‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 72 sur 92 · BEURRE · texte numérisé non relu

BEURRE

4cidie fttotiqiie $ quant à Tacide cblorhydriquè ^ sob action X très faible. (M. Braconnot, Ann. de Chim.^ xciii, aSo.)

Les alcalis , en le saponifiant , donnent lieu tout à-la^iois ^ acides stéarique , margarique et olëique.

|1 est formé de stéarine, de margarine , d'oléine. M. Che- «pi a trouvé de plus un peu d'hircine dans celui de mouton; r^ outre les acides gras précédens, il produit de l'acide hirine : telle est aussi la composition de celui de bouc ; il n'est int démontré que Fbircine fasse partie de celui de bœuf. 3)e loo de graisse de mouton purifiée comme celle de porc 393) , M. Chevreul a retiré 78,996 de carbone, 9,3o4 d^oxi- 9 11,700 d'hydrogène.

suif sert à faire du savon, de la chandelle, etc. Quelque^ ^ aussi on l'emploie en médecine.

3397. Huile de pied de bœufm — Graisse liquide, jaunâtre , sdore, que l'on obtient en faisant bouillir dans l'eau jusqu'à ■faite cuisson , les pieds de bœuf séparés de leur "come ; sntôt elle vient se rassembler à la surface de la liqueur : on Kilève et on la met dans de grands réservoirs , où elle se dé- S'a par le repos.

fti'nuile de pied de bœuf ne s'épaissit et ne se fige que diffiement, ce qui la fait rechercher pour le graissage des mécag[ues; on s'en sert aussi comme aliment dans l'économie do- »«tique, et particuhèrement pour faire des fritures. Elle est sans doute formée, comme presque toutes les grais- • animales, de stéarine, de margarine et d'oléine; car, en se i^onifiant , elle forme des acides stéarique , margarique et ^ioue.

sogS. Graisse humaine. — Cette graisse purifiée par la fu- ^11 est ordinairement jaunâtre et inodore; elle varie, dans m degré de fusibilité , suivant les régions du corps qu'elle :cupe ; celle des reins commence à se figer à -f- ^5° ; celle du MU cellulaire des mollets est encore fluide à --|~ ' S^«

Lorsqu'on la saponifie, elle ne produit que des acides marurique et oléique, d'où il suit qu'elle ne doit contenir en orps gras saponifiables que de la margarine et de l'oléine. Wtefois, M. Lecanu y a signalé une substance nacrée, peu Jîible dans l'éther et dont il n'a point examiné les propriétés.

M. Chevreul a trouvé la graisse humaine composée de Qtyooo de carbone, de ii,4i6 d'hydrogène, et de 9,584 V>xigène.

^309. Beurre. — La matière butyreuse ne se trouve que aDuBielait; c'est toujours par le procédé suivant qu'on l'ex- :ait. On commence par abandonner le lait à lui-même dans es terrines. Bientôt il s^ rassenjïle à sa surface dç la crêmc ,

lY. Smiàme ÉditUn, 3x

4tff SUbSTAÏiCES NEUTRES.

qm est formée de beaucoup de beurre- et d'iule < titb de sérum et de matière caaëeose s on Fenlèveaitt^ écnmoîre, et lorsqu'on en a une suflioante quantité, os kl dans une barate , au moyen d'un disque de bois atladwif trëraité d'un long bâton, ou dans un tonneau, par ddi fimées à son axe qui est mobile. En agitant ainsi la crfnt, en met successivemt'nt toutes les parties en contact ki arec les autfff s : celles qui sont simulaires finissent par se vn de sorte qu*au bout d un cerlain temps, la crème se tronret fcnmée en beurre et en Lit de beurre , liquide blanc <{aii(

rdu s^mm légèrement acide, tenant en suspensioa irii beurre et de la matière casceuse. Aussitôt que ce déptfti fait, on cesse de battre: on retire le beurre et on le sépare* * de beurre qu'il renferme, en lelavant à grande eau et le ad jusqu'à ce qu'il ne la blanchisse plus sc^nsiblement. C^ qu'on le verse dans le commerce, il est plus ou moinsbon,! qu'il a été préparé avec plus ou moins de soin , et soinrti alimens que prennent les animaux qui le fournissent.

