HUILES ESSENTIELLES
^le les huilas essentielles peuvent aussi absorber ce gaz. L'absorption est ordinairement très grande, lorsqu'elles sont plus pesantes que Teau; elle est au contraire très faible, de 8 a lo loifiy par exemple, le volume des huiles , lorsqu'elles sont plus légères. L'huile de lavande est la seule qui en absorbe jusqu'à 47 volumes.
Toutes produisent , aveo le chlore gazeux , beaucoup de chaleur et une matière visqueuse qui est un composé d'acide chlorhydrique et d'un corps particulier y d'où il suit que ce gaz les d<» hydrogène en partie. Elles cèdent aussi une certaine quantité de leur hydrogène à Tiode ; car le mélange ne tarde
foint k s'acidifier et à contenir de l'acide iodhydrique : d'où on peut conclure que le brome produirait sans doute des effets analogues. Leur action sur le potassium et surtout sur le sodium, quand elles sont bien pures, est nulle ou presque nulle i froid.
2414* n n'en est aucune qui ne se dissolve en petite quan-* tité dans Teau, et en grande quantité dans Talcool : la solution dans Talcool est d'autant plus grande qu<; l'h'ûle est plus oxigén«^e et que l'alcool est plus concentré. Chargé d'huile essentielle, l'alcool prend le nom îï esprit , et l'eau celui d'^au am- matique* On distingue les eaux aromatiques et les esprits par le nom de la plante ou de la partie de la plante avec laquelle on les propare : c'est ainsi qu'on appelle eau de lavande^ eapf^t de lavande , l'eau et l'esprit de vin tenant en dissolution de l'huile essentielle de lavande. Toutes les dissolutions alcooliques d'huile essentielle sont toujours décomposées par l'eau : celle-ci s'empare de l'alcool et sépare l'huile , de telle sorte que la liqueur prend un aspect laiteux. L'éther possède comme l'aloool la .propriété de dissoudre facilement les huiles essentielles. Plusieurs, dans leur contact avec l'air, à une température déterminée, s'hydratent, suivant MM. Blanchet et oeil, et passent de l'état liquide à l'état solide : telle est entre autres l'huile de persil {Joiirn, de Pharm. xx, 34^). La transformation a lieu k froid dans l'espace de quelques jours.
a4r5. Elles peuvent, en général, absorber une grande quantité de gaz chlorhydrique et en neutraliser une partie. Quelques-unes même acquièrent, par cette absorption, la propriété de cristalliser : telle est principalement l'huile essentielle de térébenthine , qui forme avec cet acide un compose qui se rapproche singulièrement du camphre par la plupart de sespiopriétés (p. 498 de ce vol.); telle est encore l'huile de citron , etc. Versés sur les huiles essentielles, les acides azotique et hypo-azotique très concentrés les décomposent avec violence; il en résulte un grand boursouflement, beaucoup
de chaleur , et sans doute de l'eau , du gax oaxbcmimK, èa oxides d'azote ou de l'azote^ souvent même il y a inflaioniation : du moins elle a toujours lieu tout-à-coup avec PesMDoe de térébenthine , lorsque ces acides contiennent enTiron le tiers de leur poids d'acide sulftirique. Pour faire cette e^érience avec succès et sans danger, il faut prendre environ 3o grammes d'huile essentielle de térébenthine, 4^ grammes d'acide azotique chargé d'acide hypo-azotique , et i5 grammes d'acide sulfurique très concentré , placer l'huile dans un creuset, et verser dedans les deux acides au moyen d'un venc attaché à l'extrémité d'une tige*, l'acide sulfurique agit évidenmient en absorbant l'eau de l'acide azotique, et le mettant dans le cas de se décomposer très facilement.
Jusqu'à présent on n a fait qu'un petit nombre d'expérienr ces sur la réaction des bases salifiables et des huiles essentielles. Cependant ces expériences suffisent pour prouver aa'il exbte, en général, fort peu d'affinité entre les bases et les uniles essentielles. Celles qui ont le plus de tendance à se combiner aux alcalis , sont les plus denses; elles semblent être en même temps plus oxigéiiées que les autres : telle est l'huile de girofle qui s'unit aux bases énergiques, l'huile de piment de la Jamaïque qui se comporte à-peu-près de la même manière, suivant M. Bonastre, et l'huile de canelle qui forme avec l'ammoniaque une combinaison définie. Le produit connu en médecine sous le nom de saison de Starkey^ et qui s'obtient en fabant agir la soude sur l'huile essentielle de térébenthine, n'est, à ce qu'il parait , qu'un composé de l'alcali employé et d'essence convertie en une sorte de résine.
Enfin les huiles essentielles se combinent en toutes proportions avec les huiles fixes. Elles dissolvent les résines ^ le camphre, et même le caoutchouc , propriétés dont les arts tirent un grand parti pour la composition des vernis.
a4i6. On voit donc, d'après ce qui précède , que les huiles essentielles ont des propriétés opposées à celles des huiles fixes. En efiet, les huiles essentielles sont acres, caustiques, très odorantes, sans viscosité, volatiles, inflammables par l'approche d'un corps en combustion , sensiblement solubles dans l'eau, non saponifiables. Les huiles fixes, au contraire, sont douces , presque inodores , visqueuses , décomposables , au moins en grande partie , par la distillation, insolubles dans l'eau; elles ne s'enflamment point par l'approche d'un corps en combustion, et se saponiuent aisément.
