INDIGO. 63S
de Tacide sulfurique fumant ne permet de l'obtenir au^autant que l'on a soin d'étendre d'eau la dissolution de Pindigo aussitôt qu'elle a été opérée. M» Berzéllus obtient ces trois composés de la manière suivante :
i*' n étend la dissolution sulfurique d'indigo de 4^ ^ So fois son volume d'eau et la verse sur un filtre : le composé
et à Peau pure, et la tient plongée pendant quelque temps, à une douce cbaleur, dans la liqueur filtrée. La laine se teint en s'emparant des acides sulfo-indigotique et by po^ulfo-indi* gotique; il la lave alors, la met en contact avec une solution très étendue de carbonate ammoniacal et produit ainsi du sulfo-indigotate et de l'bypo-sulfo-indigotate d'ammoniaque, tous deux solubles dans Feau* Mais l'bypo-sulfo-indigotate est le èeul que l'alcool puisse dissoudre : il sera donc facile de les séparer l'un de l'autre. Lorsque la séparation en sera faite, on versera dans la solution alcoolique d'nypo-sulfo-indigptate, de Facétate de plomb dissous lui-même dans l'alcool : il se formera un précipité bleu d'bypo-sulfo-indigotate de plomb, qui filtré, lavé, délayé dans l'eau et décomposé par un courant de gaz sulfbydrique donnera lieu à undép6t de sulfure de plomb et à un composé soluble , qui^ ne différera de l'acide nypo*sulfo-indigotique, qu'en ce que l'indigo s'y trouvera désoxigêné; mais il suffira d'exposer sa dissolution à l'air pour qu'elle en absorbe l'oxigëne et régénère l'acide bleu, de sorte que,
Eir Tévaporation, on l'obtiendra isolé de toute autre matière, 'acide sulfo-indigotique s'extrait par le même ptocédé de la dissolution aqueuse du sulfo-indigotate ammoniacal. Il s'unit comme l'aciae bypo-sulfo-indigotique aux diverses bases. (jiFm. de Chim. et dePhjrs,^ xxxvi, o5o.) '
C'est avec la dissolution d'indigo dans Facide sulfurique qu'on teint en bleu de Saxe, et qu'on éprouve la force décolorante du chlore ou du chlorure de chaux. ( jinn. de Chùn. et de Phys. vu, 383.)
L'acide azotique concentré exerce ime si vive action sur Indigo , que quelquefois il l'enflamme : l'action est encore très grande , lors même qu'il est étendu d'eau. Il paraît , d'après les expériences de M. Buff, que lorsque l'indigo est pttr, il ne se forme, indépendamment des gaz qui se dégagent , que de l'acide indigotique et par suite de l'acide picrique. Mais il en est tout autrement, lorsqu'on opère sur ^l'indigo du commeree : on obtient de plus une sorte de matière résineuse ou hnilease et du tannin artificiel (a563). bIXb!e,^e^^«CL\xv«aa!X.
jB34 MATIË&ES GOliORANTES.
ainsi de Tindigo de Guatimala, a même observé qu^ily mt l(il production d'ammoniaque. (Arui. de Chim.^ ^P^n» i l^f\ |i^ L'acide cUprhydrique Lquide n'agit point sur 1 in^ liéj bien pur, soit à froid soit à chaud : il en est de même <£is Ik» alcalis. 1
lue
lit
plus encore. LorsquV „
poudre fine par diverses matières désoxi^énantea, il passe m
jaune , devient soluble dans l'eau, au moyen des alcalis ; etii,
dans cet état, on le met en contact avec Pair, il absorbe le gp
oxigène, redevient bleu et insoluble; d'où l'on dpit conclvR
que ces matières n'agissent sur lui qu'en le désoxigënai^ e&
partie. C'est ce que produisent, par l'intermède d^ l'eau, IV '^"^ ' • . i*«„in j-^*/j» ^«: I ir.*^j.
nous ne parlerons point.