Toutefois, quelque multipliés que soient les larafa.î beurre retient toujours une petite quantité de mstièff s^euse et de sérum, qu'on ne peut en séparer que par lafisi C'est à ces substances étrangères qu'il doit la propri^' rancir si vite en été; car lorsifu'il est pur, il se consenefi dant très long-temps. En effet, que ron expose dubeonfî une température d'environ 60 à 66^, il fondra, às^ifM

limpide s'il est de bonne qualité, et laissera déposer lesém & l'état liquide, et la matière caséeuse sous forme defloi^

. ^ plusieuis"*

La tht'orie que nous venons de donner de la prépantûdia

beurre n'i'St point celle qui était admise autrefois : onpfl^ que non-seuliinent le beurre n'était point tout forme otf* er^me, mais encore que la crème n'était point toutefois"* dnrm Ir? lait \ Ton prétendait que le lait ne pouvait dons^^ rr^irir- , » I fpic la crème ne pouvait donner de beuireqocj' uni* iili«r»rption d'oxigène : de là, disait-on, la nécessitéf^ pl«»yrr fU% trrrines très évasées, et de battre la crème, f^ ifiiilii|iliri If'H points de contact avec l'air^ mais les of^ ru'Utto «jiK- iifHis allons rapporter sont entièrement eontni^ À tA'iu ifiiiiiiK- de voir, et prouvent que l'autre est k** quf: l'on i*iiiJ»S(; arlincttre.

i^'.Si l'ttn remplit un flacon de lait, qu'on le boiuk*f

r'ofj r*iliiindotuie à lui-même , la crème se séparera tooti^ ^ i'il avait le contai -*- l'air.

HtmtÈ DE POISSON. , 4ft3

A* Si ce flaecm est exposé aa soleil, là crème commencera à /âerer tout de suite , et formera eti très peu de temps une cdaiftié iiâsez épaisse ; an bout de ringt-quatre heures lé lait sera entièrement caillé.

3* LiOrsque l'on met de la crème dans fine bouteille jusque ! dn goulot , qu'on remplit celui-ci de gaz carboni- 9 qu^on le bouche et qu'on agite la bouteille , le beurre se bit oomme dans des vaisseaux ouverts.

U faut donc conclure de là que la matière butjreuse existe dans le lait , et que celui-ci n'est que du sérum tenant , pour ainsi dire, en suspension intime, cette matière et la matière éaééé^8e, de telle sorte que , quand le lait est abandonné à luimême , ces diverses matières se séparent les unes des autres en ^Merttt de leur pesanteur spécifique.

#4oo. Les propriétés physiques du beurre sont connues de ttfnt le monde. On sait qu'il est d'une consistance molle à la fêtiipérature ordinaire ;>^ que sa couleur varie du jaune au felanC; que sa saveur est plus ou moins agréable; qu'il a une «deur légèrement aromatique ; que sa pesanteur spécifique est ttoindre que celle de l'eau , et qu'il est très fusible.

I/air l'altère beaucoup plus promptcment en été qu'en hiver* Mis en contact avec les solutions bouillantes de potasse éà. de soude, il forme outre la glycérine, des acides margarine , oléique , et de plus un peu d'acides butyrique, caprique et caproïque.

Pour le conserver, on le sale ou ou le fond. Au lieu de le fiSndre en le soumettant à une température élevée , comme on le fait ordinairement, il vaudrait mieux en opérer la fusion i tenè chaleur de 60 à 66"; il en résulterait un grand avantage : c'est qu'alors il ne contracterait point de saveur acre, et serait aussi propre que le beurre frais à la préparation des alimens. (CSonet.) ^

Le beurre , débarrassé par la fusion , de la matière caséeuse et du sérum avec lesquels il est ordinairement mêlé , est composé de margarine , d'oléine , d une petite quantité de prin* c^pè colorant , d'un peu d'acide butyrique auquel il doit son èdeûr , et de butyrine : il faudrait y ajouter la caprine et la Mproïne, dans le cas où l'on croirait que les acides caprique et caproïque proviendraient de substances grasses particulières. (y<ryeK l'ouvrage de M. Chevreul.)

sé4oi. Huile de poisson. — Graisse fluide, blanche ou d'un tmii; mugeâtre, d'une odeur désagréable, qui produit avec kt acalis des acides stéarique , margarique , oléiqûe , et qu'on yrtire de plusieurs poissons de mer, surtout des cétacés.

