à abandonner l'eau qu'elle contient : on la chauffe plus fortement , elle se décompose et doi produits ammoniacaux, etc.
L'air ne l'altère pas. Elle forme avec les acides c neutres et des sur-sels. Ceux de ces sels qui ont été nés sont : le sulfate, le clilorliydrate , l'azotate, le phc l'acétate et l'oxalate. Tous sont solubles , amers, 1 par l'infusion de noix de galle et le tannin. Le sul/ chlorhydrate, l'oxalate, à Tetat neutre, cristalliseî L'azotate et le phosphate, pour crislalliser, ont besoin tenir un excès ci 'acide : quant à l'acétate, il est incristall
L'acide azotique concentré la colore tout de sui température ordinaire , en un rouge de sang très fo chose digne de remarque, c'est que cette couleur se de aussi « par l'action de la pile, sur la base pure ou sur se
Qu'elle se montre au pôh positif. A fa vérité, la p 'être colorée en rouge lui est commune avec la me mais elle ne partage avec aucune autre base celle d'ap avec la même teinte au pôle positif. (Pelletier et C jinn, de Cfilm. et de Phys,^ liv, 187.)
Action sur P économie animale. — La brucine ex< l'économie animale le même genre d'action que la stryi seulement , pour produire des effets aussi intenses , il environ douze fois autant que de strychnine* {Ann. A et de Phjrs.y t. xii , p. 1 13.)
IHDLPHIIIE. tH
AJLTIGLB n*
Delphine.
|. La delphine ne s'est rencontrëe jusqu'ici que dans le aigre (semence àndelpkiniumstaphtseigriaàeLmiÈmuB)^ t été découverte par MM. Lassaigne et Feneulle ^ en laisonavec Tacidemalique; mais ils ne l'ont pas obtenue Le meilleur procédé connu jusqu'ici pour se la procurer , ni qui a été indiqué par M. Gouerbe.
[>rend des semences grises ou au plus légèrement mart non des semences noirâtres , qui contienlient k peine Lelphine. Après les ayoir réduites en pâte , on les fait r à plusieurs reprises avec de l'alcool à 36° pour les r de oase salifiable. Puis la liqueur est distillée, et l'esuVlle fournit, traité par l'acide sulfurique bouillant 3ndu , en ayant soin de le renouveler , jusqu'à ce qu'il olore plus , ou plutôt que la potasse n'y occasionne au- 3uble. On dissout ainsi toute la delphine , et l'on sépare ande quantité de graisse , que l'on met de côté, sant alors un petit excès de potasse ou d'ammoniaque a dissolution , on en précipite la base végétale ^ plus latières d'apparence résineuse , qui ensemble pèsent 55 iins , lorsqu'on opère sur i livre de staphisaigre. Tou-* s sont solubles dans l'alcool comme dans Tacide sulfurilais l'une peut être séparée de la dissolution sulfurique ;ide azotique. Une autre est soluble dans l'éther, c'est la le. La troisième au contraire y est complètement insolust celle que l'auteur désigne sous le nom de staphiscun. t pourquoi l'auteur commence parles dissoudre toutes ilcool bouillant , en y ajoutant du noir animal ; il filtre ! Talcool chargé de noir, le fait évaporer, reprend le
par de l'acide sulfurique faible , verse goutte à goutte L dissolution sulfurique de l'acide azotique ordinaire , )duit un dépôt de matière résineuse rousse, laisse éclairliqueur par le repos , la décante , ajoute de la potasse ible pour en précipiter la delphine et le staphisain, après 1 les recueille sur un filtre, les lave, les redissout de u dans l'alcool à 40*^ , filtre la nouvelle dissolution , la
et obtient enfin un mélange de delpbine et de stapbiont il opère le départ au moyen de l'élher. Le staphintient un peu de nitre^ qu'il est facile d'enlever par un à l'eau.
[HTOcédé 9 comme l'on voit^ est fort long et fort compliei|tp*^e parvieudrait-on à obtenir la delpbine pore 9 -.
984 BASES SALIFIABLES ORGANIQUES.
en traitant le mélange même dea trois matières par Pëthaii douce chaleur.