^ L'action de l'acide sulfhydrique ^• lieu à la température «^ dinaire : il en résulte, outre l'indigo au niïnin^um d'oxidi^ion, de l'eau, et probablement un léger dépôt de soufre. L'^^P^ rience doit être faite en vase clos; elle n'est terminée qa u ^bout de quelques jours. Il faut s'y prendre de la ;même mar nière pour faire agir le suUbydrate d'ammoniaque; il donne lieu aux mêmes phénomènes que l'acide sulfhydrique : sevjkr ment le soufre, au lieu de se dépo$^, re^ vw^ à l'^cès de suif hydrate. C'est encore à froid, comme nou3 venons de le dire, qu'on désoxigènc l'indigo par la dissolution de protoxidc d'étain dan^ la potasse (dissolution qu'on se procure en versant un excès de potasse en liqueur dans le proto-cblorure de çe.métal) : d'une part , le protoxide passç àVétat de bi-oxide. et de l'autre la potasse s'unit à l'indigo .déaoxigéné. Enfij^ToD
{)Ourrait aussi opérer à froid la désoxigénation de Tindigo par ,è sulfate de fer et la chaux, ou par lorpipiepit et la potasse^ inais il v^ut meux favoriser la réaction par la chaleiu*. Dans le premier cas. Ton prend 2 parties en poudre de sulfate de fer .^du commerce, 2 de chaux qu'on éteint, i d'indigo bien pulvérisé. i$0 d eau; l'on met toutes ces çi^Uèr^ dan^ un matras
d autant plus laciiement qu^e, ramenjb a un mouidre degce
d'pxidation, celui-ci tend a se iopi^binef ayec la matière cal-
.ç^ire,. On opère de même dans le deuxièni^e cas : les propor-
t^Lpns qu'on doit employer sp^t : 8 parties d'orpLQient, 6 d'al-
INDIGO. #5i
caliy 8 d'indigo et loo d'eau. D se forjpe «am do^te du sulfuir^ de potassium et de l'arsënite dç potaase, tandJA que l'indigQ désoxSgénë se combine avec une portion d'alcali» comme dau$ les expériences précédentes.
Ennn pour desoxigéner l'indigo dissous dans l'acide sulfurique, il suiEt d'y ajouter de la limailjie de fer ou de zinc : c'est l'hydrogène à l'état de gaz naissant qui produit cet effet. Lia dissolution ne devient pas jaunej elle prend uiie couleur d'uu gris très pale, et cependant elle repasse au bleu par le conr tact de l'air, {^nn. de Chim. et de Phys.^ tom. yili^ pag. 44^0
a586. Étai mUitreL — L'indigo n'a été trouvé jusqu'ici qme dans un très petit nombre de plantes appartenant au?L g^nr^ indigoferaj ùatisf jet nerium*
C'est surtout 4u. genre imUgofera qu'on l'eiLtrait ; ce gaur«^ lait partie de lafamilîe des légumineuses^ il reofeirm^e plusieuf» espèces qui, probablement, pourraient toutes fournir de l'inr digo. Celles cToùonle retire sont cultivées àla Chine, au Japon, aux Indes,. À Madagascar, en Egypte et dans les colonies de l'Amérique; -OBL en distingue trois principales : i*' l'indigo franc, mdigajera tinctoria: c'est la plus petite, la plus riche en prin^ cipe colorant-, mais l'indigo qu'elle fournit est le moins estimé^ %^V.indigofera dispeffjna : elle estfdus élevée et plus ligneuse que la pirécédenilev ôt donne un meillieur indigo; on la cultivii à Guatimala; 3^ Vindigofera argentea: c'est de cette dernière qu'on retire la plus bel indigo; elle n'en contient qu'une très petite quantité. M. Ghevreul, qui a fait l'analyse des tiges de Vindigofera anil^ a