‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 86 sur 92 · INDIGO · texte numérisé non relu

INDIGO

autf e mode de traitement qui consiste à faire agir sur lui à chaud et successivement l'acide sulfurique étendu , la potasse caustique en dissolution concentrée et l'alcool , a obtenu un résidu formé également de la matière bleue presque pure y .tandis qu'il a retrouvé, savoir ; i^ dans l'acide, une substance glutineuse, soluble dans l'eau et l'alcool, et susceptible d'être séparée des sulfates qui l'accompagnent au moyen de ce dernier liquide 5 a® dans l'alcali, une matière brune ; 3® dans l'alcool, la résine rouge qui possède des propriétés particulières. Distillée dans le vide , cette résine se fond, bout, se volatilise et se décompose en partie; delà résultent un résidu charbonneux et un sublimé qui se compose de cristaux incolores et de résine non altérée : aucun gaz ne se dégage. En traitant le sublimé par l'alcool, on enlève toute la résine et l'on met à nu les cristaux, remarquables en ce qu'ils passent au rouge pourpre et se transforment ainsi en résine rouge, lorsqu'on les met en contact avec l'acide azotique faible. ( Ann, de Chim et de Phys. , t. xxxvi,p. aïo.)

On pourrait donc se servir de l'un de ces deux procédés dans les laboratoires pour se procurer de l'indigo presque pur;maislorsqu'on veut avoir cette matière colorante exempte de toutes matières étrangères, il vaut mieux employer les smvans. Le premier consiste à mettre , par exemple , 5 décigrammes d'indigo ordinaire réduit en poudre, dans un creuset de platine ou d'argent, à fermer exactement ce creuset, et à le placer sur quelques charbons incandescens. L'indigo se sublime et s'attache en cristaux à la partie moyenne du creuset : on le se-

Le deuxième s'exécute en dissolvant l'indigo

dans le sulfate de fer et les alcalis , décantant la dissolution

iqueurs . , ^ „ ,

devient insoluble, et forme une sorte d'écume bleue qu'il faut laver avec de l'eau. L'indigo ne retient plus alors qu une petite quantité de résine rouge qu'on enlève par. ralcool comme dans le premier procédé.

a588. Composition* — D'après le résultat moyen des dernières analyses de M. Dumas, l'iudigo purifié est composé de 7:i,8odecarbone, de 10,80 d'azote, de49o4 d'hydrogène et de 1 2,36 d'oxigène ; d'où l'on déduit pour sa formule atomique : C^^ffAzO, ou C4W^Az303. {Ann. de Chim. et de PJ^s.,

LIH, I74O *

Quanta l'indigo désoxigéné^ il a vraisembUhloiSL^xX^^K^

eSS MATIÈRES COLORANTES.

formule C**^W*^A2K)^, d'où il suit qu'il rètif€nnerait tm licis d'oxigène de moins qae l'iùdigo bleu; or, M. Berzelius a tronfé que, pour produire loo parties de celui--€i , l'indigo blanc absorbait 4 P« 6 d'oxîgène, nombre qui diffère peu effectivement du tiers de la quantité d'oxigène que doivent contenir TQo parties d'indigo bleu : donc, etc.

Nous allons maintenant faire connaître plus particulièrement ce dernier composé.

3 5 8g. Indigo désaxigéné. — L'indigo désoxigéné, qu'on appelle quelquefois indigogene^ s'obtient en faisant agirsor l'indigo la cbaux et le sulfate de fer comme il a été dît (2585), laissant la liqueur s'éclaircir, la faisant passer , à l'aide d'un siphon, dans une éprouvette jusqu'au fond de laqueUe se rend le siphon , remplissant entièrement le vase, à tel point que la couche supérieure du liquide que le contact de î'oxîgèîie atmosphérique a rendue bleue s'écoule par dessus ks bord», iàjoutant ensuite quelques gouttes d'acide snlfuriqoè ou acétique , privé d'air par ré^;)ullition ou l'exposition dans le vide , et adaptant à.I'éprouvette un bouchon qui ferme bien. L'indigo blanc , précipité par l'addition de l'acide, se rassemble. On l'abandonne au repos pendant douze à vingt-quatre heures, et quand il cesse de s'affaisser, on le jtUe sur un filtre après avoir décanté la Kqueur surnageante , on le lave avec de l'eau bouillie et refroidie dans un flacon bouché , tant que celle-ci prend une réaction acide, puis On le comprime entre des doubles de papier Joseph, et on le sèche dans le vide, à côté d'un vase contenant de l'acide sûlfurique. Il s'altère d'autant moins par le contact de Fair, qu'il s'est mieux tassé avant la filtration.

L'indigo désoxigéné est blanc-grisâtre, ou peut-être tout-àfait blanc quand il est pur , doué d'un édat soyeux et d'une apparence cristalline , sans odeur, sans saveur , sans action sur le papier de tournesol. Il est insoluble dans l'eau; mais il se dissout dans l'alcool et dans l'éther.

Chauffé dans le vide, il donne lieu à un peu d'eau qui se volatilise, à de l'indigo bleu qui se sublime et à un abondant résidu de charbon , sans qu'u se dégage aucun gaz dans le cours de l'opération.