La delphine ainsi obtenue est une substance solide,» tallisable, inodore, excessivement acre, légèrement]» en petite masse , mais presque blanche lorsqu'elle est trfai sée, insoluble pour ainsi dire dans l'eau froide oudai soluble dans l't'ther, plus soluble encore dans ralcool,fa à 1 20^, et devenant dure et cassante conmne la résine p refroidissement. ChaufTée convenablement, elle se déooai{ donne des produits ammonicaux et un grand résidu chi neux. Le gaz chlore est sans action sur elle à la tempes ordinaire-, mais à i5o ou i6oî^, il Tattaque vivement , ufl en vert , puis en brun foncé , la rend excessivement frialil la transforme avec production d'acide chlorhydrique a substances, Tune soluble dans ralcool,une autre dansl'^ la troisième insoluble dans ces deux réactifs, et contenant! trois de l'azote et du carbone dans le rapport de i à i5,9
Les acides sulfurique , azotique , chlorhydrique conca la décomposent : le sulfurique la charbonne en la roag d'abord^ l'azotique à chaud la transforme en. une m d'apparence résineuse.
Tous trois étendus d'eau s'y unissent, la dissolvent d ment des sels, qui peuvent être obtenus complètement très. Il en est de môme des acides oxalique , acétique. Q sont très acres, très solubles, incristallisables. Desséchés, laissent facilemcut réduire en poudre et s'hunxectent e de temps à l'air.
Il paraîtrait suivant M. Feneulle , que la delphine po former des sels neutres, acides et basiques. Gomnijei opéré que sur de la delphine impure , les expériences 0 soin d'être répétées.
L'analyse et la capacité de saturation ont été citées (p ( Voyez pour plus de détails Journ. de Pharm. , t. ix , p ytnn, de Chim, et de Phjrs,^ t. xii, p. 358 et t. m, p. §
ARTICLE X
y^ératrine»
2190. C'est encore à MM. Pelletier et Caventou qu'< la découverte de la vératrine : ils l'ont trouvée unie à ui d acide gallique et mêlée d'ailleurs à l'acide cévadii l'élaïne , à la stéarine , à une matière colorante jaune , \ gomme, à du ligneux, etc., dans la cévadille ( graine < ratrum sabadillaK dans la racine de Thellébore blanc trum album) et dans celle du colchique comninn (coi autumnale)^ plantes qui sont toute" \ mèniéh
TEEATEIIfe. SSB
ipanUion. -— Lé procède saÎTi par MM. Pelletier et Caa ne donne que de la vëratrine impure ; elle oontient une iUe base , la sabadillîne et une matière d'apparence rësi- • M. Gouerbe , à qui sont dues ces observations , la présn suivant le procède qui vient d'être indiqué pour se rer la delphine. Ainsi , après avoir ajouté de l'acide azo- » goutte à goutte à la dissolution sulfurique, pour en sépale matière noire et poisseuse , après avoir décomposé le le devenu clair par de la potasse très étendue d'eau, traité le >itë par l'alcool à 4o^ bouillant , évaporé la liqueur alcooet s'être procuré un extrait formé de sabadilline ^ de 'gomme , de vératrine et de vératrin , il fait bouillir .trait avec de l'eau, qui se colore en jaune, dissout la -gomme et la sabadilline, et laisse déposer celle-ci par aissement en cristaux légèrement roses. Traitant ensuite idu à plusieurs reprises par de l'éther pur à une douce ur, il s empare de la vératrine. La dissolution étliérée lonnée à elle-même , laisse bientôt déposer la vératrine \ présente d'abord comme une sorte de poix presque blanet qui devient cassante , en la chauffant légèrement dans le. L'Arésini-gomme apparaît en gouttelettes huileuses à la ce de la dissolution aqueuse j lorsqu'on vient à la concenaria chaleur : elle contient H*0 de plus que la sabadilline. it au vératrin^ il constitue la matière que l'éther ne dispoint. Une livre de cévadille ne fournit pas tout-à-fait i ie vératrine.
opriétes. — La vératrine , obtenue comme il vient d'être est solide, friable , d'apparence résineuse , presque blaninodore, excessivement acre, incristallisable , fusible à
presque insoluble dans Peau , soluble dans Talcool et îr , susceptible de verdir le sirop de violettes et de ra- T au bleu la teinture de tournesol rougie. umis à la distillation , elle se boursoufle et se décompose oduisant de l'eau , de l'huile, de Tammoniaque , etc.
vératrine s'unit aux acides , les neutralise lorsqu'elle est ces et que les liqueurs sont concentrées ; mais dès qu'on
de l'eau sur les sels , ils offrent des indices d'acidité.
sont solubles. Le sulfate et le chlorhydrate peuvent être ms cristallisés en dissolvant la vératrine dans ces acides lus, etabandonni-\. ,tla liqueur àuneévaporationspontanée. Tistaux de sulfat t sont de longues aiguilles très déliées , xposées au feu se fondent , perdent les a atomes d'eau de iltisation qu'elles contiennent et se charbonnent instannent en produisant des vapeurs blanches , mêlées d'acide xeux. Ceux de chlorhydrate sont analogues aux cristaux
fM BASES SAUHAAU» OlGAHIQinS.