trouvé, i" que le suc de ces tiges contenait de Vxuai^o aximirdmunt d'oxidation, de la matière végéto-animaie coagulable par là &haleur;| une certaine quantité d'une matière verte .e.t dVnQ Çi^tièi'^ Jwj^e extractive, toutes deux solublqs- dans l'alcool-, du mucilage, un sel calcaire, des sels alcàlini;: 2^ que la fécule verte, c'est-à-dire, la substance tenue en suspension dajds Te sUc non filtré, renfermait de l'indigo, de la cire, de . U xéim^ Y^rtte, de la ni,a]Lière animajLe, ^t une résine rouge particulière; 3*^ que le marcjexprimé était formé ,
Ïour la plus grande partie, des débris ligneux de la plante. ies résultats sôiit' sëtisiblemçnt analogues k œuxiinut. ee chimiste avait obtenus en analysant d'abord les feuilles à^ isatis tinctaria. {Ann. de Chim.j t. lxviu, p. a84*)
^587. PrépçaraUofi. -r^ Lorsfque )La. pWte est jf rampe yson degré convenaÙe-de maturité, on eujcoupe les ffiiiiTles» jqu'x)n lave d'abord, que l'on met ensuite dans un« jpttive avec .une
Ïuantité d'eau assez grande pour les reoouvrir d'environ uli écîmètre de ce fiquide, et que l'ô^ maintient dani teite p0sition par des planches chargées djs. poids. BieiUiôt.i^Ë^t\$^^s;^
6 56 MATIÈaBS COLORANTES.
Ution s'ëtablit; la liqueur devient verte, légèrement adde^icLt couvre de bulles et présente un grand nombre de pellîculei ki- 1^ •ées; alors on la fait écouler dims une autre ciUve placée a- W^
pastel ou isaiis tinctoria : seulement, au lieu de se contata de laver le précipité qu'occasionne la chaux, il faut le traiter at | ] suite par r acide chlorhydrique faible, et le soumettre à de nouveaux lavages, (i)
L'indigo ainsi obtenu est celui qu'on trouve dans le oomerce. On en distingue trois sortes : i** l'indigo flore ou guiSir
un plus ffui ainsi nomnià
merce.
mala : il est moins impur, et par conséquent d*u
prix que les deux autres^ ql" l'indigo cuivré, ai
cause de la teinte cuivreuse <pi*il acquiert quand on le frotte
avec un corps dur; 3^ enfin 1 mdigo de troisième qualité, ta
que celui qruon nous envoie de la Caroline. Le premier est pi»
léger que feau; les deux autres sont, au contraire, spéd&pie-
ment plus pesans.
On parvient à les purifier en grande partie , en les traitant d'abord par l'eau, puis par l'alcool, et enfin par l'acide chlorhydrique.
L'indigo guatimala ainsi traité à fourni à M« Ghevreul (^m. de Chim., lxvi, ao.)
/ ammooiaqne \
I matière verte - • I
En dissolution dans Teau : 1 un peu d*indigo désoxidé ^ 12
1 extractif.
f gomme r«««-ik
(matière Terte -• • •
En dÎMoIut. dans l'alcool : | résine rouge. ...} 30
I un peu d'indigo.
Irésinerouge .'«..•• € carbonate de chaux • . «"• .- 2 oxide rouge de fer.« •••..) ^ alumine, . • j
«.réddafoméd. jag;;;;:::::;:::::::;:::::: «»
ML BerzeKns , en faisant subir à l'indigo du commerce un
(i) Le pridj^té est vert; il doit cette couleur à un mélange de jaune et de bleu. En le traitant par Tacide chlorhydrique, on enlève non^seulement la chauxt mais encore on rend la matière jaune plus soluble dans Fean. Toutefois, après afoir été ainsi traité, il contient encore bien plus de matière étrangère que dlndigo or- (Vôyei Traiêé de M. Paymaurin.)