Eh exposant à l'air l'indigo désoxigéné humide et récemment préparé, il y reprend de l'oxigène avec avidité et bleuit très rapidement : si, au contraire," il a été desséché, son oxigénatioti exige plusieurs jours pour se terminer, à la température ordinaire; mais, en le chauffant graduellement, il arrive un puiut, où toute la masse s'oxidant en même temps, devient îiMst^ntAnrâltent d'uti bleu ijtiutigte.

TËmrtjRE. eSft

^^élau. L'acide azotûjue commence par le faire passer ^nl'oxidant; employé en plus grande quantité , il le détruit complètement. D'ailleurs il paraît impossible de le combiner avec les acides affaiblis.

Il s'unit, au contraire , très facilement aux bases salifiables, se dièsout dans la potasse et la soude caustiques ou carbona- . tées, dans l'ammoniaque, dans les eaux de baryte et de strontiane, et forme avec la cbaux deux combinaisons, dont l'une est très soluble dans l'eau , et dont l'autre qui renferme une plus grande quantité de base, est presque insoluble dans ce liquide. Enfin il se combine encore avec les oxides basiques des métaux des cinq dernières sections. Le composé qu'il produit avec la magnésie se dissout légèrement dans l'eau } les autres sont insolubles ou presque insolubles , et s'obtiennent par double décomposition. Beaucoup d'entre eux donnent de lin* dlgobleu à la distillation.

Matières colorantes du bois de Brésil^ du santal ^ de Porcanette^ de lagaude^ du quercitron^ du bois jaune ^ ducurcuma^ du safran^ desfeuillesy etc.

Nous ne parlerons de ces sortes de matières colorantes qu'en traitant des produits naturels qui les renferment.

Teinture.

aSpo. La teinture est un art qui a pour objet de fixer les matières colorantes sur certaines substances.

Les principales substances que l'on teint sont les fils et les tissus de coton , de ehanvre, de lin, de laine et de soie. Pour les teindre, il faut en général les soumettre à trois opérations : la (première consiste à les blancbir plus ou moins parfaitement ; la seconde , à les unir à des corps qui augmentent leur affinité pour les matières colorantes , et que l'on désigne sous le nom de mordans; la troisième , à dissoudre ces matières et à plonger le corps à teindre dans le bain qui en résulte. Néanliioins , dans quelques circonstances , l'on fait une quatrième opération : l'on aère la couleur , afin de V aviver. Dans quel-ques autres, au contraire, on supprime la seconde : c'est lorsque la matière colorante est insoluble dans l'eau.

Les fils et les tissus destinés à la teinture devant %tre blan-

640 MATltRES COLOUiNTBI.

chu plus OU moias parfaitement, Ton distingae deux sorte^e blanchiment. La première, moins parfaite que la scoonde^iie peut suffire que dans le cas où l'on veut obtenir des temtes foncëes : elle s'appelle décreusage ^ lorsqu'on opère sur le lin, le chanvre, le coton et la soie , et désuintage , lorsqu'on opère sur la laine» La seconde n'est d'usage que pour les fils ou les tissus qui doivent recevoir une teinte légère ou partielle, comme dans les toiles peintes : elle conserve le nom de UancMment proprement dit.

Nous allons traiter de chacune de ces opérations en particulier.

Décreusage»

A 591. Le décreusage est une opération pat laquelle on se propose d'enlever aux fils et aux tissus de coton, de lin, de chanvre et de soie, les corps étrangers qui ks recouvrent, qui en altèrent plus ou moins la blancheur , en diminuent la flexibilité, et s'opposent à l'action des matières colorantes.

Le lin , le chanvre et le coton se décreusent de la màne manière. Quant à la soie, elle se décreuse d'une matière particulière.

269 1 bis. Décreusage du lUiy du chan ure et du coton. — Supposons que l'on veuille décreuser 100 kilogrammes de fils ou de tissus de coton, de chanvre ou de lin, on les fera bouilHr dans l'eau Endant deux heures ; puis , après les avoir laissé égoutter, on \ remettra sur le feu avec i5 seaux d'eau et i kilogramme et demi de soude du commerce si l'opération se fait sur le coton, et n kilogrammes si elle a lieu sur le fil : dans tous les cas , l'alcali devra avoir été rendu caustique par la chaux. L'ébullition sera soutenue^ de nouveau pendant deux heures ^ après quoi les fils ou les tissus seront lavés à grande eau , et ensuite exposés à l'air. Quelquefois Ton se contente , pr économie, de décreuser les fils de lin et de chanvre en les raient tremper dans une lessive ordinaire , à la température de l'atmosphère , pendant vingt-quatre heures.

a 592. Décreusage de la soie* — On distingue deux espèces de soies : la soie écru blanc, et la soie écru jaune. Celle-ci, d'après les expériences de M. Roard, est fomiée de o,a3 à o,a4 d'une matière gommeuse^ de ^ à 5^ d'une matière grasse analogue à la cire^ de ^ à ^ de matière colorante^ d'une quantité presque inappréciable d'une matière huileuse odorante, et dç 0,7a à 0,73 de soie pure. Loutre ne parait en diflFérer

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