CSette graisse s'obtient pure en la faisant fondie^ U cc^\A«svV

a travers une toile daus dos touneaux , et la séparant, patb cantatlon , d'une matière blanche concrète qu^elle lusse d ser par le refroidissement , et qui a beaucoup de rapport la stéarine.

Elle est composée de stéarine, d'oléine, Ae principe de principe colorant^ et contient en outre un peu de Uiti tière blanche concrète dont nous venons de parler (Chen^ Ann. de Chiin. et de Phys.j t. vu, p. 373). Probabki^ qu'elle renferme aussi de la margarine. 1

De 100 parties d'huile de poisson. M* Berard a oblal 79,65 de carbone, 6 d'oxigène, et i4,35 d'hydrogène.

On emploie cette huile pour faire le savon vert et poorFclairage.

2402. Huile de dauphin {delp/Unus globiceps)^ tX.hok^ marsouin {delphinns phocœna). — L'huile de dauphin, extnit à la chaleur du baiu-marie, du tissu oui la' contient, est làr rement colorée eu jaune citron; son oaeur est analogue àcd: du poisson et du cuir apprêté au gras, et sa densité à ao'es de 0,9178. 100 parties 4' alcool d'une densité de o,8ntf dissolvent 1 10 à la température de 70". La dissolution ne m git point la teinture de tournesol et ne commence à se tiM hier qu'à 52^

Lorsqu'on expose l'huile de dauphin à 3® o", onparvi*

à la réduire eu une substance cristallisée, brillante, et c huile liquide à cpielqucs degrés au-dessus de o®.

Lamatière crislulline a beaucoup d'analogie avec laoàiof' Quant à riiuile li(juide, elle paraît être formée d oléine, 4 margarine, de phocénine et d'un peu d'acide phocénique.

Ce sont aussi ces quatre substances qui constituent llo^ de marsouin.

2403. Blanc de haleine. — Le blanc de baleine setrw^dans le tissu cellulaire interposé entre les membranes dncffveau de diverses espèces de ftichalots , surtout du vh^ macrocephalus. Il est naturellement mêle avec une ^^■ liquide, dont on le sépare en grande partie au moyen <i^ sac de laine. Pour achever de le purifier, on le soumet p* à-peu, k une forte pression, puis on le fait bouillir avec a*

{)roportion convenable de lessive alcaline, on le lave etfl> e fond.

Cette matière grasse est solide, blanche, douce au toach'^ cassante, sans action sur le tournesol. EUe entre en fosios' environ 44 degrés. Soumise à la distillation^ elle donne 0= pru d'eau acide, un produit solide, cristallisé, dont le poii «'«t égal aux neuf dixièmes du blanc de baleine des tf>^ •|p « liairbon; etc. Cent parties d'alcool bouillant en dissokï^

BENZOME. 4ê8

5r parties» et en laissent déposer, par le refroidissement, sous bnnede lames cristallines. Elle est composée, d'après M. Che- ▼reul , de beaucoup de cétine, dont les propriété ont été examinées ( 2353 ) , d'une certaine quantité d'huile fluide à -{i8^, et d'un autre principe particulier jaunâtre.

M. Berard , qui a déterminé la proportion des principes iBOnstitoans du blanc de baleine, y a trouvé, sur loo : 8i de carbone, 6 d'oxigène et i3 d'hydrogène.

Suivant M. de Saussure, la quantité de carbone n'est que de 75,474? celle d'hydrogène ae 12,795, celle d'oxigène de 1 19377 : il y aurait en outre o,354 d'azote.

▲KTiCLE vu.