4m salfiBite, mais moins dnrs et mm» alknigés ; ik mA solnbles dans Peau , dans Palcooly et se décomposent triif lement par la chaienr.
jtction sur Péconomie animale. »- Portée snr la nasale, la vëratrine provoque des ëtemnemena ques grains introduits dans l'estomac occasionnent ( vomissemens en irritant la membrane muqueuse , et même causer la mort. {Ann, de Ck, et de Pkfs.y xiy, ^S;* 368.-— /9icr/i. de Physiologie àe M. Magendie^ iSai, pigil
A&TIGLB XI.
Sabadilline.
2191. La sabadillîne est une nouvelle base décoi M. Couerbe; elle accompagne la vëratrine dans la cévac racine de rhellébore blanc et du colchique commun, qui en contiennent fort peu, beaucoup moins que de vérat
Préparée , comme nous l'avons dît (2190) , et purifiée 1 dissolvant à cbaud dans de l'alcool charge de charbon, eh blanche, excessivement acre, fusible à 200* et snsceptiblei prendre à mesure qu'elle se refroidit en une masse qui aFiS résineux et brunâtre. Une température plus élevée la rendM en dégage de légères fumées , puis la décompose entièica en laissant un charbon volumineux.
La sabadillîne se dissout assez bien dans l'eau chaude eti dépose presque eu totalité par le refroidissement , sous fa de cristaux plus ou moins réguliers , pourvu que la fin soit amenée à un certain degré de concentration : lesc taux bien formés semblent être hexaédriques ; ils piffteitd centre commun et forment des étoiles.
L'alcool dissout plusieurs fois son poids de sabacHhe* dissolution est incristallisable et verdit fortement le m violettes.
L'élher ne la dissout pas d'une manière sensible;
L'acide sulfurique concentré la charbonne. L'acide \ que la transforme à chaud en une matière d'appaivnoe neuse, sans trace diacide oxalique.
Étendus d*eau , ces acides s'y unissent et fi>mient A neutres ; il en est de même de l'acide chlorhydrique. Le fate et le chlorhydrate cristallisent.
La composition et la capacité de saturation de la sabad ont été indiquées dans le tableau , page 265.
On voit donc , d'après ce qui précède , que la sabad diffère de la vératrine , en ce que la première cristaUis dissout dans l'eau et dans l'éther , et que la seconde est il taUisable et insoluble dans ces deux agens.
4kATIGl.B SU.
EméUne.
L'ânëtine, dëcouverte par M. Pelletier, ne se trouve \ l'ipécacuanha, qui lai doit, selon toute apparence, sa oiitive. Pour se la procurer, M. Pelletier met d'abord anha pulvérisé en contact avec de l'éther sulfurique, pérature de 3o**; lorsque Tipécacuanha ne cède plus 'éther renouvelé convenablement, il le traite de la ani^re par Valcool, en chauffant }asqu'à près de 80°; 1 évapore les dissolutions alcooliques au bain- marie.
de 1 eau sur le résidu ; après quoi la liqueur fiU mèlée avec un excès de magnésie et portée jusqu'à on. Par ce moyen, le sel d'émétine qui pourrait exislécomposé, et celle-ci se dépose, surtout par le refroiit, avec la magnésie excédante : alors il faut laver le ec de l'eau très froide, qui s'empare de la matière colon combinée à la magnésie, puis le dessécher, disémétine dans ralcool rectifié et faire évaporer la dis- : le résida est Témétinc. Pour l'avoir plus blanche, on ombiner à un acide, traiter le sel par le charbon anirécipiter de nouveau par la magnésie et la séparer par comme nous l'avons dit plus haut, jette opération, l'éther a pour objet d'enlever irtie jrasse, et l'alcool de dissoudre le sel d'émétine; mais et agent dissout en même temps un peu de cire, de la ;rasse et de la matière colorante, il faut nécessaireoment .^asser de ces diiférens corps, et de là la raison pour >n emploie successivemenlTeau, qui n'a aucune action )rps gras, la magnésie^ qui décompose le sel d'émé- ., etc.
ux de lavage du précipité magnésien ne doivent pas :ées^ elle retiennent encore de l'éméti ne, qu'on peut )ar une autre série d'opérations, rzelius s'est assuré qu'au lieu de traiter d'abord Tipéi par l'éther et l'alcool , on peut le mettre en contact 'acide sulfurique faible qui dissout l'émétine, de la t de l'amidon : l'on précipite ensuite par de la mai base végétale que l'on purifie comme nous venons de .