2417* Etat natureL — Les huiles essentielles se trouvent dans tous les végétaux aromatiques ; ce sont ces huiles qui l^or communiquent l'odeur qu'ils exhalent ; elles se rencon^
HUILES ESSJSOTIELLBS. 493
trent dans toutes l^urs paciles , dans les fleurs y dans les feuil* les 9 dans les liges, moins fréquemment dans les graines, quelqoefoia dans les racines^ elles sont toujours renfermées dans de petits utricules placésà la surface de ces différens corps.
n n est point de plantes de la famille des labiées qui n'en contiennent des quantités plus ou moins grandes ; mais il s'en faut beaucoup que celles des autres familles soient dans ce cas.
a4iS* Extraction. — Toutes les builes essentielles peuvent être extraites par distillation : ce procédé est celui que l'on suit presque toujours ^ on l'exécute en distillant de l'eau dans un alambic, comme nous l'avons dit (168) , et en mettant avec l'eau elle-même, dans la cucurbite , la plante ou la partie de la plante qui contient l'huile essentielle. La quantité d'eau doit être assez grande pour baigner la plante , et l'on juge
£ae . l'opération est terminée quand l'eau passe sans odeur, 'eau et l'huile essentielle se volatilisent ensemble , se condensent dans le serpentin, et se rendent dans le récipient dont la forme est particulière ( Foy. pi. iv, fig. i3). Au moyen de ce récipient , qu'on appelle récipient florentin ou italien^ Feaune peut pas dépasser le niveau AB, Lorsqu'elle y est parvenue, elle s'écoule par l'anse f C L'huile , au contraire , se rassemble ordinairement au-dessus de AB , dans la partie du récipient AAAA. Cependant il en est une petite partie qui se dissout dans l'eau : c'est même ainsi qu'on obtient les eaux
latique.
des substances dont il serait impossible de se procurer l'huile sans cette précaution, parce qu'elles en contiennent très peu : telle est la rose. D'ailleurs , on sépare la couche d'huile en la versant avec l'eau dans un entonnoir dont on tient le bec fermé par le doigt , retirant le doigt au bout de quelques minutes^ udssai^t écouler l'eau et recevant ensuite l'huile dans un flacon : il serait encore mieux de commencer par faire écouler la majeure partie de l'eau par l'anse en inclinant le récipient.
L'eau, dans l'extraction de l'huile, a pour objet, non-seulement de maintenir la température à un degré constant et d'empêcher la plante de brûler , mais encore de favoriser la vaporisation de l'huile essentielle, qui n'entrant en ébullition qu à la température de i5o' environ, peut se réduire en vapeur dans tous les gaz , à la manière de tous les liquides dont \à tension est plus ou moins considérable :, aussi y a-t*il de l'avantage à charger l'eau d'une certaine quantité de sel; elle ne bout plus qu'à 100 et quelques degrés , et dès-lors l'huile
4#4 MBSTANGES HBimCS.
étant plu9 écliaiiffée, il en passe beanoonp pkia dftna «ft ttHfi wnné*
On peut encotê se procurer certaines liuiles eMelitiéQêt pHt la pression j mais ce prpcédë n'est praticable que sut leé UM dont la partie charnue de cpelqnes fruits est enreloppéc. Qui n'a pas été à même d'observer en eil*et c|ue ^ en < omprimsat Penf eloppe de l'orange , on en faisait jaillir une liqueur fies
'huiles essentielles extraites par distillation ; puis pour enlefêr la petite quantité d'eau qu'elles retiennent, ils les agitent i froid ou à une douce chaleur avec du chlorure de calcium : c'est en cet état seulement qu'ils les considèrent comme exemptes de matières étrangères.
a proposé de désign(îr, savoir; la première par le nom générique A^éléoptène , et la deuxième par celui oe stéaroptène. Ces huiles sont-elles les mômes dans les diverses espèces d'essences? Non,' sans aucun doute. Mais il serait possible qu'il n'en existât qu'un certain nombre qui constitueraient toutes lei essences par leur mélange ou leur union; ce qu'il y a de certain, c'est que plusieurs sont isomériques : nous citerons pour exemple les huiles des essences de térébenthine et de citron; d'autres sont probablement dans le même cas. Ajoutons que, suivant M. Couerbe, les essences contiendraient en outre une très petite quantité d'un acide gras ; ce serait à cet acide qu'elles devraient leur odeur et leur saveur , si bien qu'on
Sourrait les en priver par les alcalis caustiques^ mais avant 'admettre ces résultats que l'auteur a annoncés , il y a seize mois , il faut attendi e qu'il ait publié ses expériences. [Aiùu de Chim, et de Phys. , lui, 219.)
Les analyses élémentaires de beaucoup d'essences ont été faites depuis quelques années ; nous allons les rapporter dans le tableau suivant.
Elles ont paru dans les Ann, de Chim. et de Pfgru , t. xni» p. aSp et 3^7. — L, 225. — LU, 4o5. — LUI, i65. — lvi, 3i4* — XI.V11, 99. — Li, 275, et dans le Journal de Pharm.y rr, !•-* xx^ aa4ct34i«
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