Corps gras qui proviennent de la décomposition des acides^ sous Vinfluence des alcalis à une haute température.

' a4o4« Les corps gras qui se produisent sous cette influence sont la benzone^ la margaroney la stéarone^ Voléone, la sucd' none. Nous y joindrons comme annexe Y acétone j non que l'acétone soit une substance grasse, mais parce qu'elle se forme dans les mêmes circonstances que la benzone, etc.

Chacune de ces substances offre ceci de très remarquable dans sa composition, savoir, qu^ellepeut être représentée par i prop. de l'acide d'où son nom dérive, moins i proportion décide carbonique : rien donc de plus facile de voir pourquoi ces nouvelles matières prennent naissance, lorsqu'on met en contact, k une température convenable , les acides benzoïque, maigarique, stéariquc, etc., avec les bases alcalines; c'est que les bases alors passent, du moins en partie, à l'état de carbonates. A la vérité, une petite partie des acides se transforme ordinal* rement en gaz, en huile, en un résidu charbonneux, etc.^ mais cet effet doit être attribué à ce que le sel se trouve soumis dans quelques-uns de sts points à un degré de chaleur trop âevé. Mm. Dumas et Liebig ont établi, les premiers, la théorie que nous venons d'exposer en analysant l'acétone ou esprit pyro-acétique (Ann. de Chim. et de Phys. t. xlix). M. Bussy l'a ensuite appliquée à la production de la margarone, de ïa stéarone et de l'oléone {ia. t. lui , p. Spëh; M. Peligot, à celle de la benzone {id. t. lvi, p. Sp), et M. F. Darcet à celle de la succinone. .

24o5. Benzone. — Nous avons exposé (21071/ le procédé par lequel M. PeUgot est parvenu à se procurer nialement la benzone pure. Il ne nous reste donc qu'à décrira les principales propriétés de cette matière^ nous rappellerons seulement que comme le benzoate de chaux dont on se sert pour sa pré-

paration est toujours hydraté , il se forme plus ou aoÎM de benzine et de naphtaline en même temps (jue de beih zone.

La benzone est une sorte d'huile assex épaisse, incolore k l'état de pureté, mais le plus souvent d'une couleur ambrée. Son odeur particulière, quoique un peu empyreupiatiqn^ n'a rien de désagréable. Sa densité est plus grande que oeÙl^î de l'eau , et son point d'ébullition au-dessus de a5o<».

Elle n'est attaquable ni par Tacide azotique, ni par la f^ tasse; elle l'est, au contraire par Tacide sulfurique conoentrfi qui la colore en brun , même à froid , et la décompose om-

Ïlètement ; elle Test également par le chlore gazeux sous Pinuence solaire ou à la lumière diffuse , et de là résulte de Pir cide chlorhydrique et un produit crbtallisé que l'auteur n'a point encore étudié.

M. Peligot ia regarde comme composée de 86,5 de carbone, 5,4 d'hydrogène, 8,i d'oxigène, quantités équivalentes 4 Is formule C^ni^oO.

Or, comme celle de l'acide benzoïque est C^^H^^O^, il s'ensuit que la benzone est représentée par i proportion d'acids benzoïque moins une proportion d'acide carbonique^ comme le montre l'équation : C^Hi^O3—C^O^=C^6H10O.

a4o6. Margarone. — C'est en mêlant l'acide margarique a?ec le quart de son poids de chaux vive, et distillant le mélange, que l'on se procure cette substance. Quarante grammes d'à* cide fournissent ainsi 28 grammes d'un produit solide légèrement jaunâtre, d'où l'on peut extraire par la pression entre des papiers non collés, 22 grammes de margarone presque pure, il ne faut plus en effet que la dissoudre ensuitevà plusieurs reprises dans l'alcool bouillant, et la laisser précipiter à chaque foispar le refroidissement, pour la séparord'une petite quantité de matière huileuse qu'elle retient encore, et qui la rend un peu plus fusible qu'elle ne l'est naturellement. Cette huile provient de ce qu'une très petite partie de l'acide se décompose, de manière à donner les produits ordinaires de la distillation des matières organiques : aussi le résidu, où se trouTe beaucoup de carbonate de chaux , est-il coloré en noir.