étés. — L'émétine ainsi préparée jouit des propriété*
: elle est blanche, pulvérulente, inaltérable à l'air, :eur un peu amère et désagréable; elle est peu soluble u froide , plus soluble dans l'eau bouillante, très sois l'alcool, insoluble dans l'éther, les huiles : l'éthei?
même la précipite de ses dissolutiofiifl idoooliques. Ghanfféei cernent, elle fond entre 4S** et 48**; puis, loraae la temf tare est convenablement ëlev^e, elle fournit les prodoitii substances organiques azotëes.
L'iSniëtine avec les acides ne forme aucun sel neutre; les sels dont elle fait partie sont acides et solubles, tons se] nent en masse d'apparence gommeuse par l'ëraporation; i quefois srnlement , au milieu de ces masses^ on distingoei mdimens de cristaux.
Pour unir l'émétine à l'acide azotique, il faut qoel acide soit très étendu d^eau : Tacide concentre Pattaqoe,! change en une matière résineuse jaune-orangë , et eimai acide oxalique.
L'acide gallique et Finfusion de noix de galle forment i la solution d'émétine des précipités blancs et très abon^ en cela Témétine se rapproche de la quinine et de la di uine; mais elle n'est pas précipitée par les cxalates et les i trates alcalins.
Le sous-acétate de plomb, qui produit un très abooh précipité dans une dissolution d'émétine colorc^e, n^a zvsM action sur les sels d'émétine purs : par conséquent, FacA n'agit sur l'émétine colorée qu'en vertu de la matière coloni étrangère, avec laquelle l'oxide de plomb peut se comlniiai entraînant un peu d'émétine même.
L'émétine pure est plus active que l'émëtine du Oïl dans le rapport de 3 à i, selon M. Magendie. On ne doit de l'employe^^ qu'avec prudence ; mais les effets sont plus ce stans* Dans les cas d empoisonnemens par une trop fi)rte à d'émétine, la noix de galle serait le meilleur antidote* (^ plus loin V Analyse de fjpécacuanha.)
A&TIGLE XIII.
Solanine.
12193. D'après M. Desfosses, les baies de la morelle (solm mgruni)^ les feuilles et les tiges de la douce-amère, nu! ment en combinaison avec l'acide maliqueune base qu'il anc solanine. Pour l'obtenir, il verse de Tammoniaque dans le filtré des baies de morelle, et précipite ainsi une matière sâtre, qu'il recueille sur un filtre et qu'ensuite il lave et ti par l'alcool bouillant^ celui-ci laisse déposer la solanine pai vaporation.
Depuis le travail de M. Desfosses, elle a étë retroi dans les baies du solanum verbascifolium par MM. Payei Chevalier, dans le solanum mammosum et les germes dejh
SOTJkNINE. f89
sulfurique , l'acide phosphorique tractive qu'elle contient alors, au moyen de l'acétate de plomb, et mettant la base en liberté par l'emploi d'un lait de chaux. . n la sépare ensuite de l'excès de cbaux par l'alcool à 80"* centésimaux, qui la dissout, et la purifie par plusieurs dissolutions successives dans l'alcool.
Parfaitement pure, elle est sous forme depoudre blanche, brillante comme de la nacre de perle, inodore, très amère, fusible un peu au-dessus de 100**, décomposablc h une température beaucoup plus élevée, insoluble dans l'eau froide, près-* que insoluble dans l'eau chaude, qui n'en dissout que - ~ de son poids, dans l'éther, l'huile d'olive, l'essence de térébenthine, et très soluble, au contraire, dans l'alcool. '^ '
Elle ne produit aucun effet sur le papier de curcuina, et ramène pourtant au bleu le papier de tournesol rougi.
