‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 88 sur 92 · BLANCHIMENT · texte numérisé non relu

BLANCHIMENT

mencement de fermentation qui, selon M. BerthoUet, favorise là séparation dje la matière colorante, et surtout du. parou^ doBt ' les tisserand^ enduisent la chaîne dans le tissage des toiles. Le ' chlore et la potasse agissent comme nous venons de le dire. Une seule immersion dans le chlore ne suffit point, parce que ' la nouvelle matière qui se produit s'oppose à Faction du chlore sur les couches intérieures de matière colorante; et de là, par ' conséquent, la nécessité de faire plusieurs lessives ainsi que 1 plu^eurs immersions. L'acide sulfurique sert à dissoudre un E peu d'oxide de fer qui , dans le cours de l'opération , '^ se dépose sur le coton , et lui donne une légère teinte jaunâtre; enfin par les lavages on se propose de séparer le liquide dont le coton est imprégné.

U est nécessaire de ne faire usage que d'eau très limpide. II liaut aussi, i° que la dissolution de chlore ne soit pas trop ooncentrée; a^ que les lessives ne soient pas trop fortes; 3« qne l'acide sulfurique soit étendu de soixante-dix fois son poids d'eau; 4** enfin que l'action de ces agens soit prolongée pendant un certain temps. On juge de la concentration du chlore par son action sur l'indigo : il est au point de force convenable, lorsqu'il peut détruire la couleur d une fois et demie à fl^uk fois son volume d'une dissolution faite d'abord avec une partie d'indigo et sept parties d'acide sulfurique, et étendue ensuite de neuf cent quatre-vingt-douze fois [son poids d'eau. Quant aux lessives, il faut, pour les obtenir, mettre dans un cuvier de la chaux vive, l'éteindre, jeter dessus deux fois son poids de potasse du commerce ou de carbonate de soude, puis ajouter plus ou moins d'eau selon la force qu'on veut donner à la lessive. On brasse le tout, et on abandonne l'opération à eUe-méme. Bientôt un dépôt abondant se rassemble au fond du cuvier : alors on décante le liquide surnageant; on lave une ou deux fois le précipité. L'eau qui sert à ces lavages est réunie à la première lessive, et si le mélange n'est point au degré convenable , on l'y porte par d'autres lessives très concentrées. (^0)^1^ pour plus de détails, les Élémensde Teinture^ par BerthoUet.)

L'emploi du chlore n'est pas sans inconvénient , à cause de son action sur l'économie animale et de la difficulté qu'il y a de le préparer en grand : aussi commence-t-on à se servir gt'néralement en France du chlorure de chaux, comme on le fait depuis long-temps en Angleterre. Ce chlorure a d'aiUeurs l'avantage de contenir beaucoup de chlore sous un petit volume, et de pouvoir être transporté au loin.

Les estampes , les gravures , les livres dont les feuillets sont devenus jaunes , se blanchissent aussi par la dvs&oVa&xcscL &.^

644 MA.11ÈRÉS COLORANTES.

ohlore : il suffit même pour cela de les tenir ]>tonges dans celte dissolution pendant quelcpe temps, de les laver ensuite et de ^^ les faire sécner, en ayant soin toutefois , lorsque FopératHA ' se fait sur un livre , d'en isoler les feuillets, afin que le Uan* chiment soit uniforme et complet.

Blanchiment de la soie et de la laine*

2S95. La soie n'atteint point par le dëcreusage/le dernier degré de blancheur : pour le lui donner y il suffit de l'exposer à la vapeur du gaz sulfureux ; c est ce que l'on fait en la plaçant sur des cordes tendues dans une chambre où l'on brale da soufre 9 et que l'on tient exactement fermée.

C^est aussi de la même manière qu'on rend la laine extrêmement blanche : seulement il faut j aptes l'avoir désuintée , la traiter par une dissolution tiède et très faible de savon , afin de dissoudre le suint qu elle pourrait retenir | puis la laver et la faire sécher.

Mordans.

21596. Nous désignons par le nom de mordons tous les corps qui ont la propriété de s'unir avec ceux que l'on veut teindre, et d'augmentée leur affinité pour les matières colorantes.

Comme il n'est presque point de corps qui ne possède cette

J)ropriété , il existe donc un grand nombre de mordans. Mais es uns ne la possèdent qu'à un faible degré ; d'autres sont d'un prix très élevé ; d'autres altèrent les couleurs qu'il s'agit de combiner , on en modifient les nuances : d'où il suit qu'il n'y en a qu'un très petit nombre qui soient propres au mordancage. Ceux dont on fait usage sont l'alun, l'acétate d'alumine, l'acétate et le sulfate de fer , le chlorure d'étain,lanoix de galle. Le iJus fréquemment employé à beaucoup près est l'alun : l'on ne se sert même pour ainsi dire de l'acétate d'alumine que pour les toiles peintes , du chlorure d'étain que pour la teinture écarlate , et de la noix de galle que pour le rouge d'Andrinople.

C'est toujours à l'état de dissolution dans l'eau que l'on combine les mordans avec les corps que l'on veut teindre, et après aie ceux- ci sont décreusés, ou désuintés, ou quelquefois même anchis.

Le mordançage précède ordinairement l'immersion dans le bain de teinture : rarement, comme dans la teinture écarlate, on mordance en même temps que l'on teint. Nous n'examinerons point en particulier chaque genre de mordançage. Nous nous contenterons de décrire celui qui consiste à unir l'alun avec les fils ou les tissus , cl qui prend le nom à^alunage et de dire un mot de celui des toiles ceintes.

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