La margarone, préparée comme il vient d'être dit, est d'un blanc pur, brillante et nacré. Elle fond à 77**, et se prend, lorsqu'on la soustrait à l'action du feu, en une masse qui imite le blanc de baleine. Soumise à la distillation , elle entre en ébuUitîon et se vaporise complètement sans éprouver d'alto ration notable. Triturée dans un mortier, elle adhère souvent au papier dont on se sert pour la remuer , oe qui tteot à la propriété qu'elle a de aélectrisér par le âottemeat»

STÉAaonC 487

Chauffée fortement au contact^ de Tair, elle brûle avec mie flamme éclatante et exemple de fumée.

Elle se dissout : i*' dans 7 fois son poids d'alcool à 4oo bouil-* lant, maisseulement dans 5o fois son poids d^alcool à 36°*, a^ dans moins de la 5* partie de son poids a éiher hydrique à cliaud^ 3^ très facilement dans l'clher acétique et dans l'essence de térékenthine, aussi à chaud : dans tous les casy elle se sépare em grande partie de ces diverses liqueurs par le refroidissement. L'f«iu seule la précipite également de la dissolution alcoolique.

£y posée dans un tube à l'action d'un courant de chlore aec, et sous rinfluonce d'une douce chaleur, elle se transforme ea un fiquide visqueux, transparent, incolore.

L'acide sulfurique concentré la colore et la charbonne, dés qu'on vient à élever un peu la température. Cependant l'acide azotique est presque sans action sur elle. Une dissolution concentrée de potasse n'en exerce elle-même aucune, mômequafid die est bouillante. Ce ne serait qu'autant que l'alcali serait et que la température serait très élevée, que la margarone rait attaquée : alors chaque proportion de margarone céderait ^ proportion d'aci<le carbonique à Talcali, et passerait à l'é^ tat de paraffine (CH) (2^08).

D'après l'analyse de M. Bussy, la margarone est composée de 83,o4 de carbone, de i3,5i d'hydrogène, de 3,i5d'oxigène«

Ce qui donne pour sa formule atomique C^'^H^'^O.

D'où 1 on voit que la margarone peut être représenta dam sa composition :

I® Par I proportion d'acide margarique, moins i proportion d'adde carbonique : C^SH^^o = C^oiie^O^ — GK)\

a" Par de l'acide margarique -|-du bi-carbure d'hydrogène : 3(C«3H670) ou G^«*H*^ibs=Cî"H6703 +C"*H^^*.

3^ Par de l'acide carbonique, -f- du bi-carbure d'hydrogène : a(C6^H«^0) ou C^eH^^^O- = G^O» + C^^*Hi^*. (M. ftissy, {jinfL de Chim, et de Phys.^t, lui , p. SgS.)

%fyy]*Stéarone. — La stéarone se prépare de laméme manière que la margarone, en substituant l'acide stéarique à l'acide margarique.

Elles ont à-peu-près les mêmes caractères physicpes ; mais la stéarone ne fond qu'à 86<> \ elle est moins soluble dans Pat cool et l'éther que la margarone, et contient sur 100, d'après l'analyse de M. Bussy, 84978 de carbone, i3,77 d'hydrogène^ 1,4s d'onigène :

Ce qui donne pour sa formule atomique C*'*ff^O=s£îa 'proportions d'acide stéarique moins â proportions d'aeide tar- Ironique, comme le montre l'équation suivante :

Ci36Hi340 »= Ci*<>H*5406 C*0*.