Soumise àl'action de la chaleur, elle abandonne environ -^ de son poids d'eau, se fond à une température supérieure à i3o®, 'puis se décompose, et donne à la dillillation des produits acides. Chauffée avec de la potasse caustique, elle ne produit même que des traces d'ammoniaque. Les acides sulfurique et azotique concentrés la décomposent : elle s'y unit comme aux autres, lorsqu'ils sont étendus, et forme des sels neutres, la plupart încristallisabks, dont quatre seulement ont été examinés, savoir : le sulfate, le chlorhydrate, l'azotate etFacétate; tous, et surtout l'acétate, jouissent a une amertume plus grande que lasolanine. Le sulfate s'effLeurit en excroissances cristallines, semblables à des choux-fleurs.
La solanine est très vénéneuse. M. Otto a observé qu'un grain avait suflS pour faire périr un jeune lapin en trois heures, et qu'un lapin plus fort avait succombé en neuf heures à une dose de 3 grains. Son action paralysante sur les extrémités postérieures des animaux est très marquée : aussi produiton cette espèce de paralysie sur les bétes à cornes en les nourrissant avec des lavuires provenant des pommes de terre germées. ( P^of. pour plus de détails les recherches de MM. Desfosses, Joum. de Pharm.^ t. vi, p. 874, et t. vu, p. 4i4; xme noie de MM. Payen et Chevalier, Journ. de Chim. méd.^ 1. 1, p. 517; les observations de M. O. Henry, Joùrn, de Pharm,^ t. XVIII, p. 661 5 celles de M. Otto, jinn. de CfUm. etdePhys.^ t. LUI, p. 4^35 et l'analyse de M. Blanchet, Ann. de Chùn. et de Pnys.y t. lui, p. 4i4*)
rr. sixième édition, ^^
990 BASES SALIFIÂËLES OllGANlQUES.
AETIGLÈ XIV.
Atropine.
ai94« yatropine, découverte par Brandes(i), puis examinée successivement par MM. Rutige (a), Gelger et Hesse (3), a éié obtenue pure pour la première fols par M. Mein. Elle se trouve dans les tiges, les feuilles et la racine de Vatropa belladona* Voici le procédé qu'a suivi M. Mein pour l'obtenir :
1^ On prend environ a4 parties de racines sècbes de belladone^ provenant de plantes âgées de a à 3 ans, bien nourrieS) pesantes^ et présentant à la cassure un faible éclat résineux ; on les réduit en poudre très fine, et on les fait digérer pendant plusieurs jours avec 6o parties d'alcool à 86 ou 90^ cent^Bitaaut. La matière est fortement exprimée, et le résidu traité de nouveau par une quantité d'alcool égale ii la première.
a^ Les liqueurs réunies et filtrées sont mêlées avec i partie d'hydrate de chaux , et abandonnées à elles-mêmes pendant a4 heures, en ayant soin de les agiter fréquemment : après
3uoi on sépare^ au moyen du filtre, la liqueur du dépôt abonant qui s'est formé, on y ajoute, goutte à goutte, un petit excès d'acide sulfurique étendu, et Ton se débarrasse par une nouvelle filtra tion du sulfate de chaux produit. Alors la dissolution alcoolique est distillée dans une cornue et réduite à environ moitié^ puis la portion restante est étendue de 6 à 8 Sarties d'eau pure et cnauflée dans une capsule à un feu très oux, tant que l'alcool qu'elle contient n'est pas entièrement dégagé. Le tout est jeté sur un filtre, s'il en est besoin, et concentré avec précaution jusqu'au tiers.
3** Lorsque le liquide filtré a été refroidi, on y verse, goutte à goutta, en le remuant, une solution concentrée de carbonate de potasse, jusqu'à ce qu'il ne se trouble plus, et on le laisse en repos pendant quelques heures. Le dépôt est une résine jaunâtre, qui s'opposerait à la cristallisation de l'atropine. Ensuite, on décante les eaux-mères avec précaution , et on y verse de nouveau une petite quantité de carbonate de potasse. Bientôt l'atropine s'en dépose, et donne à la liqueur l'aspect d'une masse gélatineuse à la surface et au milieu de laquelle il $e forme çà et là, dans l'eSpàce de i a à à 24 heures, des points blancs étoiles d'atropine cristallisée. La masse gélatineuse doit être agitée, puis jetée sur un filtre, égouttée autant que possible, et comprimée peu^à-peu entre plusieurs feuilles de papier non collé.
*Êm>mmim0m^mmimmairmmmm^^i9mamm^mmt^^^
(1) Journ. de Pharm,, vi, 47.
(a) Ann. de CL. et de Plijs., xxvii, 32.
(3) Jçum, dcFharm,, w^» 87.