488 SUBSTANCES NEIJXAES.

£t ce qui fait voir d'une autre part que^ pour la mtoe \t

Quantité de bi-carbure d'hydrogène, la mai^arone oonliem Id eux fois autant d'oxigéne que ^ la stéarone. lii

î^oS. Oléone. — Loleoue n'a ëtë que peu examinée; on li sait seulement qu'elle existe, qu'elle est liquide, qu'on l'dh lii tient à la manière dé la margarone, en distillant l'acide okS» 1^ que avec la chaux , que dans cette préparation , la chaux acf carbonate en partie, que, par conséquent, rolédne doit ttre représentée dans sa composition par i proportion d'acide oléique moins i proportion d'acide carbonique, et doit avoir pour formule : C"6Hi»>0,

24^9. Succinonôm — En distillant le succinate de dma, M. F. Darcet a obtenu une très petite quantité de matière hnileuse, qu'il croit être la succinone ; mais, de son propre aveu, ses résultats laissent trop à désirer pour les adopter. De mmvelles expériences sont aonc nécessaires pour décider la question de savoir si la succinone existe réellement.

x4io. Acétone, ou esprit pjrro-acétique, — Lorsqu'on soamet à un degré de chaleur convenable les acétates acalins, ils se décomposent de telle manière, que la majeure partie de l'acide se transforme en acide carbonique, qui reste uni à la base, et en acétone, qui se dégage et se condense dans le récipient. Suivant Liebig, la totalité de l'acide éprouve même cette transformation, en opérant sur l'acétate de baryte, résultats sensiblement confirmés par M. Dumas, puisque de 100 parties de ce sel , qui contenait 6^6 d'eau de cristallisation, il aretiréja^a (le carbonate de baryte, 1,2 de eharbon, i8,3 d'acétone, 6,6 d'eau, 1,7 de gaz, y compris la perte. Il suit de là qu'il est facile de se procurer de i* acétone : on distille un acétate, par exemple celui de baryte ou de chaux, desséché autant qne possible , et l'on rectifie plusieurs fois le produit sur du chlorure de calcium, au baiu-marie, afin de le séparer des matières étrangères et surtout de l'eau qu'il pourrait contenir.

L*acétone ainsi préparée est un liquide incolore, limpide, dont la saveur est acre et brûlante, et dont l'odeur pe'nctrante difiere beaucoup de celle de l'alcool ou de l'éther. Sa densité est égale à 0,7921 à 18*^^ colle de sa vapeur de u,oi9, d'après l'expérience, et de 2,020 d'après le calcul.

Elle bout à 56"^ sous la pression de 76 centimètres , et ne se congèle point à — 1 5 degrés; elle prend feu aisément, et brûle avec uueflamme très lumineuse. Elle s'unit en toutes proportions à Foau, à Talc-ool, à l'éther hydrique et à la plupart des huiles essentielles. Elle ne dissout que peu de soufre et de phosphore; mai À elle dissout le camphre eu très grande quantité.

L\ur ne TaKère pas. il eu est de même des alcalis, soit à

•^ ÀGiTONE. «88

■froid y soit à chaud* L'acide sulfîirique concentré mèlë àl'acë* 3«Dne donne lieu, comme Fesprit-ae-vin , a un dégagement de chaleur, mais ne produit pas d'éther lorsqu'on le ^tiUe. mH paraît toutefois qnen étendant le mélange d'eau et le sa- 3turant de carbonate de baryte, l'on obtient un sel soluble .^qui a de l'analogie avec le sulfovinate de baryte.

Traitée par le chlore, elle perd H*, prend Ch*, et forme Jà combinaison C^H^OCh^, comme le montre l'équation sui- -vante :

Cm^O + Ch*=CeH*OCh» + ïPCh\ Enfin , mise en contact à chaud arec tme dissolution de cUorite de chaux , l'acétone est décomposée : il y a tout à-lafois production de carbonate de chaux , qui se précipite , et d'une grande quantité de chloroforme qui se dégage aisément en distillant la liqueur. ( Foy. cette nouvelle substancie.) L'acétone est formée d'après l'analyse de :

M. Dumas. M. Liebig Cmoy. de 3 analyses.)

Carbone 62,44 62,1 48

Hydrogène 10.20 10,453

Oxigène 27,36 27,399

Ce qui donne pour formule atomique C^H^O = Off O^ — C^**, ou I proportion d'acide acétique moins i proportion •d'acide carbonique.

Par conséquent, l'acétone peut être représentée dans sa composition :

Soiit par I proportion d'acide carbonicpe -|- a proportions de gaz oléfiant -j- i proportion d'eau = C^O* -j- aC^H® -|- H^O ou 3C6H60;

Soit par I proportion d'acide acétique 4- 2 proportions de gaz oléfiant + 1 proportion d'eau =rC«H«Ô5 + nÙH^J^WO, ou 4C6H«0.

II s'ensuit encore que l'acétone peut être considérée comme un carbonate ou un acétate bi-basique de bi-carbure d'hydrogène hydraté ; mais comme l'éther acétique ou lacétaie neutre de bi-carbure d'hydrogène hydraté est décomposé très facilement par la potasse, et que l'acétone est inattaquable par cette base, il serait difficile d'assimiler l'acétone à un composé de cette sorte.

L'on voit enfin que l'acide acéticpe pourrait être regardé lui-même comme un carbonate d'acétone, puisqu'il est représfenté par C*0* -|- C*H*0, ou i proportion d'acide carbonique -|- I proportion d'acétone.

Un grand nombre de chimistes se sont occupés successivement de l'esprit pyro-acétique ou acétone ^ mais ceux qui rônt examiné d'une manière plus particulière sont MM. De-

480 SUBSTANCES MEUTRES.

rosnies {Atm. de Chim.y t. lziii, p. 267 ), Chenem (iiL t. Lxix, p. 5), Liebîg (Jnn.,de C/utn. et de Phys. t. un, p. 193), l)umas(i^. t TLLiHj p. aoSy etJoum* de Pharm. U n, p. 48a.)

IT« GROUPE

Huiles essentielles.

a4ii. Toutes les huiles essentielles , telles qu'on les eitnit des 'plamtes^ sont acres j caustiques ^ odorantes y sans viscesiié» Presque loutes sont plus légères que l'eau. Plusieurs sont colorëcs , les unes en jaune , d'autres en vert, d'autres en bleu; il est très probable qu^elles doivent cette propriété à des cmp étrangers.

2i4i2« Quoique douées d'une forte odeur , elles n'entrent point en ébullition si facilement que l'eau. Lorsqu'on en vene une certaine quantité dans une capsule, et qu'on en approche un corps en combustion , elles s'enflamment promptement et répandent une fumée noire et épaisse.

a4i3. Introduites avecToxigène dans une éprouvette pleine de mercure, elles s'emparent peu-à-peu d'une grande quantité de ce gaz; quelques-unes prennent plus de consistance, et s'épaississent à tel point qu'elles finissent par se solidifier et se transformer en des substances analogues aux résines. Elles se comportent de la mcme manière avec l'air, dans les mêmes circonstances. M. de Saussure rapporte que: 1° l'huile concrète d'anis a absorbé 1 56 fois son volume de gaz oxigène en deux ans, dans le cours desquels l'absorption a seulement eu lieu pendant que la température était suilisamment élevée pour rendre l'huile liquide, et qu'elle a formé 56 volumes de gaz carbonique ; ao que i volume d'huile de lavande rectifiée , mise gol contact avec Toxigètie , a fait disparaître m vol. de gaz en quatre mois, et 119 vol. en trois ans, en produisant a2^^*-,ode gaz carbonique eti^^^^g d'hydrogène 5 3** que i vol. d'huile de citron, rectifiée avec soin, en a fait disparaître i44 ^^1- &u bout de trois ans et demi, en donnant aa^®^-,o d'acide carbonique, et a^®*-,9 d'hydrogène; 4* que i vol. d'huile de térébenthine rectifiée a donné lieu , en quarante-cinq mois , à une absorption de 1 28 vol. de gaz et à la production de ty^^j d'acide carbonique, et de 5^<*^i d'hydrogène : dans ces exi>ériences , l'huile d'anis a acquis un plus haut degré de solubilité dans l'alcool, et a perdu la propriété de se concréfier par k froid ; les trois autres essences se sont colorées en conservant leur transparence et leur fluidité. f^Ann. de Chim. et de Phys. , XIII, aSoetxLix, a3a.)

Oes essais semblables avec le (aa ammoniac ont prpuvé

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